Comte de Dufferin


Comte de Dufferin

Frederick Temple Hamilton-Temple-Blackwood

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Frederick Temple Hamilton-Temple-Blackwood,
1er comte de Dufferin
3e Gouverneur général du Canada
Comte de Dufferin.JPG

Actuellement en fonction
Mandat

25 juin 1972 - 19 octobre 1878

Depuis le 25 juin 1972

Prestation de serment
Monarque(s) Victoria
Gouverneur(s) général(aux) {{{Gouverneur général}}}
Premier(s) ministre(s) John Alexander Macdonald
Alexander Mackenzie
Chef(s) de Cabinet {{{chef de cabinet}}}
Prédécesseur baron Lisgar
Successeur marquis de Lorne

Autres fonctions
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Biographie
Nom de naissance {{{nom naissance}}}
Naissance 21 juin 1826
Florence (Italie)
Décès 29 novembre 1894
Nationalité britannique
Conjoint Lady Hariot Georgina Rowan Dufferin
(née Hamilton)
Enfants {{{enfants}}}
Diplômé(e) de
Profession politicien et diplomate
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Résidence(s)
Religion
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Gouverneurs généraux du Canada

Frederick Temple Hamilton-Temple-Blackwood K.P., C.P., G.C.B., G.C.S.I., G.C.M.G., G.C.I.E., (21 juin 1826, Florence12 février 1902), 1er comte de Dufferin puis 1er marquis de Dufferin et d'Ava, fut le troisième gouverneur général du Canada de 1872 à 1878 et vice-roi des Indes de 1884 à 1888.

Sommaire

Jeunesse

Du côté paternel, Lord Dufferin était un descendant des colons écossais qui ont immigré au comté de Down au début du 17e siècle. Les Blackwood sont devenus d'importants propriétaires terriens dans les deux siècles suivants et ont été créés baronnets en 1763, entrant dans la pairie d'Irlande comme Baron Dufferin. Les Blackwood ont eu une influence sur le parlement parce qu'ils ont amené le retour de l'arrondissement de Killyleagh (Comté de Down). Les mariages dans la famille des Blackwood ont souvent été avantageux pour leurs propriétés terriennes et son ascension sociale, mais le père de Lord Dufferin, le capitaine Price Blackwood, n'a pas marié une fille de propriétaire terrien. Sa femme, Helen Selina Sheridan, était une petite-fille du dramaturge Richard Brinsley Sheridan, et par elle, les Blackwood devinrent liés aux cercles littéraires et politiques.

Lord Dufferin est donc né dans une situation avantageuse comme Frederick Temple Blackwood à Florence en Italie en 1826. Il a étudié à Eton et au College de Christ Church à l'Université d'Oxford où il devint président de l'Oxford Union Society for debate, jusqu'à ce qu'il quitte le collège après seulement deux ans sans obtenir de diplôme. Il succéda son père en 1841 comme 5e baron Dufferin et Claneboye dans la pairie d'Irlande, et fut indiqué Lord-in-Waiting à la reine Victoria en 1849. En 1850 il fut créé baron Claneboye, de Claneboye dans le comté de Down, dans la pairie du Royaume-Uni.

En 1856, Lord Dufferin gréa la goélette Foam, et prépara un voyage autour de l'Atlantique nord. Il visita d'abord l'Islande, où il visita ce qui était alors la minuscule Reykjavík, la plaine de Þingvellir, et Geysir. Retournant à Reykjavík, le Foam fut toué vers le nord par le prince Napoléon qui était en expédition dans la région dans la goélette La Reine Hortense. Dufferin navigua près de l'île Jan Mayen, mais fut incapable d'accoster à cause de la glace, et ne fit qu'un bref aperçu de l'île à cause du brouillard. De Jan Mayen, le Foam navigua vers le nord de la Norvège, arrêtant à Hammerfest avant de partir pour Spitzberg.

À son retour, Lord Dufferin publia un livre relatant ses voyages, Letters From High Latitudes. Avec son ton impertinent et un rythme vivant, il eut un immense succès, et peut être considéré comme le prototype du récit de voyage humoristique. Il fut imprimé de nombreuses années, et fut traduit en français (Lettres écrites des régions polaires) et en allemand. Les lettres furent à l'origine destinées à sa mère, avec qui il avait développé une relation intime après le décès de son père alors qu'il avait 15 ans.

