Col du Galibier


Col du Galibier
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Col du Galibier
Galibier.jpg
Le col du Galibier en arrivant par le nord
Altitude 2 642[1] m
Massif Massifs des Arves (ouest)
et des Cerces (est)
Latitude
Longitude
45° 03′ 50″ Nord
       6° 24′ 31″ Est
/ 45.063769, 6.408527
[1]45° 03′ 50″ N 6° 24′ 31″ E / 45.063769, 6.408527
Pays Drapeau de France France
Vallées Vallée de la Guisane
(sud)
Vallée de la Valloirette
(nord)
Ascension depuis
Col du Lautaret Valloire
Déclivité moy.
7,4 % 7 %
Déclivité max.
12,1 % 11,8 %
Kilométrage
8,5 km 18,1 km
Accès
D902 D902
Fermeture
hivernale
octobre-juin

Géolocalisation sur la carte : Savoie

(Voir situation sur carte : Savoie)
Col du Galibier

Géolocalisation sur la carte : France

(Voir situation sur carte : France)
Col du Galibier

Le col du Galibier est un col des Alpes françaises. Il relie Saint-Michel-de-Maurienne et Briançon via le col du Télégraphe au nord et le col du Lautaret au sud. Ce col est fermé l'hiver.

Il est situé entre le massif des Arves et le massif des Cerces, en particulier le chaînon du Galibier.

Sommaire

Les changements de tracé

Vue de l'entrée sud du tunnel et du chalet du Galibier.

La route du Galibier est construite à partir de 1880, et est achevée par le percement du tunnel sommital en 1891[2].

Cette route a par la suite subi de nombreux travaux, le tracé a été modifié à plusieurs reprises, avec pour résultat des appréciations différentes de la difficulté de ce col selon l'époque.

Avant 1976, le tunnel était le seul point de passage au sommet, à une altitude de 2 556 m. À cause de sa vétusté, le tunnel a été fermé en 1976. Un nouveau tracé a alors été construit, franchissant le col topographique et ajoutant sur chaque versant 1 km de route nouvelle à près de 10% de moyenne. Depuis 2002, le tunnel rénové est rouvert au trafic automobile, mais toujours interdit aux vélos qui doivent toujours franchir le vrai col et ne peuvent pas escamoter le dernier kilomètre, le plus dur de l'ascension (L'ouvrage a une longueur de 370 mètres pour une largeur de 4 mètres qui autorise seulement une circulation alternée par feux tricolores).

Le tracé de la route sur le versant sud était totalement différent jusqu'en 1947, date de la construction des tunnels paravalanches entre Briançon et le col du Lautaret. L'ancienne route était à l'est de la route actuelle et présentait une pente nettement plus forte (les six derniers kilomètres à presque 10 %)[3]. L'ancien et le nouveau tracé ne se croisent jamais avant le monument Henri Desgrange.

Sur son versant nord, la rampe de Bonnenuit, entre Valloire et le Plan Lachat, qui présentait une déclivité de 14%, a été adoucie par la création d'une longue boucle qui contourne le hameau, le long de la rivière, atténuant considérablement la difficulté du tronçon précédant le Plan Lachat.

Cyclisme

Profil

Le col est accessible depuis le versant nord ou le versant sud, celui-ci étant accessible par deux routes se rejoignant à quelques kilomètres du sommet.

Versant nord

Profil du versant nord depuis Saint-Michel-de-Maurienne.

Depuis Saint-Michel-de-Maurienne, la longueur de l'ascension est d'environ 34,5 km à 6,6 % de moyenne. Cela implique d’abord de grimper le col du Télégraphe soit 12 km à 7 %, puis de descendre sur Valloire avant d'entamer la montée vers le col du Galibier.

