Cordes-sur-Ciel


Cordes-sur-Ciel

44° 03′ 52″ N 1° 57′ 13″ E / 44.0644444444, 1.95361111111

Cordes-sur-Ciel
La cité médiévale de Cordes-sur-Ciel
La cité médiévale de Cordes-sur-Ciel
Armoiries
Détail
logo
Administration
Pays France
Région Midi-Pyrénées
Département Tarn
Arrondissement Arrondissement d'Albi
Canton Canton de Cordes-sur-Ciel
Code commune 81069
Code postal 81170
Maire
Mandat en cours
Paul Quilès
2008-2014
Intercommunalité Communauté de communes du Pays Cordais
Démographie
Population 1 017 hab. (2008)
Densité 123 hab./km²
Gentilé Cordais
Géographie
Coordonnées 44° 03′ 52″ Nord
       1° 57′ 13″ Est
/ 44.0644444444, 1.95361111111
Altitudes mini. 159 m — maxi. 320 m
Superficie 8,27 km2

Voir la carte physique

Voir la carte administrative

Cordes-sur-Ciel (en occitan, Còrdas, en français Cordes jusqu'en 1993) est une commune française située dans le département du Tarn et la région Midi-Pyrénées.

Bastide construite en 1222 par le comte Raymond VII de Toulouse, haut lieu du catharisme, cette cité médiévale adapte ses rues tortueuses et ses maisons séculaires à un relief escarpé dominant la paisible vallée du Cérou. Site touristique fréquenté, Grand site de Midi-Pyrénées, elle est une étape du pèlerinage de Saint-Jacques-de-Compostelle et est considérée comme un des plus beaux villages de France.

Ses habitants sont appelés les Cordais et Cordaises.

Sommaire

Géographie

Cordes-sur-Ciel est situé dans le nord-ouest du département du Tarn, dans la vallée du Cérou. La commune se trouve sur la Route nationale 122 et sur la rive gauche du Cérou, un affluent de l'Aveyron, à 1h15 environ par la route, de Toulouse.

Histoire

Article connexe : Histoire du Tarn.
Photo aérienne de Cordes sur Ciel

La bastide de Cordes, verrou militaire nord du comté de Toulouse, est construite entre 1222 et 1229 sous l'impulsion de Raymond VII pour rallier les populations éparses, chassées notamment de la forteresse de Saint-Marcel incendiée par les troupes de Simon de Montfort en 1215, lors de la première croisade des « Barons du Nord » contre les Albigeois[1]. Car on ne parlait pas à l’époque d’hérésie « cathare » dans ce pays de langue d’oc. Lors de la seconde croisade contre les Albigeois, la magnificence et la solidité des remparts de Cordes font reculer Humbert de Beaujeu qui renonce à la conquérir.

Conformément à la paix de Paris (1229), Jeanne, fille unique de Raymond VII de Toulouse, épousait en 1241 Alphonse II de France, comte de Poitiers, frère du roi Louis IX (Saint Louis). Le comté de Toulouse, jusqu'alors autonome, est rattaché à la Couronne de France à la mort d’Alphonse II et de Jeanne en 1271. Jamais conquise, Cordes devient ainsi terre de France en 1370. Une charte est octroyée aux Cordais leur permettant de construire des maisons protégées par les remparts. Ainsi furent bâties quelques magnifiques demeures entre la fin du XIIIe et le milieu du XIVe siècle, dont les façades ont résisté aux outrages du temps. L’unité architecturale de la bastide, dans le plus pur style gothique, lui valut le surnom de « Cité aux Cent Ogives ». Son âge d'or dure du XIVe siècle au XVIe siècle avec un maximum de 6 000 habitants. Son économie est basée sur le commerce et le tissage.

Cordes, fidèle à « l'Église de Dieu » bien après le bûcher de Montségur en 1244, résista à l’Inquisition jusqu’en 1312, date de sa soumission officielle à l’Église catholique romaine. Les guerres de religions de la fin du XVIe siècle occasionnent peu de dommage à la Cordes : elle est attaquée le 9 septembre 1568 par le baron de Paulin ; elle repousse l’assaut du vicomte Peyrole de Bruniquel, dans la nuit du 22 au 23 mai 1574.