Diplomate

Malgré le grand succès de Letters From High Latitudes, Dufferin n'a pas poursuivi une carrière d'auteur, bien qu'il soit connu pour son talent d'écrivain tout le long de sa carrière. À la place il devint fonctionnaire, avec un premier engagement en 1860 comme représentant britannique à la commission en Syrie pour enquêter sur les causes de la guerre civile où la population chrétienne maronite fut victime de massacres par les populations musulmanes et druzes. Travaillant avec des représentants français, russe, prussien et turc à la commission, Lord Dufferin s'est montré efficace dans la réalisation des objectifs de la politique britannique dans la région. Il maintient le rôle de la Turquie dans la région, et prévient les Français d'établir un État satellite au Liban, sécurisant plus tard le départ de la force d'occupation française en Syrie. Il défend ensuite les intérêts de la communauté druze, avec laquelle la Grande-Bretagne a une association de longue date. Les autres membres de la commission étaient enclins à réprimer la population druze, mais Dufferin argua qu'avoir gain de la guerre pour les Chrétiens n'aurait été qu'un bain de sang. Le plan à long terme agréé par la commission pour la gouvernance de la région a été largement celui proposé par Dufferin : que le Liban devrait être gouverné séparément du reste de la Syrie, par un chrétien ottoman qui n'était pas originaire de Syrie.

Les réussites de Dufferin en Syrie lança sa longue et brillante carrière dans la fonction publique. En 1864 il devint sous-secrétaire d'État en Inde, passant à sous-secrétaire de la guerre en 1866, et à partir de 1868 il occupe la charge de chancelier du duché de Lancaster dans le gouvernement du premier-ministre Gladstone. En 1871 il reçut le titre de comte de Dufferin, dans le comté de Down, et de vicomte Clandeboye, de Clandeboye dans le comté de Down.

Lord Dufferin prit le nom de Hamilton par licence royale le 9 septembre 1862, peu avant son mariage avec Hariot Georgina Rowan-Hamilton le 23 octobre 1962. Il était relié de loin à la famille Hamilton par des mariages antérieurs, et l'union était en partie destinée à éliminer quelques tenaces hostilités entre les familles. Dufferin prit également le nom de Temple, le 13 novembre 1872. Ils eurent sept enfants; les deux plus jeunes, un garçon et une fille, sont nés au Canada.

Peu après son mariage, il fut profondément touché quand sa mère maria son ami George Hay, comte de Gifford, un homme quelque 17 ans plus jeune qu'elle. Le mariage scandalisa la société, mais Lord Gifford décéda seulement quelques semaines après. Malgré sa désapprobation du second mariage de sa mère, Lord Dufferin fut dévasté par sa mort en 1867, et construisit Helen's Tower, en sa mémoire, à la propriété de Clandaboye. Une baie voisine fut aussi nommée Helen's Bay, et une gare de ce nom fut construite par lui à cet endroit, semant la croissance de la ville en banlieue de la moderne Belfast de Helen's Bay.

Gouverneur général du Canada

Lord Dufferin, Montréal, 1878

Après le décès de sa mère, la carrière de Dufferin avança rapidement. Il devint gouverneur général du Canada en 1872, et son mandat de six ans fut une période de changement rapide dans l'histoire canadienne. Durant ce temps, l'Île-du-Prince-Édouard fut admise dans la confédération, et plusieurs institutions canadiennes bien connues, comme la Cour suprême du Canada, le Collège militaire royal du Canada, et l'Intercolonial Railway, furent établis.

De l'avis de Dufferin, ses deux prédécesseurs au poste n'avaient pas donné à la position l'importance qu'elle méritait. Il s'est résolu à assumer un rôle plus actif, et de connaître les Canadiens ordinaires autant que possible. Il était à l'aise de parler avec un large éventail de gens, autant en anglais qu'en français, et devint connu pour son charme et son hospitalité. À un moment où un faible et insipide gouverneur général aurait pu faire perdre le lien avec l'Empire, Dufferin sentit que le fait de s'impliquer lui-même avec la population du Canada renforcerait les liens constitutionnels avec la Grande-Bretagne. Il visita chaque province canadienne, et fut le premier gouverneur général à visiter le Manitoba.

