Académie Françoise

Académie Françoise

Académie française

L'Institut de France où siège l'Académie française

L’Académie française, fondée en 1635, sous le règne de Louis XIII, par le cardinal de Richelieu, est une institution de France dont la fonction est de normaliser et de perfectionner la langue française.

Elle se compose de quarante membres élus par leurs pairs. Intégrée à l'Institut de France lors de sa création, elle est la première de ses cinq académies.

Sommaire

Fonctions

Sa création comme institution royale, c'est-à-dire d'État, doit être considérée dans la continuité de l'édit qui avait fait du français la langue officielle, de la création de l'Imprimerie nationale, du dépôt légal, du Collège royal qui avaient valu à François Ier le titre de Père des Lettres.

L’article XXIV des Statuts précise que « la principale fonction de l’Académie sera de travailler avec tout le soin et toute la diligence possible à donner des règles certaines à notre langue et à la rendre pure, éloquente et capable de traiter les arts et les sciences. »

Ainsi, le but de la normalisation de la langue n'est pas strictement administratif et juridique, mais aussi de lui donner une rigueur scientifique et technique[1].

Définir la langue française standard

La première mission est d'enregistrer et d'étudier toutes les variations de tournures, de prononciation et d'orthographe, puis d'en dégager la forme la plus cohérente qui puisse servir de norme aux imprimeurs, aux rédacteurs des lois et des documents administratifs, à l'enseignement. Pour s’en acquitter, l’Académie a travaillé dans deux directions:

  • Recueillir la nomenclature des mots, de leur prononciation, de leur orthographe et de leur sens pour éditer un dictionnaire lexicographique.
  • Le même travail avait été entrepris pour établir la Grammaire de l'Académie dont la publication sera reportée d'année en année.

Aujourd’hui, elle continue ce travail en préparant la prochaine édition du Dictionnaire de l'Académie française qui fixe l’usage de la langue, mais aussi par ses recommandations et par sa participation aux différentes commissions de terminologie.

Fidèle à sa mission originale d'établissement des standards de la langue officielle, l'Académie française s'oppose à la mention des langues régionales dans la constitution, selon une déclaration rendue publique le 12 juin 2008, mention qui selon les Académiciens amènerait la France à ratifier la Charte européenne des langues régionales ou minoritaires[2].

Imposer le standard

L'Académie française s'est toujours défendue d'être la créatrice de la langue, considérant que son rôle est uniquement de constater, de recueillir et de normaliser les usages. En cela, elle opérait de la même manière que les autres institutions royales, comme celles qui recueillaient les us et coutumes, et les codifiaient en lois sans se donner le droit d'en changer les dispositions.

Cependant, l'Académie française détient officiellement le pouvoir normatif dans le domaine de la langue française [réf. nécessaire]: c'est elle qui est en France l'autorité compétente pour décider du bon usage en matière de langue française, c'est-à-dire pour définir la nomenclature des mots, leur orthographe, et les règles de grammaire.

Cette autorité est cependant contestée et concurrencée d'une part par des ministères français, par exemple par l'Éducation nationale (avec ses circulaires sur les tolérances en matière de correction de l'orthographe aux examens [réf. nécessaire]) ou par le Ministère à la Condition féminine (texte sur la féminisation des noms de métiers [réf. nécessaire]), d'autre part par certaines institutions de normalisation internationales, mais aussi plus généralement par une conception libérale qui donne une égale autorité à tous les éditeurs privés.

Encourager les bonnes pratiques

La seconde mission, le mécénat, non prévue dans les statuts d'origine, procède de l'exécution des dons et legs qui lui ont été faits, déjà sous l'Ancien Régime[3]. Ainsi, l’Académie française décerne actuellement chaque année environ soixante prix littéraires, dont le Grand prix de littérature de l'Académie française.

Mention particulière doit être faite du grand prix de la Francophonie, décerné chaque année depuis 1986, qui témoigne de l’intérêt de l’Académie pour le rayonnement de la langue française dans le monde.

