Division Bleue (Seconde Guerre mondiale)


Division Bleue (Seconde Guerre mondiale)
250e Division d'Infanterie
Division Azul
Spanische Legion 3 Bat.jpg

Drapeau du 3e bataillon de la Division bleue

Période 24 juin 194117 novembre 1943
Pays Drapeau de l'Espagne Espagne
Allégeance Drapeau : Allemagne Reich allemand
Branche Wehrmacht
Type Division d'infanterie
Effectif 18 000 à 46 000 personnes
Surnom Division Azul
Division Bleue
Guerres Seconde Guerre mondiale
Batailles Siège de Léningrad
Décorations 2 359 Croix de Fer 2ème classe
138 Croix de Fer 1ère classe
2 Croix d'Or
2 Croix de chevalier de la Croix de fer
Commandant Agustín Muñoz Grandes
Emilio Esteban Infantes
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Division Bleue.

La 250. Einheit spanischer Freiwilliger de la Wehrmacht, la Division Bleue (en espagnol División Azul, en allemand Blaue Division) était un corps de 17 692 volontaires espagnols (auxquels se sont joints quelques centaines de Portugais) créé à la fin du mois de juin 1941 par le général Francisco Franco et mis à disposition de la Wehrmacht de l’Allemagne nazie, qui devait les équiper, pour combattre sur le front de l’Est. La division était ainsi appelée à cause de la couleur des chemises portées par ses membres.

Sommaire

Création

La 250.Infanterie-Division a été formée en Espagne au cours de la dernière semaine de juin 1941 immédiatement après l'attaque allemande contre l'Union soviétique.

Elle a été formée avec des volontaires espagnols qui ont afflué en masse pour servir dans l'unité, à l'origine nommé tout simplement Division Espanola de Voluntarios (DEV) (Division Espagnole de Volontaires). Bien que l'Espagne n'ait pas participé officiellement à la Seconde Guerre mondiale du côté de l'Allemagne nazie, Franco a permis aux volontaires de se joindre à l'armée allemande. Ainsi, il pouvait maintenir la neutralité espagnole pendant qu'il indemnisait Hitler pour son aide pendant la guerre civile espagnole (voir Légion Condor). Le ministre des Affaires étrangères de l'époque, Ramón Serrano Súñer, voulait un corps de volontaires, mais Franco a envoyé un contingent formé de 50% de militaires professionnels, des phalangistes vétérans de la guerre civile espagnole et des étudiants de différentes universités. Le général Agustín Muñoz Grandes a été nommé pour diriger les volontaires pendant la première année, puis il a été remplacé par Emilio Esteban Infantes.

Hitler a approuvé l'utilisation de recrues espagnoles le 24 juin 1941. Après sa formation initiale en Espagne, la DEV a été transportée par chemin de fer à travers la France occupée[1] jusqu'au camp militaire de Grafenwöhr en Bavière où elle arrive du 17 au 23 juillet 1941. Les volontaires sont partis d'Espagne avec les uniformes de leurs unités d'origine, l'armée ou la milice de la FET et de la JONS. Quand ils sont arrivés en Allemagne ils ont reçu leurs uniformes de la Wehrmacht, mais, les Phalangistes refusant de quitter la chemise bleue usée, la division se fit alors connaître sous le nom de "Division bleue".

L'entraînement militaire et le serment

Le 13 Juillet 1941 a quitté Madrid le premier train de volontaires qui ira en Allemagne. Après cinq semaines de formation au Camp Grafenwöhr (Bavière), le groupe de ces volontaires allait devenir la division 250 d'infanterie de l'armée allemande, initialement composée de trois régiments d'infanterie et une artillerie, avec les chiffres 262, 263, 269 et 250 respectivement, plus des unités de la division anti-char, l'exploration, les communications, les ingénieurs de combat.

Aux dix heures matin du 31 julliet 1941, le general Muñoz Grandes était front le General Cochenhausen de la Région Militaire XIII, qui a présenté son épée sur le général espagnol qui a étendu son bras gauche, comme il a soulevé le droit de prêter serment. Un officier allemand lu la formule alors que le colonel Jose Maria Troncoso a répété en espagnol:

¿Juráis ante Dios y por vuestro honor de españoles absoluta obediencia al jefe supremo del ejército alemán, Adolf Hitler, en su lucha contra el bolchevismo y que combatiréis como valientes soldados dispuestos a dar vuestra vida en cada momento por cumplir este juramento?
Jurez-vous devant Dieu et pour votre obéissance absolue à l'honneur espagnol, le chef suprême de l'armée allemande, Adolf Hitler, dans sa lutte contre le bolchevisme et qui vous lutterez comme braves soldats prêts à donner votre vie à chaque instant pour remplir ce serment?

