Cour Royale (France)


Cour Royale (France)

Cour de France


La cour de France était l'ensemble des personnes qui vivaient dans l'entourage direct du roi, ou, sous le Premier et le Second Empire, de l'empereur. Elle se composait au Moyen-Âge de grands seigneurs, mais également d'officiers royaux et de ministériaux chargés de l'administration royale, ainsi que de conseillers. Au fur et à mesure de la disparition des grands féodaux, la noblesse se mua en une réunion de courtisans qui cherchaient la faveur royale et les pensions. La cour comprit alors les membres de la famille royale (ou impériale), les courtisans et le personnel chargé de les servir.

La cour fut le centre de la vie politique en France jusqu'à la Révolution, et joua encore un rôle de premier plan au XIXe siècle. À la fin de l'Ancien Régime, le terme de cour désigne aussi le pouvoir royal dans son ensemble.


Sommaire

La cour de France des origines à 1870

Origines

La cour sous les Capétiens

Dénommée Curia regis à l'origine, la cour du roi de France était au Moyen Âge une administration royale à laquelle participaient les officiers de la couronne : le connétable, le sénéchal, le chancelier, etc. Ces derniers étaient choisis parmi les seigneurs en qui le roi mettait sa confiance. La justice royale, sous l'autorité du chancelier, finit par se séparer de la résidence royale au moment où les rois quittèrent le palais de la Cité, à Paris.


La cour sous les Valois

La cour royale des Valois fut la plus somptueuse de la Renaissance. Régnant sur le pays le plus riche et le plus puissant de l'Europe, ces rois dont Charles Quint (pourtant grand ennemi de François Ier) dit qu'ils sont "plus puissants que Dieu car Dieu, lui, n'est pas obéi de tous ses sujets", ont tôt fait de découvrir les merveilles de la Renaissance dans l'Italie où ils font la guerre depuis 1494. Mais à l'inverse des familles de marchands qui y exercent le pouvoir (Medicis, Este, Sforza, Borromée), les Valois allient un rôle de grand mécène à une dignité royale millénaire et leur cour rassemble les plus grands noms de la noblesse européenne.

C'est une assemblée de princes, ducs, comtes, marquis, souverains étrangers, artistes, musiciens, savants et cardinaux qui traverse la France en d'interminables cortèges de carrosses, de charrettes emplies de joyaux, de malle d'où débordent les étoffes les plus riches et les meubles les plus précieux, séjournant tour à tour en un des magnifiques châteaux des bords de Loire, Chambord, Chenonceau ou Amboise, et dans un des fastueux palais d'Ile-de-France, Fontainebleau, Saint Germain ou encore le Louvre. Les femmes sont réputés pour être les plus belles d'Europe et les souverains étrangers ne sont pas les derniers à les apprécier, faut-il rappeler qu'une Anne Boleyn est formée à la Cour des Valois ? Car les charmes ici se doivent d'être complétés par une éducation parfaite : musique, chant, danse, rhétorique, dialectique, philosophie, littérature, grec et latin, nulle part ailleurs les femmes de haute naissance ne sont tant émancipée par leur formation.

En effet, la Cour des Valois aime les femmes, mais les femmes sachant allier culture et beauté car la norme de l'entourage royal est celui de la culture humaniste. Alors qu'au dehors règne encore obscurantisme, censure, intolérance religieuse et bientôt conflits religieux, les Valois n'ont que faire des diktats d'une Église qu'ils dominent, d'un clergé sur lequel ils ont acquis la mainmise et d'une ignorance qu'ils exècrent. Leur cour est le refuge des humanistes, la scène où se mêlent les arts et les lettres, plus qu'aucune cour souveraine de l'Europe d'alors. C'est dans des galeries couvertes de tableaux, de fresques maniéristes, dans des salons aux plafonds sculptés en bois rares, entourés de tapisseries, dans des parcs paysagers, où le roi se plait à recréer le paradis perdu et qu'il parsème de statues de marbre rivalisant avec les antiques, que se jouent les fastes de cette cour.

