Corridors biologiques sous-marins


Corridors biologiques sous-marins

Corridor biologique sous-marin

De nombreuses espèces marines sont migratrices (oiseaux, poissons, mammifères dont cétacés). Ces espèces sont très nombreuses à utiliser des Corridors écologiques sous-marins, véritables couloirs immatériels et non limités de déplacements, qui sans être comparables à ceux que l'on trouve sur terre peuvent être explorés, surveillés et protégés en s'appuyant sur les principes et outils scientifiques de l'écologie, de l'écologie du paysage et de la biogéographie et de l'océanologie.

Face à l'extrême richesse et productivité biologique des zones corraliennes en biodiversité, l'océan libre est parfois qualifié de « désert de vie »
L'importance fonctionnelle des barrières corraliennes en tant que corridor biologique est mieux perceptible vue de satellite
Une partie au moins des théories de l'écologie du paysage semblent pouvoir s'appliquer aux volumes sous-marins
Les tortues font partie des migrateurs au long cours. Elles semblent fréquemment utiliser les mêmes "corridors biologiques sous-marins", notamment pour venir pondre là où elles sont nées

Les poissons migrateurs amphihalins (pour l'Europe : Saumon atlantique, Truite de mer, Grande alose, Alose feinte, Lamproie marine et l'Anguille (en forte régression) parcourent souvent des milliers de kilomètres, telle l'anguille européenne qui se reproduit en mer des Sargasses, les civelles devant ensuite rejoindre ses mares et marais en via les fleuves et rivières.

Des crustacés tels que les langoustes migrent sur le fond en marchant à la queue leu leu (images popularisées par les films du Commandant Cousteau). Certaines tortues marines traversent l'atlantique, les cétacés, les oiseaux marins, etc se déplacent beaucoup et sur de longues distances. Les filets de pêche, certaines pollutions, ou des carrières ou explosions sous-marines peuvent les affecter.

On observe, probablement en raison du réchauffement climatique, que certaines espèces de poissons et de plancton sont en train de remonter (de plusieurs centaines de km souvent) vers le nord, là où les eaux sont plus fraiches et oxygénées. Des réseaux écologiques sous-marins intègres sont nécessaire au déplacement des espèces qui ne nagent pas, et pour certaines espèces au déplacement des propagules d'espèces fixées à l'état adulte.

Sommaire

Dans le monde

Les Etats se sont engagés dans le cadre du « Projet de plan de mise en oeuvre des résultats du Sommet mondial de Johannesbourg » à : « – Promouvoir l’application du chapitre 17 d’Action 21, qui énonce un programme qui vise le développement durable des océans, des zones côtières et des mers par la gestion intégrée et le développement durable des zones côtières, y compris les zones économiques exclusives ; la protection de l’environnement marin ; ainsi que l’utilisation et la conservation durables des ressources biologiques marines ; […];Développer et faciliter l’utilisation de divers méthodes et outils, y compris l’approche écosystémique […], la création de zones marines protégées, conformément au droit international et sur la base d’informations scientifiques, y compris des réseaux représentatifs, d’ici à 2012, et des périodes/zones de repos biologique destinées à assurer la protection des frayères ; l’utilisation rationnelle des zones côtières, l’aménagement des bassins versants et l’intégration de la gestion des zones marines et côtières dans les secteurs clefs. »

Le Sommet de Johannesbourg, les scientifiques spécialistes de ces questions et l’ONU, ainsi que des ONG telles que Greenpeace et WWF ont régulièrement alerté sur l’effondrement des pêcheries et sur la nécessité de créer un plus grand nombre de zones protégées et de reconstituer les stocks de poissons, ce qui passe aussi par des baisses importantes de quota de pêche. La CDB considère aussi la diversité biologique marine et côtière comme un enjeu très important (réunions des SBSTTA et de la COP-7)

En Europe

En 2007, les aires marines protégées restent rares en Europe, et elles sont mal intégrées dans les esquisses de réseaux écologiques européens nationaux, régionaux ou projet de tels réseaux.
Depuis les années 1990, l'UICN et un nombre croissant d'experts insistent sur la nécessité de mieux prendre en compte les zones marines et les corridors marins dans le Réseau écologique paneuropéen (REP)[1], et le Comité tente de développer des synergies accrues avec les Conventions sur les mers régionales (Convention de Barcelone, OSPAR, HELCOM, Convention de Bucarest) et la Commission de conservation de la flore et de la faune arctiques et avec la CDB et les Accords concernés de la Convention de Bonn (Ascobans et Accobams). De premiers corridors sous-marin ont été cartographié dans le sud-ouest de l'Europe pour la méditerranée et la Mer noire[2].

