Complexe Militaro-industriel Des États-Unis D'Amérique


Complexe Militaro-industriel Des États-Unis D'Amérique

Complexe militaro-industriel des États-Unis d'Amérique

Le complexe militaro-industriel (CMI) américain constitue un lobby composé des chefs militaires et de diverses agences gouvernementales, des responsables des industries de l'armement de l'économie des États-Unis et des parlementaires des commissions sur la Défense du Congrès des États-Unis. L'ensemble des interactions façonne l'évolution des forces armées des États-Unis par l'intermédiaire du passage des contrats de défense.

Le programme de développement de l'AH-64 Apache fut fructueux pour les entreprises co-traitantes de l'industrie de l'armement. Stratégiques pour les États-Unis, elles sont toutes implantées sur le territoire national et développent des programmes spécifiques d'armement dont certains ne peuvent passer à l'exportation, selon leur classification Défense. Son déploiement sur le terrain reste soumis à des conditions climatiques qui furent ressenties de manière assez rude dans les guerres du désert.
Un hélicoptère de combat Apache posant devant l'éventail de sa puissance de feu.

Sommaire

Origine du terme

voir aussi : (en) Military budget of the United States

Le terme military-industrial complex provient originellement du discours de fin de mandat du président Dwight David Eisenhower, qui annonça ainsi l'avènement d'une industrie de défense permanente sur le territoire national, à l'issue des efforts produits pour emporter la Seconde Guerre mondiale, et qui mettait en garde les citoyens sur le risque que ce type d'organisation faisait peser sur la démocratie.

« Dans les conseils du gouvernement, nous devons prendre garde à l'acquisition d'une influence illégitime, qu'elle soit recherchée ou non, par le complexe militaro-industriel. Le risque d'un développement désastreux d'un pouvoir usurpé existe et persistera. »

— Extrait du discours de fin de mandat du président Eisenhower, 17 janvier 1961.

  • Avec une connotation fortement péjorative, la référence au complexe militaro-industriel renvoie au triangle de fer (the iron triangle), collusion institutionnelle entre l'industrie (entreprises contractantes du secteur de la Défense), les militaires (le Pentagone), et le gouvernement des États-Unis (le congrès et l'exécutif) qui, structurée en cartel, agit pour des motifs de profit à l'encontre de l'intérêt du public américain.

Première Guerre mondiale

New York Shipbuilding Corporation shipyard, Camden, New Jersey, mai 1919.

Avant que le président Eisenhower ne prononce son discours, ce qui allait devenir le complexe militaro-industriel, selon le terme introduit par le président, était l'industrie de l'armement la plus importante du monde libre depuis la Seconde Guerre mondiale ; celle ci fut quasiment crée ex-nihilo.

Lorsque le 6 avril 1917, le Congrès américain déclare la guerre à l'Empire allemand et à ses alliés et entra dans la Première Guerre mondiale, l'US Army était indigente et ses stocks inexistants.

Si l'industrie américaine fournit sans difficultés toutes les munitions, fournitures et armes légères nécessaires, la grande majorité de son armement collectif et son matériel lourd dont ses tout premiers chars de combat furent livrés par la France. Seuls 500 pièces d'artillerie lourdes (sur les 3 500 utilisé au front) et 64 chars de 6 tonnes Six-ton Tank M1917, la version locale du FT-17 furent produits à la fin de de la guerre (un total de 952 de ces engins furent finalement produit) [1].

Par l'intermédiaire des diverses agences fédérales, le gouvernement américain, mobilisa son économie pour une guerre totale en suivant l'expérience de l'Empire britannique et de la France en ce domaine. Si le principe de la propriété privé restait intact, le système de contrôle et de réglementation avait tous les caractères de l'économie dirigée.

Dans le cadre de l'effort général de mobilisation économique, le War Industries Board fut créé le 28 juin 1917 chargé de coordonner les achats du gouvernement américain et des Alliés.

