Colombey-les-Deux-Églises


Colombey-les-Deux-Églises
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48° 13′ 27″ N 4° 53′ 12″ E / 48.2241666667, 4.88666666667

Colombey-les-Deux-Églises
La mairie
La mairie
Armoiries
Détail
Administration
Pays France
Région Champagne-Ardenne
Département Haute-Marne
Arrondissement Chaumont
Canton Juzennecourt
Code commune 52140
Code postal 52330
Maire
Mandat en cours
Pascal Babouot
2008-2014
Intercommunalité Communauté de communes du Pays Chaumontais
Démographie
Population 678 hab. (2006)
Densité 9,2 hab./km²
Géographie
Coordonnées 48° 13′ 27″ Nord
       4° 53′ 12″ Est
/ 48.2241666667, 4.88666666667
Altitudes mini. m — maxi. m
Superficie 73,63 km2

Voir la carte physique

Voir la carte administrative

Colombey-les-Deux-Églises est une commune française de 678 habitants, située dans le département de la Haute-Marne et la région Champagne-Ardenne.

Ses habitants sont appelés les colombéens et colombéennes.

Le village est devenu célèbre pour avoir été choisi par le général de Gaulle, qui y avait acquis une propriété le 9 juin 1934 « La Brasserie » aussitôt rebaptisée « La Boisserie ». Il choisit Colombey parce que le village était à mi-chemin de Paris et de ses garnisons de l'Est et du Nord. Le Général y est décédé le 9 novembre 1970. Depuis, Colombey est devenu l'un des symboles phares du gaullisme.

Sommaire

Géographie

Limitrophe du département de l'Aube, elle est située sur la D 619 qui relie Chaumont (22,6 km au sud-est) à Troyes (60,8 km à l'ouest).

Le sud de la commune est occupée par la forêt des Dhuits, qui se situe dans le prolongement oriental de la grande forêt de Clairvaux.

Le Général de Gaulle a consacré à Colombey les dernières pages des Mémoires de guerre, texte devenu classique :

« Vastes, frustes et tristes horizons ; bois, prés, cultures et friches mélancoliques ; relief d'anciennes montagnes très usées et résignées ; villages tranquilles et peu fortunés dont rien, depuis des millénaires, n'a changé l'âme, ni la place...... »

Ces paysages austères de landes et de forêts de cette campagne, à la saignée des provinces de Champagne, de Lorraine et de Bourgogne, fragments de la France éternelle, correspondaient à son esprit et à son cœur.

Communes limitrophes

Les communes limitrophes sont, Lamothe-en-Blaisy, Juzennecourt, Montheries et Rennepont.

Les communes de Lavilleneuve-aux-Fresnes, Pratz et Argentolles étaient autrefois limitrophes. Elles ont été intégrées à la commune en 1972.

Lieux-dits et hameaux

  • Ancienne commune d'Argentolles
  • Ancienne commune de Biernes
  • Ancienne commune de Blaise
  • Ancienne commune de Champcourt
  • Ancienne commune de Harricourt
  • Ancienne commune de Pratz
  • Ancienne commune de Lavilleneuve-aux-Fresnes

Hydrographie

La commune se trouve dans la vallée de la Blaise.

Histoire

Héraldique

Blason de Colombey-les-Deux-Églises

Les armes de Colombey-les-Deux-Églises se blasonnent ainsi : Parti, au premier de gueules à six cotices d'argent, au second d'azur à une fasce d'argent chargée d'un tourteau de gueules et accompagné de trois roses d'or, deux en chef et une en pointe; à l'émanche sur le tout d'argent à la croix engrêlée de gueules.

