Douze Apôtres

Douze Apôtres
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L'identification des apôtres au groupe de douze disciples choisis par Jésus « pour être avec lui » est sans doute une création relativement tardive, comme le montre l'existence d'apôtres extérieurs à ce groupe. Les passages de l'Évangile où on parle explicitement des « Douze Apôtres » sont au chapitre 10 de l'évangile selon Matthieu et au chapitre 6 de l'Evangile selon Luc ; cf aussi Ap 21,14[1], et Ac 1,26[2]. Il vaut mieux donc parler à leur sujet du « Groupe des Douze » : le nombre 12 est en effet essentiel pour comprendre le rôle de ces disciples constituant autour de Jésus un cercle restreint à la forte signification symbolique. Les Douze sont institués par Jésus pour être un signe particulier pour la Palestine : ils représentent le peuple nouveau tel qu'il sera rassemblé par Dieu à la fin des temps (Mt 19,28) ; le nombre douze évoquant les douze tribus d'Israël, mais aussi la totalité et l'intégrité du peuple. Il renvoie donc au fait que Jésus a reçu pour mission de rassembler la totalité du peuple et de le mener à son accomplissement.

Les catholiques et les orthodoxes considèrent les évêques comme les successeurs des apôtres, et accordent une importance particulière au fait que les évêques se situent dans la succession apostolique, c'est-à-dire que la tradition à laquelle ils se rattachent remonte aux apôtres dans la succession des personnes et des doctrines.

Sommaire

Histoire

Le groupe des Douze demeure après la Résurrection. Après la trahison et la mort de Judas, les Onze qui subsistent décident de tirer un disciple au sort, Matthias, pour « devenir avec nous témoin de la résurrection ». Ils sont, avec d'autres disciples, les bénéficiaires du don de l'Esprit à la Pentecôte (Ac 2). Ensuite, ce groupe n'est plus renouvelé.

Après la mise à mort de Jacques, frère de Jean, par Hérode Agrippa Ier en 44, il semble que le groupe se disperse et perde son leadership. Paul ne cite qu'une fois « les Douze » en I Cor.15:5, à propos des témoins de la Résurrection, et encore dans une reprise d'une confession de foi antérieure. Du temps de son ministère, les Douze ne jouent plus aucun rôle actif. La plupart sont des figures sans relief dont nous ne savons rien de certain. La tradition ultérieure n'est pas unanime sur le nom des membres de ce groupe.

De ce fait, quelques critiques modernes[Qui ?] ont cru que ce groupe était entièrement fictif, inventé par la tradition évangélique.

Par contre, Paul connaît une autre organisation faitière de l'Église. Pierre et Jean sont considérés avec Jacques « frère du Seigneur » comme les « colonnes de l'Église » (cf Gal 2,9).

Il convient néanmoins de prendre en considération le fait que les apôtres connus soient ceux qui ont christianisé le monde romain et qui ont été martyrisés dans les endroits les plus divers de l'oecumen. Ils sont les fondateurs des premières Eglises romaines, latines et grecques dans des villes importantes, à Rome, Antioche (ancienne capitale du royaume macédonien de Seleucos 1er, la Perse conquise par Alexandre), Ephèse, Corinthe alors que Byzance n'était encore qu'une modeste cité de la Thrace à l'époque des "Douze Cesars" ... Pour l'autre grande métropole hellénistique, Alexandrie, ce fut Marc, le secrétaire de Pierre et le rédacteur de l'Evangile qui est celui de Pierre, qui y fonda la première Eglise égyptienne (copte en langue vernaculaire, Ka-Ptah, la Maison de Ptah, étant le nom de l'Egypte) Ceux qui sont les moins connus, Simon le zélote et Jude, ont franchi le limes pour aller porter la bonne parole dans l'empire perse, y ont fondé des Eglises avant d'être martyrisés; Thomas et Barthélemy (?) ont encore été plus loin, jusqu'en Inde où leurs Eglises furent retrouvées par les portugais après l'expédition de Vasco de Gama. Matthieu et Matthias (?) ont été mourir en Éthiopie ouverte au commerce avec l'Egypte. La moitié des Douze apôtres, sauf Matthieu qui a laissé son Evangile avant de partir, n'a donc joué aucun rôle dans l'implantation du christianisme romain depuis l'Eglise primitive de Jérusalem, qui est la coque de la graine, jusqu'à sa reconnaissance comme grande religion de l'empire par Constantin (décret de Milan de 317) puis religion d'Etat sous Theodose. Le christianisme de l'ère apostolique (qui se termine avec la mort de Jean en 101 (?) à l'âge de 98 ans sous l'empereur Trajan) a réussi son enracinement puis son développement, mais seulement dans l'espace de la civilisation greco-latine, c'est-à-dire dans l'immense empire romain, avec son Orient hellénistique de langue grecque et son Occident de langue latine, au point de se confondre ensuite avec elle.

