Collioure


Collioure
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42° 31′ 36″ N 3° 04′ 53″ E / 42.5266666667, 3.08138888889

Collioure
Partie nord de Collioure
Partie nord de Collioure
Armoiries
Détail
Administration
Pays France
Région Languedoc-Roussillon
Département Pyrénées-Orientales
Arrondissement Céret
Canton Côte Vermeille
Code commune 66053
Code postal 66190
Maire
Mandat en cours
Michel Moly
2008-2014
Intercommunalité Communauté de communes de la Côte Vermeille
Démographie
Population 2 937 hab. (2008)
Densité 226 hab./km²
Gentilé Colliourencs, Colliourencques
Géographie
Coordonnées 42° 31′ 36″ Nord
       3° 04′ 53″ Est
/ 42.5266666667, 3.08138888889
Altitudes mini. 0 m — maxi. 655 m
Superficie 13,02 km2

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Collioure, en catalan Cotlliure, est une commune française, située au bord de la mer Méditerranée sur la Côte Vermeille, à 20 kilomètres de l’Espagne. Collioure se situe dans le département des Pyrénées-Orientales et dans la région Languedoc-Roussillon.

Ses habitants sont appelés les Colliourencs.

Sommaire

Géographie

Ville touristique du Roussillon située sur la Côte Vermeille, Collioure (en catalan Cotlliure) a pour communes limitrophes : Argelès-sur-Mer, Banyuls-sur-Mer et Port-Vendres. Ancien village de pêcheurs, renommé pour ses anchois, Collioure est également prisée des artistes peintres (Derain, Georges Braque, Othon Friesz, Matisse ...) qui se plaisent à immortaliser son château royal, ses ruelles et son église pittoresque accolée à un clocher bâti sur une ancienne tour de guet médiévale.

Collioure est un port de commerce et une station balnéaire.

Accès

Hydrographie

Géologie

Toponymie

En catalan, le nom de la commune est Cotlliure[réf. nécessaire].

Histoire

Château royal de Collioure

Le site de Collioure était déjà occupé par les hommes préhistoriques, si l’on en croit les divers dolmens recensés : près du hameau du Rimbau (assez bien conservé) au col del Molló (ruiné) et sans doute au lieu-dit l’Arqueta.

Moyen Âge

Son château est déjà cité en 673, preuve du rôle stratégique et commercial tenu par la cité à l’époque wisigothique.

Le château et la ville appartiennent ensuite aux comtes de Roussillon, puis aux divers rois qui se succèdent en Roussillon : rois d’Aragon de 1172 à 1276, puis rois de Majorque jusqu’en 1343, avant de revenir aux rois d’Aragon. Sous le règne des rois de Majorque, le château, entièrement renconstruit entre 1242 et 1280 au détriment d’une maison templière qui lui était accolée, devint résidence royale, la ville étant pour sa part le premier port du Roussillon. Le commerce, surtout au temps des rois d’Aragon, y était intense : on exportait notamment des draps, de l’huile et du vin, et l’on importait des épices, des tissus orientaux et d’autres produits exotiques.

Après le mariage des Rois catholiques, Ferdinand V d’Aragon et Isabelle Ire de Castille, Collioure et le Roussillon tout entier passèrent sous la domination de la monarchie espagnole, sans qu’il y ait fusion centralisatrice.

La province fut occupée de 1475 à 1481 par le roi de France Louis XI, qui fit bâtir des fortifications à Collioure, rebaptisée Saint-Michel, fortifications aujourd’hui dissimulées par les constructions postérieures. Son successeur, Charles VIII, rendit le Roussillon à Ferdinand le Catholique, dont le successeur l’empereur Charles Quint renforça les fortifications de la ville. L'Empereur décida la construction du Fort Saint Elme destiné à protéger les ances de Collioure et de Port-Vendres. Ce chateau est l'une des plus importante forteresse de l'Empire en France. Point de vue exceptionnel, c'est aussi un remarquable musée sur la Renaissance avec armes, armures, canons...

Époque moderne

En 1643, la ville fut prise par les armées du très jeune Louis XIV, alors âgé de 5 ans, avant d’être annexée officiellement à la France en 1659 par le traité des Pyrénées. Son rôle stratégique fut redéfini par Vauban, qui voulant en faire une ville de garnison, rasa la vieille ville pour accroître le château, et réaménagea les forts — Saint-Elme et le Mirador (anciennement Fort Saint Thèrése). La population, menacée de déportation à Port-Vendres, obtint de reconstruire la ville à son emplacement actuel. L’église, dotée d’un clocher aménagé dans une ancienne tour de guet de l’époque majorquine, fut consacrée au début du XVIIIe siècle.

