Ectoproctes


Ectoproctes

Ectoprocta

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Ectoproctes
 Dentelle de VenusSertella septentrionalis (Croatie)
Dentelle de Venus
Sertella septentrionalis (Croatie)
Classification classique
Règne Animalia
Infra-règne Bilateria
Sous-division Lophotrochozoa
Embranchement
Ectoprocta
Nitsche, 1870
Synonymes
Bryozoa (Ehrenberg, 1831)
Classes de rang inférieur
Classification phylogénétique
Position :

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Les ectoproctes (Ectoprocta, du grec ektós « dehors » et prōktós « derrière »), appelés également et pour plusieurs raisons bryozoaires (Bryozoa, du grec brúon « mousse » et zōon « animal »), sont des métazoaires (pluricellulaires), triploblastiques (constitués de trois feuillets : endoderme, mésoderme, ectoderme), cœlomates (cavité interne). Ils forment un groupe de Lophotrochozoaires apparu dès l'ordovicien et toujours actuel.

Il en existe bien quelques espèces en eau douce, mais ce sont en majorité des animaux marins. Appelés zoïdeszoécies, ils forment de petites loges chitineuses, sécrétées par le mésoderme et vivent le plus généralement fixés en colonie, le zoarium. Ils produisent eux-mêmes cette matière carbonatée et plusieurs espèces se sont spécialisées dans la construction de récifs coralliens.

Bien que certaines espèces ne produisent aucune calcification et développent des structures mucilagineuses, d’autres sont parfois confondues avec les coraux. Elles contribuent d'ailleurs au même titre, au puits de carbone océanique.

Sommaire

Écologie

Les ectoproctes préfèrent les eaux tropicales chaudes, mais on les rencontre dans toutes les mers du globe. Quelques colonies sont capables de ramper et certaines espèces « non-coloniales » se déplacent entre les grains de sable, mais la plupart - sessiles - vivent définitivement fixées sur le substrat.

On retrouve des colonies sur tous les types de supports ; sur la roche, en milieu détritique côtier ou au large, sur des grains de sable, cailloux où coquillages, sur le bois, le métal des épaves, ou encore sur d'autres organismes vivants comme les éponges ou les gorgones.

La forme de la colonie est l’un des critères d'identification des espèces. Elle se présente sous de nombreux aspects ; en baguette, en disque, en éventail ou en croûte. Elle est souvent étendue à plat, tapissant la mer, d’où le nom bryozoaire, littéralement « animal mousse », mais elle forme également des monticules, ou bien se dresse en lamelles, en branches ramifiées et même en forme de tire-bouchon.

Potentiel invasif

Quelques espèces, probablement transportée de port en port par les navires, sont en train de coloniser les ports et les littoraux européens. Par exemple, Tricellaria inopinata d'Hondt et Occhipinti ambrogi (bryozoaire cheilostome) pullulait déjà à Venise en 1982. Il a continué à s'étendre dans la lagune durant 15 ans[1] avant de régresser [2]. On l'a ensuite signalé en mer Adriatique en 2000[3] puis sur la façade ouest-européenne (En Espagne tout d'abord, dans la ria de Ribadeo (Galice) [4] et depuis janvier 2003 dans le Port du Havre[5]. Elle est suspectée depuis à Dunkerque.

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Anatomie et biologie

Le zoïde, animal élémentaire de taille millimétrique, a grossièrement l'aspect d'un énorme estomac replié en « U » dans sa loge, avec d’un côté la tête entourée d’un panache de tentacules appelé lophophore, au milieu duquel s'ouvre la bouche. L’œsophage prolonge la bouche vers l’estomac qui remonte de l’autre côté vers le rectum. L’anus s’ouvre à l’extérieur des tentacules, d’ou le nom ectoprocte.

Le lophophore crée un courant d'eau qui assure la nutrition et la respiration à travers les tissus, mais aussi le nettoyage et la dispersion des œufs, pour les ovipares. La sortie du lophophore sur sa tige s’effectue progressivement et lentement, mais un muscle contractile puissant, lui permet de se rétracter rapidement, en fermant l’orifice par un opercule ou une membrane élastique.

Le zoïde est également connecté à tous ses congénères, depuis son ganglion cérébroïde situé près de la bouche, par un réseau qui passe d'une zoécie à l'autre par des pores dans la paroi appelés pores à rosette et constitués d'un groupe de cellules en forme de diabolo. C’est également par ces pores que circulent les éléments nutritifs.

