Conseiller principal d'éducation


Conseiller principal d'éducation
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En France, le conseiller principal d'éducation (CPE) est un fonctionnaire de l’Éducation nationale, qui exerce dans les collèges, les lycées et les lycées professionnels. Il peut également exercer en lycée agricole mais dépend alors du ministère de l'Agriculture.

Sommaire

Les missions

La circulaire de mission

La circulaire de 1982[1] définit les missions du CPE selon trois axes :

  • Le fonctionnement de l’établissement : contrôle des effectifs, de l’exactitude et de l’assiduité des élèves, organisation du service des personnels de surveillance, mouvements des élèves. Il participe pour ce qui le concerne, à l’application des mesures propres à assumer la sécurité notamment des élèves.
  • La collaboration avec le personnel enseignant : échanges d’information avec les professeurs sur le comportement et sur l’activité de l’élève : ses résultats, les conditions de son travail, recherche en commun de l’origine de ses difficultés et des interventions nécessaires pour lui permettre de les surmonter ; suivi de la classe, notamment, par la participation au conseil des professeurs et au conseil de classe, collaboration dans la mise en œuvre de projets.
  • L’animation éducative : relation et contacts directs avec les élèves sur le plan collectif (classes ou groupes) et sur le plan individuel (comportement, travail, problèmes personnels) ; foyer socio-éducatif et organisation des temps de loisir ; organisation de la concertation et de la participation (formation, élection des délégués ...).

La réalité actuelle du travail quotidien

Les missions des CPE peuvent se décliner de façons très différentes d'un établissement à l'autre. La réalité du travail quotidien dépend beaucoup du contexte local, de la composition sociologique des publics accueillis, de la politique et des priorités de l'établissement, de l'histoire de ce dernier et des moyens dont il dispose.

Néanmoins, il est possible de décrire quelques grandes constantes :


  • Coordination et animation de l'équipe de Vie scolaire, auprès de laquelle le CPE détient une autorité fonctionnelle : Assistants d'éducation (AE, AP, AE-AVS.Co, AE-AVS.Ind), Médiateurs de la réussite scolaire...
  • Coordination et suivi du recrutement des assistants d'éducation par délégation du chef d'établissement : une tâche qui prend du temps et requiert une expertise particulière pour laquelle les CPE ne sont, au préalable, pas formés.
  • Définition des besoins en termes de gestion de flux d'élèves sur le temps hors classe : le CPE élabore la grille des postes permettant une surveillance optimale et conseille le chef d'établissement sur les questions relatives à la sécurité des élèves.
  • Entretiens éducatifs individuels avec les élèves : l'action du CPE participe d'une individualisation du rapport à l'École pour chacun des élèves. Il propose un accueil individuel en marge du groupe classe. Il facilite un processus de clarification et d'explicitation des enjeux et essaie de faire coïncider l'action de l'École avec la trajectoire individuelle de chaque élève.
  • Échanges et entretiens avec les parents d'élèves : le CPE est souvent le premier interlocuteur des parents d'élèves (signalement des absences et des problèmes liés au comportement, élaboration du projet personnel de l'élève, suivi de la scolarité au sens large...).
  • Collaboration étroite avec les autres membres de l'équipe éducative : avec le professeur principal, un professeur en particulier, le conseiller d'orientation-psychologue (COP) et le service médico-social de l'établissement (infirmier, médecin scolaire, assistant de service social). Il recherche et met en œuvre des solutions adaptées aux problématiques des élèves.
  • Rôle d'interface avec les partenaires de l'établissement : relations avec les autres établissements scolaires du secteur, avec les services éducatifs de la ville, avec la Police et les services sociaux de proximité.
  • Organisation et coordination du processus d'élection et de formation des délégués élèves ainsi que des instances représentatives en lycée.
  • Participation aux conseils de classe (certains CPE en assurent la présidence en tant que représentant du chef d'établissement).
  • Participation aux instances des l'EPLE et notamment le conseil d'administration et le conseil de discipline où il siège en tant que membre de droit.
  • Mise en œuvre et coordination de projets, d'actions éducatives diverses

Le statut

Actuellement, les CPE sont des fonctionnaires de catégorie A (cadre supérieur)[1], recrutés par concours au niveau Master (Bac+5). A compter de la session 2012, ils doivent également, comme tous les enseignants, être titulaires du C2i2e et du CLES2. Leur salaire et déroulement de carrière sont calqués sur celui des professeurs certifiés (tout comme les professeurs des écoles et les COP).

Les CPE effectuent trente-neuf heures de travail hebdomadaire sur 39 semaines dont :

- trente-cinq heures hebdomadaires inscrites dans leur emploi du temps ;

- quatre heures par semaine laissées sous leur responsabilité pour l’organisation de leurs missions (ces heures correspondent au résultat des négociations liées à l'application des 35 heures dans la fonction publique) ;

- un temps de pause quotidien de vingt minutes, non fractionnable, pour six heures travaillées.

