Club des jacobins

Club des jacobins

Club des Jacobins

Clôture de la salle des Jacobins, dans la nuit du 27 au 28 juillet 1794, ou du 9 au 10 thermidor, an 2 de la République.
Gravure de Malapeau d’après une eau-forte de Duplessis-Bertaux.

Le club des Jacobins, dont la raison sociale était la Société des amis de la Constitution, est une société politique française fondée à Versailles en avril 1789.

Sommaire

Histoire du club des Jacobins

Ce club est issu du Club breton qui s’était donné pour but de ne pas se séparer avant d’avoir doté la France d’une constitution. Ayant attiré des députés de bien d’autres horizons géographiques que la seule Bretagne, le club prend le nom de « Société des amis de la Constitution » et migre à Paris en octobre 1789 dans le couvent des Jacobins de Paris auquel il doit le nom sous lequel on le connaît aujourd’hui.

Cette société se révèle très rapidement parmi les plus actives. Son activité s’étend et son développement est considérable, en particulier en province. Des Sociétés des amis de la Constitution ou populaires se créent partout. Armand Joseph Dubernad, ancien député du tiers état à Rennes et maire de Morlaix, est le cofondateur du premier club de Bretagne, en 1790, avec Jean-Jacques Bouestard de la Touche, que l’on dit le meilleur ami de Saint-Just.

La scission

Après la fuite de Louis XVI et son arrestation à Varennes, le 20 juin 1791, le club des Jacobins, dit des « Amis de la Constitution », qui compte plus de onze cent membres, divisé sur la question de la déchéance de Louis XVI, se scinde en deux parties, les partisans de la poursuite du mouvement révolutionnaire, qui, autour de Robespierre, conservent l’appellation de « Jacobins amis de la constitution », et les Feuillants d’autre part, qui se disent aussi « amis de la constitution », mais, partisans d’une monarchie constitutionnelle, souhaitent un arrêt du mouvement révolutionnaire fondé sur un compromis entre les élites de l’Ancien Régime et les bénéficiaires de la révolution bourgeoise.

La scission est violente et marque le premier grand clivage au sein des révolutionnaires français : les partisans du mouvement révolutionnaire, Jacobins et Cordeliers réunis, avaient organisé le 17 juillet 1791 une grande manifestation au Champ-de-Mars au cours de laquelle les Parisiens furent invités à signer une pétition favorable à la déchéance de Louis XVI et à la proclamation d’une République en France. À la suite de provocations non élucidées, le maire Bailly et La Fayette, sur ordre de l’Assemblée, trompée sur la situation réelle, firent réprimer la manifestation. Des coups de feu furent tirés et la garde riposta, faisant de nombreux morts, notamment des femmes, des vieillards et des enfants. Un dessin de Jean-Louis Prieur et un de Laffitte illustrent cet épisode (tous deux sont visibles au musée Carnavalet).

L’an II

En 1793, le club des Jacobins devient une force d’intervention décisive dans le jeu politique français.

Ses membres ont très largement contribué à l’émergence d’un mouvement républicain. Le nom change d’ailleurs en parallèle aux différents épisodes révolutionnaires : ils deviennent les Amis de la liberté et de l’égalité, puis plus simplement Amis de l’égalité, preuve de l’importance que prend la question sociale en leur sein. Le club tente ainsi de s’ouvrir aux mouvements populaires et non plus seulement aux classes dirigeantes.

L’ouverture de sections en province accroît l’influence politique du club des Jacobins : 152 sections en août 1790, puis 406 sections en juin 1791. La rupture de juillet 1791 ne freine pas cette expansion : 1 000 sections en septembre 1791 et 2 000 en 1792.

Les Jacobins inspirent la politique des comités et de la Convention nationale par la voix de députés montagnards comme Danton et Robespierre.

Après l’éviction des Girondins (mai 1793) puis des Hébertistes (mars 1794), le pouvoir est monopolisé par les comités de gouvernement, et le club devint le principal inspirateur de la politique préconisée par Danton (jusqu’en juillet 1793) puis par Robespierre au Comité de Salut public. Malheureusement Bertrand Barère, qui n’appartient plus aux Jacobins depuis 1791 – il n’y entrera en force que sous la « grande Terreur » –, cherchera à infléchir la politique du Comité de salut public dans un sens éloigné de la modération réclamée par Robespierre.

Lors de la chute de Robespierre, le 9 thermidor an II, le club est fermé. Épuré des éléments supposés « robespierristes », il rouvre ses portes peu après. Il est définitvement fermé le 12 novembre 1794, à la suite de bagarres entre Muscadins et Jacobins.

Il tente par la suite de se reconstituer sous le Directoire, avec le club du Panthéon en 1795 et le club du Manège en 1799.

Membres célèbres

La porte du club des Jacobins.

Origine du nom jacobin

Jacobins était le surnom parisien des frères dominicains. Ces derniers avaient fondé à Paris au XIIIe siècle un couvent qui dépendait d’un couvent italien dédié à Saint-Jacques, situé au nord de Gênes près d’un col appelé Alto passo en italien et le Haut pas en français (pas = col). Le couvent dominicain de Paris prit lui aussi le nom de Saint-Jacques, nom qui fut donné également à la rue où il s’élevait, qui partait du sud de l’île de la Cité. Les frères dominicains de Saint-Jacques reçurent le surnom de Jacobins, dérivé du prénom Jacques, en latin Jacobus.

Au XVIIe siècle, le couvent dominicain fut transféré rue Saint-Honoré, mais conserva son surnom de Jacobins. Du couvent primitif de la rue Saint-Jacques ne reste que l’Église Saint-Jacques-du-Haut-Pas.

Au XVIIIe siècle, la crise des vocations obligea les rares Dominicains à chercher des ressources financières en louant les réfectoires du couvent de la rue Saint-Honoré, imposantes salles servant aux repas et devenues inutiles. C’est ainsi que la Société des amis de la Constitution loua en 1789 la salle dite des Jacobins, en même temps que l’Assemblée nationale fut transférée à Paris. Le nom du lieu prit le pas sur le nom officiel.

Acception actuelle

Voir l’article détaillé : Jacobinisme

Le mot jacobin a servi depuis lors à désigner en France les républicains partisans d’une démocratie centralisée et d’un pouvoir exécutif fort. Pendant la Commune de Paris une fraction du Conseil de la Commune est qualifiée de jacobine.

En 1953, il a existé un « club des jacobins », proche de la gauche radicale, animé par Charles Hernu.

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