Dravidiens


Dravidiens

Les peuples dravidiens, également dravidiens' sont les termes utilisés pour désigner les différents peuples parlant des langues appartenant à la famille des langues dravidiennes. Les locuteurs de langues dravidiennes se trouvent principalement dans le sud de l'Inde. D'autres locuteurs de langues dravidiennes existent dans certaines parties de l'Inde centrale, au Sri Lanka, au Bangladesh et au Pakistan. Les plus grands peuples dravidiens (30-70 millions chacun) sont les Telougous, les Tamouls, les Kannadigas et les Malayalis. Il existe de plus petites communautés (1 à 5 millions de locuteurs) au Pakistan, au Bangladesh et dans le centre de l'Inde.

Sommaire

Origine

Le terme « dravidien » est construit sur le mot sanscrit « drâvida », qui désigne le peuple occupant le sud de l'Inde et plus particulièrement l'extrême-sud. Ce mot présente pour variantes « dramila » et « damila », qui ne sont autres que le nom « tamil » (qui signifie « harmonieux » en s'appliquant à la langue) ; « tamoul » est une forme européanisée d'une variante populaire de la prononciation de ce mot.

Histoire

Préhistoire

Panjâb, Gujarât, Inde…

En 1996, l'auteur Louis Frédéric fait la découverte de squelettes humains dans le Gujarât, notamment à Langhnaj et à Hirpura', qui montreraient des caractéristiques hamites similaires aux proto-Égyptiens. Ils avaient été inhumés en position repliée, parfois en compagnie d'un chien. Les hommes de cette culture microlithique étaient des chasseurs-ramasseurs vivant sur les collines. Ils chassaient le crocodile, le bœuf sauvage, le cheval, les ovins, le rat et se nourrissaient également de poissons[1]. En 1994, selon les généticiens Luca et Francesco Cavalli-Sforza, les dravidiens sont des « caucasiens à peau brune, aux traits faciaux et corporels caucasoïdes ». Ils les classent parmi les « caucasiens non européens » et en font des « méditerranéens orientaux ». Le groupe caucasoïde à peau foncée résulterait d'un habitat en zone tropicale, la péninsule indienne, la couleur de la peau étant pour eux une adaptation au climat[2]. En 2006, Yaroslav Lebedynsky, spécialiste des peuples de la steppe et du Caucase, signale la variété des phénotypes humains répertoriés dans la région du Pamir et dans le sud de l' Asie Centrale. Un rapide survol de la littérature archéologique permet d'affirmer la présence de trois phénotypes appartenant à des populations apparentées[réf. nécessaire] :

  1. Le type proto-europoïde
  2. Le type Pamir-Ferghâna
  3. Le type indo-afghan.

En 1992, dans une figuration concernant la situation des différents peuples vers la fin de l'âge du bronze moyen, l'auteur Lothar Kilian place les indiens ou drâvidiens dans une zone culturelle très proche des mèdes ou médo-perses, des iraniens, des indo-européens orientaux et de l'ensemble des peuples du Caucase[3].

Le mouvement des peuples

Il est difficile aujourd'hui, voire impossible, de reconstituer les mouvements de peuples qui aboutirent au peuplement du sous-continent indien à haute époque en raison d'un manque d'évidences matérielles et d'études systématiques sur le sujet. Les vues officielles du gouvernement indien sont fondées sur les opinions d'anthropologues qui donnent à ce peuplement au moins sept types de peuples répartis sur la péninsule et qui seraient arrivés les uns après les autres.

1. Les négritos brachycéphales sont les habitants les plus anciens et seraient d'origine africaine. Ils vivent aujourd'hui sur l'île d'Andaman, dans la péninsule malaise et dans quelques tribus aborigènes de l'Inde du sud.

2. Les proto-australoïdes, hommes à la peau noire, dolichocéphales, platyrhiniens peut-être venus de Palestine.

3. Des méditerranéens orientaux, dolichocéphales, leptorhiniens dont une branche ultérieure de ces derniers aurait donné naissance à ce que nous appelons de nos jours les Drâvidiens (4)[4].

5. À leur suite, des peuples « arménoïdes », brachycéphales apparentés aux Drâvidiens.

6. Des « Alpins » parlant des dialectes apparentés à la forme la plus ancienne de la langue védique.

7. Des Aryas, dolichocéphales leptorhiniens venus de l'Est de l'Europe en passant par l'Iran, parlant une forme ancienne du sanskrit, le védique.

Aucuns de ces peuples, hormis les Négritos, ne sont arrivés « purs » en Inde, ils étaient déjà à leur arrivée fortement métissés. En Inde même, ils se superposèrent et se mélangèrent plus ou moins. Sur les marches nordiques, ils rencontrèrent divers peuples proto-mongoloïdes (appelées Kirâta, Munda ou Kôl dans les écrits les plus anciens), notamment en Assam, au Sikkim, au Népal et au Bhoutan.

On pense qu'à l'arrivée des Aryas, le groupe aborigène devait être celui des Drâvidiens comme en témoignent de nos jours des « îlots linguistiques » apparentés comme les Brahouis du Balouchistan, ou ceux des Gonds, des Kui ou des Orâon dans le reste de l'Inde, ainsi que la survivance de nombreux vocable dans le parler védique.

Généralement, l'ensemble des chercheurs spécialistes de la question drâvidienne situe l'origine de cette population en dehors de l'Inde moderne, dans une région peut-être située dans le sud de l'Asie Centrale, au Pamir, avant de migrer dans la région de l'Hindu Kush d'où un premier groupe va par la suite s'étendre à l'ouest vers l'Iran en longeant la mer d'Oman. Un deuxième groupe va s'étendre par l'Est vers l'Assam en longeant les contreforts de l'Himalaya, tandis qu'un dernier groupe va longer les côtes indiennes, par l'ouest et par l'est jusqu'à atteindre le sud de la péninsule et constituer les Tamouls d'aujourd'hui. De nos jours, à la suite du mélange de toutes ces populations, on ne parle plus de « culture raciale » à propos des Dravidiens, mais de « cultures linguistiques », chacune d'elles correspondant (très approximativement) à des groupes humains à prédominance ethnique distincte[5].

Religion

Art

Références

  1. Histoire de l'Inde et des Indiens,cit. p.28, Louis Frédéric, ed. Criterion, 1996
  2. op. cit. p. 171, « Les caucasoïdes sont essentiellement des peuples à la peau blanche, mais ils comprennent également les populations de l'Inde du sud, située en zone tropicale et où l'on observe un fort noircissement de la peau, avec cependant des traits faciaux et corporels qui restent caucasoïdes et non africains ou australiens ». in Cavalli-Sforza, Qui Sommes-nous ? , ed. Flammarion, 1994
  3. carte d'après P. Bosch-Gimpera, p. 48 in De l'origine des indo-européens de Lothar Kilian, ed. Le labyrinthe, 1992
  4. ( p.31. Histoire des Indiens...)
  5. p.32. Histoire de l'Inde...

Voir aussi

Liens internes


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