Démocratie


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La démocratie est le régime politique dans lequel le peuple est souverain. La formule d'Abraham Lincoln : la démocratie est « le gouvernement du peuple, par le peuple, pour le peuple », est l'une des définitions canoniques couramment reprise, ainsi qu'en témoigne son introduction dans la Constitution de 1958 de la Cinquième République française. Cette définition est proche du sens étymologique du terme démocratie, du grec ancien δημοκρατία / dēmokratía, « souveraineté du peuple », de δῆμος / dêmos, « peuple » et κράτος / krátos, « pouvoir », « souveraineté »; le peuple renvoyant cependant à la notion plus restrictive de citoyens (la citoyenneté n'étant pas forcément donnée à toute la population). Cependant, cette définition reste susceptible d'interprétations différentes, aussi bien quant à la signification concrète de la souveraineté populaire que pour son application pratique - ce qui apparaît clairement au regard de la diversité des régimes politiques qui se sont revendiqués et qui se revendiquent comme démocratie. Ainsi, aujourd'hui encore, il n'existe pas de définition communément admise de ce qu'est ou doit être la démocratie.

De façon générale, un gouvernement est dit démocratique par opposition aux systèmes monarchiques d'une part, où le pouvoir est détenu par un seul, et d'autre part aux systèmes oligarchiques, où le pouvoir est détenu par un groupe restreint d'individus. Néanmoins, ces oppositions, héritées de la philosophie grecque (notamment de la classification d'Aristote, à ceci près que le gouvernement d'un seul était alors désigné comme Tyrannique), sont aujourd'hui équivoques de par l'existence de monarchies parlementaires. D'autre part, on peut aussi définir la démocratie par opposition à la dictature ou tyrannie, comme le propose Karl Popper, mettant ainsi l'accent sur les possibilités pour le peuple de contrôler ses dirigeants, et de les évincer sans devoir recourir à une révolution.

Par ailleurs, le terme de démocratie ne se réfère pas uniquement à des formes de gouvernements, mais peut aussi désigner une forme de société ayant pour valeur la liberté et l'égalité, (c'est notamment l'usage qu'en fait Alexis de Tocqueville, qui s'attache plus aux dimensions culturelles qu'au système politique en lui-même), ou de manière plus générale encore, un ensemble de valeurs, d'idéaux et de principes politiques, sociaux ou culturels. Le terme de démocratie peut aussi servir à qualifier le fonctionnement de tout corps ou organisation sociale (organisme public ou privé, associations, entreprise), le plus souvent par le biais du qualificatif de démocratique. Cela signifie alors généralement que ce fonctionnement repose sur l'égalité des membres du groupes, sur des procédures de délibérations, ou encore de votes et/ou d'élections.

Sommaire

Histoire

Article détaillé : Histoire de la démocratie.

Antiquité

La démocratie prend ses racines principales dans les réformes engagées autour de la cité d'Athènes dans la Grèce antique autour du VIe siècle avant J.-C. Bien que la démocratie athénienne soit aujourd'hui considérée comme ayant été une forme de démocratie directe, elle faisait coïncider deux organisations politiques très différentes :

  • une Boulè (équivalent d'un conseil ou d'un Sénat) regroupant environ 500 citoyens tirés au sort, chargés de recueillir les propositions de loi présentées par les citoyens, puis de préparer les projets de loi ;
  • d'autre part, l'assemblée des citoyens (Ecclésia), exemple type de la démocratie directe.

Tous les citoyens athéniens avaient le droit de prendre la parole et de voter à l'Ecclésia, où étaient votées les lois de la cité, mais aucun droit politique ni citoyenneté n'était accordé aux femmes, aux esclaves, aux métèques : des 250 000 habitants d'Athènes, seuls 40 000 environ étaient citoyens et, sur ces 40 000, tous les hommes riches (tous les citoyens de la première et deuxième classes, environ 5 000) et la plupart des thètes (citoyens de la quatrième classe, environ 21 000) participaient aux réunions de l'Ecclesia. Seuls les citoyens de la deuxième classe ont souvent envoyé une autre personne aux réunions.

L'une des plus anciennes traces de civilisation démocratique, bien que considérée par certains comme une oligarchie, a été retrouvée dans les Républiques de l'Inde, dont certaines ont été fondées avant le VIe siècle av. J.‑C.. Ces Républiques étaient connues sous le nom de Maha Janapandas et, d'entre toutes, Vaishali (l'actuel État du Bihar) serait la première démocratie de l'Histoire. Les systèmes démocratiques Sangha, Gana et Panchayat étaient en usage dans certaines de ces Républiques. Le système Panchayat est toujours en vigueur dans certains villages indiens. Plus tard, à l'époque d'Alexandre le Grand (IVe siècle), les Grecs écrivirent au sujet des États de Sabarcae et de Sambastai (les actuels Pakistan et Afghanistan) que « leurs formes de gouvernement [étaient] démocratiques et non monarchiques », selon les standards grecs de l'époque.[réf. souhaitée]

La République romaine organisait des élections mais, là encore, les femmes, les esclaves et une large partie de la population étrangère en étaient exclus. Le vote des riches avait plus de poids et la plupart des plus hautes fonctions étaient attribuées à quelques familles nobles. Les offices n'étaient pas rémunérés et il était important d'être riche pour se prémunir de la corruption.

Les villes phéniciennes, comme Tyr, Sidon, Byblos..., avaient des traces de démocratie, des conseillers élus par les citoyens, proposaient des nouvelles lois au roi.[réf. nécessaire]

Certaines sociétés tribales réduites (entre 20 et 50 personnes), comme les Aborigènes d'Australie, n'avaient pas de chef et prenaient des décisions par consensus au sein de la majorité.[réf. nécessaire]

Moyen Âge

Au Moyen Âge, il y eut de nombreux systèmes fondés sur les élections et/ou une Assemblée, comme l'élection du Gopola au Bengale, la Communauté Lituano-polonaise, l'Althing islandaise, le Veche dans les pays slaves, les Things scandinaves, et la cité marchande autonome de Sakai au Japon (XVIe siècle). Pour autant, la participation étant souvent limitée à une minorité dans ces systèmes, ils pourraient tout aussi bien être qualifiés d'oligarchies. La grande majorité des régions dans le monde du Moyen Âge étaient gouvernées par une seigneurie, suivant un système féodal.

Le Parlement anglais est né des restrictions du pouvoir royal mises en place dans la Magna Carta. Le premier parlement élu a été le Parlement de Montfort en Angleterre en 1265. Là encore seule une petite minorité disposait d'une voix : le Parlement était élu par quelques pour cent de la population (moins de 3 % en 1780[réf. souhaitée]), et le système présentait des dispositions problématiques, telles que les municipalités corrompues. La convocation du Parlement était laissée au bon vouloir du roi ou de la reine (le plus souvent lorsque celui ou celle-ci avait besoin d'argent).

De nombreuses régions aux frontières des grands États avaient conservé un fonctionnement démocratique. Entre France et Espagne il y avait ainsi ce que l'on a dénommé les républiques pyrénéennes.

Du XVIIe au XIXe siècle

En Angleterre, après la Révolution Glorieuse de 1688, le Bill of Rights, établi en 1689, codifia certains droits et augmenta l'influence du Parlement. L'électorat augmenta lentement et le Parlement prit de plus en plus de pouvoir jusqu'à ce que la Monarchie devienne une simple figure de proue.