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Polymorphisme

Le zoïde présente un polymorphisme caractéristique, plus ou moins accentué et plus ou moins diversifié selon les espèces. L’autozoïde, la zoécie standard, semble en effet capable de se spécialiser et de changer de forme au cours de son existence, pour s’adapter à diverses fonctions telles que la fixation, le nettoyage ou bien encore la défense de la colonie.
On la désigne alors sous le terme d'hétérozoïde :

  • Les plus évidents sont les autozoïdes, appelés gastrozoïdes dans leur spécialité, grands consommateurs de microorganismes, principalement de phytoplancton. Les microalgues et diatomées, les bactéries et autres débris organiques sont aspirés et filtrés par les cils vibratiles des tentacules.
  • Les aviculaires en forme de bec d'oiseau, basculent pour ôter les corps étranger tombés sur la colonie, prédateurs compris ; essentiellement des oursins et certains poissons.
  • Les vibraculaires dotés d'une longue tige, se balancent comme des essuies glaces, pour faire circuler l’eau, chassant les limons et autres particules.
  • Les cénocystides dépourvus de polype, semblent s’occuper de la fixation de la colonie sur le substrat.
  • Les gonozoïdes, spécialisés dans la reproduction, sont hermaphrodite, c’est a dire à la fois mâle et femelle, mais ils n’ont pas besoin de s’accoupler. Ils assurent leur propre fécondation et pondent des œufs.
  • Les ovicelles, de forme ronde, assurent parfois l’incubation de ces œufs. L’œuf donne enfin une larve planctonique ciliée, qui se métamorphose à son tour et donne naissance à l'ancestrula, loge fondatrice d'une nouvelle colonie.

Le principal mode de reproduction des ectoproctes reste toutefois le bourgeonnement. Les nouveaux bourgeons, dotés d'un flotteur et d'un crochet, sont parés pour se fixer au substrat et assurer la pérennité de l'espèce. Cette méthode assure également la prolifération et l’extension de la colonie, de même que la survie des fragments qui se brisent.

Fossiles

Classification

Les bryozoaires étaient jusqu’alors constitués des ectoproctes et des entoproctes, sur la base de critères morphologiques et de mode de vie semblables. Certains chercheurs incluaient également les cycliophores, dont on pense qu'ils sont étroitement liés aux entoproctes. Toutefois, des études plus récentes ont révélé que les ectoproctes sont cœlomate (cavité interne) et que leurs embryons subissent un clivage radial, tandis que les entoproctes sont acœlomate, leurs embryons subissant un clivage en spirale. Ces études de phylogénie moléculaire ne lèvent pas l’ambiguïté de la position exacte des entoproctes, mais permettent de les distinguer nettement des ectoproctes.

Pour ces raisons, les entoproctes (Entoprocta, du grec entós « dedans » et prōktós « derrière ») sont maintenant considérés comme un embranchement à part entière. La suppression de 150 espèces à laissé le terme bryozoaire synonyme de ectoprocte. Certains auteurs ont adopté ce nom pour désigner l'embranchement, alors que la majorité d'entre eux continuent d'utiliser l'ancien terme. D’où le flottement qui perdure à propos du bryozoaire.

Voir aussi

Articles connexes

Liens externes

Bibliographie

Références

Notes

  1. Occhipinti Ambrogi, 1991 ; Occhipinti Ambrogi & d'Hondt, 1994)
  2. A. Occhipinti Ambrogi, 2000
  3. Dyrynda et al., 2000),
  4. Fernandez-Pulpeiro (E.), César-Aldariz (J.) & Reverter-Gil (O.) (2001). - Sobre la presencia de Tricellaria inopinata d'Hondt & Occhipinti Ambrogi, 1985 (Bryozoa, Cheilostomatida) en el litoral gallego (N.O. Éspana). Nova Acta Cientifica Compostelana (Bioloxia), 11, p. 207-213.
  5. Source ; Breton (G.) & Hondt (J.-L. d') (2005). - Trice//aria inopinata d'Hondt et Occhipinti Ambrogi, 1985 (Bryozoa: Cheilostomatida) dans le port du Havre (Manche orientale). Bu//. Soc. géo/. Normandie Amis Mus. Havre, 91,2,2004(2005), p. 67-72.


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