Le serment fut modiffié pour les prêtes militaires espagnols, car il y avair une condamnation vaticaine sur le nazisme[1]. On conserve aussi la transcription du discours du General Muñoz Grandes aussitôt du serment:

En uno de los momentos más felices de nuestra vida y ante las gloriosas banderas de Alemania y España, habéis jurado morir antes de tolerar que la barbarie bolchevique prosiga aquella obra de odio y destrucción que ensangrentó nuestra Patria y que hoy, criminalmente pretende imponer a toda Europa. Frente a esa obra brutal y materialista, que a fuerza de heroísmo está rompiendo el Ejército alemán en la más grande batalla que registra la Historia, vosotros, voluntarios españoles, lo mejor y más selecto de mi raza, os habéis alzado gallardamente y, abandonando cuanto os era más querido, las aulas de vuestras universidades, vuestros talleres y vuestros campos, anudando el corazón y dejando a vuestras santas madres, os lanzáis resueltamente al combate, en el que seguros de la victoria y en abrazo estrecho con vuestros camaradas alemanes, no aspiráis a conquistar riquezas ni botines y sí sólo a destrozar ese monstruo, azote de la Humanidad, y a que en su propia guarida, allá en las estepas siberianas, al lado de los alemanes, unas modestas tumbas españolas, regadas con sangre joven, fuerte y vigorosa, proclame al mundo entero, con la fraternidad de esos dos pueblos, la pujanza de nuestra raza.
Estas, sólo éstas, mi general, son las ilusiones que el Ejército español, enriquecido con la potente savia de la Falange, ha traído a vuestras tierras. Decidle al Führer que estamos listos y a su orden, decidle el juramento prestado, y decidle, en fin, que lo que mi pueblo jura lo cumple.¡Soldados de España! por mejor servir a Franco y con la memoria puesta en los que al luchar cayeron dándolo todo por la Patria, gritad conmigo. ¡Viva el Führer! ¡Viva el Ejército alemán! ¡Viva Alemania!''

Du 20 au 26 aout 1941, la 250.Infanterie-Division embarque à Weiden in der Oberpfalz, près de Grafenwöhr, sur 128 trains pour Grodno en Pologne[2] qu'elle quitte, à pied, le 29 aout en direction de Smolensk[3] et franchi le Dniepr au Gusino près de Mogilev le 25 septembre 1941. Après un mois de marche à pied exténuante, la division s'installe à 60 km environ de Smolensk[4].

Pendant la Seconde Guerre mondiale

Le 27 septembre 1941, la division Azul, affectée au groupe d'armées Nord, est dirigée, à pied sur Vitebsk, d'où elle est immédiatement transférée, par train, sur le front du Volkhov, dans la région de Novgorod le long des rives du lac Ilmen et de la rivière Volkhov, occuper les emplacements de la 126e division d’infanterie ainsi qu'une partie de la 18e division d’infanterie motorisée pour compléter l’encerclement de Léningrad, siège qui sera responsable de la mort - par la faim et le froid - d'un million de civils.

Au 10 octobre 1941, la division Azul occupe un front de 80 km; partant de la pointe nord du lac Ilmen jusque au sud de Bor dans le Nord[5].

Tout au long de la campagne d’hiver et de la guerre les volontaires montrent une grande combativité. Le premier combat de la division, à Kapella Nova, engage la deuxième compagnie du 269e régiment qui brise la tentative d’un bataillon soviétique de franchir le Volkhov. Les Russes repartent en laissant 50 morts et 80 prisonniers
Le premier hiver est marqué par les effets du froid mais les Espagnols n’ont pas de pertes plus importantes en proportion que leurs alliés allemands.
Au cours du mois d'octobre 1941, des unités des 18e, 126e R.I ainsi que deux régiments de la 250e , franchissent la Volkhov et établissent une tête de pont sur la rive Est. Les villages de Tigoda, Doubrovka et Muravji sur la rive est du Volkhov, sont occupés et les troupes allemandes continuent de pousser les Russes en arrière, malgré une défense opiniâtre.