Les douze apôtres relatés par les quatre évangélistes

Les Évangiles de Matthieu, Marc, Jean et Luc racontent la vocation de ces douze disciples de Jésus de Nazareth choisis et donnent leur liste de la façon suivante :

Selon Matthieu

« Puis, ayant appelé ses douze disciples, il leur donna le pouvoir de chasser les esprits impurs, et de guérir toute maladie et toute infirmité.
Voici les noms des douze apôtres. Le premier, Simon, appelé Pierre, et André, son frère ; Jacques, fils de Zébédée, et Jean, son frère ; Philippe, et Barthélemy ; Thomas, et Matthieu, le publicain ; Jacques, fils d'Alphée, et Thaddée ; Simon le Zélote (ou le Cananite), et Judas l'Iscariote, celui qui livra Jésus. »

— (Mt 10:1-4)

Selon Marc

« Il monta ensuite sur la montagne ; il appela ceux qu’il voulut, et ils vinrent auprès de lui. Il en établit douze, pour les avoir avec lui, et pour les envoyer prêcher avec le pouvoir de chasser les démons. Voici les douze qu'il établit : Simon, qu'il nomma Pierre ; Jacques, fils de Zébédée, et Jean, frère de Jacques, auxquels il donna le nom de Boanergès, qui signifie fils du tonnerre ; André ; Philippe ; Barthélemy ; Matthieu ; Thomas ; Jacques, fils d'Alphée ; Thaddée ; Simon le Cananite, et Judas Iscariote, celui qui livra Jésus. »

— (Mc 3:13-19)

Selon Luc

« En ce temps-là, Jésus se rendit sur la montagne pour prier, et il passa toute la nuit à prier Dieu. Quand le jour parut, il appela ses disciples, et il en choisit douze, auxquels il donna le nom d'apôtres : Simon, qu'il nomma Pierre ; André, son frère ; Jacques ; Jean ; Philippe ; Barthélemy ; Matthieu ; Thomas ; Jacques, fils d'Alphée ; Simon, appelé le zélote ; Juda de Jacques ; et Judas Iscariote, qui devint traître. »

— (Lc 6:12-16)

Selon Jean

L'évangéliste Jean ne donne pas une liste pareille à celles de Marc, Luc et Matthieu. Cependant, l'épisode conclusif de son évangile, le miracle au lac de Tibériade, est introduit par une liste des apôtres en forme réduite, la suivante:

« Simon Pierre, Thomas appelé le Jumeau, Nathanaël de Cana en Galilée, les fils de Zébédée et deux autres disciples se trouvaient ensemble. »

— (Jn 21:2)

Théologie

La théologie du groupe chrétien constitué autour des Douze est très vaguement connue par le livre des Actes des Apôtres, les discours prêtés à Pierre lors de la Pentecôte ou devant le Sanhédrin. La christologie est peu développée. Aucune rupture sensible avec le judaïsme officiel ne s'esquisse et rien n'est retrouvé de la polémique attribuée à Jésus contre les Pharisiens, le Sabbat et les offrandes au Temple.

Ce groupe a certainement une dimension charismatique se prétendant guidé par le Saint-Esprit dont la manifestation, perçue comme ultime, est le signe qui attesterait la résurrection et la victoire de Jésus sur la mort.

Quoique la conviction de la Résurrection de Jésus et les premières manifestations de l'Esprit soient sans doute apparues en Galilée, c'est à Jérusalem que Luc présente le groupe qui s'est certainement assez vite rassemblé dans la ville sainte. Cela est en lien avec la forte espérance eschatologique qui l'animait : c'est dans le Temple que le Messie devait paraître, et cette effusion de l'Esprit que le groupe ressentait et qui l'entraînait était les prémisses "évidents" de cette venue prochaine. C'est pourquoi les Douze et leurs disciples pratiquaient une espèce de « communisme primitif », chacun vendant ses biens, s'il en avait, pour faire survivre la communauté dans le petit laps de temps qui lui restait à passer sur terre avant le Grand Jour du Jugement dernier.

Il n'est même pas sûr qu'à ce stade les premiers chrétiens aient clairement identifié le Messie ou l'Envoyé ultime de Dieu avec Jésus, même ressuscité. Peut-être attendaient-ils le Ressuscité comme le restaurateur du Royaume d'Israël (d'après Actes 1). Mais cette effusion de l'Esprit avait surtout "prouvé" que Jésus était un innocent et que ceux qui l'avaient rejetés et livrés aux Romains (les chefs du peuple) étaient dans leur tort. Dieu donnait raison à Jésus et à ses disciples contre le Sanhédrin ! Les Douze étaient les témoins de Dieu et de Jésus contre les chefs juifs. Et si l'innocence et le caractère divin de la mission du Nazaréen étaient reconnus a posteriori (ce dont la prédication chrétienne cherchait à convaincre), alors Dieu hâterait la venue du Messie.

En fait le rejet de Jésus aurait reposé sur un malentendu entre Dieu et son peuple, dans la ligne du rejet passé des prophètes dont le Nazaréen est le dernier, que ces premiers chrétiens se voyaient destinés à lever afin qu'Israël trouve - bientôt - le repos eschatologique.

Notes et références

  1. « Le rempart de la ville repose sur douze assises portant chacune le nom de l'un des douze Apôtres de l'Agneau », traduction de la Bible de Jérusalem.
  2. « Alors on tira au sort et le sort tomba sur Matthias, qui fut mis au nombre des douze apôtres », traduction de la Bible de Jérusalem.

Lien externe


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Contenu soumis à la licence CC-BY-SA. Source : Article Douze Apôtres de Wikipédia en français (auteurs)

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