Didier Julia


Didier Julia
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Didier Julia

Parlementaire français
Date de naissance 18 février 1934
Mandat Député
Début du mandat avril 1967
Circonscription deuxième circonscription de Seine-et-Marne
Groupe parlementaire Union pour un mouvement populaire
Ve république

Didier Julia est un homme politique français, né le 18 février 1934 à Paris dans le 6e arrondissement, député de Seine-et-Marne.

Sommaire

Biographie

Issu de la famille Larousse, ses parents sont l'un et l'autre médecins ; il fait ses études secondaires aux lycées Lakanal à Sceaux et Henri-IV à Paris, ses études supérieures à la Sorbonne, entrecoupées d'études à l'étranger notamment en Égypte (1953-54), aux États-Unis (1955). Il est reçu quatrième à l'agrégation de philosophie en 1956, docteur d'État en 1964, professeur au lycée, puis à la faculté de Lille ; puis maître-assistant à la Sorbonne, professeur à la faculté des Lettres de Rouen (1966). Ses thèses, principale et complémentaire, sont inspirées par la philosophie de Fichte, théoricien de la Révolution française et philosophe de la liberté, et comportent une traduction en français de la grande œuvre du philosophe allemand, La Théorie de la Science, exposée en 1804 à Berlin (éditions Montaigne, Paris). En 2002, il publie Fichte : La Philosophie ou la Conquête de la Liberté. En 2004, il participe à Poitiers au Colloque International de philosophie sur Fichte. Sa contribution consacrée à La méthode et la portée de l'analyse philosophique sera publiée chez Vrin ( L'être et le phénomène , 2009 ).

Conjointement de 1956 à 1970, il est rédacteur de la Grande Encyclopédie Larousse. Il est l'auteur du «Dictionnaire Larousse de la Philosophie » ; l'ouvrage a connu 11 rééditions en français et est traduit en 10 langues.

De 1972 à 1983, il est membre du Conseil de Surveillance de la Librairie Larousse.

En 1962 il participe activement dans le 5e arrondissement de Paris à la campagne pour les élections législatives de René Capitant, professeur de droit constitutionnel à l'université de Paris, inspirateur de la politique de « participation » dans les entreprises, gaulliste de gauche, qui sera élu député et futur ministre de la Justice du général de Gaulle. La même année Jacques Chaban-Delmas le place au secrétariat général de l'Union paneuropéenne, mouvement gaulliste pour « l'Europe des Nations ».

De conviction gaulliste, il est élu sans interruption député de la deuxième circonscription de Seine-et-Marne depuis 1967. Il fait partie du groupe RPR, puis UMP.

En novembre 1968 il défend la Loi d'Orientation présentée par Edgar Faure, ministre de l'Éducation nationale, et soutient contre le rapporteur du groupe UNR, Alain Peyrefitte, l'amendement instituant la présence des élèves aux conseils d'administration des lycées. Philippe Seguin rappelle dans son livre Deux cent quarante dans un fauteuil (p.1013) qu'en 1976 Didier Julia dépose le programme et la proposition qui sont à l'origine de l'Office parlementaire pour l'évaluation des options technologiques.

En 1981, il s'oppose à l'abolition de la peine de mort en raison du refus du gouvernement de l'époque d'imposer une peine de sûreté incompressible pour les criminels dangereux ou récidivistes.

De 1978 à 1986, il est délégué national du RPR pour les DOM-TOM, période pendant laquelle le nombre des députés RPR d'Outre-Mer passe de 2 à 16. En 1984, alors que des troubles agitent la Nouvelle Calédonie, il se rend sur le terrain aux côtés notamment de Jacques Lafleur et de Pierre Frogier.

En décembre 1984, à la tribune de l'Assemblée Nationale, il s'oppose avec force au "projet Pisani" présenté par le gouvernement Fabius. Il déclare au Premier Ministre : "Avec ce projet pour la Nouvelle Calédonie, vous aurez découvert le national-socialisme". Le Président Mermaz fait suspendre la séance et décide, contre l'avis de plusieurs membres du Bureau de l'Assemblée Nationale dont Philippe Seguin, que l'intervention du député ne figurera pas au Journal Officiel. Didier Julia recevra le soutien du groupe RPR et le gouvernement socialiste reculera[1].

