Débourrer


Débourrer

Débourrage

Le débourrage consiste à amener le cheval à accepter une selle, un filet et un cavalier ou à accepter de tracter un véhicule (attelage), et à comprendre et exécuter des ordres de base.

Sommaire

Préambule

Le cheval est un animal grégaire qui vit en troupeau. Il s’agit d’un herbivore, donc d’une proie. Comme toutes les proies le cheval préfère la fuite à l’affrontement. Un cheval est un animal peu agressif, même si dans la nature un combat entre deux étalons peut aller jusqu’à de graves blessures qui peuvent entraîner la mort de l'un d'eux[réf. nécessaire].

Le cheval est très bien équipé pour se défendre face aux prédateurs. Il a de longues jambes pour courir vite, un long cou ainsi qu'une vue et un odorat efficaces pour repérer les prédateurs. S’il est acculé, ses sabots durs ainsi que ses dents coupantes peuvent faire office d'armes de défense.

Sur la base de ces informations plusieurs méthodes se sont développées pour débourrer (dresser) les chevaux.

Méthode « domptage »

Cette méthode consiste à dompter le cheval en le poussant à ne plus fuir mais à faire face. Après avoir passé sa jeunesse sans contact réel avec l'humain, le cheval est soudain séparé de ses congénères. Puis il est attaché, on lui met une selle et un filet, puis un cavalier expérimenté monte en selle. Le cheval surpris se défend et essaye de se débarrasser de son cavalier. Une fois calmé, le cheval n’a plus d’autre choix que d’accepter la domination du cavalier. Le dresseur va ensuite lui apprendre à suivre ses ordres.
Cette technique a pour avantage d’être rapide et efficace. Mais les désavantages sont nombreux, le cheval n’a pas de respect, mais seulement de la crainte. Les chevaux débourrés de cette façon peuvent être rétifs ou trop soumis.

Cette méthode a inspiré un sport : le rodéo, qui aujourd’hui se pratique non pas avec un cheval sauvage, mais avec un animal entraîné et déjà éduqué. Pour obtenir les sauts de mouton et autres « cabrioles », une sangle est passée autour des parties génitales. Le cheval tente de se débarrasser de cette situation désagréable.

Méthode progressive

Etapes préliminaires

La méthode la plus répandue consiste à procéder en douceur en utilisant la curiosité du cheval, son besoin de se sentir en sécurité et son instinct grégaire. Selon le type d’élevage et sa localisation dans le monde, l’éducation peut- commencer entre six mois et deux ans .
Le cheval apprend d’abord à accepter d’être approché, puis à accepter le licol[1].

Désensibilisation

Ensuite commence la désensibilisation. Le cheval apprend à accepter toutes sortes de manipulations. D’abord le contact de l’étrille et de la brosse sur le corps puis sur la tête. Ensuite le cheval apprend à donner les pieds, c’est-à-dire laisser le soigneur prendre son pied sans y mettre de poids, sans le retirer brusquement et si on approche la main du pied sans donner l’ordre, ne pas donner le pied. Un soigneur pointilleux prendra la peine d’habituer le cheval à être touché avec toutes sortes d’objets et sur tout le corps, ce qui facilitera grandement les étapes suivantes et qui peut servir dans certaines situations inhabituelles.
Cette étape est très importante, mais malheureusement souvent bâclée ce qui conduit à d’inévitables désagréments. Plus le cheval est habitué à des choses diverses plus il se comportera bien en cas de surprise ou de nouveauté.

Travail à pied

Une fois le cheval désensibilisé commence le travail à pied. Il s’agit de lui apprendre à suivre la personne calmement et de façon sécuritaire pour les personne environnantes. Puis la longe, le cheval doit apprendre à tourner en rond à l’allure (pas, trot, galop) demandée dans le calme. Pour cela on utilise le plus souvent un caveçon, une sorte de licol, avec 3 anneaux sur la muserolle (2 latérales et 1 centrale ). Souvent en parallèle du travail à pied et de la longe, le cheval découvre la selle et la bride, étape clef pour la suite des événements.

Travail aux longues rênes ou en longe

Le poulain découvrira le dialogue avec la main de son éducateur et apprendra les ordres vocaux de base sans l'inconvénient du cavalier sur son dos.

Débourrage

Dès que ces bases sont acquises, le travail sérieux commence. Tout d’abord le cheval est amené dans la carrière ou dans le manège sellé et bridé pour une séance de longe. Une fois détendu, entre en scène un cavalier. Une première personne tient le cheval avec la longe, une seconde aide le cavalier à se mettre en selle en position du malade (allongé de façon transversale). L’expérience est réitérée (parfois sur plusieurs jours) jusqu’à ce que le cheval réagisse positivement ou ne réagisse plus du tout. Ensuite même chose mais en position assise, l’avant du corps allongé sur l’encolure du cheval. Puis enfin assis. Une fois que le cheval accepte d’avoir un cavalier sur le dos, il doit apprendre à marcher, puis à trotter et enfin à galoper (à la longe) avec le cavalier sur le dos. Vient ensuite l’apprentissage des ordres. Le cavalier dispose des rênes, des jambes, de la voix pour indiquer ses intentions au cheval. Progressivement le cavalier utilisera les aides en parallèle avec l’action du longueur puis seul.

