Chronologie Du Sionisme


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Chronologie du sionisme

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Sommaire

Temps anciens

Depuis ces dispersions, l'idée du retour à Sion a toujours hanté certains Juifs et nombre d'entre eux y sont retournés, souvent encouragés par leurs autorités religieuses, dès que la situation le leur permettait.


XIIe siècle

  • Yehiel de Paris s'embarque pour la terre d'Israël en compagnie de nombre de ses disciples après la disputation de Paris.
  • 1170 La famille de Maïmonide dut émigrer en Terre d'Israël.

XVe siècle

  • 1492 Installation à Safed de juifs expulsés d'Espagne


XVIe siècle

  • 1524 David Reubeni déclare vouloir lever une armée pour ramener les juifs sur leur terre ancestrale, obtient une audience papale. Il déclare avoir été envoyé en Europe pour obtenir des canons et des armes à feu pour la guerre contre les Musulmans, qui empêchaient l'union des Juifs vivant des deux côtés de la Mer Rouge. Proclamant qu'il est uniquement un guerrier sans un être messie ou prophète.
  • 1525 Il est reçu à la cour portugaise où il arrive à l'invitation de Jean III, et reçoit tout d'abord la promesse d'une aide, l'arrêt temporaire des persécutions antisémites des Marranes, tout cela laisse à penser au Marranes portugais et espagnols, que Reuveni est le précurseur du Messie.

XVIIIe siècle

Alya de Hassidim à Tibériade. A leur tête, se trouve un Rabbin polonais, Rabbi Menahem Mendel de Pérémishliny.

Nouvelle vague d’Alya de Hassidim en Eretz Israël. Un group de 300 Hassidim s’installe à Tibériade, avec à leur tête Rabbi Menahem Mendel de Vitebsk (1730-1788) et Abraham Kalisk.

L’arrière petit fils du Baal Shem Tov, Rabbi Nahman, fait un voyage en Eretz Israël.

Le Rabbin Hatam Sofer incite les Juifs de diaspora à s’installer en Eretz Israël : « Allez et installez-vous maintenant ! ».


La population d'Israël compte 300 000 personnes parmi lesquelles quelques 5 000 Juifs, installés surtout à Safed, Jérusalem, Tibériade et Hébron.

XIXe siècle

L'idée d'un État juif en Palestine est attribuée à tort à Bonaparte lors de la campagne d'Égypte, se basant sur de faux documents[1] ; une proclamation de Jérusalem [2] du général en chef de l'armée française et une lettre du grand rabbin de Jérusalem appelant à combattre pour l’Éternel. Henry Laurens[3] ayant montré que ces documents sont des faux, rédigés dans le milieu messianique juif frankiste dans un cadre d'une logique apocalyptique [4]. Il y eut cependant à cette époque une rumeur qui parcourut l’Europe dont on retrouve de vagues mentions dans Le Moniteur et l'article d'un inconnu dans la Décade philosophique en avril 1798 [5] qui propose de régénérer l’Égypte et la Syrie en appelant en Palestine les juifs.[6]. L'argument sera utilisé tantôt par l'historiographie sioniste dans le développement de la thèse de l’existence d'un ancien projet d’État juif, tantôt par l’historiographie arabe comme un élément d'un hypothétique complot occidental permanent, des Croisades à nos jours.

Le 16 août 1800, Napoléon aurait déclaré : « Si je gouvernais une nation juive, je rétablirais le temple de Salomon. »[7].

