Chester Alan Arthur


Chester Alan Arthur
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Chester A. Arthur
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Mandats
21e président des États-Unis
19 septembre 18814 mars 1885
&&&&&&&&&&&012623 ans, 5 mois et 15 jours
Élection 2 novembre 1880
en tant que vice-président
Vice-président Aucun
Prédécesseur James Garfield
Successeur Grover Cleveland
20e Vice-président des États-Unis
4 mars 188119 septembre 1881
Président James Garfield
Prédécesseur William Wheeler
Successeur Thomas Hendricks
Biographie
Date de naissance 5 octobre 1829
Lieu de naissance Fairfield, Vermont
Date de décès 18 novembre 1886 (à 56 ans)
Lieu de décès New York, État de New York
Nationalité Américaine
Parti politique Parti républicain (1854–1886)

Parti whig (Avant 1856)

Conjoint Ellen Herndon
Enfants William
Chester
Ellen
Diplômé de Union College
State and National Law School
Profession Juriste
Religion Église épiscopale
Signature Chester Alan Arthur Signature.svg

Seal Of The President Of The United States Of America.svg
Présidents des États-Unis
Vice-présidents des États-Unis

Chester Alan Arthur (5 octobre 1829 - 18 novembre 1886) fut le 21e président des États-Unis. Il compléta le mandat de James Garfield assassiné en 1881 jusqu’en 1885. Arthur lutta pour balayer les soupçons concernant ses débuts de politiciens dans la machine républicaine de New York ety parvint en embrassant la cause de la réforme de la fonction publique. La défense et la mise en place du Pendleton Civil Service Reform Act fut le point d'orgue de son administration.

Né à Fairfield dans le Vermont, Arthur grandit dans l'État de New York et rendit la loi à New York. Il s'investit au sein du parti républicain et gravit rapidement les échelons de la machine politique dirigée par le sénateur de New York Roscoe Conkling. Nommé par le président Ulysses S. Grant au poste lucratif et politiquement influent de collecteur du port de New York en 1871, Arthur était un important partisan de Conkling et de la faction "Stalwart" du parti républicain. Il fut démis de ses fonctions par le nouveau président Rutherford B. Hayes en 1878 dans un effort pour réformer le système de patronage fédéral à New York. Lorsque James Garfield remporta la nomination républicaine pour l'élection présidentielle de 1880, Arthur fut choisi pour briguer la vice-présidence afin d'équilibrer le "ticket".

Après juste six mois en tant que vice-président, Arthur se retrouve subitement à la Maison Blanche. À la surprise des réformateurs, Arthur se rallia aux réformes qui avaient autrefois entrainé son expulsion du poste de collecteur. Il signa le Pendleton Act et fit appliquer vigoureusement ses dispositions. Il fut félicité pour son veto sur un Rivers and Harbors Act qui aurait affecté des fonds fédéraux d'une manière qu'il jugeait excessive et il présida à la renaissance de l'United States Navy mais fut critiqué pour ne pas avoir réussi à réduire le surplus budgétaire qui s'était accumulé depuis la fin de la Guerre de Sécession. Malade, il ne chercha pas vraiment à se représenter en 1884 et se retira à la fin de son mandat. Comme le journaliste Alexander McClure l'écrivit plus tard, "Aucun homme n'avait accédé à la Présidence en étant si largement et si profondément méprisé que Chester Alan Arthur et aucun ne s'était retiré avec un tel respect que ce soit de la part de ses amis ou de ses ennemis politiques"[1]. Même si sa santé fragile et son tempérament politique avaient rendu son administration moins active qu'une présidence moderne, il remporta les louages de ses contemporains du fait de sa bonne performance en tant que président. Le New York World résuma la présidence d'Arthur à sa mort en 1886 : "Aucune mission ne fut négligée sous son administration et aucun projet aventureux n'inquiéta la nation"[2].

Sommaire

Jeunesse

Naissance et famille

Chester Alan Arthur est né le 5 octobre 1829 à Fairfield dans le Vermont[note 1]. Son père, William Arthur, était né dans le comté d'Antrim en Irlande et avait émigré à Dunham, Bas-Canada (actuel Québec) en 1818 ou 1819 après avoir été diplomé du Belfast College[5]. Sa mère, Malvina Stone, était né dans le Vermont et était la fille de George Washington Stone et de Judith Stevens. La famille de Malvina était principalement d'ascendance anglaise et son grand-père, Uriah Stone, combattit dans l'Armée continentale durant la Révolution américaine[5]. La mère d'Arthur rencontra son père alors qu'il travaillait à l'école de Dunham juste au delà de la frontière du Vermont et les deux se marièrent rapidement[5]. Après la naissance de leur premier enfant, Régina, à Dunham, la famille déménagea dans le Vermont et s'installa successivement à Burlington, Jericho et Waterville car William devait se déplacer pour trouver un travail dans différentes écoles[5]. À Waterville il se sépara de son éducation presbytérienne et rejoignit les baptistes du libre arbitre où il passa le reste de sa vie en tant que pasteur[5]. Il devint également un abolitionniste convaincu ce qui le rendit parfois peu populaire au sein de sa congrégation et contribua aux fréquents déplacements de la famille[6]. En 1828, la famille déménagea à nouveau, à Fairfield, où Chester Alan Arthur naquit l'année suivante[4]. Il fut nommé "Chester" d'après Chester Abell, le médecin et ami de la famille qui participa à l'accouchement et "Alan" d'après son grand-père paternel[note 2]. Après la naissance d'Arthur, la famille resta à Fairfield jusqu'en 1832 lorsque la profession du père d'Arthur les obligea à déménager dans plusieurs villes du Vermont et de l'État de New York avant de s'établir dans la région de Schenectady[7].

Les fréquents déménagements de la famille devinrent par la suite la base des accusations selon lesquelles Chester Arthur n'était pas un citoyen natif des États-Unis. Après qu'Arthur eut été nommé vice-président en 1880, ses adversaires politiques suggérèrent qu'il pourrait constitutionnellement ne pas être éligible pour ce poste[8]. Un avocat de New York, Arthur P. Hinman, apparemment engagé par ses opposants chercha à démontrer les rumeurs sur une naissance à l'étranger d'Arthur[9]. Hinman avança initialement que Arthur était né en Irlande et qu'il n'était arrivé aux États-Unis qu'à l'age de quatorze ans ce qui le rendait inéligible pour la vice-présidence du fait de la clause de naissance de la Constitution[9][note 3]. Lorsque cette version ne reçut aucune preuve, Hinman prétendit alors qu'Arthur était né au Canada mais cette rumeur ne remporta aucune crédit[9].

Éducation

Arthur passa une partie de son enfance à Perry et à Greenwich dans l'état de New York. Durant sa jeunesse, il se rapprocha des idées du Parti whig et il rejoignit d'autres jeunes Whigs en soutien de Henry Clay et participa même à une rixe contre les étudiants soutenant James K. Polk[7]. Il montra également son soutien à la confrérie de Fenian en portant une veste verte[10]. Arthur fut inscrit à l'Union College en 1845 où il reçut une éducation classique traditionnelle[7]. En tant qu'ainé en 1848, il fut élu à l'age de 18 ans à la société Phi Beta Kappa et devint président de la société de débat[10]. Durant ses vacances d'hiver, Arthur enseigna à l'école de Schaghticoke[10].