Bien qu'ils n'aient pas été décrits comme une démocratie par les Pères Fondateurs, les États-Unis d'Amérique sont considérés comme la première démocratie libérale, dans la mesure où l'engagement constitutionnel (1788) fondait les principes naturels de liberté, d'égalité devant la loi, s'opposait aux régimes aristocratiques. En France, l'Assemblée nationale issue de la Révolution de 1789 a été établie sur la base des principes libéraux, déclinés en la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen et en réaction aux excès de la monarchie absolue de l'Ancien Régime. Le suffrage universel apparait en 1848.

Dans les deux cas, le droit de vote était limité sur la base de la fortune (suffrage censitaire), aux hommes (pas de droit de vote des femmes, sauf dans quelques États, avant 1920 aux États-Unis, avant 1944 en France), à un corps politique exclusif des personnes des autres races ou des colonisés (exclusion sur base de la couleur de peau aux États-Unis et exclusion des colonisés en France). Par ailleurs, tant les États-Unis que la France connaissaient l'esclavage, respectivement jusqu'en 1865 (abolition plus tôt dans certains États) et en 1848 (avec une abolition de 1794 à 1802), les discriminations en matière politique ayant en réalité perduré beaucoup plus longtemps.

XXe siècle et XXIe siècle

Évolution des démocraties occidentales

La fin de l'URSS et des démocraties populaires liées

Articles détaillés : URSS et Dislocation de l'URSS.

Les "révolutions arabes"

Typologie des démocraties

La démocratie est devenue un système politique (et non plus un simple régime) dans lequel la souveraineté est attribuée au peuple qui l'exerce de façon :

  • directe lorsque le régime dans lequel le peuple adopte lui-même les lois et décisions importantes et choisit lui-même les agents d'exécution, généralement révocables. On parle alors de démocratie directe ;
  • indirecte lorsque le régime dans lequel des représentants sont tirés au sort ou élus par les citoyens, pour un mandat non-impératif à durée limitée, durant lesquels ils ne sont généralement pas révocables par les citoyens. On parle alors de démocratie représentative ;
  • semi-directe dans le le cas de démocraties indirectes dans laquelle le peuple est cependant appelé à statuer lui-même sur certaines lois, par les référendums, qui peut être un référendum d'initiative populaire, soit pour poser un véto à un projet de loi, soit pour proposer un projet de loi.

Démocratie directe

Article détaillé : Démocratie directe.

Dans la démocratie directe, le pouvoir est exercé directement par les citoyens, sans l’intermédiaire d'organes représentatifs. L'idée de démocratie directe se rapporte selon les penseurs à différentes conceptions de l'exercice directe de la souveraineté par le peuple. De même, selon les lieux et les époques, la démocratie directe a désigné différentes formes de gouvernements ou d'associations politique, dans lesquels la population décide des lois. Si aujourd'hui le terme de démocratie renvoie généralement à l'idée de gouvernement représentatif, il fut longtemps associé à celle de démocratie directe, notamment en référence à la démocratie athénienne : les citoyens réunis en assemblée y décidaient des lois, les magistrats aux fonctions administratives et exécutives étaient tirée au sort, et les magistrats dont la fonction nécessitait une expertise étaient élus et révocables par les citoyens.

Différents exemples de démocraties directes jalonnent l'histoire, généralement dans le cadre d'un exercice local du pouvoir. Ce fut le cas dès le XVIIe siècle en Nouvelle-Angleterre, au travers des town meeting, où la population des communes réunie en assemblée décidait des lois, impôts et budget. Les cantons Suisses font aussi figure d'exemple de démocratie directe, notamment au travers les Landsgemeinde, où de part l'introduction des droits de veto populaire au XIXe siècle. La Commune de Paris (1871), ou encore les régions du Chiapas (Mexique) gérées par le mouvement zapatiste sont aussi considérés comme des formes d'expérimentations de la démocratie directe.

De multiples procédures décisionnelles sont généralement associées à la démocratie directe. Parmi elles, le référendum et plus encore le référendum d'initiative populaire, les assemblées populaires, le mandat impératif et la révocabilité des élus.

Par ailleurs, l'idée de démocratie directe est souvent associée à celle d'autogestion, particulièrement lorsqu'elle se rapporte au domaine économique de la production. Ainsi, le conseillisme, et plus généralement nombres de théories libertaires et anarchistes sont rapportées à celles de la démocratie directe. De ce fait, les soviets de Russie ou les conseils ouvriers (par exemple en Allemagne et en Italie au début du XXe siècle), ou en Hongrie en 1956) sont considérés comme des expériences de démocratie directe.

Démocratie indirecte ou représentative

Article connexe : Démocratie représentative.
Régimes politiques dans le monde
Régimes politiques dans le monde

Républiques

██ Républiques à régime présidentiel

██ Républiques à régime présidentiel liées à un régime parlementaire

██ Républiques à régime semi-présidentiel

██ Républiques à régime parlementaire

██ Républiques dont la constitution n'accorde le droit à gouverner qu'à un parti unique ou un parti dominant

Monarchies

██ Monarchies constitutionnelles à régime parlementaire dans lesquelles le monarque n'exerce pas le pouvoir

██ Monarchies constitutionnelles dans lesquelles le monarque exerce le pouvoir, souvent avec un parlement disposant de faibles pouvoirs

██ Monarchies absolues

Gouvernement militaire

██ Dictatures militaires


██ NC

Mai 2009

Dans une démocratie indirecte, les citoyens élisent des représentants qui seront alors chargés d'établir les lois et/ou de les exécuter, raison pour laquelle ce système politique est aussi désigné sous le terme de démocratie représentative. Elle est devenue au fil du temps, dans le langage courant et par abus de langage, synonyme du terme de démocratie tout court. Cela est notamment du au fait qu'il s'agit de la forme de démocratie aujourd'hui la plus répandue dans le monde. Pour la même raison, démocratie représentative et démocratie tout court sont aussi souvent assimilées à la démocratie libérale et à la démocratie parlementaire (distincte de ce que l'on appelle un régime parlementaire, puisque pouvant aussi correspondre à un régime présidentiel).

Néanmoins, cette forme de souveraineté populaire indirecte connaît plusieurs variantes distinctes (détaillées dans les sections qui suivent).

Avant le milieu du {s|XIX|e}, le régime représentatif renvoyait le plus souvent à l'idée de république, et se distinguait de la notion de démocratie, celle-ci désignant alors le système de gouvernement de la démocratie directe[1].

Par ailleurs, on peut noter qu'au sein d'une démocratie représentative, tous les dépositaires du pouvoir ne sont pas nécessairement élus par le suffrage citoyen. Ils peuvent notamment être nommé par le Chef de l'État, comme le premier ministre ou les préfets en France. Contrairement aux États-unis, les juges et magistrat ne sont pas non plus élus en France.

Régime parlementaire

Les démocraties à régime parlementaire sont caractérisées par le fait que le Gouvernement y est politiquement responsable devant le Parlement, duquel il est généralement issu, et qui peut donc le destituer en recourant à une motion de censure, dont les modalités varient en fonction des pays. En contrepartie, le gouvernement, en charge de l'exécutif, peut dissoudre l'Assemblée, en charge du législatif. S'il y a donc bien séparation des pouvoirs dans un régime parlementaire, celle-ci est qualifiée de «souple» du fait de ce contrôle réciproque entre exécutif et législatif.