  • 1806 : La ville de Jérusalem compte environ 12 000 habitants dont 3 000 Juifs
  • 1807 : Grand Sanhédrin fixant les rapports entre la judéité, la laïcité et la citoyenneté des juifs dans les États où ils résident, selon le principe « La loi du royaume est la loi (Dina demalekhouta dina » au nom duquel le juif est tenu de se soumettre à la loi de son pays dans la mesure où elle ne le contraint pas à des actes immoraux (meurtre, adultère, idolâtrie) [8].
  • 1811 : Avec Napoléon, Chateaubriand écrit « Le Voyage de Paris à Jérusalem » qui fut à l'époque une des meilleures ventes de la littérature.
  • 1832
  • 1834 : En Serbie, Yéhouda Hay Alkalay publie Shemah Israel (Écoute, Israël), dans lequel il prône la restauration de l'État d'Israël[10].
  • 1840 :
    • Affaire de Damas, à un moment (1840-1841) où la Syrie était occupée par les troupes de l’Egyptien Ibrahim Pacha.
    • 9 mars : À Londres, le Times annonce la publication d'un mémoire demandant la restauration des Juifs en Palestine, adressé aux monarques protestants d'Europe du Nord et aux Etats d'Amérique du Nord. Ce mémoire est écrit d'un point de vue chrétien[11]
  • 1841 : La création du poste de grand Rabbinat de Jérusalem est l'une des conséquences directes de l'affaire de Damas,
  • 1852 : Création à Londres d'une Association pour la promotion d'implantations juives en Palestine[12].
  • 1857 Judah ben Solomon Hai Alkalai (1798–Octobre 1878 écrit Goral la-Adonai; traité sur la restauration des juifs en terre d'Israël, en suggérant des méthodes d'installation.
Adolphe Crémieux (1796-1880)
Portrait par Lecomte du Noüy.
  • 1860 :
    • Fondation de l’Alliance Israélite Universelle ou (AIU), par la volonté d'Adolphe Crémieux, un Juif d’une très ancienne famille provençale qui joua un grand rôle en tant que révolutionnaire en 1848 et de ministre sous la Troisième République française. L'AIU devint un vecteur des valeurs culturelles et spirituelles de la France républicaine et un agent d’influence et de renseignements du Quai d’Orsay (ministère des Affaires étrangères).
    • La ville de Jérusalem compte environ 15 000 personnes, dont la moitié de Juifs, le quart de musulmans, le quart de chrétiens.
  • 1862 : Moses Hess publie « Rome et Jérusalem ».
  • 1866 : Le Suisse Henri Dunant (1828-1910), fondateur de la Convention de Genève et de la Croix Rouge, constitue La Société Nationale Universelle pour le Renouvellement de l'Orient, et lance un appel suggérant que les colonies juives naissantes en Palestine soient déclarées diplomatiquement neutres, tout comme la Suisse.
  • 1869 : L'Alliance Israélite Universelle crée l'école agricole de Mikveh Israîl près de Jaffa à l'instigation de Charles Netter, un de ses fondateurs. De cette école vont sortir des générations d’agriculteurs juifs qui sauront faire « fleurir le désert ».
  • 1871 Création de l’Anglo-Jewish Association (AJA) qui sera l'alliée critique de l’Alliance Israélite Universelle.
  • 1873 :
  • 1876 : Publication du roman Daniel Deronda de George Eliot
  • 1879 : Le député britannique Laurence Oliphant après un voyage en Transjordanie, chercha à persuader le Sultan d'accorder des terres aux Juifs sous une charte de colonisation. En 1880, il publia « Le pays de Gilead », dans lequel il préconise l'installation de Juifs à l'Est du Jourdain, sous la suzeraineté ottomane et la protection britannique
  • 1880 : Premières revendications d'autonomie arabe pour la Syrie et le Liban; la Palestine n'est à cette époque qu'une expression géographique et forme la région Sud de la « grande Syrie » ; la population juive est estimée à 24 000.
  • 1881 : Eliezer Ben-Yehuda s'installe à Jérusalem et renouvelle l'usage de l'hébreu. L'assassinat du tsar Alexandre Ier est suivi de la première vague de pogroms à l'encontre des Juifs dans l'Empire russe. C'est le début de la première vague d'immigration juive (aliyah), des Juifs venus de Russie, de Roumanie, et du Yémen viennent s'installer en Palestine.
Léon Pinsker (1821-1891)
  • 1882 :
    • Léon Pinsker publie « L'auto-émancipation des Juifs » dans lequel il défend l'idée de la création d'un État juif.
    • Fondation de l'organisation Bilou (Beith Israël Lekhou Vena'ale), premier mouvement haloutsique (pionnier) en Ukraine.
    • Des lois antisémites sont promulguées en Russie.
    • Première aliyah de Juifs en Palestine.
    • Ouverture de l’école juive de garçons de Jérusalem.
  • 1883 :
    • Début des activités d'implantation de colonies juives (Eretz Israël) par le baron Edmond de Rothschild en Palestine. Il voulait, en s’inspirant des méthodes de culture expérimentées par ses jardiniers en Algérie et importer dans ses colonies la culture du vin du Bordelais (où son père avait un cru) et des parfums de Grasse (où sa tante avait une villa qu'elle lui légua).
    • Inauguration de la ligne Orient Express reliant Paris à Constantinople.
  • 1884 : Création à Kattowicz en Pologne du mouvement des Amants de Sion, créé lors de la conférence des Hoveveï Sion, à Jassy, en Roumanie.
Nathan Birnbaum (1864-1937)
  • 1886 :
    • Le terme sionisme est employé pour la première fois par Nathan Birnbaum, et va rentrer rapidement dans le langage courant.
    • Le journaliste fouriériste et antisémite, Édouard Drumont (1844-1917) édita un livre intitulé « La France Juive » qui fut propagé par les Jésuites de Beyrouth et de Damas.
  • 1890 :
    • Le comité d'Odessa reçoit une reconnaissance légale.
    • Début de la deuxième vague d'immigration juive (aliyah), de Juifs en provenance de Russie.
  • 1891 : Création de la Jewish Colonization Association (ICA ou JCA) par le baron de Hirsch.
  • 1892 : Le terme « sionisme » commence à entrer dans le langage courant.
  • 1894 : Condamnation en France de l'officier Dreyfus.

Fondation du mouvement sioniste

Theodor Herzl (1860-1904)

Le fondateur du mouvement sioniste fut Theodor Herzl, par son ouvrage « L'État des Juifs, recherche d'une réponse moderne à la question juive », (Der Judenstaat), publié en 1896. Theodor Herzl était un jeune journaliste austro-hongrois d'origine juive qui avait suivi à Paris le déroulement de l'Affaire Dreyfus, et avait assisté à la cérémonie de dégradation dans la cour des Invalides en 1894. Révolté par l'antisémitisme ambiant, il en avait tiré la conclusion qu'il est illusoire pour les Juifs de chercher leur salut dans l'assimilation et qu'ils doivent posséder leur propre État. Cet État doit être en mesure d'offrir refuge à tous les juifs qui viendraient à être persécutés.