Le programme de mobilisation industrielle traversa d'abord une fort mauvaise période car le WIB ne disposait pas alors de pouvoirs suffisants et après une enquête du Congrès la réaction du président des États-Unis Woodrow Wilson en janvier 1918 fut de demander des pouvoirs pratiquement illimités pour créer, organiser et renforcer les organismens gouvernementaux chargés des questions relative à la guerre.

Le 4 mars 1918, Bernard Baruch, spécialiste des matières premières et des métaux au conseil de défense national fut nommé président du WIB. Agissant en fonction de pouvoirs spéciaux, la présidence conféra au bureau une autorité absolue pour répartir les matières premières entre les industries, déterminer les priorités en matière de production, de distribution et de transports, fixait les prix des produits qu'il achetait, standardiser les produits, développer au maximum l'économie de guerre et réquisitionner en cas de nécessité des usines.

Groupant autour de lui une centaine d'hommes d'affaires parmi les plus capables, Baruch fit du WIB l'agence la plus puissante du pays, lui-même devenant, sous l'autorité directe du président, une sorte de "dictateur économique" des États-Unis et, dans une certaine mesure, des Alliés également.

Les dépenses journalières du gouvernement qui étaient, avant 1917, de 3 millions de dollars, augmentairent jusqu'à 60 millions en août 1918.

Selon John Maurice Clark, dans "The Costs of the World War to American People", les dépenses de guerre de ce pays sont estimé, du 6 avril 1917 au 30 juin 1920, à 31,5 milliards de dollars dont 9,5 milliards de dollars de prêts aux gouvernements alliés (22 milliards de francs-or pour la France).

Tirant les leçons du démarrage laborieux de l'économie de guerre et de la dépendance matérielle quasi-totale envers ses alliés (la France pour l'armement, le Royaume-Uni pour le transport maritime), le 4 juin 1920 un National Defence Act est voté.

Cette loi tranche avec les principes intangibles des libéraux américains et pour la première fois dans l'histoire de ce pays, elle reconnaît la nécessité pour le gouvernement américain d'orienter l'économie au service de l'effort de guerre en cas de conflit ; le secteur de la défense sert une armée permanente, le temps des minutemen est terminé [2]. .

L'entre-deux-guerres

Seconde Guerre mondiale

Crédits illimités

« Vengez Pearl Harbor. Nos balles y arriveront. »
Les conséquences de la catastrophe militaire du 7 décembre 1941 ont profondément changé la perception stratégique globale de l'amirauté des États-Unis. Cette défaite par surprise a engendré un élan que d'aucuns identifient rétrospectivement comme une victoire à la Pyrrhus, voire comme la plus grande défaite japonaise face à son opposant compte tenu de sa réaction.
Le Nevada en flammes tentant de sortir de la baie.
Rosie the Riveter : We Can Do It !; Environ six millions de femmes furent employées dans l'industrie de l'armement américaine

En mai 1940, alors que la bataille de France voit la victoire surprise de l'Allemagne sur ce qui était considéré comme la première armée du monde, l'état-major définit un projet de mobilisation prévoyant déjà ce que pourrait être un puissant effort d'armement libéré des limites liées à l'état de l'opinion publique et au blocage du Congrès.

Au niveau scientifique, la mise en place à partir de 1940 de National Defense Research Committee puis du Office of Scientific Research and Development permit de mettre en place des programmes consacrés à la mise au point de bombes nouvelles et plus précises, à des détonateurs plus fiables, aux fusées de proximité, aux radars et systèmes d'alerte avancée, à des armes d'infanterie plus légères et plus précises, à des traitements médicaux plus efficaces, à des véhicules plus universels, et, au sommet du secret, le Comité consultatif pour l'uranium, devenu la section S-1 de la NDRC puis de l'OSRD et qui deviendra le projet Manhattan, et mettra au point les premières bombes atomiques.