On distingue les régimes parlementaires monistes et dualistes. Le premier désigne les régimes dans lesquels le parlement n'est responsable que devant le parlement et non le Chef de l'État, lequel joue un rôle politique minime. À l'inverse, dans le second (dualiste) le gouvernement est responsable devant le parlement et le chef de l'État.

Régime présidentiel

Article détaillé : Régime présidentiel.

À l'inverse du régime parlementaire, le régime présidentiel se caractérise par une séparation des pouvoirs plus stricte. Il s'agit d'un régime représentatif dans lequel le pouvoir exécutif n'a pas de responsabilité politique devant le pouvoir législatif, ce qui signifie que ce dernier ne peut pas le destituer. À l'inverse, le chef de l’État (qui y est aussi chef du Gouvernement), élu au suffrage universel direct ou indirect, dispose de moins de pouvoir sur le Parlement que dans un régime parlementaire, n'ayant pas la possibilité de le dissoudre. Aux États-unis, principal pays dont le régime est véritablement présidentiel, le Président dispose d'un droit de véto sur les texte de lois.

Régime semi-présidentiel ou régime mixte

Article détaillé : Régime semi-présidentiel.

L'expression de régime semi-présidentiel est un régime représentatif qui rassemble des caractéristiques du régime parlementaire et du régime présidentiel, raison pour laquelle il est parfois désigné sous le terme de régime mixte[2].

C'est le cas de la Ve République française, dans laquelle le chef de l’État est élu au suffrage universel direct, nomme les membres du gouvernement et les destitue. Il peut dissoudre l'Assemblée et celle-ci, tout comme le Sénat, peut le remettre en cause, principalement par le biais d'une motion de censure. Si le Président ne dispose pas de la majorité parlementaire, il est a priori contraint à une « cohabitation », et perd ainsi l'effectivité de son pouvoir au profit du Gouvernement et du chef du gouvernement, le Premier ministre. En ce cas, cette forme de régime se rapproche du régime parlementaire.

Régime d'Assemblée

Article détaillé : Régime d'assemblée .

Le régime d'assemblée est un régime représentatif dans lequel une assemblée unique, élue au suffrage universel direct, détient l'ensemble des pouvoirs politiques, les pouvoirs exécutifs et judiciaires étant subordonnés au pouvoir législatif.

Il fut pratiqué en France entre 1792 et 1795, lorsque la Convention fut chargée d'établir une constitution. Ce régime témoigne que le régime représentatif n'est pas nécessairement associé à une séparation des pouvoirs.

Démocratie libérale

Article détaillé : Démocratie libérale.

Une démocratie libérale est une démocratie représentative dans laquelle la capacité des élus à exercer un pouvoir de décision est soumise à la règle de droit, et est généralement encadrée par une constitution qui met l'accent sur la protection des droits et libertés des individus, posant ainsi un cadre contraignant aux dirigeants. L'idée de démocratie libérale n'implique pas une forme de régime représentatif particulier, celui-ci pouvant donc être parlementaire, présidentiel ou mixte comme en France. De même, elle n'implique pas un régime représentatif au sens strict, mais peut aussi qualifier un régime semi-direct (telle la Suisse) ou participatif.

Ainsi, sont généralement associés à la démocratie libérale un certain nombre de principes et de valeurs, qui se rapportent soit aux principes de la représentation démocratique, soit aux principes du libéralisme (y compris du libéralisme économique), parmi lesquels :

  • l'existence d'un État de droit ;
  • l'élection des représentants, aujourd'hui le plus souvent par le suffrage universel direct, avec le principe : un citoyen = une voix (égalité politique) ;
  • la recherche de l'intérêt général et le respect de la volonté générale (ceux-ci étant néanmoins généralement définis par les dirigeants eux-mêmes; de plus, volonté et intérêt général; par ailleurs, en plus d'être des notions abstraites, elles peuvent apparaître comme possiblement conflictuelles) ;
  • l'égalité des droits (ou égalité face à la loi) ;
  • la garantie des libertés fondamentales, soit, généralement, le respect des droits de l'homme; notamment la liberté de conscience et de culte, la liberté d'expression et de la presse, la liberté de réunion, d'association (celle-ci impliquant le multipartisme, et de circulation, ou encore le droit de propriété et, pour ce qui est des démocratie libérale contemporaine, la liberté de commerce (libre-échange) etc.

Démocratie sociale

Citoyenneté et droit de vote

Droit de vote et d’éligibilité

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Le corps politique des citoyens recouvre une partie plus ou moins grande de la population selon des critères qui ne sont ni stables ni universels. En démocratie, un individu n'ayant pas atteint l'âge de la majorité civile (différent selon les pays) n'a pas le droit de vote. Par ailleurs, le droit de vote fut pendant longtemps réservé aux hommes. Le droit de vote des femmes fut établi en 1893 en Nouvelle-Zélande, dans les deux premières décennies du XXe siècle notamment en Suède, Finlande, Norvège, États-unis, Allemagne, et seulement dans les années 1940 en France, en Italie, ou encore en Espagne. Aux États-unis, les Noirs n'obtinrent le droit de vote qu'en 1965.

Les démocraties européennes, à l'époque coloniale, n'ont pratiquement jamais instauré la démocratie dans leurs protectorats ou leur colonies (soit parce qu'elles ont maintenu ou renforcé des monarchies ou oligarchies en place, soit parce qu'elles ont elles-mêmes mis en place des administrations directes non représentatives des populations locales).

D'autre part, il est rare que les étrangers en résidence dans les pays démocratiques aient droit de vote, hormis parfois aux élections locales. Enfin certains citoyens peuvent être exceptionnellement déchus de leurs droits politiques par décision de justice en cas de crime ou délit.

Pour ce qui concerne la France, le droit de vote était en 1958 accordé à certains habitants des colonies, mais pas aux Français musulmans d'Algérie. Aujourd'hui toute personne de nationalité française peut voter en France, ce qui exclut les résidents étrangers, à l'exception des ressortissants de l'Union européenne pour ce qui concerne les élections européennes et municipales[3].

Systèmes mixtes

Démocratie semi-directe

Les démocraties semi-directes empruntent aux deux formes de démocraties.

Les citoyens élisent des représentants qu'ils chargent d'établir les lois, mais les citoyens peuvent aussi être amenés à faire des lois par référendum (ou les refuser).

C'est le cas, par exemple, en France ou en Suisse ; plus en Suisse, où le référendum est la norme, qu'en France, où le référendum reste exceptionnel.

Article 3 de la Constitution du 4 octobre 1958 (France) : « La souveraineté nationale appartient au peuple qui l'exerce par ses représentants » (démocratie représentative) « ou par la voie du référendum » (démocratie directe).

Le référendum peut prendre plusieurs formes : il peut s'agir d'un référendum législatif ou constituant (qui sont les deux formes les plus utilisées). L'initiative du référendum appartient alors aux institutions représentatives. Dans certains cas, cependant, il existe également un référendum d'initiative populaire, ce qui est le cas en Suisse ou en Italie par exemple. Comme son nom l'indique, l'initiative appartient alors aux citoyens[4].