La Déclaration de Llandudno [3] et le colloque sur les corridors écologiques marins et côtiers [4] ont insisté sur l’impérieuse et urgente nécessité d’une protection de la diversité biologique marine et côtière. Le REP peut et doit intégrer un réseau de zones marines présentant un intérêt écologique en s’appuyant sur les Directives de la CE sur l’eau, les oiseaux et les habitats, ainsi que sur la Convention de Berne, Convention de Bonn). Un rapport de l’UE pour la conservation des côtes (UECC), a émis des recommandations pour améliorer la protection des corridors écologiques marins et côtiers [document STRA-REP (2002) 12].
La Directive cadre Stratégie pour le milieux marin doit à partir de 2008 offrir un cadre supplémentaire visant le bon état écologique des écosystèmes marins pour 2021.

Un des objectifs de l'UE pour 2010 est aussi de développer le réseau écologique paneuropéen et Natura 2000 dans leurs aspects marins. La Commission européenne a pour cela rédigé les lignes directrices d’un réseau Natura 2000 en milieu marin [5]


En France

Une réflexion est en cours sur la prise en compte de milieux marins dans le réseau écologique national (Trame verte et bleue nationale, notamment mise en avant par le Grenelle de l'Environnement, qui pourrait être basé sur les parcs marins et le développement des aires marines protégées, basé sur l'« inventaires ZNIEFF-MER » par le service du patrimoine naturel du Muséum national d'histoire naturel de Paris (MNHN), avec le département "milieux et peuplements aquatiques" , en lien avec les programmes REBENT (Réseau Benthique) coordonnés par Ifremer. Cet inventaire a été dans les années 2000 étendu aux Départements d'Outre-mer dont la richesse en Biodiversité est très élevée[6].

En juin 2009, le Grenelle de la mer a ensuite suggéré d'intégrer la prise en compte de la pollution sonore et de la pollution lumineuse dans les documents d'urbanisme des littoraux. Il encourage aussi le développement des Contrats de baie. Il propose pour mieux protéger la biodiversité, les espaces naturels et le paysage de dessiner « la "Trame bleu marine", en étendant la Trame Verte et Bleue au littoral et à la mer, et en reliant les estuaires les uns aux autres » ; ce qui implique aussi de « délimiter les zones humides littorales, les estuaires,les mangroves, les récifs coralliens, les lagons, les lagunes et lidos, les estrans ». Il propose aussi de lancer « un grand programme d’action pour les estuaires, lidos et deltas, grands et petits », via un plan « France-Estuaires 2015 » … [7]

Exemple de barrières écologiques possibles

Peuvent être sources de fragmentation écologique des espaces sous-marins :

- pollutions anciennes ou actuelles,
- chroniques et à faible dose, ou
- ponctuelle et massive,
- thermiques (en aval de centrales nucléaires notamment), radiologiques..
- par rejets massifs et/ou chroniques en mer de polluants ou d'eutrophisants.

Des pollutions discrètes mais chroniques peuvent éventuellement être à l'origine de zones mortes, notamment dans les mers semi-fermées telles que la Baltique.

  • le phénomène dit de pollution lumineuse, en très nette augmentation depuis les années 1950 sur les littoraux et estuaires, mais parfois constaté en pleine mer (îles, phares, plate-forme pétrolière ou d'autres installiations offshore, etc);
  • certains modes d'exploitation sous-marine de sable, galets, gravier, algues, corail, nodules polymétalliques, etc, par exemple en Manche/mer du nord, dans le Détroit qui est un goulot d'étranglement naturel où de nombreux animaux marins circulent. (La législation anglaise rendant très difficiles les carrières de sable et gravier sur terre, les exploitants se sont reportés sur les fonds marins, avec des extractions massives envisagées pour les années à venir)

Voir aussi

Liens internes

Liens externes

Lire (Bibliographie) :

  • « L’étude des corridors biologiques en biologie de la conservation », Thèse de Florence NOEL (MNHN)
  • « L'inventaire ZNIEFF-MER dans les DOM, Bilan méthodologique et mise en place », coordonné par M. Guillaume, Patrimoines Naturels, 42, Paris, SPN/IEGB/MNHN, 2000, ISBN:2-86515-116-6, 228 p (Plus d'infos)

Notes et références

  1. EUCC (1999) Corridors and ecosystems, project on coastal and marine areas. – Leiden, EUCC.
  2. Cf. Cartographie du réseau écologique paneuropéen pour le sud-ouest de l'Europe
  3. [document STRA-REP (2002) 2 et le STRA-REP (2002) 3]
  4. Actes du Colloque sur les corridors écologiques marins et côtiers, Llandudno (pays de Galles, Royaume-Uni, juin 2002), Rencontres Environnement n° 55 (2003), version bilingue, 16x24 cm, 111p, ISBN:978-92-871-5194-0 (lien vers les actes))
  5. Lignes directrices d’un réseau Natura 2000 en milieu marin (version Octobre 2007)
  6. Inventaire ZNIEFF-MER
  7. Voir Chapitre Cap III.1, résumant les propositions 45 à 60, dans le Rapport du Groupe de travail n°1 du Grenelle de la Mer, intitulé La délicate rencontre entre la terre et la mer ; Synthèses et principales mesures
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