En novembre, avec le gel complet de la Volkhov, ils subissent des bombardements massifs d'artillerie et des contres-attaques continuelles, comme pendant la Première Guerre mondiale. Le 12 novembre, les soldats russes se jettent, vague après vague, sur les lignes de la 250eD.I pour reprendre le contrôle de Possad. Pendant près d'un mois les Espagnols subiront des assauts et bombardement quotidien, si bien que le 7 décembre, après avoir perdu, en novembre, 120 morts, 440 blessés et 20 disparus, le commandement Allemand décide d'abandonner la tête de pont et fait repasser les unités de la division Azul sur la rive Ouest de la Volkhov.

Offensive d'hiver Soviétique 1941-1942:     Gains Soviétique      Gains Allemand

La veille de Noël 1941, les positions tenues par une compagnie de grenadiers espagnol à Lubkovo[6] subit une violente attaque d'infanterie soviétique, où la sauvagerie est à son comble. Les troupes de secours allemandes ont par la suite trouvé des corps de leurs camarades déshabillés, mutilés, cloués, crucifié, sur le sol gelé avec leurs propre baïonnettes et pioches. Peu de temps après, une féroce, contre-attaque/vengeance fut porté par deux compagnies de la offensive d'hiver 1941-1942, et afin de desserrer l'emprise allemande sur Léningrad, le 7 janvier 1942, les Soviétiques partent à l’attaque des 2e et 10e ArmeeKorps de la 16e Armée allemande. La 2e Armée soviétique, perce un trou d'une trentaine de kilomètres à l'avant des troupes allemandes au nord de Novgorod, malgré la résistance de la 126e D.I.
À la suite de l'offensive soviétique sur le Volkhov, au nord, la division Azul était dans une situation défensive précaire, les soviétiques se trouvant à l'ouest, ainsi que sur ses flancs nord et sud. Le commandement Allemand ponctionna toutefois sur la 250e D.I et envoya, le 10 janvier 1942 à travers les glaces du lac Ilmen, les 204 hommes de sa Ski-Kompanie pour dégager 543 hommes encerclés dans la ville de Vzvad[7], le long de la rive sud du lac. Dans cette opération l'unité entière a été pratiquement anéantie. Seuls 12 hommes survivront au 15 jours de traversée du lac gelé et arrivent à Vzvad le 25 janvier.

Dans le même temps les Soviétiques avaient également lancé une vaste offensive vers le sud, au sud du lac Ilmen. La 11e armée avec les 3e et 4e armées de choc soviétiques réussissent à encercler le IIe ArmeeKorps Allemand tout entier centré sur la ville de Demiansk, créant ainsi la célèbre poche de Demiansk composée de sept divisions d'infanterie soit environ 90 000 hommes.

Article détaillé : Poche de Demiansk.

Le 19 mars 1942, le renflement soviétique est coupée par les forces allemandes, créant ainsi la célèbre Poche de Volkhov. La Division Azul participe entre mars et juin à l’attaque victorieuse pour réduire ce saillant qui sera finalement totalement écrasée le 25 juin 1942, par les troupes allemandes de la 18e Armée en attaquant par l'ouest, le nord et le sud, capturant 30 000 soldats soviétiques de la 2e Armée de choc, dont le général Vlassov.

Carte des districts de Saint-Pétersbourg
1-Amirauté
2-Frounze
3-Kalinine
4-Kirov
5-Kolpino
6-Krasnaïa Gvardia
7-Krasnoïe Sélo
8-Kronstadt
9-Kourortny
10-Lomonossov
11-Moscou
12-Néva
13-Pavlovsk
14-Petrodvorets
15-Pétrograd
16-Primorski
17-Pouchkine
18-Centre
19-Île Vassili
20-Vyborg

Une fois la poche de Volkhov, dans le nord, réduite, et la poche de Demjansk, dans le sud, stabilisée la 20eInfanterie-Division occupe les positions de la 250eInfanterie Division qui est transférée, le 23 aout 1942 à Vyritsa dans la zone du siège de Léningrad, ou elle est reconstituée avant de prendre les positions de la 121eInfanterie-Division dans la zone de Pouchkine-Slutz long de l'anneau extérieur de Léningrad. La division occupe alors un front d'environ de 45 kilomètres, de Pouchkine sur son flanc gauche à Krasny Bor sur sa droite[8]. Alors que la norme pour une division est d’une dizaine de kilomètres de front, on voit à cette répartition à la fois le manque d’effectifs allemands dans une guerre de position et la valeur des volontaires espagnols.

Le 14 décembre 1942, la division reçoit une relève de 18 000 hommes et le général Esteban Infantes Emilio Esteban Infantes remplace le général Agustin Munoz Grandes

Articles détaillés : Opération Polyarnaya Zvezda et Bataille de Krasny Bor.

