Collégiale Saint-Tugal de Laval


Collégiale Saint-Tugal de Laval
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La collégiale Saint-Tugal de Laval était située à Laval en Mayenne. Elle était liée à la paroisse Saint-Tugal de Laval. La collégiale fut démolie en 1798. Lors du rétablissement du culte en 1800, il ne pouvait être aucunement question ni du rétablissement du chapitre ni de celui de la paroisse de Saint-Tugal qui se trouva réuni tout naturellement à celle de la Trinité[1].

Sommaire

Histoire

Chapelains du XIe siècle

En 1170, Guy V de Laval, sire de Laval, avait dans son château deux chapelains nommés Guyomard et Ruello. Il paraît que les offices qu'ils exerçaient étaient dès cette époque des bénéfices en règle. Les chapelains des seigneurs n'étaient pas alors chargés seulement de célébrer la sainte messe ; ils chantaient aussi les heures canonicales auxquelles il était généralement d'usage d'assister. Les chapelains du château de Laval exerçaient même les fonctions curiales à l'égard du seigneur et de sa famille.

Collégiale

Guy V, voulant que le service divin se fit avec plus d'éclat et de régularité, fonda dans sa chapelle une collégiale composée de douze prébendes. L'évêque du Mans, Guillaume de Passavent approuva cette fondation par un décret du 17 juillet 1170. Ce décret énumère les biens donnés par le fondateur, et qui semblent d'une valeur assez minime, même pour le temps de la fondation. Nous verrons plus tard, au XVIIIe siècle, quels développements ces faibles commencements auront pris. Guillaume de Passavant, dans le décret dont nous parlons, réserve pour lui et pour ses successeurs, une des douze prébendes; clause qui a toujours été exécutée et en vertu de laquelle l'évêque du Mans fut toujours considéré comme premier chanoine du chapitre. Il ordonne encore que, parmi les chanoines, il y aura cinq prêtres pour succéder à Guyomard, Ruello, anciens chapelain et à Jean le Roux, (Joannis Rufi), Guy de Raffé et Benoît. Ces trois derniers devaient être déjà en possession de leurs prébendes, comme les deux autres: ce qui fait voir que déjà la fondation était exécutée et le chapitre en exercice, avant le décret d'approbation.

La fondation du chapitre fut confirmée par une bulle du pape Lucius III, du 9 juin 1183. Treize ans s'étaient déjà écoulés depuis l'approbation de l'évêque du Mans, et avaient amené, à ce qu'il paraît, plusieurs modifications. La bulle donne au chapitre le nom de Chapitre de l'Église de Sainte-Marie du château de Laval; elle exprime des revenus déjà plus considérables que ceux mentionnés par le décret de 1170.

Entre autres elle parle de la dîme de toute la Coutume de sel, de celle de tout le minage, de la dîme Exartorii ; etc.[2]. Le chapitre avait en outre le patronage de plusieurs églises et les dîmes qui y étaient attachées. Enfin la bulle lui attribue Donationem regiminis scholarum urbis Lavalli, qui paraît être le droit de nommer les maîtres d'école, plutôt que la direction de l'enseignement. La chapelle du chapitre existe encore au château de Laval[3].

Reliques de Saint-Tugal

Dans cette chapelle on conservait avec vénération les reliques de Saint-Tugal, Évêque de Tréguier, qui avaient été apportées à Laval dans le IXe siècle. Les chroniqueurs placent cette translation en l'année 870 ou 878[4]. Une légende de l'office du saint, qui était propre au chapitre de Laval, disait qu'un Évêque de Tréguier nommé Gorennan, fuyant devant une invasion de Normands et emportant avec lui le corps de son saint prédécesseur, était venu se réfugier à Laval, où il avait reçu un si bon accueil, que, pour témoigner aux habitants sa reconnaissance, il leur laissa la plus grande partie de la précieuse relique. Une vieille tradition consignée par Jacques Le Blanc de La Vignolle, dans son Mémoire sur la ville de Laval, rapporte différemment la manière dont Laval s'était enrichie de ces reliques. Ce qui est certain, c'est que la plus forte portion du corps de Saint-Tugal est depuis bien des siècles conservée à Laval[5].