Les habitudes d'organisation du peuple en juif en exil en communauté politique homogène, le climat d'antisémitisme qui les entourait, ne pouvait aboutir qu'à un heurt idéologique et religieux avec le peuple arabe vivant sur le même espace. Pour préparer leur implantation, il leur fallait donc conquérir la terre, et pour cela le mouvement sioniste s'est organisé sur plusieurs niveaux : la diplomatie, la mobilisation des ressources financières, l'achat de terres, les lois, le déplacement de population et la préparation de l'occupation. En 1895, il se convertit au sionisme et le 15 février 1896, il publie « L'État des Juifs - Der Judenstaat ».

Le mouvement réussit à mettre en place les structures de son projet avec :

  • 1897 :
    • 1er Congrès sioniste à Bâle sous la direction de Theodor Herzl, avec la promulgation de la Déclaration de Bâle selon laquelle le sionisme a pour but la création d'un foyer national juif, et la création des organes de l'Organisation sioniste mondiale, chargée de la mobilisation politique. Theodor Herzl en est nommé son premier président.
    • Lors de ce congrès le pasteur luthérien allemand Johann Lepsius, défenseur de la cause arménienne, persécuté par les autorités allemandes qui soutenaient le gouvernement ottoman, tenta de lier la cause des deux peuples dispersés, dans son rapport intitulé : « Arméniens et Juifs en exil, ou l'avenir de l'Orient compte tenu de la question arménienne et du mouvement sioniste ».
    • Crise antijuive en Algérie.
Délégation sioniste à Jérusalem en 1898
de gauche à droite : M.Y. Bodenheimer, D. Wolffsohn, T. Herzl, G. Shnirer, Y. Zeidner
  • 1898 :
    • 2e Congrès sioniste de nouveau à Bâle.
    • Rachid Rida parle pour la première fois du sionisme.
    • Visite de l'Empereur Guillaume II en terre sainte qui concrétise l'alliance Turquie-Allemagne. Création de la Banque coloniale Juive destinée à financer l'achat de terre en Palestine.
Edmond de Rothschild (1845-1934)
  • 1899 :
    • 3e Congrès sioniste toujours à Bâle,
    • lancement de la Banque coloniale juive, chargé de générer le financement des activités pour l'achat de terres en Palestine.
    • Le baron Edmond de Rothschild décide du transfert de ses colonies en Palestine à la ICA.
    • Echange de correspondance entre Herzl et Khalidi, notable d'une des grandes familles arabes palestiniennes de Jérusalem.
    • Révision du procès de l'officier Dreyfus en France
  • 1900 :
    • 4e Congrès sioniste à Londres.
    • La ville de Jérusalem compte environ 60 000 personnes. Les Juifs représentent les deux tiers de la population soit 40 000 Juifs dont 25 000 sépharades.
  • 1901 :
    • 5e Congrès sioniste à Bâle,
    • création du Fonds national juif, chargé de l'achat des terres en Palestine.
    • Création du Keren Kayemeth LeIsraël (K.K.L.), base du domaine foncier public israélien.
    • Création à Berlin de la Hilfsverein der Deutschen Juden par James Simon, industriel des cotons et ami du Kaiser.
    • Accord de Mytiléne entre la France et l'Empire ottoman concernant les intérêts français en Palestine.
  • 1902 :
    • Projet de colonisation juive du Sinaï. Mais, pour que ces organisations deviennent réellement efficaces, il fallait que leur action soit libre dans un cadre territorial et juridique nouveau. Seule la grande guerre, lors de laquelle le vieil Empire ottoman va s'engager dans le conflit de la Première Guerre mondiale aux côtés de l'Allemagne et de l'Autriche-Hongrie, puis le mandat britannique qui s'ensuivit sur la Palestine, fournira le cadre favorable à l'établissement d'un Foyer national juif.
    • Dans son ouvrage roman d'anticipation « Terre ancienne, terre nouvelle (en hébreu, Tel Aviv), Theodor Herzl, évoque la vie dans le futur État et décrit le sionisme comme « un poste avancé de la civilisation, un rempart de l'Europe contre l'Asie, s'opposant à la barbarie ».
    • Albert Antébi et le grand rabbin sépharade Meir sont agressés par des extrémistes ashkénazes manipulés par Ephraïm Cohn, directeur de l’école allemande Lämel. Antébi déclare alors : « Ils prétendent que notre organisation est anti-juive parce qu’elle refusait de donner du travail aux israélites et anti-religieuse parce qu’elle préfère les musulmans ou les chrétiens… Allons-nous nous montrer intolérants, sectaires et exclusivistes parce que nous formons la majorité à Jérusalem ? ». Tout le débat sur le sionisme est posé dans cette phrase.
  • 1903 :
    • Le 6e Congrès sioniste, adopte le principe d'une installation en Palestine, dont le territoire était alors province de l'Empire ottoman. C'était un projet majeur pour le peuple juif qui impliquait une immigration en masse des Juifs vers un territoire où vivaient déjà un peuple arabe, les Palestiniens.
    • Ce congrès de 1903, donne une impulsion décisive au mouvement sioniste qui regroupe les partisans du retour des Juifs vers la Terre promise de Sion. Il encourage les initiatives désordonnées de riches juifs, comme le baron de Rothschild, et de juifs plus modestes en faveur d'une colonisation agricole. Cette colonisation est conduite au nom du slogan : « Une terre sans peuple pour un peuple sans terre », et ne prend pas en compte la présence sur place, en Palestine, d'habitants musulmans, chrétiens… ou même juifs, n'excluant pas d'expulser les indésirables.
    • Création de l’Anglo-Palestine Bank (future Banque Leumi LeIsraël).
    • Suite aux pogromes de Kishinev, le gouvernement britannique de Chamberlain propose à Theodor Herzl de lui donner l'Ouganda pour y créer un foyer juif.
    • Deuxième vague de pogroms dans l'Empire russe qui dure jusqu'en 1906.
  • 1904 :
    • Décès de Theodor Herzl, David Wolffsohn (1856-1914), prend la direction du mouvement sioniste.
    • Début de la troisième vague d'immigration des juifs (aliyah) vers la Palestine.
