Cransac


Cransac

44° 31′ 33″ N 2° 17′ 07″ E / 44.5258333333, 2.28527777778

Cransac
L'établissement thermal
L'établissement thermal
Administration
Pays France
Région Midi-Pyrénées
Département Aveyron
Arrondissement Villefranche-de-Rouergue
Canton Aubin
Code commune 12083
Code postal 12110
Maire
Mandat en cours
Jean Paul Linol
2008-2014
Intercommunalité Communauté de communes du Bassin de Decazeville Aubin
Démographie
Population 1 681 hab. (2008)
Densité 243 hab./km²
Gentilé Cransacois
Géographie
Coordonnées 44° 31′ 33″ Nord
       2° 17′ 07″ Est
/ 44.5258333333, 2.28527777778
Altitudes mini. 274 m — maxi. 470 m
Superficie 6,91 km2

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Cransac est une commune française située dans le département de l'Aveyron et la région Midi-Pyrénées.

Sommaire

Géographie

Le ruisseau de l'Enne

Cransac est situé dans le Bassin historique de Decazeville-Aubin, dans le Nord Aveyron. Cette région riche en houille est devenue à partir des années 1830 un des bassins houillers les plus importants du Sud de la France. Le bassin de Decazeville, bien qu'ayant beaucoup perdu d'habitants depuis 60 ans, garde son unité historique et géographique, et est devenu en 1998 une communauté de communes : celle du bassin Decazeville-Aubin, où de nombreux projets mettant en commun les cinq anciennes villes du bassin (Decazeville, Aubin, Viviez, Firmi, et Cransac) ont été mis en œuvre.

Fumées s'échappant de la "Montagne qui brûle

Cransac est situé dans l'étroite vallée de l'Enne, ruisseau affluent du Riou mort, recouvert sur la majorité de son parcours, et à proximité d'Aubin. Ces deux villes sont tellement proches que le bâti reste continu entre ces deux villes. Cela n'a pas toujours été le cas, et jusqu'au milieu du XIX° siècle, Cransac, tout comme Aubin étaient de petits villages. L'arrivée de la mine, très gourmande en main d’œuvre, a été pour beaucoup dans le peuplement très rapide de Cransac et dans la densification de l'espace bâti. L'habitat à Cransac se présente donc, comme dans de nombreuses villes ouvrières, sous la forme d'un village-rue : des immeubles bâtis de façon continue le long d'une rue (la rue Anatole-France), à proximité du lieu de travail ; derrière ses immeubles est traditionnellement situé un petit jardin potager. Mais la déprise démographique suite à la fermeture des mines en 1963 a transformé ces rues bouillonnantes de vie en un espace en voie de désertification. Il ne faut donc pas que le visiteur s'étonne que l'habitat très dense contraste avec le peu de personnes croisées dans les rues.

La vie du village est tournée autour de la place centrale : la place Jean Jaurès, sur laquelle a lieu un marché hebdomadaire, ainsi que de nombreuses autres animations. L'église située sur cette même place est relativement récente. A la fin du XIX° siècle, l'ancienne église de Cransac, trop petite pour accueillir les mineurs a été démolie et remplacée par un édifice plus grand. En matière d'espaces verts, Cransac offre à ses habitants et visiteurs deux parcs agréables : le parc thermal, ancien site du puits n°1, reconverti en parc dans les années 1970 ; et le bassin de Passelaygues, ancienne mine à ciel ouvert aujourd'hui remplie d'eau.

La ville de Cransac possède en outre une autre richesse : ses ressources thermales. En effet, la combustion des pyrites de fer à l'intérieur de la "Montagne qui brûle" crée une sortie de vapeurs dont les effets sont bénéfiques en cas de douleurs ostéo-articulaires et de rhumatismes. De plus, la minéralisation des eaux de pluies infiltrées dans la montagne crée des sources chaudes minéralisées : les sources Fraysse, Saint Augustin, et Geneviève, mais seule la dernière est exploitée à des fins médicales. Ces sources, qui ont été perdues dans les années 1860, coulent dans d'anciennes galeries minières.