Article détaillé : Prix de l'Académie française.

L’Académie attribue aussi des subventions à des sociétés littéraires ou savantes, des œuvres de bienfaisance, des aides à des familles nombreuses, aux veuves, aux personnes défavorisées ou qui se sont distinguées par l’accomplissement d’actes de dévouement ainsi qu’un certain nombre de bourses : Zellidja, Neveux, Corblin, Damade.

Historique

Article connexe : Histoire du français.
La Coupole, où se réunissent les académiciens lors des séances publiques.

L’Académie française fut fondée en 1635 par Richelieu. Les statuts et règlements visés par le Cardinal, avec les lettres patentes signées en 1635 par Louis XIII et enregistrées par le parlement en 1637, consacrèrent le caractère officiel d’une compagnie de lettrés, qui se réunissaient auparavant de manière informelle.

La mission qui lui fut assignée dès l’origine fut de fixer la langue française, de lui donner des règles, de la rendre pure et compréhensible par tous. Elle doit dans cet esprit commencer par composer un dictionnaire. La première édition du Dictionnaire de l'Académie française est publiée en 1694, les suivantes en 1718, 1740, 1762, 1798(terminé en 1793 au moment où la Convention supprime l'Académie), 1835, 1878, 1932-1935, 1992. La neuvième édition est en cours de publication.

L’Académie tient ses séances d’abord chez tel ou tel de ses membres, puis chez le chancelier Séguier à partir de 1639, au Louvre à partir de 1672, et enfin au Collège des Quatre-Nations, devenu palais de l’Institut de France, de 1805 à nos jours.

Au cours de ses trois siècles et demi d’existence, elle a su maintenir ses institutions, qui ont fonctionné avec régularité, hormis l’interruption de 1793 - 1803 pendant la Convention, le Directoire et le début du Consulat. En 1793, par décret daté du 8 août, la Convention Nationale supprime toutes les académies royales, y compris l'Académie française, et confirme l'interdiction d'élire de nouveaux membres pour remplacer ceux décédés. En 1795 (décret du 22 août) ces Académies sont remplacées par une seule entité : l'Institut de France. Par arrété du 3 pluviôse de l'An XI (23 janvier 1803) Bonaparte, Premier Consul, décide de restaurer les anciennes académies, mais simplement comme classes (divisions) de l'Institut de France. La seconde classe, responsable de la langue et littérature françaises, correspond de facto à l'ancienne Académie française. Le 21 mars 1816, le roi Louis XVIII, désireux de renouer avec la période pré-révolutionnaire, rend aux classes leur nom d'autrefois : Académie.

A noter qu'en 1800,à l'instigation de Jean-Pierre Louis de Fontanes, André Morellet et Jean Baptiste Antoine Suard, Lucien Bonaparte, alors ministre de l'intérieur, envisage une reconstitution de l'Académie française. Le Premier Consul, son frère, s'oppose à ce projet et lui écrit le 26 messidor An VIII (15 juillet 1800) :

  • il n'y a point d'Académie française.
  • elle a été abrogée par une loi de la République.
  • l'Institut réunit à la fois les anciennes Académies des sciences, française et des belles-lettres.
  • si une association prend le titre ridicule (sic) d'Académie française et suit ses anciens statuts, l'intention du Gouvernement est qu'elle soit sur-le-champ supprimée.

Dans la même lettre, le Premier Consul décline la proposition qui lui avait été faite d'être membre de l'Académie française restaurée, prétextant avoir des choses plus importantes à faire. {Pour mémoire, il était membre de l'Institut depuis 1797}.

Le cardinal de Richelieu s’était proclamé protecteur de l’Académie. À sa mort, cette protection fut exercée par le chancelier Séguier, puis par Louis XIV et, par la suite, par tous les rois, empereurs et chefs d'État successifs de la France.