Toponymie

En l'an II et jusqu'en l'an X (Révolution), la commune prend le nom de Colombey-la-Montagne. L'étymologie s'explique par le latin columbarium (colombier).
La dénomination « deux églises » destinée à la différencier de ses nombreux homonymes, s’expliquait par la présence de deux édifices religieux sur son territoire :

  • l'ancien prieuré Saint-Jean-Baptiste (à une seule nef) fondé vers 1100, dépendant de l’abbaye de Cluny. Après la Révolution, le prieuré fut vendu comme bien national et transformé en maison d'habitation par ses nouveaux propriétaires. De nos jours, seule son abside est encore visible ;
  • l'église Notre-Dame-en-son-Assomption [chœur de la fin du XIe s., abside du XVIIIes., chapelle de la Vierge et Saint-Nicolas (XVIe s.), nef et bas-côtés (XVIIIe s.), statues en pierre polychrome et bois doré du XVIIe au XIXe siècle], est l'église paroissiale encore utilisée pour le culte. Lorsqu'il assistait à la messe, le général de Gaulle occupait le 7e banc à droite[1].

Les otages de Colombey

Statue de Notre-Dame-des-Otages, à Colombey-les-Deux-Églises

L'histoire de la commune a été marquée par une prise d'otages pendant la Seconde Guerre mondiale. Le 19 août 1944, les troupes allemandes stationnent à Colombey devant La Boisserie et devant la mairie. Un camion dans lequel se trouvent des FFI passe dans le village. Des coups de mitraillette éclatent ; deux soldats allemands sont tués, d'autres blessés. Les représailles ne tardent pas et des SS, venus de Bar-sur-Aube arrivent, arrêtent sans discernement les 21 hommes et la femme qui leur tombent sous la main dans la rue et les maisons. Vingt-deux otages sont emmenés et emprisonnés à Chaumont ; une autre personne, déjà arrêtée par ailleurs, est associée au groupe, qui subit quatre jours d'interrogatoires.

Moments d'angoisse pour les familles, qui connaissent les atrocités commises par les soldats allemands pendant cette guerre. Pendant cette longue attente, avec l'espoir d'être enfin libérés, les 23 otages forment le vœu, s'ils s'en sortent, d'ériger une statue en hommage à la Sainte-Vierge.

Ces vingt-trois otages — pour la plupart agriculteurs, fromagers, ouvriers agricoles — étaient originaires du village. Neuf d'entre eux travaillaient dans une entreprise forestière qui effectuait des coupes de bois dans les environs.

Les événements évoluent dans le bon sens puisque les otages seront finalement libérés. La promesse faite pendant leur détention sera tenue. La commande de la statue de la Vierge est préparée. La fonderie de Vaucouleurs est choisie. Au printemps 1946, l'ancien otage Fernand Roethlisberger va en prendre livraison.

Les travaux commencent. M. Denarda, un maçon de Colombey, construit le socle du monument et le soubassement en béton. Les marches sont offertes par le marbrier Boiteux de Juzennecourt. L'emplacement avec le terrain d'accès à la statue sur la montagne de Colombey a été offert à l'église de Colombey par la famille Etienney. La peinture du socle est réalisée par Maurice Chappuis, peintre du village. La statue en fonte, haute de 2,20 m, pèse 620 kg. L'ensemble du monument s'élève à 5,20 m de hauteur. En 1963, à l'initiative de l'abbé Drouot, il a été agrémenté d'une table d'orientation montrant toute la région.

Le dimanche 24 août 1946 a eu lieu l'inauguration officielle de la statue de la Vierge qui deviendra « Notre-Dame-des-otages. » Sous un beau soleil estival, 3 000 personnes assistèrent à la grand-messe présidée par Mgr Chiron, évêque de Langres. On remarquait dans la foule la présence d'Yvonne de Gaulle, accompagnée de deux membres de sa famille. Le général de Gaulle et sa famille assistèrent dans l'après-midi, en l'église du village, à une cérémonie d'action de grâce. À l'intérieur du socle a été placée une bouteille cachetée dans laquelle figure une feuille écrite à l'encre de Chine par l'abbé Drouot, curé de Colombey, qui retrace l'histoire des otages avec leurs noms.

Depuis cette date, tous les ans, le dernier dimanche du mois d'août, un pèlerinage suivi d'une messe a lieu devant la statue.

En 1994, Fernand Roethlisberger, 87 ans est alors le dernier des anciens otages encore en vie. M. Roethlisberger est passionné d'histoire et c'est sous sa plume qu'a été éditée une plaquette souvenir pour l'anniversaire des 50 ans de commémorations de Notre-Dame-des-Otages. Son ami, M. Burkardt, est parti sous d'autres cieux, quelques mois auparavant, laissant un vide.