    • Création du Comité de la langue hébraïque (Va'ad Halashon).
    • Création à Paris de la Ligue de la Patrie Arabe, comprenant l'Arabie, la Mésopotamie, la Syrie et la Palestine.
  • 1905 :
    • 7e Congrès sioniste à Bâle au cours duquel il est décidé de repousser définitivement la proposition de l'Ouganda, ainsi que toute alternative à la Palestine. Les « territorialistes », qui voulaient absolument « un territoire », opèrent une scission.
    • Azoury publie au Proche-Orient « Le réveil de la nation arabe ».
  • 1906 :
    • David Ben Gourion (David Green) arrive en Israël.
    • Fondation du premier lycée hébraïque à Jaffa.
    • Fondation de l'École des Arts Bezalel à Jérusalem.
  • 1907 : 8e Congrès sioniste à La Haye.
  • 1908 :
    • Ouverture près de Jaffa du Bureau palestinien destiné à organiser l'achat de terres par le Dr Arthur Ruppin (1876-1943), ainsi que du Palestine Land Development Company (PDLC). En mars, incidents à Jaffa entre Juifs et Arabes.
    • Suite à la révolution des « Jeunes-Turcs » en juillet, des élections ont lieu dans l'Empire ottoman et en Palestine.
  • 1909 :
    • Fondation d'un petit bourg juif à proximité de Jaffa qui deviendra la ville nouvelle de Tel Aviv.
    • Création du premier kibboutz.
    • Campagne antisioniste du journal arabe « al-Karmil » (le Carmel) d'Haïfa.
    • Incidents entre Juifs et Arabes en Galilée qui aboutissent à la création de la première milice juive, le premier groupe organisé d'auto-défense (Haganah)
  • 1910 :
    • 9e Congrès sioniste à Hambourg.
    • Fondation de Degania Alef, la « mère des kiboutzim ».
    • Dans la ville de Jérusalem, le rapport entre sépharades et ashkenazes s'inverse.
    • Révolte des Bédouins de Transjordanie.
    • Développement d'un autonomisme arabe dans l'Empire ottoman.
  • 1911 :
    • 10e Congrès sioniste à Bâle.
    • Début de la parution du journal nationaliste arabe « Falastin » (Palestine) à Jaffa.
  • 1912 : Déclaration du président de la république française Raymond Poincaré sur l'avenir de la Syrie.
  • 1913 :
    • 11e Congrès sioniste à Vienne.
    • Création du Comité France-Palestine par Albert Antébi, sous les auspices du rabbin Maurice Liber et du ministre français, socialiste et pacifiste, Aristide Briand (1862-1932). Albert Antébi est le fils du rabbin Joseph et petit-fils d'un patriote ottoman mort dans les troubles de 1860.
    • Guerre des langues pour le choix de la langue d’enseignement (allemand ou hébreu) au Technion de Haïfa.
    • En avril, contacts entre sionistes et nationalistes arabes au Caire.
    • En juin, Congrès arabe à Paris.
  • 1914 :
    • Unification du mouvement sioniste américain (août). La population juive de Palestine est estimée à 60 000 personnes, contre 570 000 Arabes musulmans et 75 000 Arabes chrétiens.
    • Nouvelle négociation arabo-sioniste.
    • La guerre des langues s'étend dans les écoles juives de Palestine.
    • En août, Brandeis unifie le mouvement sioniste américain.
    • Le 3 novembre, l'Entente déclare la guerre à la Turquie lors de la Première Guerre Mondiale. Fin 1914, expulsion des ressortissants des puissances ennemies hors de la Palestine (juifs et non-juifs). En décembre, établissement du protectorat britannique sur l'Égypte.
Herbert Samuel (1870-1956)
  • 1915 :
    • En pleine guerre, le Royaume-Uni, la France et la Russie, planifient, dans le plus grand secret, le partage du Proche-Orient et définissent les contours de leurs futures zones d'influence. Ils pensent que la Palestine est un cas particulier, du fait de l'enjeu symbolique que constituent les lieux saints, et doit bénéficier d'un statut international.
    • En janvier, les troupes britanniques pénètrent dans l'empire. Les Britanniques autorisent en avril la création d'une unité juive palestinienne de transport, la Zion Mule Corps. 32 personnalités arabes sont pendues par les Turcs. En juillet, début de la correspondance secrète entre Hussein, chérif de la Mecque et Mac Mahon, en vue d'établir un royaume arabe indépendant après la guerre. Le 24 octobre, Londres décide de « reconnaître et de soutenir l'indépendance des arabes dans toutes les régions situées dans les limites revendiquées par le chérif de la Mecque », exceptés les lieux saints de Palestine, des districts de Mersine ainsi que de l'actuel Liban.
    • Cependant, pour gagner la guerre, la diplomatie britannique va chercher à gagner, des peuples jusqu'alors soumis à l'Empire ottoman et les associer indirectement à ce projet de démantèlement : les Arabes, bien sûr, mais aussi les Juifs et en particulier les puissantes communautés juives de Russie et des États-Unis, en leur promettant de satisfaire la revendication du mouvement sioniste, dans son projet de création d'un État juif en Palestine.
    • En janvier 1915, pénétration des troupes britanniques dans l'Empire ottoman.
    • Mémorandum d'Herbert Samuel sur l'avenir de la Palestine.
    • En juillet, négociations secrètes des Britanniques avec Hussein le Chérif de La Mecque pour la mise en place au Proche-Orient d'une entité musulmane indépendante de la Turquie.
    • En août, exécutions des nationalistes arabes par les Ottomans.
  • 1916 :
    • En mars, début du soulèvement arabe contre les Turcs. Le 5 juin Hussein déclenche la révolte arabe contre les Turcs et se proclame roi des arabes le 29 octobre. Son fils Faysal combat aux côtés de l'officier britannique Lawrence contre l'empire ottoman. Il rentre à Akaba en juillet 1917 et à Damas en octobre 1918.
    • Accord secret russo-britannique sur la délimitation de zones d'influence au Moyen-Orient. Cet accord sera rendu caduc par la révolution russe d'octobre 1917.
    • Le 16 mai, l'accord Sykes-Picot redéfinit la nouvelle carte géo-politique du Moyen-Orient. La Palestine est défini comme zone internationale, comprenant Saint-Jean-d'Acre, Haïfa et Jérusalem.

