Conques


Conques

44° 36′ 01″ N 2° 23′ 50″ E / 44.6002777778, 2.39722222222

Conques
L'abbatiale Sainte-Foy
L'abbatiale Sainte-Foy
Armoiries
Détail
Administration
Pays France
Région Midi-Pyrénées
Département Aveyron
Arrondissement Rodez
Canton Conques
Code commune 12076
Code postal 12320
Maire
Mandat en cours
Philippe Varsi
2008-2014
Démographie
Population 281 hab. (2008[1])
Densité 9,2 hab./km²
Gentilé Conquois
Géographie
Coordonnées 44° 36′ 01″ Nord
       2° 23′ 50″ Est
/ 44.6002777778, 2.39722222222
Altitudes mini. 221 m — maxi. 663 m
Superficie 30,51 km2

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Conques (en occitan Concas), est une commune française, située dans le département de l'Aveyron et la région Midi-Pyrénées.

Pendant tout le Moyen Âge, Conques fut un important sanctuaire où étaient vénérées les reliques du crâne de sainte Foy. Elle est célèbre grâce à son église abbatiale dont l'architecture et les sculptures du porche sont remarquables, et son trésor, notamment la statue en or de Sainte Foy. Depuis le XXe siècle, elle a été déclarée « étape majeure » sur le chemin de Saint-Jacques-de-Compostelle (Via Podiensis) parce qu'elle est citée dans le dernier Livre du Codex Calixtinus, pratiquement inconnu jusqu'à son édition en latin en 1882. C'est aussi un très joli village classé par l'association Les plus beaux villages de France. Le lien supposé avec le pèlerinage à Compostelle a valu à Conques, en 1998, le classement au Patrimoine mondial de l'humanité de l'abbatiale et du pont sur le Dourdou. L'influence de Conques sur le tourisme local a été reconnu en 2008 par le Conseil Régional Midi-Pyrénées avec la reconnaissance de la commune comme l'un des Grands Sites de Midi-Pyrénées.

Sommaire

Géographie

Le village est situé au confluent du Dourdou et de l'Ouche, qui forme à cet endroit une sorte de coquille (« Concha » en latin, « Concas » en occitan), qui aurait donné son nom au village.

Au nord de Rodez, au fond d'un cirque apparaît le village médiéval de Conques tassé autour de l'abbatiale Sainte-Foy, à mi-pente sur le versant ensoleillé. Les maisons disposées en espalier tournent leurs façades principales vers le midi. Le schiste règne ici en maître et fournit non seulement la pierre à bâtir mais aussi le pavé des rues et les lauzes des toits. Il cède la place à la pierre de taille et au grès rose ou gris, plus rarement au granite, pour les encadrements des portes et des fenêtres. C'est l'association de ces pierres et du sable du Dourdou, issu de la désagrégation de roches de même origine, qui donne au patrimoine bâti de Conques ses teintes ocres aux nuances rosées en parfaite harmonie avec son environnement.

Héraldique

Blasonnement des armes traditionnelles de la ville de Conques :

« De gueules, à un pairle alésé d'argent, accompagnée de trois coquilles de même, deux en chef et une en pointe. »

— Malte-Brun, la France illustrée (1882)

Deux itinéraires contemporains du pèlerinage vers Compostelle convergent ici : celui du Puy-en-Velay et celui de Rodez. Selon l'office du tourisme local, le blason actuel de Conques les évoquerait par un Y et trois coquilles saint Jacques. Voir une étude de l'héraldique de Conques sur le site http://www.saint-jacques.info/conques.htm

Le Pèlerinage de Compostelle

Sur la Via Podiensis du Pèlerinage de Saint-Jacques-de-Compostelle.

Certains jacquets pouvaient prendre une variante qui permettait de rejoindre Toulouse pour honorer le corps de saint Sernin, et continuer leur chemin par la Via Tolosane. Enjambant le Dourdou par le pont des « romieus », ils quittaient Conques pour gagner Aubin, et passaient par Villefranche-de-Rouergue et Gaillac.