La dégradation de la situation européenne doublée de la rivalité latente avec l'Empire du Japon accélèrent la prise de conscience de l'inéluctabilité d'un engagement américain sous une forme ou une autre. La loi Lend-Lease, signée le 11 mars 1941, permet de fournir les pays amis en matériel de guerre sans intervenir directement dans le conflit; Le 27 mai 1941, le président Franklin Delano Roosevelt annonce que le peuple américain doit désormais répondre à un état d'urgence nationale illimitée.

L'attaque sur Pearl Harbor eut pour réponse de mettre en branle une gigantesque mobilisation industrielle dépassant toutes les prévisions.

De 1940 à 1945, avec un coup d'accélération considérable courant 1942 par le vote de crédits mirifiques par le Sénat américain et la levée de bons de souscriptions (War bonds) dans le cadre Victory Program [3] , les sites industriels d'Amérique du Nord étaient devenus capables de pourvoir à l'effort de guerre de chaque nation belligérante contre l'Axe Rome-Berlin-Tokyo dans le cadre de la loi Lend-Lease, tout en préparant deux fronts d'invasion simultanés sur le théâtre européen (cinq débarquements : Afrique du Nord, Sicile, Italie, Normandie, Provence) et les campagnes du Pacifique. Des administrations telle le War Production Board sont créé pour gérer la transformation d'une industrie de biens et de services à celui d'une industrie de guerre.

L'effort de guerre industriel de l'Allemagne, des États-Unis et de l'URSS.

La capacité de production était devenue un juggernaut : celle d'une nation en armes, dont la société civile était tout entière mobilisée sur la production de guerre totale en 1945. Le budget de la Défense a représenté jusqu'à 34,5 % du produit national brut du pays. Ce qui fit dire aux hauts dirigeants tels Harry Truman qu'il était temps d'en finir, en considérant qu'aucune nation au monde n'était capable de supporter une durée d'effort supérieure à sept ans à ce niveau.

Le déficit budgétaire représentait 15 % du PIB en 1942, 31 % en 1943, 23 % en 1944 et 21,5 % du PIB en 1945 [4][5].

Selon une étude réalisé en 2001, l'effort massif durant la seconde guerre mondiale à couté 360 milliards en valeur constante soit 4 710 milliards valeurs 2002 soit 5 400 milliards de dollars valeur 2007 [6].

Évolution du budget de la défense
(Valeur en milliards de $ 1937)
Année PIB des États-Unis Budget de la défense
1938 88,7 1,4
1939 95,9 1,5
1940 104,3 2,6
1941 122,1 14,1
1942 144,7 51,7
1943 168,5 84,2
1944 182,2 96,1
1945 180,1 82,8
1946 160,3 19,8
Source : Bureau of Economic Analysis

Armée de terre

Usine Chrysler de Détroit, fabrication de chars M3 Lee en 1942.
Coupe d'un schéma de Sherman M4, le char le plus produit de la guerre.

Comparativement à la production aéronavale, dans un premier temps l'assemblage de chars de combat ne fut pas à l'ordre du jour. De fait, pas un seul ne fut produit en 1940, une première série de 900 engins plus ou moins réussis fit son apparition en 1941. En revanche, dès 1942, 27 000 sont produits, un chiffre supérieur à la production soviétique, équivalent à 4 fois celui de l'Allemagne et à 3 fois celui de l'Empire britannique.

Les livraisons à l'Armée rouge étaient pourvues par le système du prêt-bail, ce qui permit entre autres à l'armée de terre soviétique de s'armer de tanks et surtout de s'équiper de dizaines de milliers de camions pour le transport ainsi que de recevoir des centaine de milliers de tonnes d'équipement et de munitions de tout types, alors que l'Union soviétique se battait au cœur même des usines dans ses métropoles (Stalingrad, Moscou et Léningrad).