La déclaration Balfour

Avant la Première Guerre mondiale, la Palestine, en tant que région, recouvre l'actuel État d'Israël, la Bande de Gaza, la Cisjordanie, une partie du Golan et le Royaume de Jordanie. Elle fait partie de l'Empire ottoman [2]. À la fin de la guerre, le Royaume-Uni en obtient le contrôle par le Traité de Paix de Versailles signé en 1919.

  • 1917
    • le 2 novembre, Arthur James Balfour, ministre britannique des Affaires étrangères par sa déclaration, adressée au Baron Edmond de Rotschild au Royaume-Uni, promet au peuple Juif, la création d'un Foyer national juif en Palestine, mais il ne s'agit pas encore d'un État juif, en ce sens il respectait aussi la doctrine évangélique qui affirme que « Les Juifs doivent d'abord retourner à Sion et ensuite viendra le drame final », et « Il enverra ses anges avec la trompette retentissante et ils rassembleront ses élus des quatre vents » (Mathieu 24,31).
    • 7 novembre : début de la révolution russe.
    • Décembre : conquête de la Palestine par l'armée britannique. Jaffa tombe aux mains des Britanniques en novembre, le 9 décembre Jérusalem capitule et le général Allenby entre à Jérusalem. Fin de la domination ottomane sur la ville sainte.
  • Novembre 1918, les gouvernements français et britannique proclament leur soutien à l' « émancipation » des peuples libérés du joug ottoman, mais les arabes de Jérusalem s'inquiètent du fait que les territoires palestiniens soient séparés de la Syrie historique, et revendiquent l'unité Syrienne. Le quotidien juif « Haaretz » est fondé.
  • 1919 :
    • À la mort d'Albert Antébi, en mars, on trouva, les notes suivantes :
« Le monde est à la réalisation des rêves. - Le principe des nationalités devient la charte de l’Europe, pourquoi donc le peuple juif ne réussirait-il pas comme son contemporain le Grec ? - Il est dispersé ? (...) Mais l’on transplanterait vite quelques millions de la Russie. - L’étendue de la terre palestinienne est minime, elle n’atteindrait pas 30 000 km² ? (...) On n’a qu’à lui adjoindre la Transjordanie, la presqu’île du Sinaï, le désert de la Syrie (...) - Que ferait-on d’un million d’Arabes qui y résident ? (...) On les transfèrerait progressivement dans les territoires libre de la Mésopotamie et de la Caramanie. - Mais pour cette transplantation, il faut du temps et de l’argent ? (...) Les Juifs sont riches, ils ont connu trois exils, ils sont dispersés depuis deux mille ans, ils mettraient cent ans pour se rassembler (...) Mais qui règlerait ces données et aplanirait ces difficultés ? (...) La conférence de la paix et Wilson (...) Et ainsi, tout devient facile et plausible aux rhéteurs et discoureurs. Les réalistes restent sceptiques (...) Ils voient comment les généreux rêves de Wilson fondent à la discussion des réalités. (...) Oui, les Juifs triompheront par la reconnaissance de leur nationalité ; jouissant d’une autonomie administrative, partout où ils forment des agglomérations compactes comme dans certains secteurs en Galicie, Ukraine, Pologne, Bohême, etc., possédant droit de cité en Palestine avec une immigration illimitée et organisée, une colonisation élargie, une autonomie administrative et une coopération politique favorisée, sans sacrifier pour cela le droit des habitants indigènes actuels, Chrétiens levantins ou Arabes musulmans, et les privilèges des Lieux-Saints. (...) Le système cantonal suisse, avec un conseil fédéral, sous le protectorat interallié ou un condominium franco-anglais attribuant aux immigrants juifs les terres sans propriétaires, sans donner libre passage aux bolchevistes germano-russes, constituera la formule diplomatique conciliant tous les intérêts »
1918. Chaim Weizmann rencontre l'émir Fayçal ibn Hussein
Joseph Trumpeldor (1880-1920)
1920. Fête traditionnelle musulmane du Nabi Moussa
  • En 1920 :
    • 29 février : Joseph Trumpeldor, tombe héroïquement en défendant Tel Haï, en Haute-Galilée. Il fut un des premiers activistes sionistes et participa à la création des légions juives et à l'organisation de l'immigration des juifs vers le futur État d'Israël.
    • 4 avril : Lors de la fête traditionnelle musulmane du Nabi Moussa, transformée en manifestation pour l'unité syrienne, le foule arabe s'attaque aux Juifs de la Vieille Ville de Jérusalem, et la situation tourne à l'émeute.
    • 25 avril : L'activisme politique du président de la Fédération sioniste britannique, Haïm Weizmann, aboutit à ce qu'à la Conférence de San Remo, la déclaration Balfour soit incluse dans les attendus du mandat britannique sur la Palestine que la Société des Nations approuvera deux années plus tard. Par cet acte, le Royaume-Uni, choisit de soutenir le sionisme plutôt que l'arabisme pour imposer son contrôle sur la Palestine.
    • Le fils du chérif de la Mecque, Fayçal, est chassé de Syrie par la France, et le royaume arabe indépendant promis par les Britanniques ne verra pas le jour.