En France, depuis la révision constitutionnelle du 28 mars 2003, même si cette initiative populaire n'existe toujours pas formellement, il est possible de la distinguer au travers de l'articulation de deux articles de la Constitution. Il s'agirait alors pour les citoyens de faire usage de leur droit de pétition (article 72-1 alinéa 1), puis de voter sur cette réforme locale au travers du référendum local (article 72-1 alinéa 2). Il n'est donc pas exclu « que la pétition ait pour objet de demander l’inscription à l’ordre du jour de l’assemblée délibérante de la question de l’organisation d’une consultation des électeurs » sur un sujet précis relevant de la compétence d’une collectivité territoriale[5].

Démocratie participative

Article détaillé : Démocratie participative.

Dans la démocratie participative, les citoyens sont associés aux décisions prises par les représentants, dès l'élaboration et jusqu'à leur application.[réf. nécessaire]

La démocratie comme régime où les gouvernants sont tirés au sort

Au sein de la démocratie athénienne, la pratique tirage au sort de magistrats étaient considérées, notamment par Platon[6] et Aristote[7],[8] , comme caractérisant la démocratie. Il était notamment pratiqué pour désigner les membres de la Boulè, ou certains citoyen devant siéger au tribunal populaire. Dans L'Esprit des Lois, Montesquieu reprendra cette conception de la démocratie comme régime où le suffrage à lieu par le sort[9], et aujourd'hui, elle est reprise et valorisée par le philosophe Jacques Rancière[10], comme conséquence de l'idée que la politique n'est pas une affaire de spécialiste.

Notions voisines

La démocratie et République sont aujourd'hui largement confondus.

Néanmoins la démocratie vise davantage le mode d'élection ainsi qu'un État social libéral tandis que la République insiste sur la constitution ou les principes fondateurs d'un État-Nation, le plus souvent par opposition à une Monarchie ou à un Empire.

Étymologiquement, la république ne renvoie pas à un mode de gouvernement par le peuple comme le fait la démocratie, elle renvoie à la res publica c'est-à-dire la chose publique, et en ce sens tous les États sont des républiques. Une république peut être d'inspiration démocratique mais il ne s'agit pas d'une condition nécessaire. La République de Venise était par exemple une oligarchie très fermée dans laquelle seul un groupe de 1 000 à 2 000 patriciens de la capitale disposait de droits politiques sur un empire allant du nord de l'Italie aux îles grecques. De nombreuses Républiques sont ou ont été des dictatures personnelles, civiles ou militaires. À l'inverse, de nombreuses démocraties ont un régime monarchique parlementaire.

Pour se distinguer des démocraties libérales occidentales, les pays du bloc de l'est qui étaient dotés de régime à parti unique et d'une doctrine communiste officielle se faisaient appeler « démocratie populaire », expression entièrement discréditée après l'effondrement de l'URSS.

La démocratie d'opinion désigne une démocratie excessivement soumise aux humeurs de l'opinion et incapable de vision à long terme.

Histoire de l'idée de démocratie

Les philosophes grecques et la notion de démocratie

Thucydide et Périclès

Dans l'oraison funèbre de la la Guerre du Péloponnèse, Thucydide rapporte les propos qu'aurait tenu Périclès au sujet de la nature de la démocratie athénienne. La démocratie y est définie par le fait que la majorité y gouverne. Cette description du régime athénien fait l'éloge d'un système politique où les honneurs (magistratures) sont distribués en fonction du mérite et non de la naissance, et où la pauvreté n'exclue pas une participation politique. Elle met aussi en exergue la pratique de la liberté à la fois politique et dans la vie quotidienne.

Platon : l'incapacité du peuple à bien gouverner

Aristote

Aristote développe dans Les politiques une typologie des différents « régimes politiques »[11], où il distingue les « constitutions droites » (gouvernés en vue de l'intérêt commun) et leur déviations (gouvernés en vue d'intérêts particuliers). Les premières correspondent à la monarchie, l'aristocratie et la politie (« politeia », parfois traduit par République ou par régime (ou gouvernement) constitutionnel). Les secondes, qui correspondent donc respectivement aux déviations des premières, sont la tyrannie, l'oligarchie et la démocratie. Cette dernière est considérée par Aristote comme la déviation la plus souhaitable en tant qu'elle est la plus mesurée[12]. Elle est définie, par opposition à l'oligarchie, comme le régime où ce sont les pauvres qui gouvernent, et donc les plus nombreux, en tant que dans la plupart des pays les citoyens modestes sont en majorité[13]. La démocratie est alors présentée comme une constitution déviée en tant que le gouvernement sert les intérêts particuliers des plus modestes (donc aussi de la majorité) et non l'intérêt commun.

Néanmoins, Aristote distingue différentes formes de démocraties, dont la meilleure est celle qui cherche l'égalité, c'est-à-dire celle où « rien ne mette les gens modestes ou les gens aisés les uns au-dessus des autres [...], mais que les deux soient égaux »[14]. Il associe dans le même passage la démocratie au régime qui vise aussi bien l'égalité que la liberté[15], et où par conséquent « tous partagent principalement de la même manière le pouvoir politique ». Il note en ce sens que l'une des formes de la liberté consiste dans le fait d'être « tour à tour gouverné et gouvernant », ce qui correspond à peu près à la définition qu'il donne du citoyen (à la fois gouvernant et gouverné).

La pire forme de démocratie est pour Aristote celle où la masse gouverne et non la loi, autrement dit lorsque les citoyens gouvernent par décrets. Il estime celle-ci comme « l'analogue de la tyrannie parmi les monarchie », et c'est dans cette forme de démocratie qu'il y aurait à craindre les démagogues, principale cause de renversement au sein des régimes démocratiques[16]

Par ailleurs, il note que l'attribution des magistratures par le tirage au sort est généralement considérée comme démocratique, l’élection caractérisant elle les oligarchies[17], ce qui souligne l'écart existant entre les conceptions contemporaines et antiques sur ces sujets. Il expose aussi d'autres caractéristiques des régimes populaires ou démocratiques, parmi lesquelles la non nécessité de verser un cens pour participer aux magistratures,la courte durée de celles-ci, ou encore l'interdiction d'exercer deux fois la même magistrature (sauf quelques exceptions)[18]...

D'autre part, il reconnaît à la démocratie un certain nombre d'avantages, notamment celui qui repose sur l'idée que le rassemblement d'un grand nombre d'individus permet en quelque-sorte d'additionner leur qualités (« leur part d’excellence et de prudence »[19], estimant que quand bien même « chacun y sera plus mauvais juge que les spécialistes, tous réunis soit seront meilleurs, soit ne seront pas plus mauvais »[19]. Il ajoute à cela l'idée que le spécialiste n'est pas toujours le mieux placé pour juger d'un autre spécialiste, en donnant notamment l'exemple du festin, ou c'est le point de vue du convive et non du cuisinier qui conviendra pour juger de sa qualité. En outre, il souligne l'importance à ce que la masse ne soit pas trop pauvre dans une démocratie, défendant alors une certaine répartition des richesse par le biais de l'impot[20]

Enfin, il est à noter que le régime qu'il considère comme le plus avantageux, la politie, correspond à un mélange d'artistocratie et de démocratie, combinant ainsi l'élection au tirage sort, et où la classe moyenne, qui doit y être la plus nombreuse, est donc celle qui à le plus de pouvoir[21]. Il s'agit là d'une conception en cohérence avec l'ensemble de sa pensée, qui considère le juste milieu comme ce qui est préférable.