Notre-Dame du Bourg-Chevreau

En 1208, Guy VI de Laval, sire de Laval, approuva et confirma tant pour lui que pour ses successeurs, les donations que son père avait faites au chapitre de Notre-Dame du château. Nous trouvons cette particularité dans plusieurs mémoires qui sont parmi les manuscrits de M. La Bérangerie. Ils ajoutent que vers la même époque, les chanoines sortirent du château et s'établirent dans l'église de Notre-Dame du Bourg-Chevreau. Cette église avait été commencée en 1046 par Guy II de Laval. Les reliques de Saint-Tugal furent laissées dans la chapelle du château, à laquelle un chapelain resta attaché. Des chapelains furent aussi, fort anciennement attachés au chapitre, sans qu'on puisse en indiquer l'époque précise. Ils existaient antérieurement à 1253; au XVe siècle, ils étaient au nombre de cinq. Il y avait des fondations particulières pour eux, et leurs bénéfices n'étaient point comptés parmi les biens du chapitre [6].

Au XVe siècle, les seigneurs de Laval accrurent et enrichirent beaucoup le chapitre par leurs libéralités. En 1402, Guy XII de Laval et Jeanne de Laval son épouse lui donnèrent une rente de 100 livres tournois pour le chant des heures canoniales qui jusqu'alors n'avait pas été complet. Ils établirent que désormais une prébende serait affectée à un maître de psalette.

Peu d'années après, les reliques de Saint-Tugal furent transférées de la chapelle du château à l'église de Notre-Dame du Bourg-Chevreau. Un décret de 1407 ne donne pas au chapitre d'autre nom que celui d'église collégiale de Saint-Tugal ; ce qui indique que les reliques y étaient transférées à cette époque, les chanoines n'ayant pu recevoir ce nom qu'après la translation[7]

Église de Saint-Tugal

On reconstruisit aussi l'église, qui prit dès lors le nom du saint Évêque de Tréguier. Les travaux furent conduits lentement, abandonnés et repris plusieurs fois; car Guy XIV de Laval mort en 1484[8]; donna par son testament une somme annuelle de 2 000 livres tournois pour être employée aux travaux, jusqu'à parfait achèvement. Le Blanc de La Vignolle dit que les voûtes du chœur avaient été terminées en 1470 et que la reine de Sicile, Jeanne de Laval, femme de René Ier d'Anjou, avait fait construire ce bâtiment resté inachevé, nommé vulgairement l'Édifice et dont il existe encore maintenant des portions.

Un mémoire de 1746 qui est parmi les pièces de M. La Bérangerie porte que l'édifice fut construit par les ordres de la comtesse Anne de Laval à qui le Pape Nicolas V, par une bulle du 13 juillet 1447, permit d'employer à cet usage une somme que son grand-père maternel Jean de Laval avait laissée pour agrandir l'église de Montsûrs, ce qui était devenu inutile, le chapitre établi en cette église ayant été supprimé[9]. En 1444 le chapitre de Saint-Tugal fut considérablement accru par la réunion qui y fut faite du chapitre des Trois-Maries de Montsûrs, et il prit une grande importance par la création d'un doyen, qui lui fut donné pour chef.

Cette nouvelle organisation fut approuvée par une bulle du Pape Eugène IV, le 13 octobre 1445. La comtesse Anne qui avait opéré la réunion des deux chapitres de Laval et de Montsûrs, et commencé les nouvelles constructions appelées L'édifice, donna pour les reliques de Saint-Tugal une châsse d'argent massif, et fît faire au chevet de l'église une grande vitre, fort admirée autrefois, et dans laquelle on l'avait représentée à genoux.