    • Mandat britannique sur la Palestine : Nomination du premier haut-commissaire de la Palestine, Sir Herbert Samuel. Au sein du Yishouv, élection au mois d'avril au suffrage universel d'une assemblée de députés (Asséfath Ha'Nivharim) de 314 membres, représentant vingt partis différents.
    • Fondation de la Histadrout (Confédération Générale du Travail).
    • Hamin Al Husseini (Hadj Muhammad Amin al-Husseini) devient Mufti de Jérusalem grâce aux Britanniques.
    • Premiers troubles judéo-arabes : pogroms antijuifs à Jaffa.
    • Fondation de la Haganah (organisation d'auto-défense juive).
David Ben Gourion (1886-1973)
  • En 1921 :
    • De passage à Jérusalem, le jeune secrétaire d'État britannique aux Colonies, Winston Churchill, reçoit une délégation islamo-chrétienne qui lui déclare : « Si les sionistes n'étaient venus en Palestine que comme des hôtes, ou si les choses en étaient restées à ce qu'elles étaient avant la guerre, il n'y aurait pas de problème Juifs et de non-Juifs. Mais c'est l'idée d'une Palestine transformée en un Foyer national juif que les Arabes rejettent et combattent ».
    • Publication du Livre blanc du secrétaire d'État britannique aux Colonies, Winston Churchill, où il définit le « foyer national juif ».
    • En juin, le Haut-Commissaire Herbert Samuel décide de la restriction de l'immigration juive en Palestine.
    • Les mouvements palestiniens refusant de cautionner la construction d'un Foyer national juif, ils rejettent toute participation aux institutions politiques du mandat britannique, à l'exception de la gestion des affaires religieuses.
    • David Ben Gourion fonde la centrale syndicale « Histadrouth » (Confédération générale des travailleurs juifs).
    • Le Royaume-Uni, qui s'est déclarée favorable à l'établissement en Palestine d'un foyer national pour le peuple juif, par la Déclaration Balfour [3] en 1917, se voit conférer en 1922 un mandat sur la Palestine [4] par la Société des Nations.
  • 1922 : La Transjordanie (partie orientale du territoire mandataire britannique) devient un émirat automonme. Elle est soustraite à l'immigration juive.
  • 1923 : En août, 13e Congrès sioniste à Carlsbad.
  • 1924
    • Début de la 3e vague d'immigration des juifs (aliyah) vers la Palestine, en provenance essentiellement de la Pologne.
    • Fondation du Technion de Haïfa.
  • 1925 :
    • Fondation de l'Université hébraïque de Jérusalem sur le Mont Scopus.
    • Soulèvement syrien contre la France.
    • En août, 14e Congrès sioniste à Vienne. Début de la crise économique en Palestine.
  • 1926 : Grave crise économique dans la communauté juive (yichouv), avec une forte extension du chômage.
  • 1928 :
    • la Palestine vivait jusqu'en 1926 dans un calme relatif, mais la communauté juive -le yichouv - depuis, traversait une crise profonde. Le tarissement de l'immigration juive permet même de parler de « banqueroute du projet sioniste ». Cette année là, la commémoration par les juifs sionistes de la destruction du Temple par les Romains se radicalise et est ressentie comme une provocation par la communauté musulmane. De nombreux incidents ont lieu près du mur des Lamentations.
    • Peu après des rumeurs commencent à circuler, au sujet d'un complot juif, dont le but de s'emparer de l'Esplanade des mosquées.
    • Création du mouvement des frères musulmans en Égypte.
  • 1929 :
    • La rumeur aboutit à des émeutes qui prennent des allures de pogrom anti-juif; massacres à Hébron puis à Safed : 113 juifs tués et 339 autres blessés. Or devant la montée du nazisme, de nombreux juifs d'Europe centrale continuent d'arriver en Palestine, apportant des capitaux et achetant de plus en plus de terres arabes.
    • En juillet, 16e Congrès sioniste. l'Agence juive pour la Palestine, chargée de l'immigration des juifs en Palestine, s'élargit à des non-sionistes et devient officiellement l'Agence juive.
    • Le 23 août, harangue du Mufti à Jérusalem.
    • Nouveaux troubles ; massacres à Hebron puis à Safed : 133 juifs tués, 339 blessés.
  • 1930 : Publication du second Livre Blanc britannique, prévoyant de limiter pour la première fois l'immigration des Juifs en Palestine.
  • En 1931 :
    • Fondation de l'Irgoun Tzva'i Leumi (Etzel), organisation juive clandestine de tendance révisionniste, qui est une dissidence de la Haganah.
    • Création aux États-Unis de l'American Palestine Committee.
    • 13 février : Lettre du Premier ministre britannique McDonald à Haïm Weizmann dans laquelle il s'engage à abroger les dispositions prises dans le Livre blanc Passfield.
    • Juin : 17e Congrès sioniste à Bâle lors duquel Sokolow remplace Haïm Weizmann à la direction de l'Organisation sioniste.
    • Estimation de la population juive en Palestine: 174 000.
  • 1932 : Fondation du quotidien Jérusalem Post.