L'histoire des premiers temps de l'Académie est connue par le récit détaillé qu'en ont fait deux de ses membres dans leur Histoire de l'Académie françoise, dont le premier volume, paru en 1653, est de Paul Pellisson, et le second, paru en 1729, de l'abbé d'Olivet.

L'origine des 40 fauteuils

L'origine des fauteuils de l'Académie française est racontée ainsi par l'académicien Charles Pinot Duclos : « Il n'y avait anciennement dans l'Académie qu'un fauteuil, qui était la place du directeur. Tous les autres académiciens, de quelque rang qu'ils fussent, n'avaient que des chaises. Le cardinal d'Estrées, étant devenu très infirme, chercha un adoucissement à son état dans l'assiduité à nos assemblées : nous voyons souvent ceux que l'âge, les disgrâces, ou le dégoût des grandeurs forcent à y renoncer, venir parmi nous se consoler ou se désabuser. Le cardinal demanda qu'il lui fût permis de faire apporter un siège plus commode qu'une chaise. On en rendit compte au roi Louis XIV, qui, prévoyant les conséquences d'une telle distinction, ordonna à l'intendant du garde-meubles de faire porter quarante fauteuils à l'Académie, et confirma, par là et pour toujours, l'égalité académique. La compagnie ne pouvait moins attendre d'un roi qui avait voulu s'en déclarer le protecteur.[4] »

Le « 41e fauteuil »

Un grand nombre d’écrivains, souvent illustres, n'ont jamais franchi les portes de l'Académie, soit qu’ils n’y aient jamais été candidats, soit que leur candidature ait été rejetée, ou encore qu’ils aient été frappés prématurément par la mort. L’expression 41e fauteuil a été forgée par l’écrivain Arsène Houssaye en 1855 pour désigner ces auteurs. Parmi les noms célèbres que l'on pourrait citer, on peut retenir ceux de Descartes, Molière, Pascal, La Rochefoucauld, Rousseau, Diderot, Beaumarchais, André Chénier, Balzac, Dumas père, Gautier, Flaubert, Stendhal, Nerval, Maupassant, Baudelaire, Zola, Daudet, Proust[5].

Refus du siège proposé

On connaît peu d'intellectuels ou de scientifiques qui ont refusé d'être admis parmi les « immortels ». Certains pourtant l'ont fait comme Marcel Aymé sollicité par François Mauriac en 1950. « Je vous suis très reconnaissant d'avoir pensé à moi pour le Quai Conti (...). Avec beaucoup d'émoi, je réponds à votre « clin d'œil » qui me rend très fier. Pourtant, je dois vous dire que je ne me sens pas l'étoffe d'un académicien. En tant qu'écrivain, j'ai toujours vécu très seul, à l'écart de mes confrères mais pas du tout par orgueil, bien au contraire, plutôt par timidité et indolence aussi. Que deviendrais-je si je me trouvais dans un groupe de quarante écrivains? J'en perdrais la tête et à coup sûr, je n'arriverais pas à lire mon discours. Ainsi feriez-vous une piètre acquisition[6]. »

Statut et organisation

Comme le constate la loi de programme pour la recherche (2006), l'Académie française est une personne morale de droit public à statut particulier gérée par ses membres en assemblée, c'est-à-dire une institution publique centrale de l'État français.

Elle élit son secrétaire perpétuel qui, comme son nom l'indique, le reste jusqu'à son décès ou à sa démission. Cette permanence en fait le personnage le plus important de l'institution. Elle élit également, tous les trois mois, un président chargé de présider les séances.

Les « immortels »

Pierre Loti en habit vert le jour de sa réception à l'Académie, le 7 avril 1892.

L’Académie française se compose de 40 membres élus par leurs pairs. Depuis sa fondation, elle a reçu en son sein plus de 700 membres (719 membres jusqu'en 2009). Elle rassemble des poètes, des romanciers, des hommes de théâtre, des philosophes, des historiens, des médecins, des hommes de science, des ethnologues, des critiques d’art, des militaires, des hommes d’État, des hommes d’Église, qui ont tous illustré particulièrement la langue française.