Après presque trois mois d'escarmouches le long du front, conduisant à près de 20 morts par jour pour la division, les Soviétiques attaquent, le 12 janvier 1943, sur deux fronts les lignes allemandes pour essayer de rompre l'encerclement autour de leur ville assiégée. En janvier 1943, une part de la division (4 500 espagnols plus 1 400 allemands, au total 5 900) est envoyé à Krasny Bor. La division y livre son combat le plus difficile. Toutefois les combats sont cette fois-ci centré sur la région de Mga[9]. Le 2e bataillon du 269e R.I de la Division est détaché et prend part aux combats. Pendant 9 jours, les forces Soviétiques et Allemandes combattent dans une bataille extrêmement furieuse et sanglante. Le 28 janvier 1943, il ne restait, au 2e bataillon, que 28 hommes encore debout sur près de 800.

En dépit de ces combats précédents, aussi furieux qu'ils furent ils ne furent rien comparé à ce qui arriva le 10 février 1943. Les 10 et 11 février 1943, les Soviétiques commencent un barrage d'artillerie durant trois heures avec presque 1 000 pièces puis lancent une attaque de 44 000 fantassins appuyés par deux régiments de chars (presque 100 chars) et deux bataillons de mortiers et Katioucha contre 5 600 soldats des troupes espagnoles. Pendant 24 heures la bataille fait rage, la division tient et perd 3 645 hommes (75% de son effectif) contre près de 11 000 Soviétiques tués. Cette bataille massive devait être connu sous le nom de la bataille de Krasny Bor, elle s'est avéré être une victoire sanglante et coûteuse pour la division Azul.

Vers le milieu de février les combats avaient cessés et les lignes s'étaient, une fois de plus stabilisées.

Le 19 mars 1943, les Soviétiques lancent une nouvelle attaque sur les lignes de la division, qui est repoussée.

En avril, épuisée, la Division Azul est soulagée par l'arrivée de la 254eInfanterie-Division, qui voit ses positions dans et autour de Krasny Bor réduite à 30 km.

Durant les sept mois suivant, la division combat sporadiquement, mais aucune offensive de grande envergure ou d'action défensive n'a lieu.

Les 5 et 6 octobre 1943, la division reçoit l'ordre de se replier. Du 6 au 12 octobre 1943, la division est relevée par les 81eInfanterie-Division et 123eInfanterie-Division. La division est ensuite transférée à la région de Volossovo où il est ordonné aux soldats de retourner en Espagne, en laissant la place à la Légion espagnole, une unité composé d'environ 1 500 soldats espagnols qui choisissent de ne pas retourner en Espagne pour continuer la lutte contre les Soviétiques.

Les premiers soldats étaient de retour en Espagne le 29 octobre 1943.

La 250e Division d'Infanterie dite Division Azul est dissoute le 17 novembre 1943.

Bilan

Près de 50 000 hommes[10] servirent dans les rangs de la division, il y eut 3 934 morts, 8 466 blessés, 326 disparus et 350 prisonniers qui seront rapartiés durant l’année 1954.

Au cours de 18 engagements où elle participe, la division recueille :

Escadrilles Azul et volontaires de la marine

Parallèlement, des volontaires-pilotes forment l’escadrille Azul (Escuadrilla Azul). Il s’agit en fait de cinq escadrilles qui se succédèrent sur le Front de l’Est sous le vocable du 15 Spanische Staffel. L’escadrille Azul est intégrée au JG 27 en tant que 15(span)/JG 27 du général Wolfram von Richthofen qui avait commandé de la Légion Condor pendant la guerre civile espagnole. Faute d’appareils convenables, ces escadrilles hispaniques reçoivent des avions de chasse Messerschmitt Bf 109F et Focke-Wulf FW 190A, soit une vingtaine d’appareils pour autant de pilotes et 130 rampants dont l’uniforme s’inspire assez bizarrement de la Kriegsmarine et non de la Luftwaffe.

La 1re escadrille commandée par le Général Angel Salas Larrazabal quitte l'Espagne le 24 juillet 1941 pour Berlin. Elle gagne son premier poste opérationnel le 24 septembre sur l'aérodrome de Moschina, près de Smolensk. Elle combat ensuite devant Moscou depuis la base de Byélov et dans différents secteurs où l'Armée rouge déploie son offensive d'hiver. Elle a perdu 4 pilotes pour 14 appareils ennemis abattus.