Début du dressage

Commence alors le dressage proprement dit. La base consiste à apprendre au cheval à s’arrêter ou passer au pas au trot ou au galop au moment souhaité, ainsi qu’à exécuter des figures simples. Souvent les jeunes chevaux sont aussi formés au saut d'obstacles. En général entre la première fois où un cavalier essaye de monter sur le cheval et le moment où les bases sont acquises il se passe de trois à cinq mois. Sauf pour les chevaux de courses qui sont montés dès un an et demi, un cheval n’est pas monté avant l’âge de 3 ans mais, récemment, beaucoup d'éleveurs attendent les quatre ans du cheval pour être sûr de ne pas lui causer de problèmes de dos dans l'avenir. À trois ans, le cheval a des os fragiles car pas encore développés.

Notes et références

  1. harnais posé sur la tête servant à guider, à attacher le cheval ou encore le contrôler
  • Portail du monde équestre Portail du monde équestre
Ce document provient de « D%C3%A9bourrage ».

Wikimedia Foundation. 2010.

Contenu soumis à la licence CC-BY-SA. Source : Article Débourrer de Wikipédia en français (auteurs)

Regardez d'autres dictionnaires:

  • débourrer — [ debure ] v. <conjug. : 1> • 1346, rare av. XVIIe; de dé et bourrer I ♦ V. tr. 1 ♦ Débarrasser de la bourre, du poil. Débourrer le cuir. ⇒ 1. dépiler, ébourrer. 2 ♦ Débarrasser de ce qui bourre. Débourrer une pipe, en ôter le tabac. ⇒… …   Encyclopédie Universelle

  • débourrer — DÉBOURRER. v. a. Il signifie au propre, ter la bourre. Débourrer un fusil. Hors cette phrase, il n est guère d usage qu au figuré. Ainsi l on dit, Débourrer un jeune homme, pour dire, Lui faire perdre le mauvais ton, les mauvaises manières, l air …   Dictionnaire de l'Académie Française 1798

  • débourrer — (dé bou ré) v. a. 1°   Ôter la bourre. •   Novion fit débourrer le banc des pairs à huit pieds de long près le coin du roi, SAINT SIMON 374, 30.    Débourrer une pipe, ôter le tabac qu elle contient.    Débourrer un fusil, ôter la bourre qui… …   Dictionnaire de la Langue Française d'Émile Littré

  • DÉBOURRER — v. a. Ôter la bourre. Débourrer un fusil. Fig. et fam., Débourrer un jeune homme, Lui faire perdre le mauvais ton, les manières gauches, l air embarrassé qu il avait, et le former, le façonner. Mettre un jeune homme dans le monde, dans les bonnes …   Dictionnaire de l'Academie Francaise, 7eme edition (1835)

  • DÉBOURRER — v. tr. Débarrasser de la bourre, du poil. Débourrer le cuir, Le débarrasser de tout poil. Il signifie aussi Débarrasser de ce qui bourre. Débourrer une pipe. Débourrer un cheval, Commencer à l’assouplir, à le rendre propre aux usages auxquels on… …   Dictionnaire de l'Academie Francaise, 8eme edition (1935)

  • débourrer — vt. , (une pipe, un fusil) ; défaire, ôter, enlever un tortillon de foin ou de paille qui s est formé dans les rouages ou les engrenages d une machine ; nettoyer le soc d une charrue quand la terre traîne devant le soc ; nettoyer la barre de… …   Dictionnaire Français-Savoyard

  • débourrer — v.i. Déféquer …   Dictionnaire du Français argotique et populaire

  • débourrage — [ deburaʒ ] n. m. • 1858; de débourrer(I) ♦ Techn. 1 ♦ Action de débourrer (I). Débourrage des peaux. Débourrage mécanique des cardes, leur nettoyage. Débourrage d un cheval. 2 ♦ Déchets provenant du travail de la laine. ● débourrage nom masculin …   Encyclopédie Universelle

  • débourrement — [ deburmɑ̃ ] n. m. • v. 1890; de débourrer(II) ♦ Arbor. Éclosion des bourgeons (des plantes arbustives, et spécialt de la vigne). ● débourrement nom masculin Épanouissement des bourgeons des arbres, de la vigne. débourrement [debuʀmɑ̃] n. m. ÉTYM …   Encyclopédie Universelle

  • pipe — [ pip ] n. f. • déb. XIIIe; de piper 1 ♦ Vx Pipeau. Chalumeau, tuyau. 2 ♦ Ancienne mesure de capacité. ♢ Région. Grande futaille, de capacité variable. 3 ♦ (XVe; par anal. pop.) Vx …   Encyclopédie Universelle