La notion de démocratie dans la philosophie moderne

Tocqueville : l'égalité des conditions et le risque de tyranie de la majorité

On doit à Alexis de Tocqueville une étude et réflexion sociologique et philosophique de la démocratie qui fit date. Dans son ouvrage en deux tomes De la démocratie en Amérique (1835 et 1840), il entreprend une analyse du fonctionnement de la démocratie aux États-Unis et des conséquences que cette forme de société induit dans les mœurs et relations sociales.

Alexis de tocqueville

Il y considère la démocratie comme principalement caractérisée par la tendance à l'égalisation des conditions, celle-ci devant être comprise non pas tant comme une égalité réelle et stricte des conditions économiques et sociales, mais plutôt comme renvoyant à l'abolition des privilèges aristocratiques liés à la naissance et à la diminition des écarts de fortune, à l'égalité des droits, l'instabilité de la hiérarchie sociale, à la possibilité pour tous les citoyens de participer au pouvoir politique, ou encore à un nivellement culturel par la généralisation de l'accès à la culture et à l'éducation. La démocratie, et donc le mouvement historique vers cette égalité des conditions, est considérée par Tocqueville comme « universelle » et inéluctable, et à ce titre, comme « providentielle »[22]

Pour autant, il croit pouvoir y déceler une certaine tendance contre laquelle il cherche à mettre en garde : le désir d'égalité qui imprègne les individus vivant en démocratie conduirait à consentir à une restriction de la liberté, et de manière générale à perdre le goût et l'esprit de la liberté. L'individu tendrait ainsi à se soumettre au groupe par l'effet de la centralisation des pouvoirs, l'essor du bien-être matériel ou encore le nivellement des hiérarchies sociales – la démocratie produisant ainsi un conformisme des opinions. Ainsi, Tocqueville craint une tyrannie de la majorité, l'individu tendant à abdiquer sa volonté personnelle au profit de l’État[23], et la majorité pouvant opprimer la minorité[24]. Néanmoins, il s'agit là de risques qu'il serait possible de prévenir : l'égalité pourrait s'associer à la liberté grâce à une certaine décentralisation des pouvoirs administratifs, en d'autres termes par l'existence d'institutions intermédiaires (associations, town-meeting) par lesquelles les individus, pouvant directement participer à certaines décisions, seraient responsabilisés et entretiendraient ainsi un esprit de liberté. Tocqueville estime aussi que la liberté de la presse constitue un moyen puissant pour préserver la liberté des menaces que ferait peser sur elle le désir d'égalité, affirmant que « la presse est, par excellence, l'instrument démocratique de la liberté », et qu'« elle seule [la liberté de la presse] guérit la plupart des maux que l'égalité peu produire »[25].

La notion de démocratie dans la pensée contemporaine

Karl Popper, la société ouverte

Karl Popper définit la démocratie par opposition à la dictature ou tyrannie, notamment dans son ouvrage La société ouverte et ses ennemis[26]. Ainsi, une démocratie est un système dans lequel est instauré un « contrôle institutionnel des dirigeants ». Selon cette théorie, le peuple exerce une influence sur les actes de ses dirigeants et il a le pouvoir de se débarasser des gouvernants sans effusion de sang. Il a le pouvoir de juger les actions politiques qui sont mise en œuvre. Ainsi la question politique traditionnelle « qui doit gouverner ? » ne permettrait pas de définir correctement la démocratie. En effet, une société ouverte donne au peuple, non pas la possibilité de gouverner (Popper estimant impossible que tous les individus d'un peuple donné gouvernent en même temps), mais la possibilité de contrôler et d'évincer ceux à qui on a délégué une responsabilité collective. Cette théorie "« n'oblige nullement à tenir pour bonnes les décisions de la majorité » car ce qui importe alors ce sont les institutions et une tradition d'esprit critique. Ainsi le problème que tente de résoudre un régime démocratique consiste à trouver et à tester les institutions qui permettent d'éviter les abus de pouvoir. Donc l'important dans une démocratie ne serait pas de savoir qui va gouverner (les capitalises, les ouvriers, les meilleurs, les plus sages...), mais de savoir comment on peut surveiller ou évincer les dirigeants sans avoir besoin de faire une révolution. Popper fait remonter cette conception de la démocratie à Périclès qui dans un discours célèbre[27] formula l'idée suivante : bien que peu d'hommes sont capables d'imaginer des politiques plausibles, tous les hommes sont à même de juger un programme politique et les conséquences de sa mise en application. Donc la démocratie donne aux citoyens non pas le pouvoir de gouverner, mais le pouvoir de juger. Cette définition permet en outre d'être appliquée à d'autres domaines que la politique.

Castoriadis, le projet d'autonomie

L'idée de démocratie est centrale dans la philosophie et la pensée politique de Cornelius Castoriadis. Critique sévère des régimes représentatifs, qu'il considère comme des oligarchies au sein desquelles le peuple n'a aucun véritable pouvoir, il n'y a pour de démocratie que directe. Celle-ci, qui est chez lui plus ou moins synonyme du projet d'autonomie qu'il développe tout au long de son œuvre, doit selon lui être le régime de la liberté (individuelle et collective) et de l'égalité (politique et économique).

Sous l'angle des institutions politiques au sens strict, elle réclame notamment la participation de tous aux décisions qui les concernent, la révocabilité de tous ceux qui sont élus pour accomplir un mandat défini par les citoyens, ou encore une séparation et articulation des sphères politique (« publique-publique », ekklesia), publique-privé (agora), et privé (oikos).

Sous l'angle économique, la démocratie implique selon lui l'autogestion de la production par les producteurs (travailleurs), ainsi qu'une égalité économique concrète, considérant que toute inégalité économique se répercute comme inégalité politique.

Sous l'angle culturel, la démocratie se doit d'être un régime qui place l'éducation (paedeia) au centre de ces préoccupations, en vue de former des citoyens à même de réfléchir par eux-mêmes, et par suite de prendre des décision librement. Une véritable démocratie implique aussi à ses yeux un « imaginaire social » particulier, qui par opposition à ceux des sociétés traditionnelles, religieuses ou capitalistes[28], se reconnaît comme l'unique source des normes et lois sociales qui les régissent, et donc refuse aussi bien toute idée de transcendance que celle de déterminisme historique ou économiques. Ces points de vue reposent sur une conception des sociétés humaines comme processus d'auto-création, d'où découle notamment l'idée qu'il ne saurait y avoir d'experts de la politique, autrement dit que nul ne peut prétendre détenir la véritable notion de ce qu'est la justice, celle-ci étant une création humaine devant s'appuyer sur le raisonnement et la délibération pour être établie, et pour être continuellement interrogée.

L'idée de démocratie chez les partis politiques et les organisations militantes

Polymorphisme de la démocratie

Les régimes démocratiques ainsi que les idéaux démocratiques présentent, outre leurs traits communs, une certaine variété. L'idée même de « démocratie » est peut-être dans ce polymorphisme.

La démocratie américaine présente la possibilité pour un simple citoyen d'affronter l'État en justice. Le cinéma a rendu célèbre Monsieur Smith (joué par James Stewart dans Mr. Smith au Sénat) plaidant au Sénat. Une telle faculté est généralement possible dans une démocratie. C'est le cas en France.