Après avoir été diplômé, Artur retourna à Schaghticoke et devint enseignant à plein temps mais peu après il commença des études de droit[11]. Tout en étudiant la loi, il continua à enseigner et se rapprocha de la maison familiale en prenant un travail à North Pownal dans le Vermont[11]. Tout a fait par hasard, le futur président James A. Garfield enseignera la calligraphie à la même école trois ans plus tard mais leurs chemins ne se croisèrent pas[12]. En 1852, Arthur déménagea à Cohoes dans l'État de New York où il devint le directeur d'une école où sa sœur Malvina était enseignante[12]. Après avoir économisé suffisamment d'argent et avoir étudié à la State and National Law School à Ballston Spa, il déménagea à New York l'année suivante pour faire son droit au cabinet d'Erastus D. Culver, un avocat abolitionniste et un ami de la famille[13]. Lorsqu'Arthur fut admis au Barreau en 1854, il rejoignit le cabinet qui fut renommé Culver, Parker et Arthur[14].

Début de carrière

Avocat à New York

Arthur alors jeune avocat.

Lorsqu'Arthur rejoignit le cabinet, Culver et le procureur de New York, John Jay (le petit-fils du père fondateur du même nom) menaient une action en habeas corpus contre Jonathan Lemmon, un propriétaire d'esclaves de Virginie qui traversait New York avec ses huit esclaves[15]. Dans cette affaire, Culver avança que, comme la loi de New York n'autorisait pas l'esclavage, tout esclave arrivant à New York était automatiquement affranchi[15]. L'argument fut efficace et plusieurs appels furent confirmés par la cour d'appel de New York en 1860[15]. Les biographes de campagne d'Arthur lui accordèrent la plus grande part du crédit de cette victoire ; en réalité son rôle était mineur même s'il avait certainement été un participant actif dans l'affaire[16]. Dans une autre affaire de droits civiques en 1854, Arthur fut le procureur principal représentant Elizabeth Jennings Graham après qu'on lui eut refusé un siège dans un tramway car elle était noire[16]. Il remporta l'affaire et le verdict mena à la déségrégation des lignes de tramway de New York[16].

En 1856, Arthur courtisa Ellen Herndon, la fille de William Lewis Herndon, un officier naval de Virginie[17]. Les deux se fiancèrent rapidement[18]. Plus tard dans l'année, il entama un nouveau partenariat avec un ami, Henry D. Gardiner, et se rendit avec lui dans le Kansas pour étudier la possibilité de s'y établir et d'y fonder un cabinet d'avocat[16]. Au même moment, l'état était le lieu d'une lutte violente entre les partisans et les opposants de l'esclavage et Arthur se rallia fermement avec ces derniers[19]. La rude vie sur la frontier ne s'accordait pas avec la vie raffinée des new-yorkais ; après trois ou quatre mois les deux avocats retournèrent à New York où Arthur réconforta sa fiancée après que son père eut disparu en mer à bord du SS Central America[19]. En 1859, ils se marièrent à l'église épiscopale de Manhattan[20]. Après leur mariage, Arthur se consacra à son travail d'avocat mais il trouva également le temps de s'impliquer dans le parti républicain[21].

Guerre de Sécession

Arthur épousa Ellen Herndon en 1859.

En 1860, Arthur fut nommé dans l'équipe militaire du gouverneur Edwin D. Morgan[21]. Le poste était une nomination de faible importance jusqu'au déclenchement de la Guerre de Sécession en avril 1861[22]. Arthur reçut le grade de brigadier-général et fut assigné au département de l'intendance[22]. Il était si efficace à loger et à équiper les troupes qui se déversaient dans la ville de New York qu'il fut promut au sein de la milice nationale au rang d'inspecteur général en février 1862 puis au quartier-général de l'intendance en juillet[23]. Il eut l'opportunité de servir sur le front lorsque le 9e régiment d'infanterie de New York l'élut colonel au début de la guerre mais il refusa et resta à son poste à la demande du gouverneur Morgan[24]. Arthur s'approcha du front lorsqu'il voyagea vers le sud pour inspecter les troupes de New York près de Fredericksburg en Virginie, en mai 1862 ; peu après les forces du major-général Irvin McDowell s'emparèrent de la ville durant la Campagne Péninsulaire[25]. Cet été, lui et les autres représentants des gouverneurs du nord rencontrèrent le Secrétaire d'État William H. Seward à New York pour coordonner la levée de nouvelles troupes et il passa les mois suivants à atteindre le quota new-yorkais de 120 000 hommes[25]. Arthur reçut les félicitations pour son travail mais son poste était politique et il fut relevé de ses fonctions en janvier 1863 quand Horatio Seymour, un démocrate, devint gouverneur[26].

Arthur retourna à la pratique de la loi en 1863 et les affaires du cabinet Arthur & Gardiner étaient florissantes[27]. Si sa vie professionnelle s'améliorait, Arthur et son épouse connurent une tragédie personnelle quand leur unique enfant, William, mourut soudainement à l'age de trois ans[28]. Le couple dut surmonter cette épreuve et lorsqu'ils eurent un autre fils en 1864, ils débordèrent d'attention sur lui[29]. Ils auront également une fille en 1871, Ellen et les deux enfants parvinrent à l'age adulte[30]. Les perspectives politiques d'Arthur s'améliorèrent de même que ses affaires professionnelles lorsque son patron, l'ancien gouverneur Morgan, fut élu au Sénat des États-Unis[31]. Il fut engagé par Thomas Murphy, un chapelier qui vendait des marchandises à l'US Army, pour le représenter à Washington. Les deux devinrent associés au sein des cercles du parti républicain de New York et Arthur commença à s'affirmer dans la branche conservatrice du parti dominé par Thurlow Weed[31]. Lors de l'élection présidentielle de 1864, Arthur et Murphy levèrent des fonds auprès des républicains de New York et il assista à la seconde investiture d'Abraham Lincoln en 1865[32].

Politicien à New York

Machine de Conkling

La New York Custom House fut le bureau d'Arthur durant sept ans.

La fin de la Guerre de Sécession signifiait de nouvelles opportunités pour les hommes de la machine républicaine de Morgan dont Arthur[33]. Morgan se rapprocha de l'aile conservatrice du parti républicain de New York et les hommes qui travaillaient pour lui firent de même, dont Weed, Seward (qui servait en tant que secrétaire d'État du président Andrew Johnson) et Roscoe Conkling (un éloquent congressiste d'Utica et étoile montante du parti)[33]. Arthur articulait rarement ses propres idées politiques à celles de la machine ; comme cela était courant à l'époque, la loyauté et le travail pour le compte de la machine étaient plus importantes que les sympathies politiques[34]. En 1866, il tenta de sécuriser la position d'officier naval à la New York Custom House (douanes du port de New York), un poste lucratif avec peu de responsabilités, mais il n'y parvint pas[35]. Néanmoins il poursuivit son travail de juriste (en solitaire après la mort de Gardiner) et son rôle en politique en devenant membre du prestigieux Century Club en 1867[35]. Conkling, élu en 1867 au Sénat, remarqua Arthur et accompagna sa montée dans le parti[36]. Arthur devint président du comité exécutif républicain de New York en 1868[37]. Son ascension dans la hiérarchie du parti le gardait actif durant de nombreuses nuits et sa femme commença à ressentir ses absences continuelles de la maison familiale[38].