Technologiquement plus avancé, le complexe militaro-industriel allemand avait beau avoir mis au point des panzer tels que le Tigre Royal, quasiment indestructible pour les Sherman avec qui il s'opposait, la quantité donnait malgré cela gagnants les Alliés (ce modèle fut produit à hauteur de 50 000 unités durant toute la période du conflit).

Construction navale

La marine marchande américaine a été multipliée par quatre en 1942 et 1945.

L'approvisionnement en Europe fut rendu extrêmement consommateur en cargos puisqu'une reprise de la guerre sous-marine avait remis en selle les U-boot comme lors du premier conflit mondial (lire bataille de l'Atlantique). Mais les chantiers navals étaient capables de combler largement les pertes avec en autre la construction en masse des liberty-ships et de pétroliers essentiel pour l'économie des nations alliés et pour le soutien logistique des armées avec 3 500 cargos et plus de 900 pétroliers rapides [7]. Cette flotte énorme, en 1944, a déplacé hors des États-Unis plus de 72 pour cent de 78 500 000 tonnes de cargaison embarquées. Trois pour cent ont été embarqués sur des navires des États-Unis et 24 pour cent par le tonnage combiné des autres flottes alliées.

La construction de navires de guerre fait un bond gigantesque à partir de 1943 et le quasi triplement du tonnage de l'United States Navy avec un nombre d'unités de toutes tailles dépassent les 2 600 fait qu'elle représente en 1945 près de 70 % du tonnage mondiale des marines militaires.

Au sortir du conflit en août 1945, les flottes américaines étaient au nombre de huit et quatre-vingt quinze porte-avions de taille diverses assuraient la projection de l'aéronavale sur les différentes zones de combat du globe.

Projet atomique

Le projet Manhattan, aussi scientifique qu'industriel, formait à lui seul un sous-ensemble employant plus de 130 000 personnes avec 2 milliards de dollars de budget (1945) ; trois usines de raffinage de l'Uranium 235 réparties dans le pays avaient été construites pour des équipes séparées, deux provenant d'universités et la troisième composée d'ingénieurs de la firme Du Pont. Motivé par la course à la bombe, il mobilisait les esprits les plus brillants du moment dans une abnégation visant à mettre fin à la guerre [8]. Lors de la signature des actes de capitulation du Japon, quatre bombes A avaient été construites, non compris Gadget pour le test Trinity dans le Nouveau-Mexique ; deux furent larguées, une troisième se trouvait dans le Pacifique et la quatrième se trouvait sur le sol américain, vraisemblablement à l'état de montage.

Une fois récupérées les inventions allemandes portant sur le missile balistique, s'ouvre avec la maîtrise du thermonucléaire la production en masse de missiles balistiques intercontinentaux (ICBM) : c'est la paix armée sous la menace d'une extermination mutuelle.
Le LGM-118A « Peacekeeper » ou MX, dernière génération américaine d'armement de ce type, mis en service en 1986 et retiré en 2005.

Le livre de témoignages de Studs Terkel, "la bonne guerre", livre les pensées d'un des ingénieurs du projet qui compare mathématiquement le tonnage d'explosifs en kilotonnes employé sur les fronts de la Grande guerre, celui employé dans les bombardements stratégiques, et l'effrayante réduction de coût amenée par l'ère de l'atome.

Aéronautique

Usine d'assemblage de Bell Aircraft Corporation située à Buffalo, dans l'État de New York, pendant les années 1940. Cette unité produisait des P-39.

L'industrie aéronautique américaine n'emploie en 1938 que 36 000 personnes, soit beaucoup moins que ses grandes rivales et les cadences de production sont très faibles avec 150 avions militaires par mois.

Pourtant des firmes comme Boeing, Douglas Aircraft Company, Lockheed, Bell, Curtiss et d'autres se sont illustrée depuis 1919 en réalisant des avions civils remarquables comme le DC-3 volant encore aujourd'hui et des prototypes d'avions militaires comme le futur B-17 depuis décembre 1936.