Prosper Mérimée, alors chargé par Napoléon III d’établir un inventaire du patrimoine architectural français, la visita. La cité s’éveilla à nouveau à partir du milieu du XXe siècle, lorsque des artistes la redécouvrirent.

Albert Camus après l’avoir visité dans les années 1950, disait « À Cordes, tout est beau, même le regret ». La cité est officiellement devenue « Cordes-sur-Ciel » en 1993.

Héraldique

Article connexe : Armorial des communes du Tarn.
Blason de cordes-sur-Ciel

« De gueules au château donjonné d'argent mouvant de la pointe, ouvert du champ et maçonné de sable, surmonté d'une croix cléchée, vidée et pommetée de douze pièces d'or, au chef cousu d'azur chargé de trois fleurs de lys d'or »[2]

Administration

Cordes vue depuis la ville-basse
Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
1790 1792 Simon Pierre Mazars de Saint-Michel    
1792 1801 Jean Miquel    
1801 1806 Jean Loubers    
1806 1812 Bernard Mersiè    
1813 1813 Pierre Germain Mazars d'Alayrac    
1813 1815 Bernard Mersiè (neveu)    
1815 1826 Noël Miquel    
1826 1830 Jean Mazars    
1830 1833 Jean-Félix Mersiè    
1833 1835 Jean Berry    
1835 1840 Jean Mazars    
1840 1851 Jean Favarel    
1851 1864 Jacques Barthe    
1865 1869 Jean Boyer    
1869 1871 Hélène-Armand Deltel    
1871 1874 Oscar Rivenc    
1874 1876 Jean Conte    
1876 1883 Oscar Rivenc    
1884 1892 Jean-Jacques Granier    
1892 1896 Louis Irissou    
1896 1904 Pierre Sirven    
1904 1912 Louis Irissou    
1912 1918 Jean-Louis Favarel    
1919 1929 Paul Ichard    
1929 1932 Ulysse Valat    
1932 1944 Paul Maurel    
1944 1954 Ulysse Valat    
1954 1965 Jean Mauriès    
1965 1976 Emile Rouanet    
1976 1995 Robert Ramon    
juin 1995 en cours Paul Quilès PS ancien ministre
Toutes les données ne sont pas encore connues.

Démographie

Évolution démographique

L'évolution du nombre d'habitants depuis 1793 est connue à travers les recensements de la population effectués à Cordes-sur-Ciel depuis cette date :

Évolution démographique
(Source : Cassini[3] et INSEE[4])

1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
2 300 2 303 2 473 2 425 2 602 2 668 2 779 2 727 2 925
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
2 911 2 847 2 719 2 536 2 378 2 207 2 099 1 995 1 860
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
1 798 1 838 1 822 1 641 1 630 1 241 1 086 1 199 1 134
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2006 2007 2008
1 098 1 100 967 1 011 932 996 1 012 1 014 1 017

Nombre retenu à partir de 1962 : population sans doubles comptes


Histogramme
(élaboration graphique par Wikipédia)


Économie

La commune vit grâce au tourisme et aux artistes qui se sont installés dans les maisons du village.

Lieux et monuments

Maison du Grand Veneur
Ménestrels devant l'église lors du festival annuel du Grand Fauconnier

Le village est entouré de quatre enceintes et de plusieurs portes comme la porte des Ormeaux, la porte de la Jane ou la porte de l'Horloge.

Le village a été classé parmi les « Plus Beaux Villages de France », mais n'est plus labellisé à ce jour.

  • Ce village est connu, entre autres, pour son puits de la halle qui fait plus de 100 mètres de profondeur (113,47 mètres).
  • La maison du Grand Veneur est une grande bâtisse de grès dont la façade a trois étages. C'est l'une des façades les plus sculptées du village. C'est actuellement le siège de la mairie.
  • L'église Saint-Michel, de style gothique méridional, date en grande partie du XIIIe siècle, en dépit de remaniements au XVe siècle. Le clocher date du XIVe siècle. L'intérieur conserve des fresques d'inspiration renaissance réalisées par le peintre Gayral de 1841 à 1844 et plusieurs tableaux datant de cette période (Saint Louis de Gonzagues en prière, Apothéose de saint Jacques...).
  • Le lieu dit du « pied haut » situé non-loin du village qui permet un point de vue global sur la bastide. S’y rendre à l’aube permet de voir la cité émerger des nuages.