Dès le départ de Saint-Michel-de-Maurienne, on aperçoit déjà le fort du Télégraphe plus haut. On entre ensuite dans la commune de Saint-Martin-d'Arc, depuis la sortie de laquelle on domine déjà Saint-Michel-de-Maurienne. Les premiers kilomètres du col du Télégraphe affichent une déclivité de 8 % alors que l’ascension, après avoir traversé communes et hameaux pendant les trois premiers kilomètres, s’effectue maintenant dans la forêt. Plus tard, on laisse la route à gauche menant à Valmeinier et on continue tout droit vers le Télégraphe. La pente se radoucit une première fois avec 5,5 % au niveau d’un buste sur le côté gauche de la route. Les trois derniers kilomètres du col du Télégraphe ont une moyenne de 6,5 % selon un panneau indicateur rond, ce qui est moins dur que les premiers kilomètres. À 100 mètres du sommet du col du Télégraphe, on peut apprécier le panorama sur Saint-Michel-de-Maurienne, l’autoroute A43 et les petits villages plus élevés. Le sommet du col du Télégraphe, à 1 566 m d’altitude, est marqué par des panneaux d’information en bois et un restaurant, le Relais du Télégraphe. Le petit bémol du col du Télégraphe est sa forte circulation automobile, assez importante jusqu’à Valloire. Il faut ensuite descendre 5 km jusqu’à Valloire en traversant des petits hameaux.

À la sortie de Valloire, station située à environ 1 445 m d’altitude, il reste 17 km à 6,9 % jusqu’au col du Galibier. La sortie de la station présente une pente supérieure à 8 % mais, à la sortie du hameau des Verneys, 2 km plus loin, on trouve 2 km de replat où il est possible de rouler sur le grand plateau. On arrive au hameau de Bonnenuit et, jusqu’au lieu-dit « Plan Lachat », la déclivité est d'environ 5 à 8 % alors que l’on suit un petit ruisseau d’altitude. Le passage au Plan Lachat, à côté du bar, constitue un court replat dont il faut profiter car la suite s’annonce beaucoup plus dure. En effet, après le passage d'un petit pont, la route grimpe beaucoup plus nettement et il reste 8 km à 8,5 % de moyenne à effectuer alors que l’on dépasse peu après les 2 000 m d’altitude qui peuvent s'avérer être difficiles pour ceux qui ne sont pas habitués à la montagne. À partir de là, on entre dans un décor de verdure et de rochers sans aucun bâti sauf au niveau des granges du Galibier à 5 km du sommet.

Un kilomètre après le Plan Lachat, un panneau rond indique 9 % pour le kilomètre suivant. Les cyclistes enchaînent les lacets, il y a peu de répit sauf 1 km à 6,5 % plus tard. Alors qu’il reste 3 km à grimper, on aperçoit le sommet du col du Galibier dans les rochers. En été, il arrive qu’il y ait encore quelques congères de neige sur les côtés de la route. Certains passages paraissent proches de 10 %, notamment au passage des granges du Galibier ou sur certains lacets des ultimes kilomètres. À 1 km de l’arrivée, on arrive devant le tunnel du Galibier, à 2 556 m et on passe devant une auberge. Pour aller au col du Galibier, il ne faut pas emprunter ce tunnel mais prendre la route à gauche avec un dernier km à 8,6 % de moyenne. On arrive ainsi à 2 642 m d’altitude.

Versants sud-est et sud-ouest

L'accès par le sud comprend deux routes qui viennent l'une de Briançon, l'autre de Bourg d'Oisans et se rejoignent au col du Lautaret.

Par le versant sud-est, depuis Briançon, l'ascension totalise 37 km. Mais les 14 premiers kilomètres jusqu'au Monêtier offrent un quasi faux-plat, ne dépassant pas les 3 %. Les 14,5 km suivants jusqu'au col du Lautaret à 2 058 m d'altitude grimpent un peu plus mais cela reste modeste, avoisinant les 4 et 5 %. De là, il reste environ 8 km un peu plus difficiles notamment le dernier kilomètre à partir de la stèle dédiée à Henri Desgrange puisque ce dernier km est à 9 % de moyenne avec un passage à 12 %.

Il est également possible d'effectuer l'ascension par le versant sud-ouest, depuis Le Bourg-d'Oisans.