La machine de Conkling était solidement derrière la candidature du général Ulysses S. Grant pour la présidence et Arthur travailla à lever des fonds pour l'élection de 1868[39]. La machine démocrate opposée à New York, connue sous le nom de Tammany Hall, travaillait pour l'adversaire de Grant, l'ancien gouverneur de New York Horatio Seymour ; Grant gagna la majorité du vote populaire mais Seymour remporta facilement l'État de New York[39]. Arthur commença à consacrer plus de temps à la politique qu'à son travail d'avocat[40]. En 1869, il fut nommé conseiller à la commission fiscale de New York grâce un arrangement passé entre son ami Murhpy et William Tweed, le boss du Tammany Hall[40]. Il resta à ce poste jusqu'en 1870 avec un salaire de 10 000 $ par an[40][note 4]. Le véritable rôle d'Arthur dans la commission fiscale reste inconnu ; après la chute de Tweed en 1871, Arthur ne parla jamais plus de la coopération entre la machine Conking et le Tammany Hall[40]. Peu après, le président Grant donna le contrôle du patronage de la New York Custom House à Conkling et il nomma Murphy au poste de collecteur du port de New York[41]. La réputation de profiteur de guerre de Murphy et son association avec le Tammany Hall le rendait inacceptable pour de nombreux membres de son propre parti mais Conkling parvint néanmoins à convaincre le Sénat de confirmer cette nomination[41]. Le collecteur était responsable du recrutement de centaines d'ouvriers pour collecter les droits de douane du port le plus fréquenté des États-Unis. Typiquement, ces postes étaient distribués aux adhérents de la machine politique responsable de la nomination du collecteur. Les employés devaient réaliser des contributions politiques (connues sous le nom d'"impositions") pour le compte de la machine, ce qui rendait le poste très convoité par les politiciens[42]. L'impopularité de Murphy s'accrut lorsqu'il remplaça les travailleurs loyaux à la faction républicaine du sénateur Reuben Fenton par ceux loyaux à Conkling[43]. Finalement, la pression pour remplacer Murphy devint trop grande et Grant demanda sa démission en 1871[43]. Pour le remplacer, Grant nomma Arthur[44].

Le Sénat confirma la nomination d'Arthur. En tant que collecteur, il contrôlait près de mille emplois mais il recevait également une compensation personnelle aussi importante n'importe quel titulaire fédéral[42]. Le salaire d'Arthur était de 6 500 $ mais les officiers supérieurs des douanes étaient également indemnisés avec par le système de "moitié", qui leur accordait un pourcentage des amendes appliquées aux importateurs qui tentaient d'éviter les droits de douane[45]. Au total, ses revenus étaient de plus de 50 000 $, plus que le salaire du président et cela était amplement suffisant pour lui permettre d'apprécier un style de vie plus raffiné[45][note 5]. Parmi ceux qui travaillaient avec la Custom House, Arthur était l'un des collecteurs les plus populaires[46]. Il s'entendait bien avec ses subalternes et comme Murphy avait déja rempli les effectifs avec des adhérents de Conkling, il eut peu d'occasion de virer quelqu'un[47]. Il était également populaire au sein du parti républicain car il collectait efficacement les impositions de campagne et plaçait les amis des dirigeants du parti aux positions qui devenaient disponibles[38]. Arthur avait une meilleure réputation que Murphy mais les réformateurs critiquaient la structure de patronage et le système de "moitié" comme étant de la corruption[42]. En 1872, une vague de réformes au sein du parti poussa Arthur à recaractériser les impositions financières des employés comme étant des "contributions volontaires" mais le principe restait le même et le parti engrangeait les bénéfices du contrôle des postes gouvernementaux[48]. La même année, les républicains réformateurs formèrent le parti libéral républicain et votèrent contre Grant mais il fut réélu en dépit de leur opposition[49]. Néanmoins, les partisans d'une réforme de la fonction publique continuèrent d'affaiblir le système de clientélisme de Conkling lorsque, après que des employés de la Custom House eurent improprement fixé les amendes d'une compagnie importatrice en 1876, le Congrès mit fin au système de "moitié" et imposa un salaire fixe à la direction dont Arthur[50]. Par conséquent, son salaire tomba à 12 000 $ par an[50].

Affrontement avec Hayes

Rutherford B. Hayes chassant Arthur de la New York Custom House

Le mandat de quatre ans d'Arthur expira le 10 décembre 1875 et Conkling, maintenant l'un des politiciens les plus influents de Washington, assura sa renomination par le président Grant[51]. En 1876, Conkling fut considéré pour briguer la Présidence mais le choix de Rutherford B. Hayes, un réformateur, à la convention républicaine de 1876 annonçait des problèmes pour la machine politique[52]. Arthur et la machine rassemblèrent des fonds pour la campagne avec leur zèle habituel mais Conkling limita ses activités de campagne à quelques discours[53]. L'adversaire de Hayes, le gouverneur de New York, Samuel J. Tilden, remporta l'État de New York mais l'élection fut entachée de nombreuses fraudes. Après plusieurs mois de controverses, la commission électorale annonça que Hayes devenait le nouveau président[54].

Hayes entra en fonction en ayant promis de réformer le système de nomination des fonctionnaires qui était basé sur le système des dépouilles. En 1877, Hayes et le Secrétaire au Trésor John Sherman s'attaquèrent à la machine politique de Conkling[53]. Sherman demanda à une commission menée par John Jay d'enquêter sur la New York Custom House[55]. Jay, avec qui Arthur avait collaboré en tant que juriste deux décennies auparavant, avança que la Custom House était tellement pleine de militants nommés pour des raisons électorales que 20% des employés étaient inutiles[56]. Sherman était moins enthousiaste à propos des réformes que Hayes et Jay mais il approuvait le rapport de la commission et ordonna à Arthur de réaliser une réduction de personnel[57]. Arthur nomma un comité d'employés de la Custom House afin de déterminer où les coupes devaient être réalisées[58]. En dépit de sa coopération, la commission Jay présenta un second rapport critiquant Arthur et d'autres employés de la Custom House et des rapports ultérieurs demandèrent une réorganisation complète[58].

Hayes s'attaqua de front au système des dépouilles en émettant un ordre exécutif qui interdisait aux administrateurs fédéraux de faire des donations pour les campagnes électorales et de prendre part à la vie politique[59]. Arthur et ses subordonnés, Alonzo B. Cornell et George H. Sharpe, refusèrent d'obéir à cet ordre[60]. Sherman encouragea Arthur à démissionner, lui offrant le poste de consul à Paris mais Arthur refusa[61]. En septembre 1877, Hayes demanda la démission des trois hommes, ce qu'ils refusèrent de faire[61]. Néanmoins, Hayes proposa la nomination de Theodore Roosevelt, Sr., L. Bradford Prince et Edwin Merritt— tous supporters de William M. Evarts, le rival de Conkling au Sénat, pour les remplacer[62]. Le comité du commerce du Sénat, que Conkling présidait, vota unanimement pour rejeter ces nominations. Merritt ne fut nommé que parce que le mandat de Sharpe arrivait à son terme[63].