En 1988, D. Julia apporte son soutien aux Accords de Matignon conclus sous l'autorité du Premier Ministre Michel Rocard.

Lors du Congrès du Parlement du 19 février 2007, il votera contre le Projet de loi présenté par le Président Jacques Chirac et qu'il juge "contraire aux principes de toutes les démocraties", instituant un collège électoral éternellement restreint aux seuls habitants de Nouvelle Calédonie pouvant justifier de 10 ans d'ancienneté en 1998[2].

Vice-président du District de l'Agglomération Parisienne de 1980 à 1986 puis Vice-président du conseil régional d'Île-de-France de 1986 à 1998, chargé de l'environnement et du développement de la grande couronne de l'Île-de-France, il crée sous la présidence de Michel Giraud, un nouveau partenariat régional avec les collectivités locales, les parcs naturels régionaux et les contrats ruraux pour les petites communes. Il réforme tout le système d'assainissement pour le noyau dur de l'agglomération parisienne, touchant 5 millions d'habitants ; pour accompagner l'expansion galopante de l'urbanisation de l'Est Parisien, il lance l'opération Marne Pollution 0 puis l'opération Seine-Propre, crée la politique moderne des déchets et rédige la Loi sur l'air à l'Assemblée Nationale.

En 1995 il soutient la candidature d'Édouard Balladur à l'élection présidentielle.

En 1998 il s'oppose à la « diabolisation » des voix du Front National.

De 1998 à 2006, Membre de la Commission des Affaires étrangères à l'Assemblée nationale, il se rend à plusieurs reprises en Irak et dans les pays d'Orient.

Didier Julia a reçu en décembre 2006 à nouveau l'investiture UMP pour les législatives de juin 2007. Élu à l'issue du second tour, il entame sa 41e année à l'Assemblée nationale, confirmant ainsi son statut de doyen de mandat.

Membre de la Commission des Lois, il dépose la proposition de loi, enregistrée le 5 mai 2009, interdisant le port de masques sur le visage ("loi anticagoules") dans les manifestations sur la voie publique à la suite du saccage d'un quartier de Strasbourg lors du sommet de l'OTAN les 3 et 4 avril 2009[3]. A nouveau membre de la Commission des Affaires Étrangères, Vice-Président du groupe parlementaire France-Iran, il effectue un voyage de 2 semaines en Iran à la veille des élections présidentielles du 12 juin 2009.

Relations avec l'Irak

Article détaillé : Affaire Julia.

Depuis longtemps Didier Julia est très proche et bien connu de la société irakienne, et notamment de Tarek Aziz (ministre des Affaires Étrangères sous Saddam Hussein). Didier Julia a par ailleurs demandé à plusieurs reprises au Président de la République Nicolas Sarkozy d'exercer son influence pour le faire libérer[4]. Il est le vice-président du groupe d'amitié France-Irak à l’Assemblée nationale, ainsi que du groupe d'amitié France-Libye, et simple membre des groupes d'amitié avec l'Arabie saoudite, l'Iran, le Liban, la Syrie, la Zambie, du groupe d'étude sur le Tibet et membre de la commission des Affaires étrangères.

Du 14 au 17 septembre 2002, alors que la guerre en Irak menace, il se rend dans ce pays accompagné de Thierry Mariani et Éric Diard, deux autres députés UMP, sous la houlette de Philippe Brett, lequel, selon le Canard enchaîné, agit pour le compte des autorités françaises, le vol étant déclaré « vol gouvernemental ». En raison de l'embargo imposé par les États-Unis sur toutes les relations avec l'Irak, le gouvernement français avait dû adresser une « notification » à l'ONU pour que l'avion ne soit pas intercepté, s'agissant d'un vol officiel.

Le but de ce voyage était de convaincre le gouvernement irakien d'accepter la venue sur son territoire d'observateurs de l'ONU, le président américain ayant décidé de suspendre la menace de guerre si les observateurs pouvaient s'assurer de l'absence « d'armes de destruction massive ». Ils obtiendront le 17 septembre 2002 l'accord du gouvernement irakien. Le voyage déclenche alors la colère de Dominique de Villepin, à l'époque ministre des Affaires étrangères. Selon le Canard enchaîné, il est en désaccord sur ce point avec le conseiller diplomatique de Jacques Chirac, Maurice Gourdault-Montagne. Ils y retournent en mars 2003, à la veille de la guerre.