Les États-Unis octroient une grande importance au pouvoir judiciaire pour déterminer la loi. La Constitution des États-Unis est faite d'une suite de perfectionnements dans des procès en justice par des citoyens ou groupes de citoyens contre le gouvernement. Tel est le « Cas Korematsu » pour l'injustice envers une catégorie de citoyens.

La France recherche dans sa devise la conciliation entre les principe de liberté et d'égalité. Cette conciliation est un problème politique que rencontrent la plupart des régimes. Pendant la Guerre froide, le bloc de l'Est se réclamait de l'égalité et qualifiait la liberté occidentale de fictive. Chacun des deux blocs déniait à l'autre le caractère de démocratie. Ainsi, pour les États-Unis, l'URSS ne respectait aucune des libertés les plus fondamentales (presse, opinion, religion…) et l'URSS affirmait que les États-Unis n'instauraient aucune égalité entre ses citoyens (ségrégation jusque dans les années 1960 ; mouvements féministes dans le même temps également). Les démocraties populaires du bloc de l'est sont largement considérées aujourd'hui comme des dictatures.

Critiques

Incapacité du peuple à gouverner, ignorance et inexpérience des masses

Platon fut le premier à développer une analyse et théorie importante visant à dénoncer la démocratie, en l’occurrence la démocratie athénienne, au sein de laquelle il vécut. Sa critique ne vise donc pas à proprement parler ce qu'aujourd'hui nous avons coutume de désigner comme régime démocratique (régime représentatif et libéral). Son opposition au partage du pouvoir politique entre tous les citoyens s’appuie sur l'idée que pour gouverner, il faut une certaine sagesse et un certain savoir – plus précisément, avoir accédé à la connaissance des Idées du Vrai, du Juste et du Bien. Selon lui, les simples citoyens, ignorant de la Vérité et réfléchissant surtout en fonction de leurs intérêts particuliers, ne sauraient diriger à bien la cité, et par conséquent le pouvoir du peuple ne peut que conduire celle-ci vers la corruption. Il défend ainsi au contraire l'idée que seuls devraient gouverner des philosophes rois, ou des rois philosophes.

D'une certaine façon, cette idée de l'incapacité du peuple à diriger les affaires publiques et à légiférer se retrouve bien plus tard chez les penseurs occidentaux, lors de la fondation de nos régimes démocratiques modernes, aux États-Unis comme en France. C'est d'ailleurs en avançant l'argument de cette incapacité du peuple que l'idée et le terme de démocratie, qui jusqu'à la moitié du XIXe siècle renvoyait à l'idée d'un exercice direct de la souveraineté par le peuple, était décrié et craint par la plupart de ceux qui participaient à l'élaboration d'un système représentatif. Ainsi, Jefferson affirmait : « Il y a une aristocratie naturelle, fondée sur le talent et la vertu, qui semble destinée au gouvernement des sociétés, et de toutes les formes politiques, la meilleure est celle qui pourvoit le plus efficacement à la pureté du triage de ces aristocrates naturels et à leur introduction au gouvernement »[29]. De la même manière, John Adams ou James Madison aux États, Emmanuel-Joseph Sieyès[30] ou Montesquieu[31] en France, expriment clairement leur oppositions ou leurs critiques envers l'idée d'un gouvernement démocratique, lui opposant les avantages d'un régime représentatif, qu'ils concevaient donc comme une alternative à la démocratie plutôt que comme son équivalent[1].

Critique de la démocratie représentative

Critique marxiste de la « démocratie bourgeoise »

Parallèlement à la critique des droits de l'homme, Marx, et à sa suite les marxistes, dénoncent ce qu'ils qualifient de démocratie bourgeoise pour son caractère factice. L'égalité politique des citoyens que les démocraties libérales prétendent établir et garantir serait contredite par le rapport de domination entre la classe bourgeoise et prolétarienne. Ainsi, les courants marxistes considèrent que dans une société capitaliste, l'égalité des citoyens est principalement fictive et illusoire, et que les droits et libertés accordés aux individus sont, au sein des démocraties libérales, non pas concrets et effectifs, mais simplement « formels ». Cela, principalement en ce qu'ils ne contreviennent en rien aux inégalités économiques, qui se répercutent comme inégalité d'accès au savoir et à l'information, empêchant ainsi le prolétariat de réellement jouir des droits et libertés qui lui sont théoriquement accordés, mais donc matériellement inaccessibles. Marx dénonce aussi la conception bourgeoise de la liberté qui serait contenue dans la déclaration des droit de l'homme et du citoyens en ce qu'elle garantit la propriété privée, y compris de moyens de production

« le droit de l’homme, la liberté, ne repose pas sur les relations de l’homme avec l’homme mais plutôt sur la séparation de l’homme d’avec l’homme. C’est le droit de cette séparation, le droit de l’individu limité à lui-même. L’application pratique du droit de liberté, c’est le droit de propriété privée. Mais en quoi consiste ce dernier droit ? « Le droit de propriété est celui qui appartient à tout citoyen de jouir et de disposer à son gré de ses biens, de ses revenus, du fruit de son travail et de son industrie. » (Constitution de 1793, art. 16.) Le droit de propriété est donc le droit de jouir de sa fortune et d’en disposer « à son gré », sans se soucier des autres hommes, indépendamment de la société ; c’est le droit de l’égoïsme[32]. »

Le régime représentatif, une « oligarchie libérale » plutôt qu'une démocratie

Certains penseurs contemporains, tels Cornelius Castoriadis ou Jacques Rancière considèrent que les démocraties représentatives ne sont que pseudo-démocratiques, où le peuple est dans les faits dépossédé du pouvoir politique effectif, qui est à leurs yeux détenu par une petite minorité d'individus (oligarchie), constitué par les politiques (représentants), les experts ou l'élite économique. Leur critique de la représentation possède une certaine filiation avec la critique marxiste, mais diffère cependant sur un certain nombre de points.

La démocratie comme encadrement des masses

Jacques Ellul, en se fondant sur son analyse du « système technicien » et des moyens modernes de propagande, considère que de l'utopie d'une « démocratie-contrôle », dans laquelle l'administration étatique est réellement contrôlée par le peuple, l'époque contemporaine est passée à une « démocratie-encadrement ». « La démocratie n'est plus un moyen de contrôler le pouvoir mais d'encadrer les masses » affirme-t-il dans son essai intitulé L'illusion politique (1977)[33]. C'est l'analyse que produit également Noam Chomsky quand il critique les vues d'un « Walter Lippmann, et [de] tous les autres représentants de cette principale école de penseurs "démocratiques" en Occident : la démocratie requiert une classe d'élite pour s'occuper de la prise de décisions et "fabriquer" l'assentiment de l'ensemble de la population envers des politiques qui sont supposées dépasser ce qu'elle est capable de développer et de décider par elle-même »[34].

La démocratie comme dictature de la majorité

Sans refuser la démocratie, de nombreux penseurs ont mis en avant ses limites si elle n'est pas encadrée par des règles de droit immuables. Au lendemain des expériences révolutionnaires de la fin du XVIIIe siècle et des dérives de la Terreur ou du régime napoléonien en France, Alexis de Tocqueville ou Benjamin Constant soulignèrent certains dangers de la démocratie.