Le poste d'Arthur était donc sauvé mais uniquement jusqu'en juillet 1878 lorsque Hayes profita de la vacance sénatoriale pour renvoyer Arthur et Cornell et les remplacer respectivement par Merritt et Silas W. Burt[64][note 6]. Conkling s'opposa à ces nominations lorsque le Congrès se rassembla à nouveau en février 1879 mais les deux furent approuvées donnant à Hayes une victoire significative dans son programme de réforme[66]. Après six années, Arthur se retrouvait sans emploi mais était toujours un politicien influent[67]. Lors des élections d'état de 1879, Arthur et Conkling travaillèrent pour s'assurer que les nominés républicains seraient des membres de la faction de Conkling qui étaient connus sous le nom de Stalwart[68]. Ils réussirent mais de justesse car Cornell fut nominé pour devenir gouverneur par 234 voix contre 216[68]. Arthur et Conkling firent vigoureusement campagne pour le ticket Stalwart et grâce à la division du parti démocrate, ils furent victorieux[69]. Arthur et la machine avaient repoussé Hayes et ses rivaux au sein du parti mais il n'eut que quelques jours pour se réjouir car le 12 janvier 1880, sa femme mourut subitement alors qu'il était à Albany entrain de préparer son agenda politique[70]. Il était dévasté et ne se remaria jamais[70].

Élection de 1880

Affiche de campagne pour le ticket Garfield–Arthur

Conkling et les Stalwarts souhaitaient poursuivre leur succès de 1879 lors de la convention républicaine de 1880 en sécurisant la nomination de leur allié, l'ancien président Grant[71]. Leurs opposants dans le parti républicain, appelés les Half-Breeds, soutenaient James G. Blaine, un sénateur du Maine qui semblait plus sensible à la question de la réforme de la fonction publique[71]. Aucun des candidats ne rassembla une majorité de délégués même après 36 tours. La convention se tourna alors vers un outsider, James A. Garfield, un congressiste de l'Ohio et général de la Guerre de Sécession qui était ni Stalwart ni Half-Breed[72]. Garfield et ses partisans savaient qu'ils allaient affronter une difficile élection sans le soutien des Stalwarts de New York et il décidèrent d'offrir la nomination pour la Vice-Présidence à l'un d'entre-eux[73]. Levi Morton était le premier choix des partisans de Garfield mais ce dernier, sur le conseil de Conkling, refusa[74]. Ils approchèrent alors Arthur. Conkling lui conseilla de refuser car il croyait que les républicains allaient perdre[75]. Arthur pensa autrement et accepta, déclarant à Conkling, "le poste de Vice-Président est le plus grand honneur que j'ai jamais rêvé d'atteindre"[75][note 7]. Conkling se fit à l'idée de la nomination et fit campagne pour le ticket[78]. Comme prévu, l'élection fut serrée. Le candidat démocrate, le général Winfield Scott Hancock, était populaire et comme il n'avait pas pris des positions impopulaires (voire aucune position du tout) sur les questions d'actualité, il n'avait offensé aucune circonscription importante[79]. Comme les républicains l'avaient fait depuis la fin de la Guerre de Sécession, Garfield et Arthur axèrent leur campagne sur le "bloody shirt" ; l'idée selon laquelle le retour des démocrates à la Maison Blanche annulerait la victoire de la Guerre et récompenserait les sécessionnistes[80]. La guerre étant terminée depuis quinze ans et avec des généraux dans les deux tickets, la tactique se révéla moins efficace que ce que les républicains avaient espéré[80]. Ils changèrent donc d'argument en avançant que les démocrates abaisseraient les droits de douane, ce qui permettrait à des produits manufacturés moins chers d'être importés d'Europe et mettrait plusieurs milliers d'ouvriers au chômage[81]. Cet argument fut décisif dans les "swing states" industriels de New York et de l'Indiana[81]. Hancock ne s'aida pas lorsque, dans une tentative pour rester neutre sur cette question, il déclara que "la question des droits de douanes est un sujet local", ce qui le fit apparaitre mal-informé sur une question importante[82]. Les candidats à la fonction suprême ne faisaient pas personnellement campagne à cette époque mais Arthur joua un rôle dans cette campagne à sa manière en levant des fonds[83]. L'argent était crucial dans cette élection serrée et l'État de New York jouait un rôle central[84]. Les républicains remportèrent l'État de New York par 20 000 voix d'avance et dans l'élection présidentielle avec le taux de participation le plus élevé de l'histoire (78,6%), ils n'eurent que 7 018 voix d'avance au niveau national[84]. Le résultat du collège électoral était néanmoins largement en faveur de Garfield avec 214 votes contre 155[84].

Vice Présidence

Arthur prêtant serment avec le juge John R. Brady à la maison d'Arthur à New York le 20 septembre 1881.

Après l'élection, Arthur travailla pour persuader Garfield de remplir certains postes, particulièrement celui de Secrétaire au Trésor, avec les Stalwarts de New York[85]. Il fut déçut de même que la machine Stalwart lorsqu'il découvrit que Garfield planifiait de nommer Blaine, l'ennemi juré de Conkling, au poste de Secrétaire d'État[85]. Les relations entre les deux hommes, déjà tendues, se dégradèrent encore car Garfield continuait de ne pas nommer de Stalwarts aux postes disponibles. Le statut d'Arthur dans l'administration s'affaiblit également lorsque, un mois avant l'investiture, il donna un discours devant un parterre de journalistes suggérant que l'élection en Indiana, un swing state, avait été remporté grâce à des fraudes[86]. Garfield nomma finalement un Stalwart, Thomas Lemuel James, au poste de Postmaster General des États-Unis mais les luttes d'influence et le discours hasardeux d'Arthur laissèrent le Président et le Vice-Président séparés lorsqu'ils prêtèrent serment le 4 mars 1881[87]. Le Sénat du 47e Congrès était divisé entre 37 républicains, 37 démocrates, un indépendant (David Davis) qui annonça qu'il s'allierait avec les démocrates, un "Readjuster" (William Mahone) dont l'allégeance était incertaine et quatre sièges vacants[88]. Immédiatement les démocrates tentèrent d'encadrer le Sénat, sachant que les postes vacants seraient rapidement occupés par des républicains[88]. En tant que Vice-Président, Arthur utilisa son droit de vote[note 8] en faveur des républicains lorsque Mahone choisit de les rejoindre[88]. Même ainsi, le Sénat resta bloqué durant deux mois du fait des nominations de Garfield dont certaines étaient opposées par Conkling[89]. Juste avant la vacance parlementaire in mai 1881, la situation se compliqua encore lorsque Conkling et l'autre sénateur de New York, Thomas C. Platt, démissionnèrent en protestation de l'opposition continuelle de Garfield à leur faction[90].