Révolution française

Au début de la Révolution (entre 1790 et 1794), Collioure annexe la commune éphémère de Fort-Saint-Elme[1].

En 1793, la ville fut occupée pour les uns, libérée pour les autres, par les troupes espagnoles, et reprise par le général Dugommier en mai 1794 après des combats très durs contre les troupes espagnoles et loyalistes au roi de france (Légopn de la Reine).

Époque contemporaine

En 1822, une partie du territoire de Collioure est détachée pour former, avec une partie de Banyuls-sur-Mer, la nouvelle commune de Port-Vendres[1].

Tout au long du XIXe siècle, on note un important essor économique lié à l’expansion de la pêche succès des anchois de Collioure et à la production viticole. Ce progrès s’essouffle cependant au début du XXe siècle : après un maximum de 3 846 habitants en 1857, on tombe à 2 830 habitants en 1901, soit une perte de 1 000 habitants en une cinquantaine d’années. Le développement de Port-Vendres y est sans doute pour beaucoup.

En 1939, avec la défaite du camp républicain durant la guerre d'Espagne, des centaines de milliers d’Espagnols se réfugient en France : c’est la Retirada. Les Républicains sont parqués dans des camps aux dimensions largement sous-évaluées ; ceux considérés comme les plus dangereux (certains communistes et anarchistes) sont internés au « camp spécial » de Collioure, installé au château et commandé par un ancien légionnaire. Près de 1000 hommes passent par ce camp, comparable à un bagne et où les prisonniers sont traités comme des sous-hommes, avant qu’il ne ferme en décembre 1939 et qu’ils ne soient transférés au camp du Vernet[2].

Culture

Rochers de Collioure, par Adolphe Appian (1890)

Mais, à cette époque, Collioure connaît un tournant essentiel, qui contribuera grandement à son développement touristique. C’est en effet en 1905 qu’Henri Matisse vient peindre à Collioure, où, en compagnie de André Derain, il crée le fauvisme. D’autres peintres suivront, notamment Albert Marquet, Juan Gris, Georges Braque, Picasso, Raoul Dufy, Foujita, Othon Friesz ...

Henri Matisse arrive à Collioure en mai 1905, quelques mois avant que le terme de « fauves » soit lancé par un critique d’art au salon d’automne. L’artiste a quitté Saint-Tropez et Paul Signac, bien décidé à en finir avec le pointillisme. Il invite le jeune André Derain à le rejoindre ; ce fut le départ d’une amitié et d’une collaboration féconde. Pour les deux peintres, l’été 1905 est un moment d’intense ouvrage et ils produisent énormément, en utilisant « les couleurs qui sortent du tube ». Tout dans le village les inspire : le port, le clocher, les toits et les coins des ruelles. Ils ont aussi produit six portraits et autoportraits.

L’hostellerie des Templiers a régalé une foule d’artistes (Picasso, Dufy, Signac, Maillol…). En témoignent les quelque deux mille œuvres d’art offertes aux propriétaires.

Le Chemin du fauvisme relie à travers les rues des reproductions de tableaux placées aux endroits mêmes où les maîtres de ce mouvement (Matisse, Derain) ont placé, jadis, leur chevalet.

Héraldique

Blason de Collioure

Les armes de Collioure se blasonnent ainsi : D'azur au château d’or, ouvert et ajouré du champ, maçonné de sable, soutenu d’une mer d'argent ombrée aussi d'azur.

Administration

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
1989 en cours Michel Moly[3] PS conseiller général
président de la Communauté de communes de la Côte Vermeille
vice-président du conseil général

Démographie

La population s’est aujourd’hui stabilisée entre 2 500 et 2 900 habitants permanents. L’été s’y ajoute le flot des dizaines de milliers de touristes qui visitent chaque année cette petite cité méditerranéenne.

Évolution démographique
Années 1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
Population 2050 1981 2655 3210 3272 3274 3263 3664 3507
Années 1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
Population 3846 3470 3651 3632 3585 3622 3707 3411 3321
Années 1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
Population 3940 3971 3137 3121 3103 3111 3018 2516 2587
Années 1962 1968 1975 1982 1990 1999 2006 2008 -
Population 2652 2525 2516 2527 2726 2763 2937 2937 -
Notes, sources, ... Population sans doubles comptes de 1962 à 1999 ; population municipale depuis 2006
Sources : Insee[4],[5], Ehess[1]
Courbe d’évolution démographique de Collioure depuis 1793

Lieux et monuments

Vue panoramique de l’église Notre-Dame-des-Anges
Église Notre-Dame-des-Anges de Collioure

Art religieux

L’église Notre-Dame-des-Anges, construite entre 1684 et 1691 dans un style gothique méridional. Elle est, avec son célèbre clocher, pratiquement entourée par la mer sur ses trois côtés.