Dernier survivant, Fernand Roethlisberger, décéda en octobre 2007.

Charles de Gaulle et Colombey

La campagne de Colombey; au loin, la grande croix de Lorraine du mémorial De Gaulle.
La Boisserie, résidence privée du général de Gaulle.

La commune est célèbre car le général Charles de Gaulle et son épouse Yvonne y avaient acheté, en 1934, le domaine de « la Brasserie » qui, en fait, était l'ancienne brasserie du village (créée en 1843), renommée « La Boisserie ». Elle s'offre aux regards depuis le village avec une tour hexagonale coiffée de vieilles tuiles du pays que de Gaulle avait fait construire. Il y installera son cabinet de travail d'où, d'un regard, il pouvait embrasser le paysage immense et sauvage. Le général aimait venir se reposer dans ce qu'il considérait comme sa vraie et sa seule demeure. Il s'y réfugiait pour prendre les décisions importantes, dans le calme et la solitude.

À la Boisserie furent accueillis et reçus un grand nombre de personnalités venues lui rendre visite. Parmi elles, les 14 et 15 septembre 1958, le chancelier allemand Konrad Adenauer fut le seul chef d'Etat à y être accueilli, pour débuter la réconciliation franco-allemande.

Après sa démission de la Présidence de la République, en avril 1969, il y avait entrepris la rédaction de ses « Mémoires d'espoir ». Il y est mort le 9 novembre 1970 au soir d'une rupture d'anévrisme, âgé de presque quatre-vingts ans. Le domaine appartient depuis lors à son fils, l'amiral Philippe de Gaulle.

Le général et son épouse ainsi que leur fille Anne sont inhumés dans le petit cimetière communal. Son gendre, le général Alain de Boissieu, décédé en 2006, repose à côté de la tombe du général.


Depuis 1972, sur le territoire de la commune, se trouve le Mémorial Charles-de-Gaulle. Visible de très loin, une monumentale croix de Lorraine en granit de Bretagne s'élève[2], symbole de la France libre. Financée par souscription nationale, elle a été érigée du 4 avril au 6 mai 1972 sur la « Montagne » (397 mètres d'altitude), emplacement le plus élevé du village. Le monument, œuvre des architectes Marc Nebingen et Michel Mosser, a été inauguré par le Président de la République Georges Pompidou le 18 juin 1972, jour du trente-deuxième anniversaire du célèbre Appel à la Résistance lancé sur les ondes de la BBC par le général. Il mesure 44,30 mètres de haut pour 950 tonnes.

Politique

Administration

Colombey-les-Deux-Eglises est une municipalité créée en 1793 ; elle fait alors partie du district de Chaumont et du canton de Blaise. En 1801, elle est Colombey et passe dans le canton de Juzennecourt.

En 1972, elle absorbe Argentolles, Biernes, Blaise, Champcourt, Harricourt, Pratz et Lavilleneuve-aux-Fresnes.

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
1996 2001 Jean Raullet sans étiquette Conseiller général de la Haute-Marne
Vétérinaire
2001 en cours Pascal Babouot    
Toutes les données ne sont pas encore connues.

Tendances et résultats électoraux

Élections présidentielles (au 2(nd) tour de scrutin) 
Élections municipales 

Intercommunalité

La ville est jumelée avec Drapeau de la Suisse Assens (Suisse).

Urbanisme

Les 346 logements de la commune sont 335 logements individuels et il y a seulement 11 logements collectifs. Ce sont 325 résidences principales et il y a seulement 48 résidences secondaires, 2 logements occasionnels et 41 logements vacants d'après le recensement de 1999. Les résidences principales ont été construites en majorité avant 1949[5].