Histoire

la source St Augustin

La première période thermale

Cransac, petit village aveyronnais, était déjà réputé à l’époque romaine pour les vertus de ses eaux[1]. Il semble que l'usage des eaux thermales soit resté libre jusqu'au XVII° siècle, époque à laquelle les sources ont été rachetées par les notables du village qui y bâtissent des pavillons pour accueillir les curistes[2]. Les trois principales sources de l'époque étaient les sources Basse-Richard, Haute-Richard, et Belzègues. La source Haute-Richard était la plus minéralisée, et était située dans le hameau de la Pélonie. Les autres sources coulaient dans le parc thermal de l'époque, devenu aujourd'hui le bassin de Passelaygues, ayant été transformé en mine à ciel ouvert pendant la période minière. Ces sources étaient utilisées afin de soigner des maladies aujourd'hui marginales comme le paludisme ou les maladies de foie.

Les gisements de vapeur à la sortie de la montagne qui brûle étaient eux aussi exploités. Une cabane en bois, que l'on appelait étuve était bâtie à l'émergence des vapeurs. Les curistes s'y asseyaient au-dessus, nus, durant une vingtaine de minutes. A la sortie, un personnel soignant les attendait et les couvrait de vêtements chauds afin de ne pas être victimes d'un choc thermique.

Les hôtels accueillant les curistes appartenaient aux propriétaires des sources thermales. On comptait cinq hôtels en 1848 (apogée du thermalisme à Cransac) : l'hôtel Saint Charles, l'hôtel Rocques, l'hôtel Sahut, et le Château. Ces hôtels, pour la plupart situés sur la partie haute de Cransac, dans le Cransac originel, sont soit abandonnés, ou bien abritent des logements pour des particuliers. L'hôtel Saint Charles est aujourd'hui en restauration.

L'hôtel Rocques, aujourd'hui abandonné

La période minière

L'apogée du Cransac thermal, qui accueillait près de 5000 curistes par an début du XIX° siècle[3] va prendre fin dès lors que les compagnies minières vont s'intéresser à Cransac. La houille est en effet une ressource traditionnelle dans le bassin de Decazeville. Les charbonnières, mines creusées de façon artisanale, ont alimenté en combustible des générations de forgerons cransacrois. Mais la révolution industrielle et ses besoins astronomiques en charbon vont faire de Cransac un des bassins houillers les plus importants du Sud de la France. Ainsi, avec la révolution industrielle, Cransac-les-Eaux devient Cransac-les-Mines, et son sous-sol est partagé entre la compagnie d'Orléans et la compagnie de Campagnac, qui seront réunies en 1947 avec la nationalisation des compagnies minières. Le village qui comptait alors 500 habitants en 1848, va en compter jusqu'à 7000 au début du XX° siècle. Ainsi, le puits N°1, organe central de l'industrie houillère, va devenir le centre du village autour duquel l'habitat va se développer. Les sources thermales vont se perdre à cause de travaux dans les galeries, et seules vont subsister les étuves qui donneront à Cransac le surnom de ville thermale sans eaux.

Le renouveau du thermalisme

À partir des années 1950, le charbon subit une crise en France, et les bassins isolés des grands axes industriels, comme celui de Decazeville, vont être les premiers à fermer. Ainsi, les mines de Cransac ferment en 1963, accélérant l'exode des mineurs. Mais la fermeture des mines va avoir néanmoins un effet positif : les anciennes sources vont réapparaitre à la sortie des galeries minières. La mairie va de même se lancer dans une politique de démolition des friches et de remise en valeur du patrimoine thermal. Les anciennes étuves en bois, rudimentaires, sont rasées, et un centre thermal captant les gaz du haut de la montagne est bâti en contrebas, permettant aux curistes d'avoir accès à des soins plus variés et dans des normes d'hygiène moderne.

L'ancienne salle des machines du puits N°1, reconvertie en salle des fêtes

Le complexe industriel du puits N°1 va lui aussi être rasé et reconverti en parc afin de donner aux curistes un endroit agréable où se reposer. Seule subsiste aujourd'hui la salle des machines, reconvertie en salle des fêtes. Un travail sur la rénovation du bâti résidentiel a aussi été réalisé, bien que de nombreux logements restent à l'abandon. Les sources thermales mettront beaucoup plus de temps à être exploitées : la source Geneviève n'est exploitée commercialement que depuis 2010.

Ainsi, grâce aux efforts d'une génération de Cransacois, la ville a pu effacer les traces de la mine et se relancer dans l'accueil des curistes.

Schéma résumant la transformation du thermalisme du XIX° siècle à aujourd’hui

Économie

De récents progrès ont été enregistrés dans le domaine du thermalisme, bien que Cransac demeure une ville thermale secondaire. En 1996, la Chaîne thermale du Soleil rachète les thermes de Cransac. En 2003, un nouveau centre thermal est bâti. Il offre, outre une gamme de soins plus variée, la possibilité de loger sur place, dans le "Logis des Boisements". L'établissement est spécialisé dans le traitement des rhumatismes et des douleurs ostéo-articulaires.