Tout est art et fête, les bals succèdent aux banquets que suivent les chasses, terminées en concerts et en parades et en carnavals poursuivis par les premières représentations artistique à grande échelle, par exemple, c'est pour la reine Catherine qu'est créé le tout premier ballet. Ronsard, du Bellay, Clément Marot, Léonard de Vinci et tant d'autres s'illustrent sous la protection royale. C'est aussi un lieu de réflexions intellectuelles et politiques intenses, un environnement propice aux découvertes et au progrès, Montaigne et Ambroise Paré y développent leurs thèses, Jacques Cartier est envoyé à la découverte du Canada par François Ier et Guillaume Budé parcours l'Europe afin de rassembler les ouvrages de tous les plus grands penseurs. Contre le latin romain, on redécouvre le grec et c'est dans le texte que les ouvrages philosophiques et religieux de l'Antiquité sont redécouverts et diffusés par les imprimeries royales. La cour de France est le cœur de l'Europe Renaissante.

Outre les rois François Ier, Henri II, les reines Catherine, Marguerite de Navarre, Marguerite de Valois, Marie Stuart, Marguerite d'Autriche, Anne Boleyn y vivent et y forment leur esprit. C'est aussi là que se retrouve tous les souverains de l'Europe, avides de suivre les modes qui s'y font et défont et d'importer un peu de l'éclat des Valois sur leurs terres.

Madame de La Fayette en fait une description aux premières pages de La Princesse de Clèves, si celle-ci n'est qu'une invention littéraire, c'est également un écho de l'éclat immense de la cour des Valois: "La magnificence et la galanterie n'ont jamais paru en Europe avec tant d'éclat que dans les dernières années du règne de Henri second. Ce prince était galant, bien fait et amoureux ; quoique sa passion pour Diane de Poitiers, duchesse de Valentinois, eût commencé il y avait plus de vingt ans, elle n'en était pas moins violente, et il n'en donnait pas des témoignages moins éclatants.

Comme il réussissait admirablement dans tous les exercices du corps, il en faisait une de ses plus grandes occupations. C'étaient tous les jours des parties de chasse et de paume, des ballets, des courses de bagues, ou de semblables divertissements ; les couleurs et les chiffres de madame de Valentinois paraissaient partout, et elle paraissait elle-même avec tous les ajustements que pouvait avoir mademoiselle de La Marck, sa petite-fille, qui était alors à marier.

La présence de la reine autorisait la sienne. Cette princesse était belle, quoiqu'elle eût passé la première jeunesse ; elle aimait la grandeur, la magnificence et les plaisirs. Le roi l'avait épousée lorsqu'il était encore duc d'Orléans, et qu'il avait pour aîné le dauphin, qui mourut à Tournon, prince que sa naissance et ses grandes qualités destinaient à remplir dignement la place du roi François premier, son père.

L'humeur ambitieuse de la reine lui faisait trouver une grande douceur à régner ; il semblait qu'elle souffrît sans peine l'attachement du roi pour la duchesse de Valentinois, et elle n'en témoignait aucune jalousie ; mais elle avait une si profonde dissimulation, qu'il était difficile de juger de ses sentiments, et la politique l'obligeait d'approcher cette duchesse de sa personne, afin d'en approcher aussi le roi. Ce prince aimait le commerce des femmes, même de celles dont il n'était pas amoureux : il demeurait tous les jours chez la reine à l'heure du cercle, où tout ce qu'il y avait de plus beau et de mieux fait, de l'un et de l'autre sexe, ne manquait pas de se trouver…"