Le philosophe franco-suisse Benjamin Constant est l'un des premiers à mettre en avant ce risque dans ses Principes de politique (1806), tout en défendant la nécessité d'un régime représentatif : « L'erreur de ceux qui, de bonne foi dans leur amour de la liberté, ont accordé à la souveraineté du peuple un pouvoir sans bornes, vient de la manière dont se sont formées leurs idées en politique. Ils ont vu dans l'histoire un petit nombre d'hommes, ou même un seul, en possession d'un pouvoir immense, qui faisait beaucoup de mal ; mais leur courroux s'est dirigé contre les possesseurs du pouvoir, et non contre le pouvoir même. Au lieu de le détruire, ils n'ont songé qu'à le déplacer »[35]. C'est entre autres pour cela qu'il défend une démocratie censitaire, estimant qu'un minimum de propriété est nécessaire pour pouvoir prendre part à la désignation des dirigeants de l'État.

Tocqueville, s'il considère la marche vers la démocratie comme irrésistible, note le risque à accorder tous les pouvoirs au peuple ou à un organe représentatif. Ainsi, il écrit dans De la démocratie en Amérique : « je regarde comme impie et détestable cette maxime, qu'en matière de gouvernement la majorité d'un peuple a le droit de tout faire, et pourtant je place dans les volontés de la majorité l'origine de tous les pouvoirs (...). Lors donc que je vois accorder le droit et la faculté de tout faire à une puissance quelconque, qu'on appelle peuple ou roi, démocratie ou aristocratie, qu'on l'exerce dans une monarchie ou dans une république, je dis : là est le germe de la tyrannie, et je cherche à aller vivre sous d'autres lois. Ce que je reproche le plus au gouvernement démocratique, tel qu'on l'a organisé aux États-Unis, ce n'est pas, comme beaucoup de gens le prétendent en Europe, sa faiblesse, mais au contraire sa force irrésistible ». À cette dérive d'une « démocratie jacobine », il oppose la « démocratie libérale », respectueuse des individus.

Ces remarques ont été reprises ultérieurement par le philosophe Friedrich Hayek, en particulier dans La Constitution de la liberté[36].

La démocratie comme particularité occidentale

L'universalisme de ces principes est contestée comme spécifique à une culture voire comme outils d'impérialisme culturel de la part de l'Occident. L'ONU dispose néanmoins d'une déclaration universelle des droits de l'homme.

L'avenir de la démocratie

La démocratie, cette notion certes historique, serait aujourd’hui une idée neuve qui, pour être durable, doit sans cesse être renouvelée[37].

Comptabilisation des démocraties

Cette carte montre les gouvernements se réclamant (ou non) de la démocratie, juin 2006.      Gouvernements se déclarant démocratiques et permettant l'existence de groupes d'opposition, du moins en théorie.      Gouvernements se déclarant démocratiques mais ne permettant pas l'existence de groupes d'opposition.      Gouvernements ne se revendiquant aucunement en tant que démocratie.

Dans le rapport, Guerre et paix au XXIe siècle, l'institut Human Security Report Project[38] a, en 2005, opéré une classification entre les régimes (dans le but de démontrer le rapport entre sécurité humaine et démocratie, entre autres). Ils déterminent trois catégories de régimes :

  • démocraties ;
  • anocraties (régimes en transition ou aux institutions instables) ;
  • régimes autoritaires.

Pour définir les démocraties, comme tous les régimes en ont des critères différents (afin, la plupart du temps, de se revendiquer en tant que démocratie), ils retiennent un faisceau d'indices établissant un « polity score », qui traduit la qualité des institutions et des processus politiques. Ce sont en particulier :

  • la manière dont est recruté l'exécutif (élection, nomination, pouvoir héréditaire, liberté des électeurs...) ;
  • les moyens de contrôle sur l'action de l'exécutif (autres pouvoirs : législatif et judiciaire...) ;
  • la manière dont est traitée la concurrence politique (opposition des partis politiques, contre-pouvoirs comme la presse ou l'opinion publique...).

Selon ces calculs, en 2005, il y avait 88 démocraties dans le monde (les pays inférieurs à un demi million d'habitants n'étant pas comptabilisés), sachant que l'ONU reconnaît 195 États aujourd'hui. Le nombre de démocraties a significativement progressé depuis 1946. En effet, à cette date, on ne comptait que vingt démocraties[39] sur les 72 États reconnus alors. Ce progrès est dû notamment à la fin de la Guerre froide (démocratisation des pays de l'Europe de l’Est) et à la démocratisation du continent sud-américain depuis la fin des années 1980.

L'organisation Freedom House publie aussi sa carte des démocraties dans le monde.

Bien que la Chine soit entre démocratique et sans démocratie, il y a un pluralisme d'état au sein du pays, il y a en 2011, 8 partis à la Conférence consultative politique du peuple chinois.