Dans le Guide du Pèlerin, Aimery Picaud note :

« Les Bourguignons et les Teutons qui vont à Saint-Jacques par la route du Puy doivent vénérer les reliques de sainte Foy, vierge et martyre, dont l'âme très sainte, après que les bourreaux lui eurent tranché la tête sur la montagne de la ville d'Agen, fut emportée au Ciel par les chœurs des anges sous la forme d'une colombe et couronnée des lauriers de l'immortalité. Quand le bienheureux Caprais, évêque de la ville d'Agen, qui, pour fuir les violences de la persécution, se cachait dans une grotte, eut vu cela, trouvant le courage de supporter le martyre, il alla rejoindre le lieu où la vierge avait souffert et gagnant dans un courageux combat la palme du martyre, il alla jusqu'à reprocher à ses bourreaux leur lenteur.
Enfin le très précieux corps de la bienheureuse Foy, vierge et martyre, fut enseveli avec honneur par les chrétiens dans une vallée appelée vulgairement Conques; on bâtit au-dessus une belle basilique dans laquelle, pour la gloire de Dieu, jusqu'à aujourd'hui la règle de saint Benoît est observée avec le plus grand soin; beaucoup de grâces sont accordées aux gens bien portants et aux malades; devant les portes de la basilique coule une source excellente dont les vertus sont plus admirables encore qu'on ne peut le dire. »

Histoire

Une vieille demeure du village.

On pense que, dès le Ve siècle, aurait existé à cet endroit une petite agglomération autour d'un oratoire consacré au Saint-Sauveur. Cet oratoire, après le passage des Sarrasins, aurait été reconstruit vers 730 par les soins de Pépin le Bref, puis par Charlemagne. Vers la même époque, l'abbé Dadon y fonda un monastère qui adopta en 819 la règle de saint Benoît. Cette abbaye, à l'organisation sociale bien structurée, va progressivement réunir d'importants domaines fonciers et constituer un îlot de prospérité dans la détresse économique du IXe siècle.

À ce moment, entre 864 et 875, événement capital, un moine de Conques, Ariviscus, parvient à soustraire les reliques de sainte Foy dans une église abbatiale gothique, située aux environs d’Agen, où sainte Foy avait subi le martyre à l'âge de douze ans en 303. Ce vol pieux aurait immédiatement déclenché des miracles ce qui provoqua le venue de nombreux pèlerins.

Pendant la même periode, un tombeau attribué à l'apôtre saint Jacques, à Compostelle, fut découvert à Compostelle. Vers 955-960, le comte de Rouergue est l'un des premiers pèlerins qui se rendent en Galice pour vénérer l'apôtre. Trente ans plus tard, son fils Raimond eut un enfant et fut vainqueur des musulmans, aux environs de Barcelone ; en signe de reconnaissance, il fait cadeau à Conques d'une magnifique prise de guerre, une selle garnie de parements d'argent ciselé, avec lesquels les moines fabriquent une grande croix qui deviendra le symbole des chrétiens.

Tout au long du XIe siècle, sainte Foy, au nom symbolique, patronne la croisade de la Reconquista espagnole. Deux moines de Conques deviennent évêques en Navarre et en Aragon : Pierre d'Andoque, à Pampelune, vers 1077, et, en 1100, un certain Pons, dans la ville de Barbastro (Gaspar), où, l'année suivante, le roi Pierre Ier d'Aragon fonde un monastère dédié à sainte Foy.

Au départ de Conques, deux itinéraires s'offraient aux pèlerins pour rejoindre le Quercy et l'abbaye de Moissac. Le plus court franchissait le Dourdou sur le vieux pont vers Aubin. Mais le plus fréquenté passait sous la Porte de La Vinzelle pour se diriger sur Grand-Vabre et Figeac au sud-est.

Village de Conques

Au XIIIe siècle, l'abbaye se renforce et atteint l'apogée de sa puissance économique, mais elle décline aux XIVe et XVe siècles, et sera finalement sécularisée le 22 décembre 1424.