Le renouveau de la Renaissance

  • D'une part, la Renaissance marque l'arrivée du canon, qui discrédite considérablement les forteresses et contraint les belligérants à s'affronter sur des champs de batailles et non sur le siège d'un château. Cela permet d'exclure peu à peu les contraintes de défense de la demeure royale et d'insérer des éléments d'agrément et de confort, et ainsi de faire des châteaux un lieu de vie, de détente et de divertissement.
  • François Ier était un roi très attiré par l'art. Il invitera d'ailleurs de nombreux artistes comme Léonard de Vinci à séjourner en France et accordera de nombreux mécénats. Cet afflux progressif d'intellectuels va peupler peu à peu la cour et amènera avec lui des nobles de province. Les fonctionnaires, plus nombreux à la Renaissance viendront peupler également la cour. François Ier sait tirer les avantage des demeures de la Renaissance et va embellir et faire construire des châteaux somptueux pour abriter la cour. Ainsi naîtront Chambord, Azay-le-Rideau, Blois, les embellissements apportés à Amboise, etc.
  • François Ier sera l'un des premiers rois à développer un élément de cour qui restera gravé dans les traditions : le concubinage. Il s'entoure de femmes enjouées et agréables issues de la petite et de la moyenne noblesse, entraînant ainsi leur famille et leurs gens.
  • Les zones de conflits s'étant déplacées aux frontières du royaume et les querelles de seigneurs étant diminuées par la hausse de l'importance politique du roi, les nobles rassemblés à la cour de France s'adonneront à de fêtes très populaires et à des divertissements nouveaux. La cour deviendra ainsi un pôle majeur de vie et de prestige qui deviendra le symbole de la prospérité et de la gloire du royaume.


La cour sous Henri IV et Louis XIII


La cour à Versailles

La cour sous Louis XIV

Sous Louis XIV, on estime que la cour comptait environ dix mille courtisans [réf. nécessaire].

De nombreux artistes étaient conviés à la cour, dont les écrivains et poètes Molière, La Fontaine, Corneille, Racine, Boileau... On les appelait poètes de cour. Des musiciens (Lully) étaient aussi fréquemment invités.

Selon Norbert Elias (La société de cour et Sur le processus de civilisation), la cour de Versailles était alors le modèle des cours européennes. Elle aurait notamment joué un rôle décisif dans ce qu'Elias appelle « processus de civilisation », c'est-à-dire l'intériorisation des normes morales par les individus et la répression des pulsions agressives. En effet, les usages de la cour, l'étiquette, l'interdiction du duel, etc., se seraient répandus à travers la société via un procès de « curialisation » de celle-ci, c'est-à-dire de généralisation du modèle moral de la cour à l'ensemble de la vie sociale.

La cour sous Louis XV

La cour sous Louis XVI

La cour coutant très cher au roi, les dépenses ont été réduites avec l'arrivée de Louis XVI. Mais le gaspillage restait important. Le total des dépenses de la Cour en 1789 était de plus de 35 millions de livres, soit le quinzième de l'ensemble des revenus de l'État. Ainsi, la cour était très impopulaire et a contribué à la chute du pouvoir royal sous la révolution.

La cour aux Tuileries

La cour sous le Premier Empire

La cour sous la Restauration

La cour sous la Monarchie de Juillet

La cour sous le Second Empire

La cour à Fontainebleau vers 1860

La cour de France en exil

Cour du comte de Provence (1791-1814 ; 1815)

Cour de Charles X (après 1830)

Cour de Napoléon III (après 1870)

Les charges à la cour de France

Sous l'Ancien Régime

Voir Grand office de la maison du roi de France, Grand office de la couronne de France.

Après la Révolution


L'étiquette

Article détaillé : Étiquette de la cour de France.

L'étiquette de la cour de France a été profondément modifiée à partir du XVIe siècle (les Valois y ont introduisirent les usages italiens) et surtout au XVIIe siècle (avec l'apport d'usages de la cour d'Espagne).

Voir aussi tabouret, honneurs de la Cour.

L'administration quotidienne de la cour

Les divertissements à la cour

Le ballet de cour

Article détaillé : Ballet de cour.

Le théâtre à la cour

L'opéra à la cour

Musique

Voir aussi air de cour.

Peinture


La cour de France dans la littérature

Les mémorialistes de la cour

Les romans

La cour de France au cinéma

Articles connexes


Liens et documents externes

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