Le Sénat étant en vacance, Arthur n'avait aucun devoir à Washington et il retourna à New York[91]. Une fois là, il se rendit avec Conkling à Albany, où l'ancien sénateur avait espéré une rapide réélection au Sénat afin de désavouer l'administration Garfield[91][note 9]. La majorité républicaine à la législature d'état était divisée sur la question. À la surprise de Conkling et de Platt, ils se retrouvèrent à devoir affronter leurs camarades politiques[91][note 10]. Alors qu'il était à Albany le 2 juillet, Arthur apprit que Garfield avait été abattu[91]. L'assassin, Charles J. Guiteau, était un avocat perturbé qui croyait qu'assassiner Garfield convaincrait Arthur de lui offrir un poste gouvernemental ; il proclama aux témoins : "Je suis le Stalwart des Stalwarts … Arthur est président maintenant !"[92]. Malgré ses prétendus liens avec Arthur, le public apprit rapidement que Guiteau était mentalement instable et n'avait aucun lien avec le Vice-Président[93]. Plus inquiétant était le manque de clarté du dispositif de succession présidentielle : Avec Garfield à l'antichambre de la mort, personne ne savait si quelqu'un pouvait exercer l'autorité présidentielle[94]. De plus, après la démission de Conkling, le Sénat s'était séparé sans élire un président pro tempore, qui suivrait normalement Arthur dans la ligne de succession[94]. Arthur était réticent à agir en tant que Président alors que Garfield était encore en vie et les deux mois suivants connurent un vide avec Garfield trop faible pour mener ses devoirs et Arthur refusant de les assumer[95]. Au cours de l'été, Arthur refusa de se rendre à Washington et se trouvait à sa résidence de Lexington Avenue lorsqu'il apprit dans la nuit du 19 septembre que Garfield était mort[95]. Le juge John R. Brady de la Cour suprême de New York administra le serment présidentiel dans la maison d'Arthur à h 15 le jour suivant et Arthur monta dans un train pour la capitale fédérale deux jours plus tard[95].

Présidence 1881-1885

Prise de fonctions

Sur le seuil du Bureau, que devons nous attendre de lui ?
Dans un dessin de 1881 publié dans le magazine Puck, Arthur fait face au cabinet présidentiel du défunt président Garfield.

Arrivé à Washington le 22 septembre, Arthur renouvela son serment présidentiel, cette fois avec le Chief Justice Morrison R. Waite, car il y avait des inquiétudes sur le fait qu'un juge d'état possède l'autorité nécessaire pour administrer le serment présidentiel[96]. Il résida d'abord dans la résidence du sénateur John P. Jones dans l'attente d'importantes modifications qu'il avait ordonné à la Maison Blanche, dont l'ajout d'une grande verrière réalisée par Louis Comfort Tiffany[97]. Comme Arthur était veuf, sa sœur, Mary Arthur McElroy joua le rôle de Première Dame[97]. Arthur devint rapidement le célibataire le plus recherché de Washington et sa vie sociale devint l'objet de nombreuses rumeurs mais il resta fidèle à la mémoire de sa défunte femme[98]. Son fils, Chester Jr, était alors étudiant à l'Université de Princeton et sa fille, Nell, resta à New York avec une gouvernante jusqu'en 1882 ; lorsqu'elle arriva, Arthur tenta de la protéger autant qu'il put contre les intrusions de la presse[98].

Arthur rentra rapidement en conflit avec l'administration Garfield dont la plupart des membres étaient issus de factions républicaines rivales de celle d'Arthur. Il demanda à ses membres de rester en poste jusqu'en décembre lorsque le Congrès se réunira à nouveau, mais le Secrétaire au Trésor William Windom soumis sa démission en octobre pour se lancer dans la course à un poste de sénateur dans son état du Minnesota[99]. Arthur le remplaça par Charles J. Folger, son ami et compagnon au sein des Stalwarts de New York[99]. Le Procureur Général Wayne MacVeagh fut le suivant à démissionner, considérant qu'en tant que réformateur, il n'avait aucune place dans l'administration Arthur[100]. Malgré l'intervention personnelle d'Arthur, MacVeigh démissionna en décembre 1881 et il fut remplacé par Benjamin H. Brewster, un avocat de Philadelphie et un politicien possédant certaines idées réformatrices[100]. Blaine, l'ennemi juré de la faction Stalwart, accepta de rester Secrétaire d'État jusqu'à la reprise de la session parlementaire mais il démissionna immédiatement après[101]. Conkling espérait qu'Arthur le nommerait à la place de Blaine mais le Président choisit Frederick T. Frelinghuysen du New Jersey, un Stalwart recommandé par l'ex-Président Grant, à sa place[101]. Frelinghuysen conseilla à Arthur de ne pas nommer de Stalwarts à d'autres postes mais lorsque le Postmaster General James démissionna en janvier 1882, Arthur choisit Timothy O. Howe, un Stalwart du Wisconsin pour le remplacer[102]. Le Secrétaire à la marine William H. Hunt fut le suivant à démissionner en avril 1882 et Arthur tenta une approche plus équilibrée en nommant William E. Chandler au poste, sur la recommandation de Blaine[102]. Finalement, lorsque le Secrétaire Samuel J. Kirkwood démissionna le même mois, Arthur nomma Henry M. Teller, un Stalwart du Colorado à ce poste[102]. Sur les membres de l'administration qu'Arthur avait hérité de Garfield, seul le Secrétaire à la Guerre Robert Todd Lincoln resta durant la totalité du mandat d'Arthur[102].

Réforme de la fonction publique

Portrait de Chester A. Arthur réalisé par Ole Peter Hansen Balling en 1881.

Dans les années 1870, le public prit connaissance du scandale des "star routes" dans lequel des contrats truqués sur les voies postales avaient entrainé une importante corruption avec la complicité de haut-fonctionnaires (dont le second assistant Postmaster General, Thomas J. Brady et l'ancien sénateur Stephen Wallace Dorsey)[103]. Les réformateurs craignaient que le nouveau Président Arthur, ancien partisan du système des dépouilles, allait tolérer ce genre de corruption et qu'il allait enterrer l'enquête sur ce scandale[103]. Néanmoins, le nouveau Procureur Général, Brewster, poursuivit les enquêtes commencées par McVeigh et engagea les influents avocats démocrates William W. Ker et Richard T. Merrick dans une tentative d'améliorer l'équipe d'enquête et éviter un sentiment de collusion politique[104]. Bien qu'Arthur ait travaillé étroitement avec Dorsey avant de prendre ses fonctions, une fois au poste il soutint les enquêtes et poussa à la démission des haut-fonctionnaires impliqués dans le scandale[104]. Le procès des responsables de la fraude en 1882 déboucha sur la condamnation de deux accusés mineurs et le jury ne parvint pas à une majorité pour les autres accusés[105]. Après qu'un juré eut avancé que la défense ait tenté de le corrompre, le juge annula la décision de justice et annonça un nouveau procès[105]. Avant le début du second procès, Arthur muta cinq haut-fonctionnaires jugés trop proches de la défense dont un ancien sénateur[106]. Le nouveau procès commença en décembre 1882 et dura jusqu'en juillet 1883 mais ne déboucha pas sur une condamnation[106]. L'échec à obtenir une condamnation ternit l'image du gouvernement mais Arthur était parvenu à mettre un terme à la fraude[106].

L'assassinat de Garfield par un avocat dérangé qui cherchait une nomination à un poste officiel amplifia la demande populaire pour une réforme de la fonction publique[107]. Les dirigeants démocrates et républicains réalisèrent qu'ils pourraient attirer les votes des réformateurs en s'opposant au système des dépouilles[107]. À partir de 1880, le sénateur démocrate George H. Pendleton de l'Ohio introduisit une loi qui permettrait une sélection des fonctionnaires basée sur le mérite et sur un concours[107]. Dans son discours sur l'état de l'Union de 1881, Arthur demanda une réforme de la fonction publique et Pendleton présenta une nouvelle fois sa loi mais le Congrès la rejeta[107]. Les républicains perdirent des sièges lors des élections de 1882 tandis que les démocrates avaient fait campagne sur la question des réformes[108]. Ainsi, le Congrès sortant était plus favorable à cette question et la loi de Pendleton fut adoptée[109]. Arthur signa le Pendleton Civil Service Reform Act le 16 janvier 1883[109]. En juste deux ans, an Stalwart obstiné était devenu le président qui avait fait passer une réforme de la fonction publique longuement attendue[109].