Les tensions en Europe incitant la France et le Royaume-Uni à se réarmer, ceux-ci passèrent plusieurs contrats avec divers constructeurs ce qui permit une montée en puissance de l'industrie.

Les commandes passés par le département de la Guerre sont insignifiantes jusqu'au 27 avril 1940 ou un premier lot de 524 Curtiss P-40 Warhawk fut commandé pour l'USAAF.

Le plan de mobilisation réclamé après la bataille de France fin mai 1940 prévoyant un objectif final de 50 000 avions par an fut rapidement dépassé grâce à un formidable effort industrielle et vit finalement près de 297 199 appareils sortir des usines entre 1938 et 1945 dont plus de 40 000 servirent dans les forces alliés (14 833 étant notamment livré à l'Union soviétique entre 1942 et 1944).

Les performances des nouveaux modèles d' avions militaires s'améliorent très rapidement lors de ce conflit et l'on prépare les premiers avions à réaction américains quand celui ci s'achéve.

Année Production
1938 1 800
1939 2 195
1940 6 028
1941 19 441
1942 47 836
1943 85 898
1944 96 318
1945 47 714
TOTAL 297 199

Source : "Le fanatique de l'Aviation", n° 163, juin 1983

En 99 raids sur le Japon, 66 villes avaient été rasées, les bombes A ne complètant le tout que pour deux villes de plus. L'industrie de guerre aéronautique construisait mensuellement 800 bombardiers "superfortress" B-29 lors de son plus haut niveau de production, l'avion le plus avancé de la guerre (pressurisation de cabine, vol en troposphère) : le transfert vers l'aviation civile allait donner un formidable bond en avant pendant les années 1960.

Évolution

Conscients de l'ampleur prise par l'économie du pays durant la période de la conflagration, des hauts dirigeants évaluèrent en comités de 1940 à 1946 les secteurs géographiques et les ressources stratégiques mondiales (parmi lesquelles les hydrocarbures) à défendre pendant la future période de l'après-guerre.

Article détaillé : Course aux armements.

Héritière du projet thermonucléaire, la bombe H, maîtrisée en 1952, provoque l'ostracisme de la communauté scientifique, ingénieurs de Manhattan en tête, à présent que les effets radioactifs [9] ont amené en temps de paix une réflexion sur le sens moral de l'entreprise. La même année sont introduits les "stratofortress" B-52, toujours employés ce jour en opérations. Quoique compétition non militaire, le programme spatial des États-Unis hérite lui aussi de la poursuite des travaux des ingénieurs allemands.

Avions de combat américains des années 1940 (P-38 et P-51), 1950 (F-86) et 1970 (A-10)
Pour plus de détails, consulter la liste des avions militaires de la montée de la Guerre froide.

Motivée par la conduite de la guerre, l'industrie de l'armement était devenue un secteur économique permanent motivé par l'attribution de crédits fédéraux.

Les concepts développés à ce moment, ancêtres des think tanks, sont le ferment de la transformation de cet "atelier de confection du Monde libre" vers le C.M.I. sujet de la prise de conscience que le président Eisenhower souhaite amener à ses concitoyens au moment de son discours de fin de mandat au début des années 1960.

La filière de la Défense a évolué en intégrant la partie Recherche et développement afin de coordonner les efforts scientifiques et techniques correspondant aux enjeux : l'agence DARPA peut être citée à ce titre ; des transferts vers la société civile ont pu être observée, au premier titre desquels Internet, conçu dès l'origine afin de répondre à un besoin de bâtir un réseau d'interconnexions qui survive à l'anéantissement atomique des centres urbains qu'il relie (dans les logiques de guerre telles que perçues lors des phases dures de la Guerre froide).