En matière d'hébergement, Cransac est particulièrement bien fourni : la déprise démographique a permis la libération et la remise aux normes de nombreux logements qui sont aujourd'hui loués aux curistes par des particuliers. L'offre en meublés est donc particulièrement forte.

Cransac dispose en matière de commerces tous les services courants, ainsi que des services pratiques aux curistes (pressing, ambulance-taxi). L'offre en loisirs est de même diversifiée, avec de nombreux sites à visiter aux alentours, bien que la plupart des curistes apprécient le calme du village.

En matière d'accessibilité, Cransac est éloigné des réseaux autoroutiers, mais accessible en train via la ligne Capdenac - Rodez. Une ligne de bus : le TUB dessert depuis 2004 à heures régulières les cinq communes du bassin. Elle fait un crochet au thermes de Cransac pour transporter les curistes.


Se lançant résolument dans une politique de développement durable, Cransac a inauguré son réseau de chaleur biomasse - alimenté par des noyaux de fruits - le 3 avril 2009[4]. Cette centrale permettra bientôt de chauffer un lotissement en construction : le Belvédère de la Vaysse, surplombant la vallée.

Administration

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
    Paul Oustry    
    André Requi    
mars 2001 2014 Jean Paul Linol[5] PS  
Toutes les données ne sont pas encore connues.

Démographie

Évolution démographique
(Source : INSEE[6])
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2006 2008
2 356 3 244 2 870 2 520 2 180 1 821 1 728 1 681
Nombre retenu à partir de 1968 : population sans doubles comptes

Lieux et monuments

La rue Victor Hugo à Cransac
  • Établissement thermal, en bois, verre et zinc dessiné par Luc Demolombe.
  • Musée « la Mémoire de Cransac », qui présente l’évolution de Cransac-les-Eaux à Cransac-les-Mines et aujourd’hui Cransac-les- Thermes.
  • sur le chemin qui part du Centre Thermal en direction du cynodrome et du club hippique, vous verrez d'une part les conduites qui amènent les gaz chauds au Centre Thermal, d'autre part, vous passerez à proximité des très vieilles étuves (ruines) où vous percevrez très distinctement l'odeur de soufre des gaz. Les fumées de la "Montagne qui brûle" sont visibles derrière le centre thermal.
  • sur l'ancien plateau des mines, derrière la Mairie, vous noterez la réhabilitation et la réutilisation d'un ancien bâtiment de l'exploitation minière, aujourd'hui transformé en salle de fêtes.
  • à la sortie sud de Cransac (route d'Auzits et St Christophe) vous arriverez à un bassin, ancien puits de mine ennoyé. A proximité, à la base de la colline, la source Saint Augustin produit un petit débit. L'eau est potable, bien que très minéralisée.
  • La source Fraysse, située à proximité de la chaufferie à noyeaux de fruits, n'est pas visible : elle coule dans le jardin d'un particulier.
  • Le bassin de Passelaygues abrite une famille de cygnes dont le nid est protégé par un grillage.
  • Au sud du village, près de la gare, un important jardin-ouvrier encore entretenu est le témoin de l'agriculture vivrière que pratiquaient les mineurs.
  • Le cimetière, immense si on compare sa taille à la population actuelle du village.

Personnalités liées à la commune

  • Jeanne Mallès, résistante[réf. souhaitée] ;
  • Bernard Canac, député suppléant, conseiller municipal de Cransac.
  • le compositeur Emile Goué s'inspira de Cransac dans son triptyque "Pénombres"(1931)

Notes et références

  1. Musée "la Mémoire de Cransac", « Musée "la Mémoire de Cransac" » sur http://www.tourinfos.com. Consulté le 7 mars 2010
  2. Yves Lacout, Renaissance du thermalisme à Cransac; Mémoire d'histoire, Université Toulouse II le Mirail, 1984, p17
  3. ibid, p31
  4. [PDF] Mairie et Office de Tourisme de Cransac-Les-Thermes, « réseau de chaleur biomasse de Cransac-les-Thermes » sur http://www.cransac.fr, 2010. Consulté le 7 mars 2010
  5. Site des maires de l‘Aveyron-liste des maires (doc pdf)
  6. Cransac sur le site de l'Insee

Voir aussi

Articles connexes

Liens externes

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