L'année suivante, la première escadrille est successivement remplacée par les deuxième puis troisième commandées par le Commandant Julio Salvador Díaz Benjumea et Carlos Ferrándiz Arjonilla.

Au cours de l'année 1943, la quatrième escadrille aux ordres du commandant Mariano Cuadra Medina s'est particulièrement illustrée sur des FW 190A en détruisant 74 avions ennemis pour la perte de 7 pilotes.

L'escadrille Azul a abattu près de 156 avions soviétiques soit moins que les pertes matérielles subies. Outre l'aide matérielle apportée, la rotation des escadrilles Azul permet à l'Espagne de former au mieux les pilotes de combat et d'assimiler des techniques allemandes.

C'est dans le même esprit que la marine espagnole envoie des volontaires auprès de la Kriegsmarine et opère en Baltique à différents postes de novembre 1942 à janvier 1943. Des tractations ont lieu pour construire 6 sous-marins de Type VII dans le port de Carthagène entre 1944 et 1945, mais la défaite allemande rend ce projet caduc.

Rapatriement de la division Azul et volontaires espagnols de la Legion Azul

Les défaites allemandes tant en Afrique du Nord que sur le front russe amènent le gouvernement espagnol à reconsidérer la situation. Il n'est plus question pour Franco de promettre "« un million de soldats espagnols »" si les Soviétiques marchent sur la capitale du Reich. D'autre part, les Anglo-Saxons exercent des pressions croissantes sur une Espagne qui dépend de ses importations de matières premières. Graduellement, Franco démet les phalangistes des postes gouvernementaux pour montrer son éloignement idéologique des puissances fascistes. Le retrait du général Muñoz Grandes, remplacé par son adjoint Esteban-Infantes, s'explique par ce contexte. Juillet 1943 voit l'effondrement de Mussolini en Italie après le débarquement anglo-américain.

La division Azul quitte ses positions le 6 octobre 1943 et son remplacement par deux divisions allemandes (81e et 123e DI) plaide en faveur de la valeur ibérique. Elle est dissoute le 17 novembre 1943.

Néanmoins, ce même jour est créée la Legion Azul, soit près de 2 000 hommes qui forment un régiment intégré à la 121e division d’infanterie allemande. Les Espagnols, aux ordres du colonel Antonio Garcia Navarro, sont envoyés se battre avec le groupe d’armée Nord allemand.

La Legion Azul y fait face à une nouvelle offensive soviétique pendant l'hiver 1943-1944.
Le 19 janvier 1944, la Legion Azul est utilisée en bouchon retardateur de la retraite allemande devant Leningrad, mission périlleuse et coûteuse.
Franco leur donne l'ordre de rapatriement le 14 février. Les restes de la légion sont reformés près de Narwa et renvoyés par train vers l'Espagne le 6 mars. Les premiers volontaires arrivent à Irun le 31 mars 1944.

Certains volontaires espagnols, estimés à 1 200, persistent à aller jusqu'au bout et rejoignent les rangs de la Waffen-SS ou de la Wehrmacht.
Ces volontaires servent sur tous les fronts :

  • dans la Wehrmacht en Yougoslavie avec la 121e division d'infanterie,
  • sur le front de l'Est dans la 3e division de montagne et la 1er novembre 1944, une centaine de ces volontaires espagnols sont officiellement rassemblés dans une compagnie intégrée à la Légion Wallonie commandée par Léon Degrelle, chef du rexisme (mouvement fasciste belge), probablement l'unité la plus combative de la Waffen SS. Degrelle y voit un symbole. Car son drapeau est formé par les « bâtons noueux » en croix de Saint-André de la Bourgogne de Charles le Téméraire, repris par Charles-Quint pour ses régiments espagnols.
    L'initiative d'intégrer les Espagnols à la division Wallonie vient d'ailleurs de Léon Degrelle qui a chargé des tractations avec un certain Antoine Alphonse Van Horembeke, Belge qui a reçu la nationalité espagnole pendant la guerre civile. La Direction centrale de la Waffen SS permet à Horembeke et à l'Obersturmführer(Lieutenant) Luis Garcia Valdajos de sillonner les fronts pour recruter les volontaires espagnols.