Un ensemble d'avions expérimentaux de la NASA réunis pour la photo, parmi lesquels : X-31, F-15 Eagle, SR-71, F-106, F-16XL, X-38, Radio Controlled Mothership & X-36 - source (en).

Le complexe militaro-industriel au XXIe siècle

Malgré un budget militaire aux États-Unis de nouveau en hausse depuis le début du XXIe siècle, les derniers grands programmes d'armement du CMI de ce pays ne représentent plus qu'une fraction de ce qu'ils furent au plus fort de la Guerre froide.

De 1 300 000 salariés en 1989, le secteur est tombé à 547 400 à la fin de 2003 [10]. Au cours de la même période, le montant des acquisitions a été réduit de 30 % (seulement 70 milliards de dollars US en 2003), tandis que le nombre de militaires passait de 2,2 millions à 1,4 million. Si en 1940, il y avait 17 constructeurs dans l’aéronautique militaire américaine, en 2008, ils n’étaient plus que 3 : Boeing, Northrop Grumman, et Lockheed Martin [11].

En 2004, le budget de la défense (hors sécurité intérieure) représentait 3,3 % du PNB contre 6,5 % en 1984 (la France consacrait alors 4,2 % de son PNB à sa défense).

Le gigantisme du budget accordé au domaine de la défense aux États-Unis[12] reflète l'emprise de ces contractants sur la scène politique depuis les années 1950, ce qui a donné lieu à de nombreuses controverses dans le débat public[13].

En effet, les dépenses publiques dans ce domaine sont un facteur considérable de soutien à la croissance du pays, mais aussi un frein à l'amélioration des performances concurrentielles des entreprises qui vivent des mannes de ce marché protégé.

Le gant de fer : caractéristique d'une superpuissance, l’hégémonie des États-Unis dans le domaine militaire se montre notamment par son budget.

Devant la montée considérable des coûts des programmes d'armement, de l'ordre de 5 à 10 % par an, on assiste depuis le début de ce siècle à un retournement de tendance et une mise en concurrence de plus en plus grande des entreprises américaines avec leurs homologues étrangers. Plusieurs projets d'entreprises étrangères ont été choisis pour équiper les forces américaines en lieu et place des produits strictement nationaux, des armes légères aux hélicoptères de transport, même si la construction de ceux-ci reste quasi-exclusivement sur le territoire national.

Selon l'United States Army Materiel Command, un milliard six cents millions de munitions de petit calibre (du 5,56 mm Otan à la .50 BMG ) ont été consommées en 2007 par les forces armées [réf. nécessaire]. Un milliard trois cents millions sont fabriquées aux États-Unis dans deux usines, trois cents millions sont importées essentiellement d'autres pays alliés tels Israël et Taïwan[réf. nécessaire].

Sous l'administration Obama

Article détaillé : Présidence de Barack Obama.

Dans le contexte de la crise des subprimes, et d'une ré-évaluation de la politique de l'administration Bush, Robert Gates a annoncé en avril 2009 d'une part vouloir réduire la part des contrats privés du Département de la Défense (contrats avec les sociétés militaires privées, etc.), et d'autre part annuler une partie des programmes d'armement engagés par les administrations précédentes. Il a ainsi déclaré vouloir annuler la partie du Future Combat Systems concernant les véhicules (qui représentent 87 milliards de dollars, le programme total représentant 150 milliards) [14]. Il a aussi annoncé l'annulation d'autres programmes (le programme de satellites TSAT développé par Boeing, le projet Lockheed Martin de remplacement de l'hélicoptère présidentiel Marine One VH-71, l'estimation du coût du programme étant passé de 6 à 13 milliards, et ayant déjà six ans de retard [14], le gel des commandes d'avions de combat furtifs Lockheed F-22 Raptor et d'avions-cargos Boeing C-17 [14], etc...)