Passages du Tour de France

Panneau indicateur de l'altitude au col avec les « trophées » de certains cyclistes amateurs.

Indiqué à 2 645 m par la voirie, mais avec une altitude réelle de 2 642 m[1], le col est fréquemment le point le plus élevé du Tour de France, bien que dépassé en absolu par le col de la Bonette (2 802 m au sommet de la route faisant le tour de la cime de la Bonette), le col de l'Iseran (2 764 m) et le col Agnel (2 744 m).

Le col du Galibier a été franchi au total à 59 reprises par le Tour de France, dont 34 depuis 1947, ce qui en fait le col alpestre le plus souvent emprunté par l'épreuve, loin cependant derrière les plus grands cols pyrénéens, Tourmalet en tête avec 77 passages en 2011. Il est classé hors-catégorie depuis 1979. Son passage en 1996 a été neutralisé en raison de la neige[4]. En 2011, pour le centenaire du passage au sommet, les coureurs font l'ascension du col à deux reprises, par deux versants différents. La 18e étape offre même l'arrivée la plus haute de l'histoire de l'épreuve[5]. Elle dépasse celle réalisée lors de la 17e étape de l'édition 1986 au col du Granon (2 413 m), également situé dans la vallée de la Guisane.

Voici les coureurs qui ont franchi le col en tête[6] :

Année Coureur Cat.
1911 Drapeau de France Émile Georget (FRA) -
1912 Drapeau de France Eugène Christophe (FRA) -
1913 Drapeau de Belgique Marcel Buysse (BEL) -
1914 Drapeau de France Henri Pélissier (FRA) -
1919 Drapeau de France Honoré Barthélémy (FRA) -
1920 Drapeau de Belgique Firmin Lambot (BEL) -
1921 Drapeau de France Honoré Barthélémy (FRA) -
1922 Drapeau de Belgique Émile Masson (BEL) -
1923 Drapeau de France Henri Pélissier (FRA) -
1924 Drapeau d'Italie Bartolomeo Aimo (ITA) -
1925 Drapeau de Belgique Lucien Buysse (BEL) -
1926 Drapeau de Belgique Omer Huyse (BEL) -
1927 Drapeau de France Antonin Magne (FRA) -
1928 Drapeau de Belgique Auguste Verdyck (BEL) -
1929 Drapeau de Belgique Gaston Rebry (BEL) -
1930 Drapeau de France Pierre Magne (FRA) et
Drapeau de France Benoît Faure (FRA)
-
1931 Drapeau de Belgique Jef Demuysere (BEL) -
1932 Drapeau d'Italie Francesco Camusso (ITA) -
1933 Drapeau d'Espagne Vicente Trueba (ESP) -
1934 Drapeau d'Espagne Federico Ezquerra (ESP) -
1935 Drapeau de France Gabriel Ruozzi (FRA) -
1936 Drapeau d'Espagne Federico Ezquerra (ESP) -
1937 Drapeau d'Italie Gino Bartali (ITA) -
1938 Drapeau d'Italie Mario Vicini (ITA) -
1939 Drapeau de France Dante Gianello (FRA) -
Année Coureur Cat.
1947 Drapeau d'Italie Fermo Camellini (ITA) 1re
1948 Drapeau de France Lucien Teisseire (FRA) 2e
1952 Drapeau d'Italie Fausto Coppi (ITA) 1re
1954 Drapeau d'Espagne Federico Bahamontes (ESP) 1re
1955 Drapeau du Luxembourg Charly Gaul (LUX) 1re
1957 Drapeau de Belgique Marcel Janssens (BEL) 1re
1959 Drapeau du Luxembourg Charly Gaul (LUX) 2e
1964 Drapeau d'Espagne Federico Bahamontes (ESP) 1re
1966 Drapeau d'Espagne Julio Jiménez (ESP) 1re
1967 Drapeau d'Espagne Julio Jiménez (ESP) 1re
1969 Drapeau de Belgique Eddy Merckx (BEL) 1re
1972 Drapeau des Pays-Bas Joop Zoetemelk (NED) 1re
1973 Drapeau d'Espagne Luis Ocaña (ESP) 1re
1974 Drapeau d'Espagne Vicente López Carril (ESP) 1re
1979 Drapeau de Belgique Lucien Van Impe (BEL) HC
1980 Drapeau de Belgique Johan De Muynck (BEL) HC
1984 Drapeau de Colombie Francisco Rodríguez (COL) HC
1986 Drapeau de Colombie Luis Herrera (COL) HC
1987 Drapeau d'Espagne Pedro Muñoz (ESP) HC
1989 Drapeau des Pays-Bas Gert-Jan Theunisse (NED) HC
1992 Drapeau d'Italie Franco Chioccioli (ITA) HC
1993 Drapeau de Suisse Tony Rominger (SUI) HC
1996 Passage neutralisé HC
1998 Drapeau d'Italie Marco Pantani (ITA) HC
1999 Drapeau d'Espagne José Luis Arrieta (ESP) HC
Année Coureur Cat.
2000 Drapeau de France Pascal Hervé (FRA) HC
2002 Drapeau de Colombie Santiago Botero (COL) HC
2003 Drapeau d'Italie Stefano Garzelli (ITA) HC
2005 Drapeau du Kazakhstan Alexandre Vinokourov (KAZ) HC
2006 Drapeau du Danemark Michael Rasmussen (DEN) HC
2007 Drapeau de Colombie Mauricio Soler (COL) HC
2008 Drapeau d'Allemagne Stefan Schumacher (GER) HC
2011 Drapeau du Luxembourg Andy Schleck (LUX) HC
2011 (2) Drapeau du Luxembourg Andy Schleck (LUX) HC
Monument dédié à Henry Desgrange sur le versant sud, à 1 km du sommet