    Fin janvier 1945, la Wallonie est envoyée en Poméranie pour s'opposer à l'inexorable avance soviétique sur Berlin. Au cours du mois suivant, elle participe avec d'autres unités de la SS européenne, telles que la Norland, la Langemark, et la Nederland, à la bataille d'Arnswalde dans le secteur de Stargard. Au cours de ce combat dans la neige, les SS Espagnols font preuve de leur combativité extraordinaire aussi bien dans la lutte antichar à la Panzerfaust que dans les coups de main. Pendant cette bataille, de nouveaux Espagnols rejoignent la Wallonie jusqu'à former un contingent de 260 hommes qui permet de créer une quatrième section placée dans la compagnie wallonne de Robert Steiver. Néanmoins, le 4 mars, La division Wallonie (en fait un milliers d'hommes) est la dernière unité à décrocher de Stargard.

    Ces combats ont décimés la compagnie espagnole dont certains membres sont envoyés à Berlin avec le IIIe Corps SS au sein de la 11e Division SS Nordland. L'Einsatgruppe Ezquerra est anéanti dans la bataille finale pour Berlin. Une trentaine d'autres volontaires espagnols sont intégrés à la 29e Division SS Italia formés d'Italiens.

    Sur les 37 000 hommes ayant servi dans cette unité, 4 954 sont morts et 8 700 furent blessés. 321 furent prisonniers, ils revinrent en Espagne le 2 avril 1954 à bord du Semíramis qui, parti d'Odessa, rejoignit Barcelone.

    Franco a mis l’accent sur le fait que ce bataillon était composé de volontaires, et non de membres de l’armée espagnole. Ainsi l’Espagne n’était pas en guerre contre l’Union soviétique. Pour définir l’attitude de l’Espagne pendant l’intervention de la Division Bleue, Franco parlait de « non-belligérance », position intermédiaire entre la neutralité et la participation à la guerre.

    Combats et batailles

    • Bataille du Volkhov
    • Première bataille de Smiesko
    • Première bataille de Sitno
    • Bataille de Muravji
    • Bataille de Nikitkino
    • Bataille de Possad
    • Action sur le lac Ilmen.
    • Seconde bataille de Sitno
    • Bataille de Schevelevo
    • Troisième Bataille du Volkhov
    • Bataille de Maloye Samoshie
    • Bataille de Poselok
    • Bataille de Krasny Bor
    • Bataille de Putrolovo
    • Bataille de Pushkin

    Composition

    • 262e Régiment d'infanterie, colonel Pimentel Zallas
    • 263e Régiment d'infanterie, colonel Vierna Trápaga
    • 269e Régiment d'infanterie, colonel Martínez Esparza
    • 250e Régiment d'artillerie, colonel Badillo Pérez
    • 250e Bataillon Antichars, commandant César Rodríguez Galán
    • 250e Compagnie de Ski
    • 250e Bataillon de Reconnaissance
    • 250e Bataillon du Génie
    • 250e Bataillon de réserve mobile Tía Bernarda, commandant Fernando Osés Armesto.
    • Groupes d'exploration, ingénieurs de combat, radiodiffusion, personnel de santé, transports, police militaire, vétérinaire, poste militaire et état-major.

    Personnalités ayant servi au sein de la division

    Bibliographie

    • (es) Diaz De Villegas, La Division Azul En Linea, Acervo, 2003, (ISBN 978-8470024764)
    • (es) Xavier Moreno Julia, La Division Azul, Critica, 2005, (ISBN 978-8484325741)
    • (es) Fernando Ramos, División azul, Ed. Publicaciones Españolas, 1953
    • (es) Fernando Vadillo, División azul, Ed. Este Oeste, 1991
    • Thomas Palacios Cuesta, Division Azul, 12 ans en enfer, Déterna, 2009, (ISBN 978-2913044173)

    Liens internes

    Notes, sources et références

    1. En passant par Irun, Sarrebruck, Karlsruhe et Nuremberg
    2. En passant par Bayreuth, Münchberg, Zwickau, Chemnitz, Waldheim, la région de Berlin, Stettin et la région de Suwalki et Reuss
    3. Elle pâsse par Vilna, Grodno, Molodeschno, Minsk, Orcha qui sont toute totalement ou partiellement en ruines, dévastée par l'avance allemande
    4. 250.Infanterie-Division by Jason Pipes sur le site Feldgrau
    5. Vue aérienne de la zone
    6. Lubkovo écrit également Tchoudovo et Chudovo
    7. Localisation de Vzvad
    8. Localisation de Krasnyy Bor
    9. Localisation de Mga
    10. Certains citent le chiffre de 34 000
    • La Division Azul dans l'enfer de Leningrad, par François de Lannoy, 39-45 Magazine no 126, 1996.
    • La Division Azul: Le bleu de la phalange Espagnole dans la neige russe Axe vs Alliés magazine no 09