Accession au pouvoir d'Adolf Hitler

  • 1933 :
    • Adolf Hitler accède au pouvoir en Allemagne. C'est le début de la 5e aliyah, principalement en provenance d'Allemagne et des territoires contrôlés par les Allemands.
    • en octobre, à Haïfa, des émeutiers arabes s'en prennent aux autorités britanniques qu'ils considèrent comme responsables des progrès du sionisme.
  • 1934 : Début de la Ha'apalah, entreprise d'immigration illégale de réfugiés juifs alors que leur nombre dépasse les quotas imposés par les Britanniques.
  • 1935 :
    • À l'automne : une révolte populaire arabe éclate, avec une nette coloration d'islam populiste et de guerre sainte, menée par le cheikh Izz al-Din al-Qassam. Après la mort de leur chef, en novembre, une grève générale est lancée pour obtenir l'arrêt de l'immigration juive et la vente des terres aux juifs. Elle se prolongera jusqu'en octobre 1936.
    • Le 15 septembre, les lois anti-juives de Nuremberg sont proclamées en Allemagne.
    • Estimation de la population juive en Palestine: 335 000.
  • En 1936 :
    • Début de l'opération Homa Oumigdal (murailles et tour), qui est une entreprise d'implantations aboutissant, de 1936 à 1939, à 51 nouvelles localités créées chacune en une seule nuit.
    • Avril 1936 : Une révolte arabe, poussée par le grand mufti de Jérusalem, Haj Amin al Husseini, déclenche des troubles sanglants.
  • 1937 :
    • La commission britannique Peel, propose un projet de partition de la Palestine entre Juifs et Arabes. Le gouvernement britannique finit par accepter le principe de cette recommandation. Il s'agit là du premier texte suggérant le partage du pays entre Juifs et Arabes. En ce sens il peut être considéré comme le texte fondateur de l'Israël moderne.
    • Des groupes armés arabes s'en prennent aux Britanniques, aux Juifs et aux « traîtres arabes ». Les Britanniques mènent une dure répression, et en deux années réussissent à vaincre et à décapiter ce mouvement national palestinien.
  • En 1939 :
    • 3 mai : Publication du 3e Livre Blanc (de MacDonald) qui prévoit de limiter très fortement le quota d'immigration des Juifs en Palestine.
    • 1er septembre : début de la Seconde Guerre mondiale. David Ben Gourion déclare : « Nous ferons la guerre comme s'il n'y avait pas de Livre Blanc, et nous combattrons le Livre Blanc comme si la guerre n'existait pas ». Création du mouvement clandestin Le'hi.
  • 1940 : Premières actions de l'Irgoun contre la puissance mandataire, puis arrêt de ses actions au déclenchement de la Seconde Guerre mondiale. Certains leaders arabes, comme le Mufti de Jérusalem, vont du côté allemand, la Syrie d'abord vichyste passe du côté des forces françaises libres.
  • En 1941 :
    • Création des commandos de guérilla de la Haganah : Palmach (sections de choc).
    • Haj Amin al Husseini scelle une alliance avec Hitler, et plaide pour résoudre le problème des Juifs au Moyen-Orient « selon les méthodes de l'Axe ».
  • De 1943 à 1944 :
    • Les parachutistes juifs-palestiniens de l'armée britannique tentent de renouer le contact avec les Juifs des pays occupés; sept d'entre eux y laisseront leur vie.
    • La Brigade juive de Palestine forte de 30 000 combattants, participe à la guerre, comme partie intégrante de l'armée britannique.
  • 1946 :
    • Les immigrants juifs illégaux sont déportés par les Britanniques dans des camps de personnes déplacées à l'île de Chypre.
    • 22 juillet : l'Irgoun le (Etzel) fait sauter l'aile droite de l'Hôtel King David à Jérusalem (qui abritait l'état-major du Mandat britannique).
    • La Transjordanie acquiert son indépendance et devient le Royaume Hachémite de Jordanie.
  • Juillet 1947 : le bateau Exodus est expulsé des côtes de Palestine vers l'Europe, portant à son bord 4 500 survivants de la Shoah.