Amélioration et embellissement de Québec proposés par Lord Dufferin, 1875

Dufferin s'investit autant qu'il est permis dans les politiques canadiennes, jusqu'à aviser les ministres d'abandonner les politiques qu'il jugeait mauvaises. Il a suivi les travaux du parlement avec intérêt, en dépit du fait que le représentant de la Reine soit interdit d'entrer à la Chambre des communes. Il établit un bureau du Gouverneur général dans une aile des édifices du parlement, et Lady Dufferin écouta plusieurs débats qu'elle lui rapporta. En 1873, le scandale du Pacifique éclata quand le gouvernement conservateur de John A. Macdonald fut accusé par l'opposition libérale d'irrégularité financière en relation avec la construction du chemin de fer Canadien Pacifique. Dufferin prorogea le parlement, et mit sur pied une enquête qui embarrassa le gouvernement, et Macdonald perdit le pouvoir.

En 1873, Dufferin crée les médailles académiques du Gouverneur général pour reconnaître les réalisations académiques des étudiants canadiens. Aujourd'hui, ces médailles sont les plus prestigieuses que les étudiants des écoles peuvent recevoir, et plus de 50,000 ont été accordées en tout. Il a aussi institué divers prix sportifs, dont la compétition de tir du gouverneur général et le trophée de curling du gouverneur général.

Dufferin fit plusieurs ajouts et améliorations à Rideau Hall, la résidence du gouverneur général. Il ajouta la Salle de bal en 1873, et en 1876 construisit la Salle de la Tente pour accommoder le nombre croissant de réceptions étant tenues à Rideau Hall. Il a aussi attiré les canadiens ordinaires au terrain de Rideau Hall en construisant une patinoire pour laquelle il a contribué pour 1,624 dollars de sa propre poche, montant qui lui fut remboursé plus tard par le gouvernement. L'utilisation de la patinoire était conditionnelle au fait d'être « bien vêtu ». Ces initiatives rehaussèrent le rôle de Rideau Hall comme centre des affaires sociales.

Les Dufferin utilisèrent aussi la Citadelle de Québec comme seconde résidence vice-royale. Quand les fonctionnaires municipaux de la ville de Québec commencèrent à démolir les murs de la vieille cité, Dufferin était consterné, et les persuada d'arrêter la démolition et de réparer et restaurer ce qui avait été déjà endommagé. Le Vieux-Québec a été reconnu par l'UNESCO comme un lieu du Patrimoine mondial dans les années 1980. La dernière apparition publique de Dufferin comme gouverneur général fut à Québec, pour poser la pierre angulaire de la terrasse Dufferin, une promenade surplombant le fleuve Saint-Laurent, construite selon son propre design.

Russie et Turquie

Après avoir quitté Ottawa en 1878 au terme de son mandat, Lord Dufferin retourna en Grande-Bretagne pour continuer sa carrière diplomatique. Il servit comme ambassadeur à la Russie impériale de 1879 à 1881 et à l'Empire ottoman de 1881 à 1884. Alors qu'il avait précédemment travaillé pour des gouvernements du Parti Libéral, Dufferin s'éloigna progressivement des idées de William Gladstone, notamment à propos des droits de propriété des terres d'Irlande. Il accepta d'être nommé ambassadeur en Russie pour le Conservateur Benjamin Disraeli, abandonnant le leader Libéral.

Le séjour de Dufferin en Russie fut tranquille d'un point de vue politique et diplomatique, et ses papiers de l'époque concernent surtout sa vie sociale. Pendant qu'il est enRussie, il commence à jeter son dévolu sur la récompense diplomatique ultime, la vice-royauté des Indes. Cependant, Lord Ripon succéda Lord Lytton en 1880. Surtout à cause de sa conversion au catholicisme, Lord Ripon ne peut le recevoir dans son cabinet. À la place, le prochain poste diplomatique de Dufferin fut à Constantinople.