Les académiciens doivent leur surnom d’immortels à la devise « À l’immortalité », qui figure sur le sceau donné à l’Académie par son fondateur, le cardinal de Richelieu, elle vise la langue française et non les académiciens. Ils ont souvent été appelés à être des juges éclairés du bon usage des mots, et donc à préciser les notions et les valeurs dont ces mots sont porteurs. Cette autorité morale en matière de langage s’enracine dans des usages, des traditions, un faste.

L’élection à l’Académie française est souvent considérée par l’opinion comme une consécration suprême. Cela dit, il a toujours existé une « contre-culture » menée par des auteurs que l'Académie a refusés ou qui ne sont pas proposés. Ces auteurs ne manquent pas de critiquer avec virulence l'Académie bien pensante et ses académiciens, qui espèrent vainement passer à la « prostérité » selon le mot de Jean Cocteau.

Edmond Rostand, lui-même académicien, tourne l'Académie en dérision dans Cyrano de Bergerac en évoquant avec ironie les membres oubliés de la première génération : « Porchères, Colomby, Bourzeys, Bourdon, Arbaud… / Tous ces noms dont pas un ne mourra, que c'est beau ! »

En 1980, Marguerite Yourcenar, romancière et essayiste, fut la première femme élue à l'Académie française. Depuis, l'Institution a accueilli Jacqueline de Romilly en 1988, Hélène Carrère d'Encausse en 1990, Florence Delay en 2000, Assia Djebar en 2005 et Simone Veil en 2008.

Le célèbre habit vert que les académiciens revêtent, avec le bicorne, la cape et l’épée, lors des séances solennelles sous la Coupole, a été dessiné sous le Consulat, dessin attribué au peintre Jean-Baptiste Isabey. Il est commun à tous les membres de l’Institut de France. Les « Immortelles » ainsi que les ecclésiastiques en sont dispensés, ainsi que du port de l'épée. Mmes de Romilly, Carrère d'Encausse et Delay ont cependant opté pour l'« habit vert » lors de leurs réceptions. Mme Carrère d'Encausse a été la première femme à porter l'épée, une arme créée pour l'occasion par l'orfèvre géorgien Goudji. Mmes Delay et Djebar ont également choisi de porter l'épée. Quant à l'helléniste Jacqueline de Romilly, elle a reçu une broche symbolique lors de son élection à l'Académie des inscriptions et Belles-Lettres en 1975.

La qualité d’académicien est une dignité inamovible. Nul ne peut démissionner de l’Académie française. Tout au moins celui qui se déclare démissionnaire n’est-il pas remplacé avant son décès : Pierre Emmanuel et Julien Green en sont des exemples récents.

Des exclusions peuvent être prononcées par l'Académie pour de graves motifs, notamment entachant l’honneur. Ces exclusions au cours de l’histoire ont été rarissimes. Plusieurs furent mises en œuvre après la Seconde Guerre mondiale pour faits de collaboration : Charles Maurras, Abel Bonnard, Abel Hermant, Philippe Pétain.

Le nombre de 40 membres n'est que rarement atteint, en raison des décès des titulaires, sachant que leur remplacement peut prendre plusieurs mois. Le nombre de 40 académiciens n'a été complet pour la première fois dans l'histoire de l'Académie que le 14 février 1639 (date de l'élection de Daniel de Priézac), soit près de cinq ans après les premières nominations. Il a été maintenu jusqu'au 5 mai 1640 (décès de François d'Arbaud de Porchères). Lors de la restauration de l'académie, le 28 janvier 1803, l'Académie a de nouveau compté 40 membres, et ce pendant quelques jours seulement, jusqu'au décès de Jean-François de Saint-Lambert, le 9 février suivant. En 1984, ce chiffre a toutefois été atteint entre le 14 juin (élection de Fernand Braudel) et le 2 janvier 1985 (décès de Jacques de Lacretelle). Il faut attendre plus de vingt ans avant que ce nombre soit atteint de nouveau, entre le 16 juin 2005 (élection d'Assia Djebar) et le 30 avril 2006 (décès de Jean-François Revel). Pendant plus de deux semaines, en 2009, l'effectif complet a été de 40 académiciens entre le 26 mars (élection de François Weyergans) et le 14 avril (décès de Maurice Druon).