Au départ, le clocher est un ancien phare médiéval, annonçant la position du port de Collioure par des fumées le jour et par des feux la nuit. À la fin du XVIIe siècle, l’église médiévale sur les hauteurs de Collioure fut rasée sur l’ordre de Vauban. Les consuls de Collioure obtinrent tout de même de Vauban l’autorisation de construire une nouvelle église sur les récifs qui ferment la passe. Cette église s’appuie alors contre le phare. Entre-temps, Vauban ne veut plus de port à Collioure, il préfère la baie en eau profonde de Port-Vendres. Du fait, Collioure n’a plus besoin d’un phare. Il devient dès lors le clocher de l’église. Mais, ce n’est que 100 ans plus tard, vers 1809, qu’une décision municipale est prise pour le couvrir d’une coupole en s’inspirant d’un modèle originaire de Toscane.

L’intérieur possède une collection de neuf retables sculptés en bois dorés. Le retable du maître-autel a été réalisé par Joseph Sunyer en 1698. Il prend la forme d’un grand triptyque de trois étages occupant tout l’arrière-chœur. Au centre figurent la Vierge de l’Assomption et au sommet le Père Éternel entre la Justice et la Charité. À gauche du chœur, un autre retable de Joseph Sunyer évoque le Saint-Sacrement.

Faisant l’objet de plusieurs restaurations extérieures et intérieure, l’église a vu son ancienne sacristie réhabilitée, pour accueillir le trésor. Ainsi sont visibles un meuble-vestiaire d’époque Louis XIII, des peintures du XVe siècle, un reliquaire du XVIe siècle, une Vierge du XVIIe siècle.

  • L'ancien couvent des Dominicains
  • Chapelle Saint-Vincent. Construite en 1701 l’arrivée des nouvelles reliques de saint Vincent, la chapelle était située à l’origine sur un îlot rocheux, avant que celui-ci ne soit relié à la terre ferme par une digue en 1876.
  • L’ermitage de Notre-Dame-de-Consolation, attenant à une chapelle ; religieux d’abord, laïc après la révolution.

Architecture militaire

Architecture civile

  • Jardin Gaston Pams
  • Musée d’Art moderne de Collioure dit « Musée Peské »

Vie locale

Éducation

Santé

Fêtes

Chaque année, les fêtes de la Saint Vincent se déroulent dans les rues de Collioure, du 14 au 18 août.

Historiquement, la procession sur mer du 16 août constituait l’événement majeur des fêtes. La première eut lieu le 16 août 1701, afin de célébrer l’arrivée dans la ville des reliques de Saint Vincent. Cette célébration eut alors lieu chaque année jusqu’à l’instauration de la loi de séparation de l’Église et de l’État en 1905. Depuis 2001 (à l’occasion du tricentenaire des fêtes), la procession sur mer a lieu à nouveau ; un feu d’artifice est tiré à l’occasion.

La ville est membre du l’Union des villes taurines françaises.

Sport

Personnalités liées à la commune

Jumelage

Images

Bibliographie

  • Certain, R., Le complexe conventuel des Dominicains de Collioure, Master 2 Histoire de l'Art, sous dir. J.-P. Caillet, Paris Ouest Nanterre La Défense, 2009.
  • Cortade, E., Le monastère des Dominicains de Collioure, 1290-1791, n°122, Conflent, 1983.
  • Mallet, G., Les cloîtres démontés de Perpignan et du Roussillon (XIIè-XIVè siècle), coll. "Perpignan, Archives, Histoires", VI, Perpignan, 2000.
  • Rohault de Fleury, G., Gallia Dominica, les couvents de saint Dominique au Moyen Age, Paris, 1903.

Notes et références

  1. a, b et c Ehess, notice communale de Collioure sur la base de données Cassini, consultée le 24 juillet 2010
  2. Monica Gruszka, « Collioure, prélude à l’infamie », À contretemps : bulletin de critique bibliographique, octobre 2005, consulté le 23 novembre 2010
  3. Préfecture des Pyrénées-Orientales, Liste des maires élus en 2008, consultée le 22 juillet 2010
  4. www.insee.fr
  5. Insee, Historique des populations par commune depuis le recensement de 1962 (fichier Excel), mis à jour en 2010, consulté le 21 juillet 2010
  6. Fondation Machado
  7. Chemin du Fauvisme

Voir aussi

Articles connexes

Liens externes

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