Durant son séjour là-bas, la Grande-Bretagne a envahi et occupé l'Égypte, qui était alors techniquement une partie de l'empire ottoman, sous prétexte de « rétablir la loi et l'ordre » après les émeutes xénophobes d'Alexandrie ayant causé la mort de 50 étrangers, et Dufferin se sentit fortement concerné durant les événements entourant l'occupation. Dufferin s'assura que l'empire ottoman n'occuperait pas l'Égypte, et apaisa la population d'Égypte en prévenant l'exécution D'Urabi Pacha qui avait pris le contrôle de l'armée égyptienne. Urabi dirigeait la résistance contre l'influence étrangère sur l'Égypte, et après l'occupation plusieurs membres du cabinet étaient enclins à le voir pendu. Dufferin, croyant que cela n'inspirerait que de nouvelles résistances, s'assura qu'Urabi fut exilé à Ceylan.

En 1882 Dufferin voyagea en Égypte en tant que commissaire britannique pour planifier la réorganisation du pays. Il écrit un rapport détaillé sur comment l'occupation fut bénéfique pour l'Égypte, avec des plans pour son développement qui visait à réintégrer progressivement les Égyptiens dans la gouvernance du pays. Les réformes subséquentes suivront largement ses propositions.

Vice-roi des Indes

Ses expériences en Russie et en Turquie ont fait progressé la conscience de Dufferin sur la place de l'empire britannique dans les affaires internationales, et son séjour en Russie a apporté une grande perspicacité vis-à-vis la menace russe pour le contrôle britannique des Indes. En 1884, il réalisa enfin sa dernière grande ambition avec sa nomination comme vice-roi des Indes.

Comme au Canada, il présida sur quelques grands changements en Inde. Son prédécesseur comme vice-roi, Lord Ripon, alors qu'il était populaire auprès des indiens, était très impopulaire auprès des anglo-indiens, qui s'objectèrent à la vitesse rapide de ses réformes. Pour mener à bien toute mesure, Dufferin avait besoin de gagner l'appui des deux communautés. À cet égard il eut du succès, et gagna l'appui substantiel de toutes les communautés en Inde. Il fit avancer la cause des indiens nationalistes durant son mandat, sans affronter les blancs conservateurs. Parmi autres choses, le Parti du Congrès fut fondé en 1885, et il a jeté les bases d'une armée moderne indienne en créant l'Imperial Service Corps, dirigé par des indiens.

Il s'est souvent occupé des affaires étrangères durant son mandat. Il a agi avec succès lors de l'incident du Panjdeh de 1885 en Afghanistan, quand les forces russes s'introduisirent dans le territoire afghan près de l'oasis du Panjdeh. La Grande-Bretagne et la Russie ont pour des décennies engagé une virtuelle guerre froide en Asie du centre et du sud connue sous le nom de Grand Jeu, et l'incident du Pandjeh menaçait de précipiter un conflit violent. Lord Dufferin négocia un accord dans lequel la Russie gardait le Pandjeh mais redonnait les autres territoires acquis durant son avance. Pendant son mandat il a aussi vu l'annexion de la Birmanie en 1886, après plusieurs années d'ingérence britannique dans la politique birmane.

En 1888, il publia le Rapport sur la condition des plus basses classes de la population au Bengale (aussi connu comme le Rapport Dufferin). Le rapport met en lumière la situation critique du pauvre au Bengale, et fut utilisé par les nationalistes pour contrer la prétention anglo-indienne voulant que le contrôle britannique fut bénéfique pour les membres les plus pauvres de la société indienne. Suivant la publication du rapport, Dufferin recommanda la création de conseils provinciaux et central incluant des membres indiens, aussi réclamée par le Parti du Congrès à ce moment. L'Acte des conseils indiens de 1892, qui inaugurèrent la politique électorale au pays, fut le résultat de ses recommandations.

Maturité

Après son retour de l'Inde, Dufferin termina sa carrière comme ambassadeur en Italie de 1888 à 1891. Le 15 novembre 1888, il fut promu dans la pairie comme Marquis de Dufferin et Ava, dans le comté de Down et la province de Birmanie, et Comte de Ava, dans la province de Birmanie. Comme ambassadeur en France de 1891 à 1896, il a présidé pendant une période difficile dans les relations anglo-française, et fut accusé par quelques journalistes français de miner les relations franco-russes. Durant son séjour il aida à créer la Guilde anglo-française qui s'est depuis transformée en University of London Institute in Paris (ULIP). Après son retour de France, Dufferin devint président de la Royal Geographical Society, et recteur de l'Université d'Édimbourg et de l'Université de St Andrews.

Voir aussi

Liens externes

  • Biographie sur le site de la gouverneure générale

Bibliographie

.

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