Depuis 1949, sur le versant sud, à la sortie du tunnel, s'élève le monument Henri Desgrange, grand champion cycliste de la fin du XIXe siècle et instigateur du Tour de France en 1903[4], qui donne lieu à une récompense pour le coureur passant en tête au col lors de cette course. Henri Desgrange écrira dans L'Auto au soir de la première ascension du col au cours du Tour de France ces quelques mots : « Oh ! Sappey ! Oh ! Laffrey ! Oh ! Col Bayard ! Oh ! Tourmalet ! je ne faillirai pas à mon devoir en proclamant qu'à côté du Galibier vous êtes de la pâle et vulgaire bibine : devant ce géant, il n'y a plus qu'à tirer son bonnet et à saluer bien bas !... »[7],[8]

Panorama au sommet

Un peu plus haut que le col se trouve une table d’orientation à 2 704 m. De là, on peut voir les glaciers de la Barre des Écrins et de la Meije (massif des Écrins) au sud, le mont Blanc aussi, une des Aiguilles d'Arves, le pic de Rochebrune (massif du Queyras) au sud-est plus loin et enfin le Grand Galibier (3 229 m).

Vue panoramique du col vers le nord.

Annexes

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Articles connexes

Liens externes

Notes et références

  1. a, b et c Coordonnées identifiées à l'aide de géoportail et carte IGN à l'échelle 1:20 000
  2. Écomusée du pays de la Roudoule, La Route des Grandes Alpes, Édition de l’écomusée du pays de la Roudoule, Puget-Rostang (ISSN 1246-1938), p 15
  3. Dossier sur le col du Galibier
  4. a et b (fr) Le dico du Tour - Le col du Galibier dans le Tour de France depuis 1947
  5. Le tour 2011, étape par étape, 18e étape (site de l'organisateur).
  6. (fr) Le col du Galibier
  7. Henri Desgrange, « Acte d'Adoration », L'Auto, 10 juillet 1911
  8. Galibier l'éternel sur letour.fr
   Route des Grandes Alpes   Drapeau de la France
Direction Thonon-les-Bains
Valloire
Col du Galibier Direction Méditerranée
Serre Chevalier

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