Initialement, la loi ne s'appliquait qu'à 10% des postes fédéraux et, sans intervention du président, cela aurait put ne pas aller plus loin[110]. Même après qu'il eut signé la loi, les réformateurs doutaient de la volonté de réforme d'Arthur[110]. À leur surprise, il agit rapidement pour nommer les membres de la Civil Service Commission créée par la loi et proposa les réformateurs Dorman B. Eaton, John M. Gregory et Leroy D. Thoman aux postes de commissaires[110]. L'investigateur en chef, Silas W. Burt, était un réformateur de longue-date qui avait été l'opposant d'Arthur lorsque les deux hommes travaillaient à la New York Customs House[111]. La commission présenta ses premières règles en mai 1883 et en 1884 la moitié des fonctionnaires des postes et le trois-quarts des membres du service des douanes étaient nommés au mérite[111]. La même année, Arthur exprima sa satisfaction concernant ce nouveau système en louant son efficacité "pour nommer des fonctionnaires compétents et honnêtes et protéger les employés du Gouvernement de la pression de l'impunité personnelle et du labeur d'examiner les demandes et les plaintes des candidats rivaux au poste"[112].

Excédent budgétaire et droits de douane

Depuis 1866, le gouvernement fédéral collectait plus d'argent qu'il n'en dépensait et le surplus budgétaire atteignait 145 millions de dollars en 1882[113]. Les opinions variaient sur comment équilibrer le budget. La plupart des démocrates souhaitaient abaisser les droits de douane pour réduire les recettes et faire baisser le prix des produits importés. Les républicains y étaient opposés et considéraient que les droits de douane élevés permettaient des salaires élevés pour les employés travaillant dans l'industrie. Ils souhaitaient un accroissement des dépenses fédérales en particulier pour les travaux publics et réduire les droits d'accise[113]. Arthur était globalement en accord avec son parti et en 1882, il demanda l'abolition des droits d'accise sur tous les produits à l'exception des alcools, ainsi qu'une simplification de la complexe structure fiscale[114]. En mai 1882, le représentant William D. Kelley de Pennsylvanie introduisit une loi pour créer une commission fiscale[114]. La loi fut acceptée et signée par Arthur mais ce dernier nomma de nombreux protectionnistes au sein du comité. Les républicains étaient satisfaits de la composition du comité mais furent surpris lorsque, en décembre 1882, le comité proposa au Congrès une réduction des droits de 20 à 25%. Les recommandations du comité furent cependant ignorées car la commission fiscale de la Chambre dominée par les protectionnistes, rédigea le projet de loi limitant les baisses à 10%[114]. Après accord avec le Sénat, la loi ne réduisit les droits que de seulement 1.47%. La loi fut adoptée de justesse dans les deux chambres le 3 mars 1883, le dernier jour du 47e Congrès. Arthur signa la loi mais cela ne permit pas de réduire le surplus[115].

Au moment du débat sur les droits de douane, le Congrès tenta d'équilibrer le budget en augmentant les dépenses avec une loi sur les ports et les fleuves qui prévoyait une dépense jamais vue de 19 millions de dollars pour des aménagements intérieurs[116]. Arthur n'était pas opposé à ces améliorations mais l'ampleur de la loi le dérangeait de même que l'accent mis sur des "localités particulières," au lieu de projets qui bénéficieraient à la plus grande partie de la Nation[116]. Le 1er aout 1882, Arthur mit son veto à cette loi impopulaire[116]. Dans son message accompagnant le veto, il écrivit que son objection principale à la loi était qu'elle appropriait des fonds pour "non pas la défense de l'intérêt commun ou général et ne promouvait pas le commerce entre les états"[117]. Le Congrès neutralisa son veto[116] et la loi réduisit l'excédent de 19 millions de dollars. De nombreux républicains considéraient la loi comme un succès mais considérèrent par la suite que son impopularité leur avait couté des sièges lors de l'élection de 1882[118].

Affaires étrangères et immigration

Dessin politique de 1882 critiquant l'exclusion des chinois

Durant la présidence Garfield, le Secrétaire d'État James G. Blaine mena la diplomatie américaine en Amérique latine dans une nouvelle direction en demandant des accords commerciaux réciproques et en offrant sa médiation dans les disputes entre les états latino-américains[119]. Blaine proposa la tenue d'une conférence pan-américaine en 1882 pour discuter des questions commerciales et la fin de la Guerre du Pacifique entre la Bolivie, le Chili et le Pérou[119]. Cela marquait un changement significatif dans la politique étrangère américaine[119]. Blaine ne resta pas en place suffisamment longtemps pour voir le résultat de ses efforts et quand Frederick T. Frelinghuysen le remplaça à la fin de l'année 1881, les efforts pour la préparation d'une conférence furent suspendus[120]. Frelinghuysen mit également fin aux tentatives de médiation américaine dans la Guerre du Pacifique craignant que les États-Unis n'y soient entrainés[120]. Arthur et Frelinghuysen poursuivirent les efforts de Blaine pour encourager le commerce entre les nations de l'hémisphère occidental et un traité signé en 1882 et approuvé par le Congrès en 1884 avec le Mexique permit la mise en place de droits de douanes réciproques[121]. Cependant, la Chambre n'approuva pas la loi nécessaire pour faire appliquer le traité et il ne fut jamais appliqué[121]. Des efforts similaires avec Saint-Domingue et les colonies espagnoles furent rejetés en février 1885 et un traité de réciprocité existant avec le Royaume d'Hawaï devint caduc[122].

Le 47e Congrès passa beaucoup de temps à travailler sur la question de l'immigration, parfois en accord avec les idées d'Arthur et parfois contre[123]. En juillet 1882, sans véritable opposition, le Congrès vota une loi régulant les navires à vapeur transportant les immigrés aux États-Unis[123]. À leur surprise, Arthur mit son véto à la loi, citant la formulation du texte ; le Congrès accepta de la réécrire et Arthur la signa[123]. Il signa également en aout l'Immigration Act of 1882, qui imposait une taxe de 50 cents sur les immigrants et interdisait l'entrée des malades, des handicapés mentaux, des criminels et de toute personne "incapable de se prendre en charge sans devenir un poids pour la société"[124]. Un important débat concernait le statut d'un groupe particulier d'immigrants : les Chinois. En 1868, le Sénat avait ratifié le traité de Burlingame avec la Chine, autorisant une immigration sans limitation des Chinois aux États-Unis. Du fait de la contraction économique après la crise bancaire de mai 1873, les immigrants chinois furent accusés de faire baisser les salaires des ouvriers[125]. En réponse, le Congrès vota le Chinese Exclusion Act en 1879 qui abrogeait le traité de 1868 mais le Président Hayes mit son veto au projet de loi[125]. Trois ans plus tard, après que la Chine accepta d'étudier des révisions du traité, le Congrès tenta à nouveau de réduire l'immigration chinoise. Le sénateur John F. Miller de Californie introduisit un Chinese Exclusion Act qui refuserait l'octroi de la citoyenneté américaine aux immigrés chinois et interdirait toute immigration de ce pays durant 20 ans[126]. La loi fut adoptée au Sénat et à la Chambre avec des majorités écrasantes et arriva sur le bureau d'Arthur en avril 1882[126]. Arthur mit son véto à la loi, considérant que l'interdiction de 20 ans contrevenait au traité de renégociation de 1880 qui autorisait une suspension "raisonnable" de l'immigration. Les journaux de l'est du pays félicitèrent Arthur pour son veto mais il fut largement condamné par les journaux de la côte ouest. Le Congrès fut incapable de neutraliser le veto, et passa une nouvelle loi qui limitait l'immigration durant 10 ans. Bien qu'il continua de s'opposer au refus de la citoyenneté aux immigrants chinois, Arthur signa la loi de compromis le 6 mai 1882[126][note 11].