Abandonnée depuis la Révolution, Conques fut redécouverte en 1837 par Prosper Mérimée, alors inspecteur des Monuments historiques. Le trésor et le grand portail avaient été conservés intacts par les habitants, mais l'église dut subir des consolidations.

En 1832, Conques absorbe Montignac et une partie de Saint-Marcel (l'autre étant réunie à Sénergues).

En 1873, Mgr Bourret, évêque de Rodez, s'adressa auprès du père Edmond Boulbon, restaurateur de l'ordre canonial de Prémontré en France à Saint-Michel-de-Frigolet, en Provence, pour le renouveau du culte de sainte Foy et du pèlerinage. C'est ainsi que le 21 juin 1873, une petite colonie de six chanoines réguliers, vêtus de l'habit blanc de l'ordre, fut installée solennellement dans l'antique abbaye par l'évêque de Rodez. Les habitants de Conques, en ce printemps de la jeune Troisième République, voyaient refleurir une époque dont ils avaient perdu jusqu'au souvenir : les cloches de l'abbatiale allaient sonner de nouveau matines, laudes, vêpres et complies, …

En 1911, un musée fut construit par les Monuments historiques pour abriter le plus fameux trésor du Moyen Âge qui soit parvenu jusqu'à nous. Les reliques de sainte Foy, retrouvées en 1875, ont été reconnues, et, depuis 1878, le pèlerinage a été remis en honneur.

Conques, un bourg monastique

Une vue en hauteur

Dans un premier temps, le monastère Saint-Sauveur fondé par l'ermite Dadon ne paraît pas avoir regroupé autour de lui une population nombreuse. Au début du IXe siècle, le chef-lieu de la viguerie, division territoriale de l'empire carolingien, se trouvait à Montignac, héritier d'un grand domaine de l'Antiquité, aujourd'hui modeste hameau du voisinage.

Deux siècles plus tard, peu après l'an 1000, Bernard d'Angers dans son « Livre des miracles de sainte Foy » révèle l'existence d'une « ville importante, assise sur la colline ensoleillé qui se prolonge au-dessus du monastère. »

L’essor économique du Moyen Âge.

À Conques, les activités économiques et le courant commercial né du pèlerinage, avec sa clientèle sans cesse renouvelée, ne pouvaient qu'encourager le peuplement. Ainsi le Livre des miracles se fait l'écho du commerce rémunérateur de la cire et des cierges qui se pratiquait aux portes de l'église. Il cite même l'un de ces « marchands du temple », un Auvergnat cupide installé à Conques.

L’hospitalité payante chez le particulier ou l'aubergiste devient une autre source de profit, car les moines ne peuvent pas assurer la nourriture et l'hébergement de tous les pèlerins. À l'époque romane, l'ouverture des grands chantiers de construction : abbatiale, cloître, bâtiments conventuels, remparts, provoque un appel de main-d’œuvre considérable. Même si les tâches spécialisées, comme la taille des pierres ou la sculpture, sont assurées le plus souvent par des équipes venues de l'extérieur, il faut bien recruter sur place l'armée des manœuvres, des terrassiers ou des bouviers.

On ignore le nombre d'habitants au XIIe siècle. Mais, en 1341, Conques comptait 730 « feux », soit 3 000 habitants environ, et se plaçait au septième rang parmi les villes du Rouergue. Il ne s'agit donc pas d'un simple village comme aujourd'hui, mais d'une agglomération à caractère urbain, avec ses remparts, ses quatre consuls renouvelables tous les ans, sa halle et son poids public.

Elle a été construite par les moines de Conques à l'origine ils mettaient tous un coquillage sur leur tête en signe d'amitié.

Administration

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
mars 2001 2014 Philippe Varsi[2] UDF Gazier
Toutes les données ne sont pas encore connues.

Démographie

Évolution démographique

1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
1 055 1 107 1 234 1 317 1 309 1 360 1 418 1 387 1 117
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
1 388 1 288 1 301 1 220 1 267 1 282 1 286 1 211 561
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
993 990 902 755 725 709 686 647 561
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2006 2007  
529 479 420 404 362 302 286 283  

Nombre retenu à partir de 1962 : population sans doubles comptes


Jusqu'en 1800, la population de la partie de Saint-Marcel rattachée à Conques n'est pas reprise dans le tableau.