Doyens et chanoines

Si les doyens de Saint-Tugal avaient surtout dans les commencements un revenu bien supérieur à celui des chanoines, leur autorité se réduisait à peu de chose ; ils n'avaient aucune juridiction sur le chapitre et se trouvaient obligés de suivre en tout l'avis de la majorité, n'ayant point voix prépondérante dans les délibérations. Ils ne présidaient point au chœur et n'officiaient pas quand ils le voulaient ; ces droits appartenant au semainier, le doyen n'en jouissait anciennement que quand il faisait sa semaine. Plusieurs doyens la faisaient à leur tour, d'autres ne voulaient pas s'y astreindre. On les invitait à officier aux grandes fêtes ; mais ils n'aimaient pas ces invitations, prétendant avoir droit par eux-mêmes. Dans le XVIIe siècle les chanoines rédigèrent une consultation pour demander quelles étaient les règles générales dont ils pourraient faire l'application à leur chapitre [10]

Saint-Martin d'Andouillé

Pendant plus de deux siècles, les doyens de Saint-Tugal eurent seuls la qualité et les revenus de curés d'Andouillé, et n'y avaient que des vicaires amovibles. Ils n'y exerçaient probablement jamais leurs fonctions, et n'y allaient sans doute même pas. Peut-être affermaient-ils la cure aux vicaires.

Article détaillé : église d'Andouillé.

Ce mode vicieux d'administration si opposé aux canons de l'église, ne fut changé que par un décret de M. De Lavardin, évêque du Mans, au 3 juillet 1666, qui établit à Andouillé un curé, vicaire perpétuel, en conservant au doyen de Saint-Tugal la qualité et les prérogatives de curé primitif, ainsi que les droits de patronage et de présentation de la cure [11]. Il est certain qu'il s'éleva entre eux de graves contestations, et qu'en 1718 il y avait un procès pendant en parlement entre Jean Desmares, doyen de Saint-Tugal, et Charles Heaulmé, curé d'Andouillé. Quelques années après, un nouveau procès s'éleva entre M. Gaultier de la Ville Audray, doyen de Saint-Tugal et M. Benoît, curé d'Andouillé.

Dignité de Chantre

Guy XV de Laval, voulant donner plus d'éclat au chapitre de Saint-Tugal, obtint du cardinal de la Balue[12], légat en France, une bulle datée de Tours, du 13 février 1484, qui unissait à la prébende dont jouissait alors Mathieu Sauquet, les deux bénéfices connus sous le nom de chapelles des château de Laval et de La Gravelle, le premier chargé de quatre messes à célébrer par semaine au château de Laval, le deuxième de trois messes par semaine qui devaient être dites à la prison. L'union de ces trois bénéfices devait faire la dotation d'une dignité de chantre, semblable à celle de la cathédrale du Mans.

La bulle fut fulminée par l'official du Mans, le 22 août 1485, et présentée le 28 novembre suivant au chapitre qui fit difficulté de la recevoir, parce qu'il avait éprouvé, à son grand dommage combien la dignité de doyen lui avait causé de discussions et de procès[13],[14]. Mathieu Sauquet ayant accepté ces conditions, le comte de Laval approuva et confirma le tout le 3 décembre, en présence de Nicolas de Laval, seigneur de la Roche-Bernard son neveu, futur Guy XVI de Laval, et aussi en présence de l'abbé de Clermont, des prieurs de Sainte-Catherine et d'Olivet, de René, seigneur de Feschal, d'Ambroise Cornilleau et de plusieurs autres. Mathieu Sauquet fut installé le 28 décembre 1484. Le chapitre fit faire un bâton d'argent duré pour marque de sa dignité aux fêtes solennelles ; Mathieu Sauquet paya dix livres et obligea tons ses successeurs à payer la même somme au chapitre pour l'indemniser de cette dépense.

En 1607, une prébende fut unie à la principauté du collège par transaction avec la duchesse de la Trémoille, mère et tutrice du seigneur de Laval. Jean-Baptiste Frin, chanoine reçu en 1754, étant mort le 9 octobre 1786, sa prébende qui était celle à laquelle nommait le chapitre fut réunie, à dater du 15 janvier 1787, à la sacristie. Ce qui ne veut pas dire que le revenu en fut donné au chapelain sacristain ; mais qu'il fut consacré aux frais du culte et du service divin.