Culture

  • Cordes abrite un musée insolite et unique au monde : le musée du sucre et du chocolat. Il regroupe une centaine de pièces d'Art réalisées exclusivement à base de Sucre sur des thèmes aussi divers que le Moyen Âge, la mythologie, les fleurs, la nature, les technologies ou encore les contes et légendes.
  • Le Musée Charles Portal histoire et architecture est installé à la porte des Ormeaux, édifice médiéval classé monument historique, typique de la construction militaire de Cordes. L'architecture cordaise y est expliquée et des pièces historiques sont présentées (faucons sculptés, ancienne porte de la mairie du XVIe siècle, serrures...), un film traite l'énigmatique puits de la halle (113m de profondeur). Sont exposées des collections de Cordes et de sa région depuis la préhistoire jusqu'au XVIe siècle: très belles pièces gallo-romaines, mérovingiennes et médiévales, fac-similés d'archives de l'histoire de la ville, mesures à grain... De la terrasse, très belles vues sur l'ouest cordais et sur les vieilles rues. Le musée a le label « Musée de France ».
  • La Maison du Grand Fauconnier (également classée Monument Historique) abrite le Musée d'Art Moderne et Contemporain, offrant une rencontre unique entre le patrimoine architectural historique et la création artistique. Abordant des styles et des mouvements divers, les collections du musée proposent un parcours à travers l'art au XXe siècle. On peut y admirer les œuvres d’Yves Brayer (1907-1990), un des plus importants peintres figuratifs du XXe siècle. Grâce à la donation du poète André Verdet, à la fois peintre, céramiste, philosophe, témoin et acteur de l'émergence de l'art moderne des années 1960, on y découvre également des œuvres de Picasso, Miró, Léger, Klee, Magnelli, Prévert, Arman, Appel, Kijno, Fromanger, Christo... Le Musée d'Art Moderne et Contemporain de Cordes possède aussi la quasi totalité de l'œuvre de Maurice Baskine (1905-1968), ancien membre du groupe surréaliste, des tableaux du Cordais Francis Meunier (1924- 1995), également membre du groupe surréaliste, et une quinzaine d’œuvres d’Aline Gagnaire (1922-1997), membre de l'Ouvroir de Peinture Potentielle (Oupeinpo).

Personnalités liées à la commune

Notes et références

Voir aussi

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Articles connexes

Liens externes

Bibliographie

  • Henri Bru, Albi, Cordes-sur-Ciel, le pays des bastides et des acropoles, Éditions Grand Sud, décembre 2005, (ISBN 2-908778-48-3).
  • Julie Conton et Gérard Conton, Le Zodiaque de Cordes-sur-Ciel, clés symboliques d'une bastide cathare du XIIIe siècle, éditions Mémoires du Monde, 2008 (édition revue et augmentée), ISBN 978-2-9532372-0-7.
  • Charles Portal, Histoire de la Ville de Cordes, Privat, 1984.
  • Simone Jacquemard, La Fête en éclats, Seuil, 1985.
  • Simone Jacquemard, Le Funambule, Seuil, 1981.
  • Jean-Gabriel Jonin, Cordes-sur-Ciel, la Cité cathare, éditions de Mordagne, 1992.
  • Jean-Gabriel Jonin, Cordes-sur-Ciel, la Cité philosophale, éditions de Mordagne, 1993.
  • Jeanne Ramel-Cals, Légendaire de Cordes-sur-Ciel, Fayard, 1947.
  • Claire Targuebayre, Cordes en Albigeois, préfacé par Albert Camus, 1950.
  • Daniel Loddo, Entre Cordas e Gresinha, CORDAE / La Talvera, 1997.
Ouvrages collectifs

Wikimedia Foundation. 2010.

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