Un des plus beaux villages de France

Monuments

L'église abbatiale Sainte-Foy

Ce magnifique édifice roman fut construit au XIe siècle et au XIIe siècle ; les 2 tours de façade datent du XIXe siècle. La partie qui fait la célébrité du lieu est le tympan. L'abbatiale conserve également un trésor comprenant des pièces d'art uniques de l'époque carolingienne. L'intérieur est décoré par des vitraux de Pierre Soulages.

Voir

Article détaillé : Abbatiale Sainte-Foy de Conques.

Château d'Humières

C'est une bâtisse du XVIe siècle avec des consoles sculptées, et une haute tour d'escalier.

On remarquera une curieuse fenêtre à meneau qui épouse l'arrondi de l'angle du mur, au nord-ouest.

Le Centre culturel

À l'entrée est du village. Ses bâtiments où les matériaux traditionnels ont été mis au service d'une architecture moderne, s'intègrent parfaitement dans le site (Bibliothèque, Centre de documentation sur l'art roman et l'histoire de Conques, Manifestations culturelles diverses).

La rue Charlemagne

Sur l'abrupte rue Charlemagne, la porte du Barry (faubourg en occitan) à la puissante arcade romane de grès rouge.<

Appelée encore en 1907 rue de la Caneyra (activités liées au chanvre), cette voie était empruntée au Moyen Âge par les pèlerins qui quittaient Conques en direction du Quercy et d’Aubin. La rue relie encore le parvis de l'abbatiale au pont « romain ».

Le vieux pont, dit « romain », sur le Dourdou

Vieux pont « romain »

Au pied du village coule le Dourdou, le chemin de Saint-Jacques le franchit grâce à ce pont, construit en 1410.

En fait, il s'agit d'une mauvaise traduction de l'occitan romieus (« pèlperins »), car contrairement à d’autres régions, le mot jacquets ou jacquaire n’apparaît jamais en Rouergue, ni dans la toponymie, ni dans les textes.

Le pont a été classé à l'inventaire des monuments historiques en 1930. D'après les constatations faites par les ingénieurs des Ponts et Chaussées, les assises pourraient être sinon romaines du moins très antérieures au XVe siècle.

Homonymie

Dans les pays de langue d'oïl, Conques se prononce "Conches" (deux communes en France et un district en Suisse)

Notes et références

Bibliographie

  • Marcel Aubert, L'église de Conques, H. Laurens, Paris, 1939, 119 p.
  • Jean-Claude Bonne, L'Art roman de face et de profil. Le tympan de Conques, Paris, 1984
  • Entretien Pierre SOULAGES et Jacques LE GOFF sur le thème d'insérer une œuvre moderne dans un lieu chargé d'histoire. Toulouse, 2003. Le Pérégrinateur Éditeur
  • Gustave Desjardins (dir.), Cartulaire de l'abbaye de Conques en Rouergue, A. Picard, Paris, 1879, 518 p.
  • Jean Claude Fau, Les chapiteaux de Conques, É. Privat, Toulouse, 1956, 104 p.
  • Jean Claude Fau, Conques, É. Zodiaque, 1943.
  • Jean Claude Fau, Conques, É. Sud Ouest, 2006.
  • Danielle Gaborit-Chopin et Elisabeth Taburet-Delahaye (dir.), Le trésor de Conques, Monum, Éditions du Patrimoine, Musée du Louvre, Paris, 2001, 79 p. (ISBN 2858226636) (catalogue d’exposition)
  • Christian Heck (et al.), Conques : les vitraux de Soulages, Seuil, Paris, 115 p. (ISBN 202022593X)
  • Marie Renoue et Renaud Dengreville, Conques : moyenâgeuse, mystique, contemporaine, Rouergue, Rodez, 1997, 267 p. (ISBN 2841560708)
  • Pierre Séguret, Conques : l'art, l'histoire, le sacré, Éditions du Tricorne, Genève, 1997, 149 p.(ISBN 2829301668)

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