Chapitre de Saint-Tugal

Composition du chapitre

À dater de cette époque, voici quelle était la composition du chapitre, dans lequel, comme nous l'avons vu ci-dessus il y avait 18 prébendes[15]. En conséquence le chœur se composait de deux dignitaires, le doyen et le chantre, et de douze simples chanoines, total quatorze membres. Le bas chœur se composait de cinq chapelains prêtres, dont le premier était curé de la paroisse de Saint-Tugal, le second était le sacristain du chapitre, les trois autres portaient les titres de chapelains du Clos-Doucet, des Gennettais et des Lignardières. Il paraît qu'ils remplissaient diverses fonctions, comme celles de diacre et de sous-diacre, et devaient assister à tous les offices [16].

Le seigneur de Laval avait la collation pleine et entière de la dignité de chantre et des douze prébendes de simples chanoines. Il présentait à la dignité de doyen, mais l'évêque s'en était réservé la collation. Le chapitre avait la nomination du principal du collège, sur la présentation de trois candidats que lui faisaient les habitants ; il nommait aussi son maître de chapelle; avant 1787 il nommait à une prébende réunie alors à la sacristie ; il était donc censé avoir la nomination à trois prébendes. Il avait la présentation de la cure de Saint-Tugal, mais la collation en appartenait à l'Évêque. Enfin il conférait de plein droit les quatre autres chapelles du bas chœur [17]

Position

Saint-Tugal n'était point un chapitre royal; il n'était pas très riche, et ses prébendes étaient moins productives que celles de Saint-Michel de Laval ; cependant c'était un corps distingué et dont on tenait, à honneur de faire partie. Il jouissait du titre de chapitre de l'insigne église de Saint-Tugal. Le doyen et le chantre partaient la soutane rouge dans les cérémonies[18] ; ce qui ne se voyait guère que dans les chapitres de fondation royale.

Personnages célèbres

Parmi les pièces de M. La Bérangerie il y a deux états de tous les membres du chapitre, l'un est en forme de tableau par ordre de succession à chaque prébende et dignité, l'autre est une liste alphabétique. Par ces deux états qui remontent à la fin du XIVe siècle, on voit que la collégiale a compté dans son sein des hommes appartenant aux familles les plus distinguées des environs de Laval, des De Feschal, des d'Averton, des d'Argentré, des Du Bouchet.

Mais ces tableaux présentent encore des noms bien plus illustres :

Plusieurs membres du chapitre furent élevés à l'épiscopat :

On peut compter aussi comme une illustration pour le chapitre qu'un de ses doyens ait été membre de l'Académie française. Il s'agit de Daniel Hay du Chastelet, abbé de Chambon qui fut doyen pendant cinquante ans, de 1621 à 1671. Il fut reçu à l'Académie en 1634, et y fut remplacé par le grand Bossuet.

Doyens

Chantres

Cures

Nécropole des comtes et de la famille de Laval

Sépulture des seigneurs de Laval

Les seigneurs de Laval avaient une affection marquée pour l'église et le chapitre de Saint-Tugal, ceci après l'abbaye de Clermont, qui fut leur premier lieu de sépulture [19]

Jusqu'ici nous voyons que tous les seigneurs de Laval, depuis qu'ils avaient le titre de comte (Voir: Comté de Laval), avaient eu leur sépulture à Saint-Tugal. Il n'en fut pas ainsi pour Guy XX de Laval, où seul son cœur fut conservé à Saint-Tugal.

Le comté de Laval passa entre les mains des seigneurs de la Trémoille. Aucun d'eux n'a jamais habité Laval, et n'y a choisi sa sépulture.