Création d'Israël

  • En novembre 1947 : Alors que l'idée d'un État-refuge en Terre sainte pour les rescapés de la Shoah s'impose dans l'opinion occidentale, comme si elle se déchargeait ainsi de sa propre culpabilité sur la Palestine, le plan de partage de la Palestine, est présenté par l'ONU comme solution au conflit entre les Juifs et les Arabes, octroyant, au nouveau État juif, 54% du territoire. Le vieux projet sioniste a fini par aboutir le 29 novembre 1947.
Pour les mouvements sionistes, ce plan de novembre 1947, rejeté par les dirigeants palestiniens, est une énorme victoire, car ce partage est la reconnaissance de la fondation du nouveau État d'Israël, qu'ils appelaient de tous leurs vœux et un point d'appui susceptible d'extensions ultérieures.
  • Entre mai et octobre 1948, la guerre israélo-arabe va chasser de leurs terres et de leurs maisons, plus de sept cent vingt mille palestiniens[13], en majorité des paysans, sur les routes de l'exil. La Palestine qui comptait plus d'un million d'habitants (musulmans et chrétiens) se vide de 90% de sa population.
Les dirigeants des mouvements sionistes estimaient, à l'époque, que les pays arabes voisins, en particulier l'Irak et la Syrie, avaient les capacités en termes de place, de finances et de culture, d'intégrer les réfugiés sur leur territoire et dans leur population.
  • À partir de là, et pendant les années qui suivirent, six à neuf cent mille juifs des pays arabes vont être exilés de chez eux, dépossédés de leurs terres et biens, harcelés par les populations et les autorités. Cela mit fin à l'antique civilisation juive d'Orient, les pays arabes s'étant vidés de la quasi-totalité de leurs Juifs, dorénavant réfugiés en Israël, en Europe et en Amérique du Nord.

Notes et références

  1. Patrice Bret, «Orientales I. Autour de l’expédition d’Égypte», in Annales historiques de la Révolution française, Numéro 340, Consulté le 18 février 2008
  2. Les troupes françaises ne sont d'ailleurs jamais allé à Jérusalem
  3. Henry Laurens, Le projet d’État juif en Palestine attribué à Bonaparte, in Orientales I. Autour de l’expédition d’Égypte, Paris, CNRS Éditions (Coll. Moyen-Orient), 2004, ISBN 2271061938
  4. « La tourmente révolutionnaire en Europe a intensifié parallèlement les deux courants apocalyptiques protestant et juif en leur permettant de croire que la fin des temps était proche. […] Bonaparte, tout en accomplissant le programme révolutionnaire de régénération des peuples du monde, véritable fin de l’histoire pour les Idéologues de la Révolution finissante, se prenait pour le Mahdi des Musulmans. Pour les protestants anglais, il était l’Antéchrist, et pour les messianistes juifs, l’exécuteur de la volonté divine » in Henry Laurens, Le projet d’État juif en Palestine attribué à Bonaparte, op. cit. pp. 142-143
  5. Un certain LB qui pourrait être Lucien Bonaparte selon H. Laurens, Joachim Lebreton de l’Institut national selon M. Regaldo
  6. Cité par Patrice Bret
  7. [1]
  8. Le Figaro du 16 janvier 2008
  9. Salomon Munk, Palestine, Description géographique, historique et archéologique p.652, Paris, Firmin Didot 1845
  10. Janet Kerekes, Masked Ball at the White Cross Cafe, The failure of Jewish assimilation, p.73, University Press of America, 2005
  11. Nahum Sokolow, History of Zionism (1600-1918) tome 1 p.127, et tome 2 p.231-234, reproduisant le texte intégral du mémoire, archives en ligne du Times, 9 mars 1840 p.3
  12. Association for Promoting Jewish Settlements in Palestine : Todd M. Endelman, The Jews of Britain, 1656 to 2000 p.187, University of California Press, 2002
  13. Benny Morris, The Birth of the Palestinian Refugee Problem Revivisied, 2003 et exode palestinien

Voir aussi

Palestine (région, terminologie, histoire générale)

Palestine (arabe)

Israël

'Conflit israélo-arabe et « israélo-palestinien »'

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