Membres actuels

Une vingtaine de membres de l'Académie française en novembre 2007.
Fauteuil Membre Date d'élection Reçu(e) par Réponse
au discours
de réception
1 Claude Dagens 17 avril 2008 Florence Delay [*]
2 Hector Bianciotti 18 janvier 1996 Jacqueline de Romilly

[*]

3 Jean-Denis Bredin 15 juin 1989 Pierre Moinot

[*]

4 Jean-Luc Marion 6 novembre 2008
5 Assia Djebar 16 juin 2005 Pierre-Jean Rémy [*]
6 Marc Fumaroli 2 mars 1995 Jean-Denis Bredin

[*]

7 Jacqueline Worms de Romilly 24 novembre 1988 Alain Peyrefitte

[*]

8 Michel Déon 8 juin 1978 Félicien Marceau

[*]

9 Alain Decaux 15 février 1979 André Roussin

[*]

10 Florence Delay 14 décembre 2000 Hector Bianciotti

[*]

11 Gabriel de Broglie 22 mars 2001 Maurice Druon

[*]

12 Jean d'Ormesson 18 octobre 1973 Thierry Maulnier

[*]

13 Simone Veil 20 novembre 2008
14 Hélène Carrère d'Encausse [7] 13 décembre 1990 Michel Déon

[*]

15 Frédéric Vitoux 13 décembre 2001 Michel Déon

[*]

16 Valéry Giscard d'Estaing 11 décembre 2003 Jean-Marie Rouart

[*]

17 Érik Orsenna 28 mai 1998 Bertrand Poirot-Delpech

[*]

18 Michel Serres 29 mars 1990 Bertrand Poirot-Delpech

[*]

19 Jean-Loup Dabadie 10 avril 2008 Frédéric Vitoux

[*]

20 Angelo Rinaldi 21 juin 2001 Jean-François Deniau

[*]

21 Félicien Marceau 27 novembre 1975 André Roussin

[*]

22 René de Obaldia 24 juin 1999 Bertrand Poirot-Delpech

[*]

23 Pierre Rosenberg 7 décembre 1995 José Cabanis

[*]

24 Max Gallo 31 mai 2007 Alain Decaux [*]
25 Dominique Fernandez 8 mars 2007 Pierre-Jean Rémy [*]
26 Jean-Marie Rouart 18 décembre 1997 Hélène Carrère d'Encausse

[*]

27 Pierre Nora 7 juin 2001 René Rémond

[*]

28 Jean-Christophe Rufin 19 juin 2008
29 Claude Lévi-Strauss 24 mai 1973 Roger Caillois

[*]

30 Siège vacant [8]
31 Jean Dutourd 30 novembre 1978 Maurice Schumann

[*]

32 François Weyergans 26 mars 2009
33 Michel Mohrt 18 avril 1985 Jean d'Ormesson

[*]

34 François Cheng 13 juin 2002 Pierre-Jean Rémy

[*]

35 Yves Pouliquen 29 novembre 2001 Michel Mohrt

[*]

36 Philippe Beaussant 15 novembre 2007 Pierre Rosenberg [*]
37 René Girard 17 mars 2005 Michel Serres

[*]

38 François Jacob 19 décembre 1996 Maurice Schumann

[*]

39 Jean Clair 22 mai 2008 Marc Fumaroli
40 Pierre-Jean Rémy 16 juin 1988 Jacques de Bourbon Busset

[*]

Les rectifications de l’orthographe

  • Dans son discours du 24 octobre 1989, le Premier ministre a proposé à la réflexion du Conseil supérieur cinq points précis concernant l’orthographe :
  • le trait d’union ;
  • le pluriel des mots composés ;
  • l’accent circonflexe ;
  • le participe passé des verbes pronominaux ;
  • diverses anomalies.