Les caveaux

Il y avait dans le chœur de Saint-Tugal deux caveaux, servant à la sépulture des seigneurs, l'un situé au milieu, l'autre vers le haut du côté du midi, sous les stalles. Ils furent tous les deux ouverts dans XVIIIe siècle. Une note assez étendue, qui est parmi les pièces de M. La Bérangerie, rend compte de ces opérations. Le plus petit caveau, qui était au haut du chœur, fut ouvert vers 1740 lorsqu'on démolit le maîtres-autel, et deux petits autels qui étaient à ses côtés. On y trouva, entre autres choses, un cercueil dé plomb qui renferme le corps d'une femme habillée en religieuse[21] La note s'étend bien davantage sur l'ouverture de l'autre caveau, qui eut lieu le 17 août 1761. Ce caveau contenait six cercueils et une boîte de plomb en cœur endommagés et troués en divers endroits par vétusté[22]

Trois de ces cercueils portaient des inscriptions copiées par le rédacteur, et desquelles il résulte qu'ils renfermaient les corps d'Anne de Montmorency, de Guy XVII, de Guyonne de Laval[23]. La boîte portait une inscription constatant qu'elle renfermait le cœur de Guy XX[24].

En 1834, on construisit le bâtiment où est située au XIXe siècle la bibliothèque de la ville de Laval, et qui a servi d'abord quelques années à une école d'enseignement mutuel. Il est précisément sur l'emplacement où se trouvait l'église de Saint-Tugal, et qui servait depuis sa démolition de place publique. En creusant les fondements du mur de la façade, les ouvriers ouvrirent, le 6 mars, un petit caveau, dans lequel il y avait un cercueil de plomb posé sur deux treteaux de fer, et entouré de plusieurs pots de terre commune, semblable à celle de Thévalles, dans le fonds desquels il y avait un résidu de cendres et de charbons. Dans le cercueil, il y avait des os bien conservés[25] Quoique ce cercueil ne portât pas d'inscription, pour Isidore Boullier, le corps qu'il renfermait était celui de la comtesse Anne, inhumée à Saint-Tugal en 1465[26] Quant au grand caveau qui contenait six cercueils en 1761, Isidore Boullier ne croit pas qu'il ait été ouvert depuis la Révolution française.

Inhumations

Il y avait encore eu quelques individus inhumés dans l'église de Saint-Tugal, mais il n'y avait aucun monument remarquable sur leurs fosses. On y voyait les épitaphes d'Ambroise Aury et de Guillaume Lebreton, chanoines, morts le premier en 1548 et le second en 1618, après avoir fondé divers services.