Historique

Le "surgé"

Les CPE sont les descendants directs des surveillants généraux, les "surgés". Ce corps de fonctionnaire, créé en 1847, se voyait principalement attribuer des missions liées à la discipline des élèves. Contrôler les absences et les retards, surveiller les élèves dans la cour ou à l’étude, sonner la cloche sont ses principales attributions. Ces missions, manquant de perspectives éducatives, ont contribué à forger l’image caricaturale du surgé, « père Fouettard » en blouse grise.

La création du corps dit des MI-SE (maîtres d’internat et surveillants d’externat) en 1937 permet aux surveillants généraux de se consacrer à des tâches plus éducatives.

La prise de conscience

L’après-guerre marque une profonde réforme du système éducatif. De nouveaux types d’établissement sont créés (CET, CEP). C’est aussi l’essor des mouvements d’éducation populaire, des colonies de vacances, souvent initiées par des personnels de l’instruction publique. Cet ensemble amène vite une réflexion sur la place des adolescents dans la société et la prise en compte de leurs spécificités.

Les surveillants généraux commencent à vouloir rompre avec leur image répressive et se voient reconnaître des missions d’animation socio-éducative en 1965.

1968: la mutation

Les événements de mai 68 sont suivis d’une profonde remise en question de nos modèles sociaux et éducatifs. L’institution commence à prendre en compte les nouvelles spécificités de la jeunesse qui réclame une reconnaissance plus éducative et moins répressive de la part de l’État.

C’est donc logiquement que le surveillant général doit disparaitre pour laisser la place à un métier basé sur l’écoute, le suivi de l’élève et l’animation socio-éducative. En 1970 est créé le corps des conseillers d’éducation et des conseillers principaux d’éducation (CE et CPE)[1], les premiers de catégorie B exerçant en collège et les seconds de catégorie A exerçant en lycée.

Une nouvelle circulaire[2] datée de 1972 déterminera un peu plus précisément leurs missions autour de "tâches pédagogiques", "d’animation éducative" et de "sécurité physique et morale des élèves". Toutefois, la structure et la rédaction de cette circulaire pose comme socle préalable et de manière très précise le côté disciplinaire et la filiation aux surveillant généraux. Cette circulaire de 72 et son architecture permet de saisir, avec un regard historique, les tensions de l’époque qui s’expriment pleinement. L’évolution des contours et contenus des missions des CPE est en marche.

1982: la clarification

L’alternance politique et un front syndical actif vont permettre d’aboutir à l’écriture d’une deuxième circulaire[3] de mission pour les CE-CPE. En plus de redéfinir les spécificités du métier, cette circulaire fait sortir les CE-CPE des équipes de direction auxquelles ils étaient toujours rattachés et fixe leur service hebdomadaire à 39h.

Par la suite, des mesures ont été prises pour rapprocher le statut des CE-CPE à celui des enseignants. La loi d’orientation de 1989, en particulier, abolit le statut de CE pour ne garder que celui de CPE, et organise un vrai concours externe pour leur recrutement. Par la suite les CPE bénéficieront d’une formation initiale en IUFM à l’instar des professeurs certifiés.

Á partir de 2011, les candidats au concours devront posséder un diplôme national de master ou être inscrits en dernière année de master[4].

Perspectives

Le métier de CPE est une spécificité du système éducatif français[réf. nécessaire]. C’est un métier encore nouveau et souvent peu lisible de l'extérieur. Les éducateurs doivent faire face à de nouveaux enjeux tels que la violence, l’intégration d’élèves en rupture, l’individualisme, le consumérisme ou encore l'initiation à un modus vivendi citoyen et responsable.

Dans ce contexte, le métier de CPE est souvent réinterrogé, voire remis en cause par l’institution soucieuse d'économie budgétaire [5].

  • Une évolution dans le sens d'une intégration éventuelle des CPE dans les équipes de direction. Cette éventualité semble problématique et refusée par bon nombre des intéressés, qui voient là une dénaturation profonde de leur métier d’éducateur.
  • L’annonce de la création effective à la rentrée scolaire 2009/2010 des médiateurs de la réussite scolaire en France offre matière à réflexion concernant les propositions expérimentales des ministères successifs pour pallier la quasi inexistence du recrutement de CPE.
  • A suivre : le "préfet des études" - expérimentation menée au sein des établissements ÉCLAIR (Écoles, Collèges et Lycée pour l'Ambition Innovation et la Réussite). Un poste assimilant différentes missions assumées actuellement par les CPE, les COP, les professeurs principaux et les adjoints aux chefs d'établissements.
  • Le référentiel interministériel des métiers prévoyant la diminution du nombre de corps de fonctionnaires[6].