Réforme navale

Le "Squadron of Evolution" à l'ancre en 1889.

Dans les années qui suivirent la fin de la Guerre de Sécession, la puissance navale américaine déclina rapidement passant de près de 700 navires à 52 dont la plupart étaient obsolètes[127]. L'effort militaire de la Nation durant les quinze années qui avaient précédé l'élection de Garfield et d'Arthur s'était concentré sur les Guerres indiennes dans l'ouest plutôt que sur les hautes mers mais avec la pacification progressive de la région le Congrès commença à s'inquiéter de l'état déplorable de la marine[128]. Le Secrétaire à la Marine de Garfield, William H. Hunt, défendit une réforme de la marine et son successeur, William E. Chandler, nomma un comité chargé de préparer un rapport sur la modernisation[129]. En accord avec les recommandations du rapport, le Congrès vota des fonds pour la construction de trois croiseurs protégés (Atlanta, Boston et Chicago) et d'une cannonière (Dolphin), nommés "ABCD Ships" ou "Squadron of Evolution"[130]. Le Congrès approuva également la reconstruction de quatre monitors (Puritan, Amphitrite, Monadnock et Terror,) qui attendaient leur achèvement depuis 1877[130]. Les contrats pour la construction des navires ABCD furent accordés à l'offre la moins couteuse, John Roach & Sons de Chester (Pennsylvanie)[131] bien que Roach ait employé le Secrétaire Chandler en tant que lobbyiste[131]. Les démocrates s'opposèrent aux plans de la "New Navy" et lorsqu'ils reprirent le contrôle du Congrès en 1883, ils refusèrent de voter des fonds pour sept nouveaux navires[131]. Même sans ses navires additionnels, l'état de la marine s'améliora lorsque le dernier des nouveaux navires entra en service en 1889[132].

Droits civiques

Comme ses prédécesseurs républicains, Arthur lutta avec la question de savoir comme son parti devait s'opposer aux démocrates dans le sud et comment protéger les droits civiques des noirs du sud[133]. Depuis la fin de la Reconstruction, les conservateurs blancs démocrates (ou "Démocrates Bourbons") avaient repris le pouvoir dans le sud et le parti républicain perdit rapidement son influence car ses principaux soutiens dans la région, les noirs, étaient progressivement privés de leurs droits[133]. Une faille apparut dans le sud solidement démocrate avec l'émergence d'un nouveau parti, le "Readjuster Party", en Virginie[134]. Ayant remporté une élection dans cet état sur la promesse d'une meilleure éducation (pour les noirs et les blancs), l'abolition de l'imposition par tête et du pilori, de nombreux républicains du nord virent les Readjusters comme un allié plus viable que le parti républicain moribond du sud[134]. Arthur était d'accord et orienta le patronage fédéral en Virginie en faveur des plutôt que pour les républicains[134]. Il suivit le même processus dans les autres états du sud en forgeant des coalitions avec les indépendants et le "Greenback Party"[134]. Certains noirs républicains se sentirent trahis par ce pari pragmatique mais d'autres (dont Frederick Douglass et l'ex-sénateur Blanche K. Bruce) soutinrent les actions de l'administration car les indépendants du sud avaient des politiques raciales plus libérales que les démocrates[135]. La politique de coalition d'Arthur ne fut cependant réussie qu'en Virginie et à partir de 1885 le mouvement des Readjuster commença à s'effondrer avec l'élection d'un président démocrate[136]. D'autres actions fédérales pour le compte des noirs furent également inefficaces. Lorsque la Cour Suprême annula le Civil Rights Act de 1875 dans une décision de 1883, Arthur exprima son désaccord dans un message au Congrès mais il fut incapable de convaincre le Congrès de voter une nouvelle législation[137]. Arthur parvint cependant à intervenir pour annuler une décision de la cour martiale concernant un cadet noir de l'Académie militaire de West Point, Johnson Whittaker, après que le Judge Advocate General de l'armée, David G. Swaim, eut prouvé que le dossier à charge avait été réalisé sur des motifs raciaux[138].

L'administration affronta un problème différent dans l'ouest où l'église mormone était sous pression fédérale pour qu'elle mette fin à la pratique de la polygamie dans le Territoire de l'Utah[139]. Garfield considérait que la polygamie était un comportement criminel et était contraire aux valeurs familiales et Arthur était, pour une fois, en accord avec son prédécesseur[139]. En 1882, il signa l'Edmunds Act qui faisait de la polygamie un crime fédéral et interdisait aux polygames de devenir fonctionnaires[139]. L'administration Arthur dut également gérer le changement de relations avec les tribus amérindiennes[140]. Les Guerres indiennes se terminaient et le sentiment public évoluaient vers plus de tolérance. Arthur pressa le Congrès d'accroitre les fonds pour l'éducation des amérindiens, ce qu'il fit en 1884 mais pas à l'échelle qu'il souhaitait[141]. Arthur était également en faveur d'une évolution vers le système de parcellisation, selon lequel les Amérindiens, et non les tribus, posséderaient les terres. Arthur fut incapable de convaincre le Congrès d'adopter cette idée durant son administration mais en 1887, le Dawes Act fit évoluer la loi pour favoriser un tel système[141]. Le système était soutenu par les réformateurs libéraux mais il se révéla finalement désavantageux pour les Amérindiens car la plupart des terres furent vendues à bas prix à des spéculateurs blancs[142].

Santé, voyages et renomination

Arthur lors d'une expédition dans le Parc national de Yellowstone avec Philip Sheridan et Robert Todd Lincoln.

Peu après être devenu Président, Arthur fut diagnostiqué avec la maladie de Bright, une affection rénale aujourd'hui appelée néphrite[143]. Il tenta de garder sa maladie secrète mais en 1883 des rumeurs concernant son état commencèrent à circuler[143]. À ce moment, il avait maigrit et paraissait plus vieux que son âge de même que moins énergique pour rester en phase avec les demandes de la Présidence[143]. Espérant améliorer sa santé en quittant Washington, Arthur et quelques amis politiques se rendirent en Floride en avril 1883[144]. Le voyage eut l'effet opposé et Arthur souffrit d'intenses douleurs avant de rentrer à Washington[144]. L'année suivante, sur les conseils du sénateur George Graham Vest du Missouri, il visita le Yellowstone National Park[145]. Les journalistes accompagnant la visite présidentielle permirent de faire connaitre le nouveau système de parcs nationaux[145]. Le voyage à Yellowstone fut plus bénéfique pour la santé d'Arthur que celui en Floride et il revint à Washington en meilleure santé après deux mois de voyage[146].