Notes et références

  1. Les reliques de Saint-Tugal avaient été soustraites par des personnes favorables à la religion quand on s'était emparé de la châsse ainsi que du reste de l'argenterie. Ce précieux dépôt fut remis à l'église de la Trinité après que l'identité en eut été valablement constatée.
  2. Les bornes que nous nous prescrivons ne nous permettent pas d'entrer dans des explications qui seraient peut-être utiles sur la nature des droits exprimés ici. Nous nous bornerons à dire que le mot exartorium signifie probablement défrichement et se rapporte alors à un droit énonce dans le décret de Guillaume de Passavent. Ce mot ne se trouve pas dans le Glossaire de Du Cange, mais on y trouve exarius, exartari et autres qui ont rapport à la signification que nous indiquons.
  3. Ses piliers formant comme deux nefs, et ses voûtes indiquent qu'elle fut construite dans le XIIe siècle. Il est certain qu'elle était dédiée à la Sainte-Vierge.
  4. Vies des Saints de Bretagne, Dom Lobineau, donnée par M. Tresvaux, t.I., p. 187. Charles Maucourt de Bourjolly, liv. I, chapitre 8 (ancienne rédaction). Jacques Le Blanc de La Vignolle, Mémoire sur la ville de Laval.
  5. Le chef de Saint-Tugal resta à Chartres. D'autres parties de ses ossements furent partagées entre la collégiale de Crépy-en-Valois et la ville de Château-Landon.
  6. Nous donnerons parmi les chartes et documents plusieurs pièces concernant les commencements du chapitre. D'autres seront analysées plus tard, quand nous parlerons des contestations qui s'élevaient entre le chapitre et les curés de la Trinité. Nous nous bornerons à remarquer ici que l'une d'elles est le litre de l'établissement d'une cure annexée au chapitre et qu'à dater de l'époque où fut rendu le décret qui la constitua, cette cure fut toujours desservie par un des chapelains.
  7. C'est donc une erreur d'André René Le Paige de l'avoir fixée à 1416. Dom Colomb commet la même faute et fait de plus une grave erreur en disant que Notre-Dame du Bourg-Chevreau n'était précédemment qu'une simple chapelle desservie par cinq chapelains dont un était curé. Il oublie qu'outre ces chapelains qui n'étaient qu'un accessoire, il y avait un chapitre qui était le principal.
  8. II mourut à Châteaubriant ou il passa les dernières années de sa vie; mais il fut enterré dans l'église de Saint-Tugal, par le cardinal Philippe de Luxembourg, évêque du Mans.
  9. Selon le même mémoire, l'Édifice devait faire partie d'un grand plan, dans lequel l'église de Saint-Tugal aurait été complètement changée. Ou avait commencé à élever une tour pour servir de clocher.
  10. Cette consultation existe encore dans les pièces de M. La Bérangerie, et c'est elle qui nous apprend les particularités que nous donnons ici. On ne voit point à qui elle était adressée, et nous ignorons s'il y fut répondu. Plus tard il fut sinon fait un règlement, du moins adopté des usages fixes sur les droits du doyen. Un mémoire de 1746 dit qu'il officie à toutes les fêtes annuelles et presque à toutes celles dont l'office est solennel majeur et qu'il n'est jamais de semaine. Le même mémoire dit positivement que toute la juridiction réside dans le chapitre entier, qui l'exerce sur tous les membres du haut et du bas chœur. C'est au chapitre entier qu'on s'adresse pour les enterrements, c'est un chanoine suivant l'ordre du tableau qui fait la sépulture.
  11. Isidore Boullier ignore comment les droits respectifs de l'un et de l'autre furent réglés
  12. Deux des mémoires sur Saint-Tugal attribuent à tort une bulle au cardinal Julien de la Hovère, légat avant le cardinal Balue.
  13. Ce sont les propres expressions d'une notice qui est dans les pièces de M. La Bérangerie. Isidore Boullier ne connaît pas autrement les contestations auxquelles avait donné lieu l'établissement d'un doyen.
  14. Il mit pour condition que le chantre n'aurait aucune juridiction sur le haut ni sur le bas chœur, qu'il n'aurait droit d'imposer d'autres peines que celles que le chapitre aurait ordonnées pour les défauts du chant, et qu'il devrait se borner à faire son rapport des fautes qui seraient commises, afin que le chapitre y remédiât selon les statuts. Il fut convenu qu'il présiderait le chapitre en l'absence du doyen, après lequel il devait prendre rang aux processions et au chœur vis-à-vis du plus ancien chanoine ; qu'enfin il exercerait son office aux fêtes solennelles, et que, s'il était absent, le chapitre commettrait un chanoine pour le remplacer.