C’est sur ces cinq points qu'ont porté les propositions de l'Académie française. Elles ne visent pas seulement l’orthographe du vocabulaire existant, mais aussi et surtout celle du vocabulaire à naître, en particulier dans les sciences et les techniques.

Présentées par le Conseil supérieur de la langue française, ces rectifications ont reçu un avis favorable de l’Académie française à l’unanimité, ainsi que l’accord du Conseil de la langue française du Québec et celui du Conseil de la langue de la Communauté française de Belgique.

Elles ont été publiées au Journal officiel du 6 décembre 1990. Ces rectifications, modérées dans leur teneur et dans leur étendue, se résument ainsi :

  • le trait d’union : un certain nombre de mots remplaceront le trait d’union par la soudure (exemple : portemanteau comme portefeuille) ;
  • le pluriel des mots composés : les mots composés du type pèse-lettre suivront au pluriel la règle des mots simples (des pèse-lettres) ;
  • l’accent circonflexe : il ne sera plus obligatoire sur les lettres i et u, sauf dans les terminaisons verbales et dans quelques mots (exemples : qu’il fût, mûr) ;
  • le participe passé : il sera invariable dans le cas de laisser suivi d’un infinitif (exemple : elle s’est laissé mourir) ;
  • les anomalies :
    • mots empruntés : pour l’accentuation et le pluriel, les mots empruntés suivront les règles des mots français (exemple : un imprésario, des imprésarios) ;
    • séries désaccordées : des graphies seront rendues conformes aux règles de l’écriture du français (exemple : douçâtre), ou à la cohérence d’une série précise (exemples : boursouffler comme souffler, charriot comme charrette).

L’Académie dans la fiction

  • Dans le roman Le Fauteuil hanté (1909) de Gaston Leroux, les membres successifs d'un même fauteuil meurent dans des circonstances mystérieuses.
  • Dans le film L'Aile ou la Cuisse de Claude Zidi, Louis de Funès (interprétant le rôle du directeur d'un fameux guide gastronomique) devient l'un des quarante Immortels.
  • Jean-Pierre Brisset (1837-1919) fait remarquer à plusieurs reprises dans ses livres que la parure verte des Académiciens est un hommage aux rainettes, dont l'homme provient en droite courbe.

Notes et références

  1. Le mot art a, à cette époque, le signification de métier ou de profession.
  2. Le Monde, édition du 18 juin 2008, L'Académie française ne veut pas des langues régionales dans la Constitution
  3. Comme le Prix Montyon
  4. Cité par Tyrtée Tastet, Histoire des quarante fauteuils de l'Académie française depuis la fondation jusqu'à nos jours, 1635-1855, volume I, pp. 11-12 (1844)
  5. Arsène Houssaye, Histoire du 41e fauteuil de l'Académie française, L. Hachette et Cie, 1864, 420 p., p. 30-32 
  6. extrait de la lettre à François Mauriac, Michel Lécureur, La Comédie humaine de Marcel Aymé, éditions La Manufacture, Lyon, 1985, p. 306
  7. Hélène Carrère d'Encausse a été élue secrétaire perpétuel de l'Académie le 21 octobre 1999
  8. siège vacant depuis le décès de Maurice Druon le 14 avril 2009

Voir aussi

Bibliographie

  • Jean-Pol Caput, L'Académie française, coll. « Que sais-je ? », 1986 
  • Jacques Véron, « L'Académie Française et la circulation des élites : une approche démographique », Population, 1985, n° 3, pp. 455-471. [lire en ligne]
  • Paul Gautier, Anthologie de l'Académie française : un siècle de discours académiques : 1820-1920, Delagrave, 1921 .

Articles connexes

Liens externes

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