Les CPE dans les systèmes éducatifs étrangers

Burkina Faso

Au Burkina Faso, les conseillers d'éducation (CE) sont des agents publics de l'État. Recrutés par concours interne (voie professionnelle) et externe (voie directe), les conseillers d'éducation (CE) ont un statut de contractuel et sont classés en catégorie 1.A. Les attachés d'éducation (ATE), également contractuels sont classés en catégorie 1.B et les assistants d'éducation (ASE) en catégorie 1.C de la fonction publique.

En Afrique et bien précisément au Burkina Faso, les conseillers d'éducation qui sont employés dans les collèges et lycées sont chargés entre autres de coordonner les activités de surveillance exécutées par les attachés et les assistants.

En Afrique,le métier de CPE est en train de prendre corps dans quelques pays d'expression francophone, c'est ainsi qu'au Burkia Faso, le ministère des Enseignements Secondaire, Supérieur et de la Recherche scientifique (MESSRS) a procédé à la création de trois emplois spécifiques dont la formation est dure de 2 à 3 ans [7]: - Les assistants d'éducation(ASE) de niveau BEPC + 2 ans de formation. - Les attachés d'éducation (ATE)de niveau BAC + 2 ans de formation. - Les conseillers d'éducation(CE) de niveau licence (pour les directs, c'est-à-dire ceux arrivant directement de l'université) + 3 ans de formation + soutenance de mémoire de fin de formation.

Les premières promotions de ces trois filières ont été recrutées au cours de l'année académique 2008-2009 et les stagiaires sont actuellement en formation dans la très prestigieuse École normale supérieure (E.N.S) de l'Université de Koudougou du BURKINA FASO. A la rentrée scolaire 2010-2011, les lycées et collèges du BURKINA FASO verront arriver sur le terrain les premières promotions d'Assistants et d'Attachés d'Éducation en qui l'on fonde un réel espoir[8].

La première promotion de Conseillers d'Éducation est attendue sur le terrain au début de l'année scolaire 2011-2012. Au regard de la qualité de la formation dispensée,à ces nouveaux acteurs du système éducatif burkinabé, à l'École Normale Supérieure, l'espoir est permis car, ici aussi on forme tout simplement des pluri-spécialistes de l'éducation. Il est certain à présent que le MESSRS verra, bientôt, arriver dans ses rangs de nouveaux acteurs compétents et capables d'apporter un nouveau dynamisme au niveau de l'enseignement secondaire et du système éducatif du BURKINA FASO. La première promotion des 2ACE (Assistants-Attachés-Conseillers d'Éducation) a la très lourde responsabilité de tracer les sillons de l'avenir, de travailler à un réel changement des mentalités dans la gouvernance des établissements d'enseignement, de faire de la réussite scolaire de l'élève un véritable leitmotiv et de se construire une identité professionnelle propre. Il est connu que de tout temps, les pionniers ont toujours été responsables devant l'histoire. Au BURKINA FASO, c'est à la promotion 2008 des 2ACE de bâtir le prestige, le mérite et le respect de son corps de métier, celui d'éduquer...

Notes et références

  1. a et b Décret n°70-738 du 12 août 1970 relatif au statut particulier des conseillers principaux d’éducation
  2. Circulaire n°72-222 du 31 mai 1972 Mission des conseillers principaux et conseillers d’éducation, (lire sur le site de l’IUFM de Paris)
  3. Circulaire n°82-402 du 28 octobre 1982 Rôle et conditions d’exercice de la fonction des conseillers d’éducation et des conseillers principaux d’éducation (lire sur le site de l’IUFM de Paris)
  4. Décret n°2009-913 du 28 juillet 2009 portant modification du décret n° 70-738 du 12 août 1970 relatif au statut particulier des conseillers principaux d'éducation (lire sur Légifrance)
  5. http://www.liberation.fr/societe/0101618385-le-nombre-de-cpe-baisse-chatel-biaise.
  6. http://www.fonction-publique.gouv.fr/IMG/repertoire_interministeriel_metiers_etat_guide_methodo.pdf et http://fr.wikipedia.org/wiki/R%C3%A9vision_g%C3%A9n%C3%A9rale_des_politiques_publiques#France
  7. décret no 2006-423/PRES/PM/MFPRE/MFB du 11 septembre 2006 portant organisation des emplois spécififiques du ministère de l'Enseignement secondaire, supérieure et de la recherche scientifique du BURKINA FASO.
  8. décret no 2008-373/PRES/PM/MESSRS du 2 juillet 2008 portant organisation de l'enseignement secondaire au BURKINA FASO.



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