  15. La 1re prébende appartenait à l'évêque du Mans. La 2e au doyen. La 3e au chantre. Une 4e servait à payer le maître de psalette. Une 5e appartenait au principal du collège. Une 6e était consacrée aux frais de la sacristie. Les douze autres prébendes étaient possédés par douze chanoines.
  16. II y avait aussi dans l'église plusieurs chapelles on bénéfices simples, une chapelle de Parné, une de la Magdelaine, deux de Beuzelin, une d'Erval, etc. Il y avait encore une chapelle de l'Orgue, fondée en 1356; le titulaire devait toucher l'orgue et célébrer deux messes par semaine. Il y avait aussi une chapelle de Diacre et une de Sous-Diacre fondées toutes les deux en 1450. Isidore Boullier indique qu'il ne sait pas comment ces chapelles étaient desservies ; peut-être étaient-elles réunies dans les derniers temps à quelques-unes des cinq chapelles dont les titulaires avaient rang dans le chœur; peut-être le revenu de la chapelle de l'orgue payait-il les gages de l'organiste.
  17. Les serviteurs de l'église se composaient ainsi qu'il suit en 1790 : 1° Un maître de psalette qui avait 850 livres de gages, 2° Un organiste, 200 livres, 3° Quatre psalleurs, 300 livres chacun, 4° Un sonneur, 150 livres et une maison valant 120 livres de ferme, 5° Un premier bedeau, qui en vertu de sa place, était en même temps sergent du comté, 34 livres, 6° Un second bedeau, 26 livres, 7° Quatre enfans de chœur. Total treize personnes. Les deux bedeaux portaient la robe d'huissiers andienciers ; le premier avait une masse d'argent, le second une baleine.
  18. Ce fut seulement en 1760 qu'ils reçurent cette marque de distinction. Dans le décret d'union du chapitre de Montsùrs, il avait été stipulé que la comtesse de Laval donnait aux deux corps réunis les mêmes prérogatives qu'au chapitre de la Magdelaine de Vitré, à l'exception de la robe rouge que doit porter le trésorier de la Magdelaine et que la comtesse ne donnera au doyen de Saint-Tugal que quand elle le jugera à propos. La duchesse de la Trémoille, dame de Laval et de Vitré voulut enfin que Saint-Tugal jouit de celle prérogative, Quarante ans auparavant, son mari avait forcé le trésorier de la Magdelaine de Vitré à reprendre la soutane rouge qu'il négligeait de porter. Il l'avait menacé, s'il le refusait, de cesser de lui payer une rente de dix écus d'or qu'il lui devait. Ces particularités sont dans les notes de René Pichot de la Graverie. Recueil de Sentences, t. VI., p. 844.
  19. Charles Maucourt de Bourjolly indique qu'avant Anne de Laval, aucun des seigneurs de Laval n'avait été inhumé à Saint-Tugal. Mais il est constant qu'au moins un membre de leur famille avait déjà sa sépulture dans cette église, il s'agit de Jean de Laval.
  20. C'était pour le repos de son âme que son mari avait fondé une messe qui se disait tous les jours à Saint-Tugal, et qu'on appelait vulgairement la messe de Madame.
  21. Voilà tout ce que porte la note…
  22. Les mots de plomb s'appliquent-ils aux cercueils, aussi bien qu'à la boîte?
  23. L'inscription est textuellement conforme à celle citée dans L'Art de vérifier les dates.
  24. Il en résulte de ce qui précède que les deux caveaux ne contenaient que sept cercueils. Cependant nous voyons que, outre Jean de Laval, seigneur de Châtillon, il avait été inhumé neuf membres de la famille de Laval à Saint-Tugal, depuis 1465. Il faut donc supposer que deux de ces hauts personnages avaient été mis dans de simples fosses, ou que deux des cercueils contenaient chacun deux corps.
  25. Isidore Boullier indique qu'il ignore ce qu'on'fit de ces restes, il paraît qu'ils furent portés dans le cimetière. Il paraît certain pour lui que le caveau dont il s'agit ici est celui qui avait été ouvert en 1740, et dans lequel on avait trouvé un cercueil de plomb renfermant les restes d'une femme habillée en religieuse. La position est bien la même. Il est fâcheux seulement que la note rédigée en 1834 ne dise pas si parmi les ossements on ne découvrait pas encore des restes d'habillements ressemblant à ceux d'une religieuse.
  26. Aucun autre membre de sa famille n'ayant encore été placé dans ce lieu, on fit sans doute faire ce petit caveau exprès pour elle. L'habillement religieux dont elle était revêtue sert à la confirmer.

Voir aussi

Source

  • Mémorial de la Mayenne, Godbert, Laval, 1845, p. 168-188.

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