Après que, depuis le 20 août 2004, deux journalistes français ont été pris en otage en Irak et que le ministre français des Affaires étrangères a déclaré (le 1er septembre) « avoir perdu tout contact », Didier Julia et Philippe Brett se rendent à Amman le 4 septembre avec l'avion du président la Côte d'Ivoire, Laurent Gbagbo, en vue de localiser le lieu où les journalistes sont détenus. Le 15 septembre, l'ambassadeur de France à Bagdad publie une déclaration : « nous avons perdu tout contact... ». Le 27 septembre, Didier Julia communique au gouvernement français des informations sur leur lieu de détention mais celui-ci ne leur donne « aucune suite en raison de leur caractère imprécis et non étayés ». Didier Julia repart à Damas le 30 septembre où il rejoint Philippe Brett et Khaled Jasim (frère de l'actuel ministre de la Défense du gouvernement irakien depuis 2006) dans l'idée de les libérer en quelques jours. L'opération ne réussit pas et une campagne de presse se déchaîne contre lui et son équipe. Le Figaro parle de « dangereux amateurs » et un membre du gouvernement de « supercherie nocive ». Didier Julia répond en décrivant, sur Europe 1 et au journal télévisé de TF1, la diplomatie française comme étant « dans le bleu » et décrit les conditions de son intervention. C'est le début de l'affaire Julia. Le ministre de la Justice demande au Parquet de Paris d'ouvrir une instruction judiciaire pour « intelligence avec une puissance étrangère, de nature à porter atteinte aux intérêts fondamentaux de la Nation ».

Le 1er mars 2005, une cassette vidéo a été découverte en Irak où la journaliste française Florence Aubenas, prise en otage depuis le 5 janvier 2005, fait appel à « Monsieur Julia » pour la sauver. Le 2 mars 2005, le Premier ministre Jean-Pierre Raffarin interpelle publiquement Didier Julia en pleine séance de l'Assemblée nationale pour lui demander de coopérer avec les services secrets (la DGSE). Didier Julia déclare se mettre à leur disposition dès que les sanctions (« contrôle judiciaire ») qui visent ses co-équipiers seront levées.

Après sa libération en juin 2005, Florence Aubenas a déclaré que l'appel à Didier Julia avait été fait à la demande de ses ravisseurs afin d'obtenir de la publicité. Cependant Marc Fauchoux, journaliste à Canal + - i-Télé, établit bien la réalité du rôle de Didier Julia et de son équipe dans son ouvrage Irak, Histoire secrète de la libération des otages, publié aux éditions Hugo Doc.

L'instruction judiciaire, conduite par les juges antiterroristes, se conclut par une ordonnance de non-lieu (qui comprend 18 pages) en faveur de Didier Julia et de ses compagnons. Les juges ont pu prendre connaissance du détail de ses communications téléphoniques, du contenu des ordinateurs qu'ils ont analysés. Il en ressort que les contacts de la mission Julia avec le ministère de la Défense, le ministère de l'Intérieur, le Quai d'Orsay et même l'Élysée ont été constants et le concours de l'État français permanent[5].

Mandats

Assemblée nationale

  • 02/04/1967 - 30/05/1968 : député de la 2e circonscription de Seine-et-Marne
  • 11/07/1968 - 01/04/1973 : député
  • 03/04/1973 - 01/04/1978 : député
  • 03/04/1978 - 22/05/1981 : député
  • 02/07/1981 - 01/04/1986 : député
  • 02/04/1986 - 14/05/1988 : député
  • 06/06/1988 - 01/04/1993 : député
  • 02/04/1993 - 21/04/1997 : député
  • 01/06/1997 - 18/06/2002 : député
  • 19/06/2002 - 17/06/2007 : député
  • depuis le 20/06/2007 : député

Conseil régional d'Ile de France

Notes et références

Liens externes



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Contenu soumis à la licence CC-BY-SA. Source : Article Didier Julia de Wikipédia en français (auteurs)

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