Cone (botanique)


Cone (botanique)

Cône (botanique)

Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir cône.
Cône femelle et graines de Picea abies

En botanique, le cône (du latin conus ou du grec konos, pomme de pin) est l'organe reproducteur des Gymnospermes (Conifères ou résineux par exemple).

Sommaire

Désignation

En Suisse romande, on le désigne par le terme pive et dans les Landes de Gascogne, par celui de pigne (du gascon pinha, désigne plus précisément la pomme de pin). Au Québec, on l'appelle aussi cocotte.

Organe porteur des gamétophytes

Cônes mâles porteur du pollen

Ce n'est pas une inflorescence à proprement parler, car les Gymnospermes n'ont pas de fleur. Ils sont constitués d'écailles qui se recouvrent les unes sur les autres en partant de la base du cône sur un axe central. Chaque base des écailles contient les organes reproducteurs de la plante. Les cônes mâles sont beaucoup plus petits et éphémères que les cônes femelles. Le cône femelle est plus gros, c'est ce dernier que l'on peut voir dans l'arbre durant toute l'année et que l'on ramasse souvent au sol. Il est plus solide que le cône mâle car il assure la croissance de la future graine du conifère.

Ils contiennent les sporanges ou se déroulent la méïose et la production de spores. Les cônes mâle produisent des spermatozoïdes tandis que les cônes femelle produisent des oosphères. On dit que les conifères sont hétérosporés. Mais chaque arbre présente habituellement les deux types de cônes. Les cônes mâles produisent des petits spores qui deviendront des gamétophytes mâles. Les cônes femelles sont plus gros et plus complexes que les cônes mâles et renferment les ovules.

Position des cônes sur l'arbre

Photo illustrant la position des cônes mâles et femelles sur une branche de pin

Pour la plupart des arbres, les cônes mâles et femelles poussent sur des branches différentes. Les cônes mâles poussent sur les branches inférieures de l'arbre tandis que les cônes femelles se situent sur les branches supérieures[1]. Cette disposition permet de croiser les fécondations. En effet, comme le pollen a peu de chance de monter vers les cônes femelles, la fécondation se fait normalement par un autre arbre.

cônes immatures (branches inférieures)

Organe porteur de graines

Après la fécondation, les cônes femelles restent sur l'arbre au moins trois ans, temps qu'il faut pour que la graine se développe. Les gros cônes femelles ne sont plus alimentés par la plante mère et la sécheresse du cône provoque l'ouverture des écailles. Les écailles s'écartent du rachis central du cône libérant les graines qui sont le plus souvent ailées. Cette aile leur permet de parcourir de longues distances grâce au vent. On parle d'anémochorie. Cela permet à l'espèce de conquérir de nouveaux espaces.

Différences entre les cônes femelles des espèces de conifères

Cône de Pinaceae

Cône de pins noirs matures

Les membres de la famille des Pinaceae (pins (pin maritime, pin parasol, etc), sapins, sapins, cèdres, mélèzes, etc.) ont des cônes constitués d'écailles imbriquées les unes sur les autres comme la peau des poissons. Ce sont le cône les plus communs. Les écailles sont arrangées en spirale suivant la suite de Fibonacci.

Le cône femelle a deux types d'écailles, les écailles de bractée, dérivées d'une feuille modifiée, et les écailles à l'origine de la graine (ou pignon), situées près des écailles de bractée. Sur chaque côté supérieur des écailles de graine se trouvent deux ovules qui se développent en graines après fécondation par des grains de pollen. Les écailles de bractée se développent d'abord, et sont matures au moment de la pollinisation. Les écailles de graine se développent plus tard pour enfermer et protéger les graines tandis que les écailles de bractée souvent ne croissent plus.

Les écailles s'ouvrent temporairement pour recevoir le pollen, puis se referment pendant la fécondation et la maturation de la graine. Elles se rouvrent alors encore à la maturité pour permettre à la graine de s'échapper. La maturation prend 6 à 8 mois après la pollinisation dans la plupart des genres de Pinaceae, mais 12 mois pour les cèdres et 18 à 24 mois (rarement plus) pour la plupart des pins. Les cônes s'ouvrent au niveau des écailles de graine fléchissant en arrière avec le dessèchement du cône, ou (dans les sapins, les cèdres et le mélèze d'or) par destruction des cônes.

Cônes d'Araucariaceae

Les membres de la famille des Araucariaceae (araucaria, Agathis, Wollemia) ont leurs écailles de bractée et de graine complètement fusionnées, et n'ont seulement qu'un ovule sur chaque écaille. Les cônes sont sphériques ou presque, et assez gros avec un diamètre de 5 à 30 centimètres. Ils mûrissent en 18 mois. À maturité, ils se désagrègent pour libérer les graines. Chez les Agathis, les graines s'envolent et se séparent aisément de l'écaille de la graine, mais chez les araucaria et les wollemia, la graine est sans aile et fusionnée avec l'écaille.

Cônes de Podocarpaceae

Cônes de Podocarpaceae

Les cônes de la famille des Podocarpaceae sont identiques par leur fonction mais non dans leur développement à ceux de la famille des Taxaceae. Ce sont des sortes de baie dont les écailles sont fortement modifiées pour attirer les oiseaux qui dispersent les graines. La plupart des cônes de ce genre sont formés de deux à dix ou plus d'écailles qui ont fusionnés dans une arille charnue habituellement gonflé, brillamment colorée, molle et comestible. Habituellement, seulement une ou deux écailles de l'apex du cône sont fertiles. Chaque baie contient une graine sans aile. Le complexe charnu d'écaille mesure environ de 0,5 à 3 centimètre de long et les graines mesurent de 4 à 10 millimètres long. Chez quelques espèces comme les Prumnopitys, les écailles sont petites et non charnues, mais l'enveloppe de la graine développe une couche charnue à la place, le cône ayant alors l'aspect d'une petites prunes sur une tige centrale. Les graines ont une enveloppe dure pour résister à la digestion de l'estomac de l'oiseau et peuvent tombées avec les excréments de l'oiseau.