Démographie

Évolution démographique
(Source : INSEE[6])
1800 1851 1901 1911 1921 1946 1968 1975 1982 1990 1999 2006
583 805 572 486 361 312 391 713 688 660 650 678[7]
Nombre retenu à partir de 1962 : population sans doubles comptes

L'évolution démographique des communes qu'elle absorbe en 1972 présente des aspects curieux. Toutes ont connu un apogée de population vers la moitié du XIXe siècle et en 1968 en ont perdu entre la moitié et les trois-quarts. Ainsi Argentolles n'a plus que 33 habitants pour 109 en 1800 et 137 en 1841, Champcourt n'en a plus que 53 pour 185 en 1800 et 223 en 1841, Harricourt 61 pour 169 en 1800 et 215 en 1841, Pratz 27 pour 80 en 1800 et 83 en 1841, Biernes 55 pour 71 en 1800 et 93 en 1841, Blaise 110 pour 326 en 1800 et 388 en 1841. Le cas de Lavilleneuve-aux-Fresnes qui n'a plus que 29 habitants en 1968 est surprenant : 60 habitants en 1800, 83 en 1841 puis 345 en 1851 et 323 en 1886 pour revenir à 71 habitants et à nouveau 290 en 1872.

La commune comprend 284 actifs et 22 chômeurs. Les 284 actifs ayant un emploi sont 161 hommes et 123 femmes dont 210 sont salariés et 74 non salariés[5].

Économie

Agriculture

Certaines parcelles agricoles des anciennes communes de Champcourt ou de Harricourt pourraient prochainement entrer dans la zone de production des vins de Champagne[8].

Culture et patrimoine

Culture

Le Mémorial Charles de Gaulle, inauguré le 11 octobre 2008 par le Président de la République Nicolas Sarkozy et la Chancelière allemande Angela Merkel, est situé au pied de la Croix de Lorraine. Il retrace les grands événements historiques du vingtième siècle au travers de la vie de Charles de Gaulle.

Patrimoine civil

Patrimoine religieux

  • L'église de Blaise, dont le chœur et le transept sont inscrits au titre des Monuments historiques par arrêté du 23 décembre 1925[11] ;
  • L'église de Colombey-les-Deux-Églises, dont la travée précédant le chœur (avec ses bas-côtés) ainsi que le sanctuaire circulaire font l'objet d'un classement au titre des Monuments historiques par arrêté du 24 décembre 1913[12].

Services

Éducation

L'école élémentaire publique « Yvonne de Gaulle » et le collège « Colombey-les-Deux-Eglises » forment un groupe scolaire situé rue Pisseloup.

Vie locale

Culte

Colombey-les-Deux-Églises et ses communes environnantes font maintenant partie de la paroisse Saint-Bernard (soit les villages suivants : Autreville-sur-la-Renne, Lavilleneuve au Roi, St-Martin sur la Renne, Valdelancourt, Blaisy, Colombey les Deux Églises, Argentolles, Biernes, Blaise, Champcourt, Harricourt, Lavilleneuve aux Fresnes, Pratz, Curmont, Gillancourt, Juzennecourt, Lachapelle-en-Blaisy, Lamothe-en-Blaisy, Maranville, Montheries, Rennepont, Rizaucourt-Buchey, Sexfontaines, Vaudrémont soit 2715 habitants) qui est reliée au doyenné de Chateauvillain.

Les messes y sont célébrées le dimanche à 10h30 (un bulletin trimestriel est édité par le doyenné stipulant le lieu et les horaires ainsi que la rétrospective des mois précédents).


Personnalités liées à la commune

Galerie de photos

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Notes et références

  1. Source des informations de cet historique : Harmonies haut-marnaises
  2. La Croix de Lorraine posséde les caractéristiques suivantes : hauteur : 44,30 m. ; largeur des bras : 19,16 m. et 14,12 m. ; poids approximatif : 1 500 tonnes ; amplitude au sommet : 10 cm par grand vent (source musée)
  3. [1]
  4. [2]
  5. a et b Recensement de la population française - mars 1999
  6. Colombey-les-Deux-Églises sur le site de l'Insee
  7. Population municipale au 1er janvier 2006, consulté le 13 janvier 2009
  8. www.maisons-champagne.com
  9. Notice no PA52000023, sur la base Mérimée, ministère de la Culture
  10. Notice no PA00079038, sur la base Mérimée, ministère de la Culture
  11. Notice no PA00079040, sur la base Mérimée, ministère de la Culture
  12. Notice no PA00079039, sur la base Mérimée, ministère de la Culture

Voir aussi

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Articles connexes

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