Notes et références

  1. a et b F. Dupui-Déri,« L'esprit anti-démocratique des fondateurs de la « démocratie » moderne », revue AGONE,no 22, septembre 1999, pp. 95-113 ; consultable sur le site « les classiques des sciences sociales » : . Voir aussi, P. Rosanvallon « L’universalisme démocratique : histoire et problèmes », La Vie des idées, 17 décembre 2007. ISSN : 2105-3030
  2. Voir par exemple : http://www.vie-publique.fr/decouverte-institutions/institutions/approfondissements/differents-types-regimes-politiques.html
  3. Site legifrance
  4. Existe-t-il différents types de référendum ?, viepublique.fr
  5. Michel Verpeaux, Référendum local, consultations locales et Constitution, A.J.D.A., 24 mars 2003, p. 540.
  6. « La démocratie advient quand les pauvres sont vainqueurs de leurs adversaires, qu’ils en tuent une partie et en exilent l’autre et qu’ils partagent à égalité entre le reste de la population l’administration et les charges, et les magistratures y sont le plus souvent attribuées par des tirages au sort » (Platon, République VIII, 557a
  7. « Il est démocratique que les magistratures soient attribuées par le sort, et oligarchique qu'elles soient électives » Les Politiques, IV, 9, 4 Trad. Pierre Pellegrin
  8. « Voici le genre de mesures qui sont démocratiques : que tous choisissent les magistratures parmi tous, que tous soient magistrats de chacun, et chacun à tour de rôle de tous, que les magistratures soient tirées au sort, ou bien toutes, ou bien celles qui ne demandent ni expérience ni compétence », Aristote, Politique VI. 2, 1317b17-21
  9. « Le suffrage par le sort est de la nature de la démocratie. Le suffrage par le choix est de celle de l'aristocratie. Le sort est une façon d'élire qui n'afflige personne; il laisse à chaque citoyen une espérance raisonnable de servir sa patrie. » Montesquieu, De l'esprit des lois
  10. Jacques Rancière, La haine de la démo­cratie, La fabrique éditions, Mayenne, 2005
  11. politeia, régulièrement traduit (de manière anachronique) par Constitutions
  12. Les politiques, IV, 2, 1289-a
  13. Aristote considère la pauvreté et la richesse comme le critère principal de distinction entre démocratie et oligarchie, et le nombre de ceux qui gouvernent comme critère « accidentel »; voir Aristote, Les Politiques, III, 8, 1279-b
  14. Les politiques, IV, 4, 1291-b. Ici, la démocratie n'est donc plus le gouvernement des plus pauvres, mais celui des pauvres aussi bien que des riches. Cette contradiction peut cependant être surmonté par le fait que les pauvres étant plus nombreux, ils gouvernent de fait sur les plus riches, quand bien même ils participent tous au pouvoir politiques (voir VI, 2, 1317-a)
  15. Voir aussi Rhétorique, 1366-a 4 : « Le but de la démocratie est la liberté »
  16. Les politiques, V, 5, 1304-b
  17. Les politiques, IV, 9, 1294-b; et aussi Réthorique, 1365-b 31-32
  18. Les politiques, VI, 2, 1317-b
  19. a et b Les politiques, III, 11, 1281-a
  20. Les politiques, IV, 5, 1320-a 7)
  21. Article "La politie", sur l'encyclopédie de l'agora, en ligne
  22. « Fait providentiel, il en a les principaux caractères, il est universel, il est durable, il échappe chaque jour à la puissance humaine ; tous les événements comme tous les hommes servent à son développement. Serait-il sage de croire qu'un mouvement social qui vient de si loin pourra être suspendu par les efforts d'une génération ? Pense-t-on qu'après avoir détruit la féodalité et vaincu les rois la démocratie reculera devant les bourgeois et les riches ? S'arrêtera-t-elle maintenant qu'elle est devenue si forte et ses adversaires si faibles ? », De la démocratie en Amérique, Introduction
  23. « Les démocraties sont naturellement portées à concentrer toute la force sociale dans les mains du corps législatif. Celui-ci étant le pouvoir qui émane le plus directement du peuple, est aussi celui qui participe le plus de sa toute-puissance. On remarque donc en lui une tendance habituelle qui le porte à réunir toute espèce d’autorité dans son sein. Cette concentration des pouvoirs, en même temps qu’elle nuit singulièrement à la bonne conduite des affaires, fonde "le despotisme de la majorité". », Alexis de Tocqueville, De la Démocratie en Amérique, t.1, Paris, Flammarion, 1981, p.230
  24. « Qu’est-ce donc qu’une majorité prise collectivement, sinon un individu qui a des opinions et le plus souvent des intérêts contraires à un autre individu qu’on nomme la minorité ? Or, si vous admettez qu’un homme revêtu de la toute-puissance peut en abuser contre ses adversaires, pourquoi n’admettez-vous pas la même chose pour une majorité ? Les hommes en se réunissant, ont-ils changé de caractère ? Sont-ils devenus plus patients dans les obstacles en devenant plus forts ? Pour moi, je ne saurais le croire ; et le pouvoir de tout faire, que je refuse à un seul de mes semblables, je ne l’accorderai jamais à plusieurs », Alexis de Tocqueville, De la Démocratie en Amérique, t.1, Paris, Flammarion, 1981, p.349
  25. De la démocratie en Amérique, Livre II, quatrième partie, chap. VII, « Suite des chapitres précédents »
  26. Karl Popper, La société ouverte et ses ennemis, Seuil, Paris, 1979, tome I, chap. 7, p104-107
  27. Karl Popper, La leçon de ce siècle, Anatolia, 1993, p.108
  28. Castoriadis considère les régimes communistes de l'est comme appartenant à une forme particulière du capitalisme : le capitalisme d’État (ou centralisé)
  29. Jefferson, cité par Giovanni Lobrano, dans l'article "République et démocratie anciennes avant et pendant la révolution", Révolution et république, l’exception française, Kimé, 1994, p. 56
  30. « Dans la démocratie, les citoyens font eux-mêmes les lois, et nomment directement leurs officiers publics. Dans notre plan, les citoyens font, plus ou moins immédiatement, le choix de leurs députés à l’Assemblée législative ; la législation cesse donc d’être démocratique, et devient représentative », Sieyès, Quelques Idées de constitution, applicables à la ville de Paris en juillet 1789, Versailles, 1789, p. 3 ; ou encore :« le concours immédiat est ce qui caractérise la véritable démocratie. Le concours médiat désigne le gouvernement représentatif. La différence entre ces deux systèmes politiques est énorme » in Dire sur la question du veto royal, Versailles, 7 septembre 1789, p. 14
  31. « le grand avantage des représentants, c'est qu'ils sont capables de discuter des affaires. Le peuple n'y est point du tout propre : ce qui forme un des grands inconvénients de la démocratique » (L'Esprit des lois, Livre XI, Chapitre 4, 1748)
  32. Karl Marx, la question juive
  33. Jacques Ellul, L'Illusion politique, La Table Ronde, 2004, p. 218-219.
  34. Noam Chomsky, Comprendre le pouvoir : tome I, Aden, 2005, p. 68.
  35. Benjamin Constant, Principes de politique, Édition Guillaumin, édition 1872, p.9
  36. Friedrich Hayek, La Constitution de la liberté, Litec, 1994 (ISBN 978-2-7111-2410-7) [lire en ligne]
  37. voir Cottave et Neuschwander (2005) pp. 10-12
  38. (en)Human Security Report Project
  39. (en)The Human Security Report

Voir aussi

Articles connexes

Bibliographie

Classique

Contemporaine

  • Jean Cottave et Claude Neuschwander, La démocratie durable : L'utopie au quotidien, F-84240 La Tour d'Aigues, Editions de l'Aube, coll. « Monde en cours », 2005, 160 p. (ISBN -2-7526-0147-6) 
  • La Démocratie, textes choisis et présentés par Bruno Bernardi, Flammarion, 1999
  • Martin Breaugh, L'expérience plébéienne. Une histoire discontinue de la liberté politique, Éditions Payot-Rivages, Paris, 2007
  • Luciano Canfora, La démocratie comme violence, Desjonquères, 1989
  • Luciano Canfora, L'imposture démocratique - Du procès de Socrate à l'élection de G.W. Bush, Flammarion, 2003
  • Luciano Canfora, La démocratie - Histoire d'une idéologie, Seuil, 2006
  • Luciano Canfora, Exporter la liberté - Échec d'un mythe, Desjonquères, 2008
  • Luciano Canfora, La nature du pouvoir, Belles Lettres, 2010
  • Robert Dahl, Qui Gouverne?, 1961
  • Takis Fotopoulos, Vers une démocratie générale. Une démocratie directe, économique, écologique et sociale, éd. Seuil, 2002
  • Francis Fukuyama, La Fin de l'histoire et le Dernier Homme, 1993
  • Alain Garrigou, Histoire sociale du suffrage universel en France : 1848-2000, Seuil, 2002
  • Marcel Gauchet, "La Démocratie contre elle-même", Gallimard, 2002
  • Hans Kelsen, "La Démocratie, sa nature, sa valeur", Dalloz, 2004
  • Claude Lefort, L'Invention démocratique, Paris, Fayard, 1981
  • Sandra Laugier, Albert Ogien, Pourquoi désobéir en démocratie ?, La Découverte, 2010
  • Bernard Manin, Principes du gouvernement représentatif, Calmann-Lévy, Paris, 1995
  • Jacques Rancière, La Haine de la Démocratie, La Fabrique, 2005
  • Dominique Reynié, Le Triomphe de l'opinion publique : l'espace public, XVIe ‑ XXe siècle, Odile Jacob, 1998
  • Pierre Rosanvallon, La Démocratie inachevée, Folio Histoire, Paris, 2000
  • Pierre Vidal-Naquet, Les Grecs, les historiens et la démocratie, La Découverte, 2000
  • Elisabeth Weissman, La désobéissance éthique, Stock, 2010
  • Howard Zinn, Désobéissance civile et démocratie, Agone, Marseille, 2010

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