Sites de production

Voici une liste de quelques grands sites de production et de conception d'armements, d'aéronefs et de navires de guerre ; certains ne sont plus en activité :

Le secteur de la Défense

Voici la liste des 10 plus grands fournisseurs du Département de la Défense en 2005 :

Milliards de $  %
Lockheed Martin 19,45 7,2
Boeing 18,32 6,8
Northrop Grumman 13,51 5
General Dynamics 10,64 4
Raytheon 9,11 3,4
 ?
BAE Systems 5,58 2,1
United Technologies Corporation 5,02 1,9
L-3 Communications 4,71 1,9
Computer Sciences Corporation 2,83 1,1

Et la liste des 10 plus grandes entreprises de défense au niveau mondial en 2007 :

Les 10 plus grandes entreprises de défense en 2007
Rang Nom Nationalité/
localisation
Rang en 2006 Revenue de la défense
(milliards de USD)
% du revenue total
1 Lockheed Martin États-Unis États-Unis 1 36,090 91,0
2 Boeing États-Unis États-Unis 2 30,800 50,0
3 BAE Systems Royaume-Uni Royaume-Uni 4 25,070 93,0
4 Northrop Grumman États-Unis États-Unis 3 23,649 78,4
5 Raytheon États-Unis États-Unis 5 19,500 96,1
6 General Dynamics États-Unis États-Unis 6 18,769 78,0
7 EADS Flag of Europe.svg Europe 7 13,202 25.4
8 L-3 Communications États-Unis États-Unis 13 9,989 80.1
9 Finmeccanica Italie Italie 11 9,057 55,0
10 United Technologies États-Unis États-Unis 12 7,652 16,0
Source: www.defensenews.com

Voir aussi

Références

  1. (fr) Renault FT-17 Light Tank & M1917/M1917A1
  2. Y.H. Nouailhat, Les États-Unis 1898-1933 : L'avènement d'une puissance mondiale, Éditions Richelieu, 1973
  3. vidéo L'effort de guerre allié sur le site de France 2.
  4. (en) The President's Budget, Washington Post, 2009
  5. (fr) Obama présente un déficit massif, Les affaires.com, 26 février 2009
  6. (en)Stephen Daggett, Nina Serafina, Cost of major U.S. wars and recent overseas military operations, 3 octobre 2001
  7. (en) Lettre de la War Shipping Administration du 20 mai 1945.
  8. les conséquences de la radioactivité ne furent tangibles qu'après les mesures effectuées sur l'atoll de Bikini en 1946.
  9. notamment sur les réprouvés japonais que sont les survivants Hibakusha.
  10. Air Fan, 2004
  11. [image] US military aircraft manufacturers 1945-1997
  12. le projet de budget du Pentagone pour l’année fiscale 2007 se monte à 439,3 milliards de dollars. Le budget total du gouvernement des États-Unis est de 2 770 milliards de dollars.
  13. Ainsi Noam Chomsky fustigeait-il en 1970 l'« économie de guerre permanente » pronée par Charles E. Wilson en 1944 : « Le problème c'est que dans une économie capitaliste, l'intervention gouvernementale ne peut se faire que de manière limitée. Par exemple, une telle intervention ne saurait concurrencer les empires privés, ce qui revient à dire qu'il ne peut y avoir de production utile. Il faut en fait que ce soit une production d'articles de luxe – pas de capital, pas de produits utiles, ce qui serait de nature concurrentielle. Or, malheureusement, il n'y a qu'une catégorie d'articles de luxe qu'on peut produire sans fin, avec obsolescence et détérioration rapides et sans limite quant au nombre qu'on peut utiliser. Nous savons tous de quel genre d'articles il s'agit : la production miilitaire. » (Quel rôle pour l'État ?, Écosociété, 2005, p. 38-39)
  14. a , b  et c Dana Hedgpeth, Contracting Boom Could Fizzle Out, Washington Post, 7 avril 2009 (page A01).

Liens internes

Dwight David Eisenhower

Bibliographie

Liens externes

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