Cônes de Cupressaceae

Cône de Séquoia géant
Cône modifié en baie de genévriers

Les cônes des membres de la famille des Cupressaceae (cyprès, thuya, genévriers, séquoias, etc.) sont différents des autres car leurs écailles de la bractée et de la graine sont complètement fusionnées en une seule écaille réduite à un morceau ou à une simple épine visible. Les cônes femelles possèdent un à 20 ovules sur chaque écaille. Les cônes sont habituellement petits de 0,3 à 6 centimètre long et souvent sphériques ou presque, comme ceux du cyprès de Nootka alors que d'autres, tel que les cônes de cèdre rouge occidental, sont étroits. Les écailles sont arrangées soit en spirale, soit en spirales croisées en X de deux ou de trois, rarement de quatre. Dans la plupart des cas, les cônes sont fait de bois et les graines ont deux ailes étroites (une le long de chaque côté de la graine), mais chez trois genres (Platycladus, Microbiota et Juniperus), les graines sont sans ailes, et chez les Juniperus (genévriers), les cônes sont charnus et ressemblent à des baies.

Cônes de Sciadopityaceae

Les cônes et les graines de Sciadopitys sont semblables à ceux des Cupressaceae, mais ils sont plus grands mesurant de 6 à 11 centimètres long. Les écailles sont imbriquées en spirale et possèdent 5 à 9 ovules sur chaque écaille.

Cônes de Taxaceae et Cephalotaxaceae

Cône d'if en forme de baie

Les membres de la famille des ifs et du Cephalotaxaceae possèdent les cônes le plus modifiés des conifères. Il y a une seule écaille par cône femelle avec un ovule simple. L'écaille se développe en une arille douce, brillante, colorée, juteuse comme une baie qui renferme en partie la graine. La "baie" avec la graine est mangée par les oiseaux qui digèrent l'écaille riche en sucres. La graine résistante à la digestion tombe au sol avec les excréments de l'oiseau loin de la plante mère.

Références

  1. Biologie, Campbell page 572, (ISBN 2-8041-2084-8)

Wiktprintable without text.svg

Voir « cône » sur le Wiktionnaire.

Voir aussi

  • Portail de la botanique Portail de la botanique
Ce document provient de « C%C3%B4ne (botanique) ».

Wikimedia Foundation. 2010.

Contenu soumis à la licence CC-BY-SA. Source : Article Cone (botanique) de Wikipédia en français (auteurs)

Regardez d'autres dictionnaires:

  • Cône (Botanique) — Pour les articles homonymes, voir cône. Cône femelle et graines de Picea abies En botanique, le cône (du latin conus ou du grec konos, p …   Wikipédia en Français

  • Cône (botanique) — Pour les articles homonymes, voir cône. Cône femelle et graines de Picea abies En botanique, le cône (du latin conus ou du grec konos, pomme de pin) est l organe reproducteur des …   Wikipédia en Français

  • Cône de conifère — Cône (botanique) Pour les articles homonymes, voir cône. Cône femelle et graines de Picea abies En botanique, le cône (du latin conus ou du grec konos, p …   Wikipédia en Français

  • cône — [ kon ] n. m. • 1552; lat. conus, gr. kônos 1 ♦ Math. Surface réglée dont les génératrices passent par un point fixe, le sommet. Angle au sommet du cône (angle Ŝ du triangle) :intersection du cône avec le plan passant par l axe. Angle solide du… …   Encyclopédie Universelle

  • Cone — Cône Cette page d’homonymie répertorie les différents sujets et articles partageant un même nom …   Wikipédia en Français

  • Cône (forme) — Cône Cette page d’homonymie répertorie les différents sujets et articles partageant un même nom …   Wikipédia en Français

  • Cône —  Ne doit pas être confondu avec Con. Cette page d’homonymie répertorie les différents sujets et articles partageant un même nom. Sur les autres projets Wikimedia : « Cône …   Wikipédia en Français

  • CÔNE — s. m. T. de Mathém. La surface que décrit une ligne droite assujettie à passer toujours par un même point fixe, et obligée en outre de toucher toujours dans son mouvement une certaine courbe donnée, que l on appelle directrice. Quand cette courbe …   Dictionnaire de l'Academie Francaise, 7eme edition (1835)

  • cône — (kô n ) s. m. 1°   Solide à base circulaire ou elliptique, et terminé en pointe. Un cône s évalue en multipliant la base par le tiers de la hauteur. Un cornet de papier, un pain de sucre sont en forme de cône. •   Elle [la mère crocodile] se… …   Dictionnaire de la Langue Française d'Émile Littré

  • CÔNE — n. m. T. de Géométrie Solide dont la base est un cercle ou une ellipse et dont la surface supérieure se termine en pointe. Il se dit spécialement d’une Surface que décrit une ligne droite assujettie à passer toujours par un même point fixe et… …   Dictionnaire de l'Academie Francaise, 8eme edition (1935)


Share the article and excerpts

Direct link
Do a right-click on the link above
and select “Copy Link”

We are using cookies for the best presentation of our site. Continuing to use this site, you agree with this.