À l'approche de l'élection présidentielle de 1884, James G. Blaine était considéré comme le favori pour la nomination républicaine mais Arthur envisageait lui aussi un second mandat présidentiel[147]. Dans les mois qui précédèrent la convention républicaine de 1884, Arthur commença à réaliser qu'aucune faction du parti républicain n'était prête à la le soutenir : les Half-Breeds étaient à nouveau solidement derrière Blaine tandis que les Stalwarts étaient indécis ; certains soutenaient Arthur et d'autres étaient des partisans du sénateur John A. Logan de l'Illinois[147]. Les républicains réformateurs s'étaient rapprochés d'Arthur après qu'il eut soutenu la réforme de la fonction publique mais ils n'étaient pas toujours certains de sa volonté de réforme et le sénateur George F. Edmunds du Vermont, un partisan de longue date de cette cause, était un concurrent sérieux[147]. Les leaders économiques ainsi que les républicains du sud qui lui devaient leur emploi grâce au système de patronage étaient en sa faveur mais au moment où ils commencèrent à faire campagne pour lui, Arthur s'opposa à une campagne sérieuse pour la nomination[148]. Il fit une campagne symbolique, croyant qu'abandonner mettrait en doute ses actions à la Maison Blanche et poserait des questions sur sa santé mais au moment où la convention débuta sa défaite était presque assurée[148]. Blaine était en tête au premier tour et il remporta la majorité au quatrième[149]. Arthur télégraphia ses félicitations à Blaine et accepta sa défaite avec sérénité[149]. Il ne joua aucun role dans la campagne de 1884, ce que Blaine considéra comme ayant contribué à sa défaite face à son adversaire démocrate, Grover Cleveland[150].

Administration

Portrait of a man in a fur coat
Portrait officiel de Chester A. Arthur réalisé par Daniel Huntington.
FONCTION NOM MANDAT
Président Chester A. Arthur 1881–1885
Vice-président Aucun 1881-1885
Secrétaire d'État James G. Blaine 1881-1885
  Frederick T. Frelinghuysen 1881-1885
Secrétaire du Trésor William Windom 1881
  Charles J. Folger 1881-1884
  Walter Q. Gresham 1884
  Hugh McCulloch 1884-1885
Secrétaire à la Guerre Robert T. Lincoln 1881–1885
Procureur général Wayne MacVeagh 1881
  Benjamin H. Brewster 1881-1885
Postmaster General Thomas L. James 1881
  Timothy O. Howe 1881-1883
  Walter Q. Gresham 1883-1884
  Frank Hatton 1884-1885
Secrétaire à la Marine William H. Hunt 1881–1882
  William E. Chandler 1882-1885
Secrétaire à l'Intérieur Samuel J. Kirkwood 1881-1882
  Henry M. Teller 1882-1885

Nominations judiciaires

Arthur nomma deux juges à la Cour Suprême des États-Unis. La première vacance eut lieu en juillet 1881 avec la mort de l'Associate Justice Nathan Clifford, un démocrate qui y siégeait depuis la fin de la Guerre de Sécession[151]. Arthur nomma Horace Gray, un éminent juriste de la Cour Suprême du Massachusetts pour le remplacer et la nomination fut facilement confirmée[151]. Gray servit jusqu'en 1902 et fut l'auteur de l'arret de la Cour dans qui annula la section du Chinese Exclusion Act qui refusait la citoyenneté américaine aux immigrants chinois. La seconde vacance eut lieu lors de la retraite de l'Associate Justice Ward Hunt en janvier 1882. Arthur nomma initialement son ancien boss politique, Roscoe Conkling ; il doutait que Conkling accepterait mais il se sentait obligé d'offrir un poste influent à son ancien patron[151]. Le Sénat confirma la nomination mais comme prévu Conkling refusa[151]. Le sénateur George Edmunds était le second choix d'Arthur mais il refusa également[152]. Finalement Arthur nomma Samuel Blatchford, un juge de la Cour d'appel des États-Unis pour le deuxième circuit depuis 15 années[151]. Blatchford accepta et sa nomination fut approuvée en moins de deux semaines[151]. Blatchford servit à la Cour jusqu'à sa mort en 1893[153].

Retraite et mort

Statue de bronze de Chester A. Arthur à Madison Square à New York.

Arthur quitta ses fonctions en 1885 et retourna dans sa maison de New York. Deux mois avant la fin de son mandat, plusieurs Stalwarts de New York l'approchèrent pour lui proposer de concourir pour le Sénat mais il refusa préférant retourner à l'exercice de la loi au cabinet Arthur, Knevals & Ransom[154]. Sa santé limitait ses activités de juriste et Arthur se consacrait aux missions de conseil. Il prit peu de responsabilités dans le cabinet et il était souvent trop malade pour quitter sa maison[155]. Il participa à quelques manifestations publiques jusqu'à la fin de l'année 1885[155].

Après avoir passé l'été 1886 à New London (Connecticut), il revint assez malade et le 16 novembre, il demanda de bruler presque tout ses documents personnels et officiels[155][note 12]. Le lendemain, Arthur souffrit d'une hémorragie cérébrale et ne repris jamais conscience ; il mourut le jour suivant à l'age de 57 ans[155]. Le 22 novembre, des funérailles privées furent tenues à New York, auxquelles participèrent le Président Cleveland et l'ancien Président Hayes et d'autres personnalités[157]. Arthur fut enterré à côté des tombes de nombreux membres de sa famille et de ses ancêtres au cimetière de Menands (New York). Il repose aux côtés de son épouse[155].

Notes et références

  1. Certaines sources anciennes avancent la date du 5 octobre 1830[3], mais le biographe Thomas C. Reeves confirme que cela est incorrect : Arthur revendiquait être plus jeune d'une année "sans aucune vanité"[4].
  2. Arthur prononçait son deuxième prénom avec l'accent sur la seconde syllabe[4].
  3. Le XIIe amendement de la Constitution définit cette clause, qui limite spécifiquement l'éligibilité présidentielle, aux vice-présidents potentiels ainsi: "Aucune personne inéligible, de par la Constitution, à la charge de président ne pourra être élue à celle de vice-président des États-Unis".
  4. 10 000 $ de 1870 est équivalent à 173 000 $ de 2011.
  5. 50 000 $ de 1870 est équivalent à 914 000 $ de 2011.
  6. Charles K. Graham prit l'ancien poste de Merritt[65].
  7. Howe prend cette déclaration comme véritable[76] mais d'autres biographes la considèrent comme apocryphe[77].
  8. En cas de blocage du Sénat du fait d'un nombre égal de parlementaires de chaque camp, le Vice-Président peut utiliser son droit de vote prépondérant pour débloquer la chambre haute.
  9. Avant le passage du XVIIe amendement, les sénateurs étaient élus par les législatures des états.
  10. Conkling et Pratt échouèrent finalement à leur réélection et furent suivis respectivement par Elbridge G. Lapham et Warner Miller.
  11. La partie de la loi refusant la citoyenneté américaine aux immigrants chinois sera jugée inconstitutionnelle en 1898 par la Cour Suprême.
  12. Un petit nombre de ces documents furent transmis à son petit-fils, Gavin Arthur, qui autorisa le biographe d'Arthur, Thomas C. Reeves, à les étudier dans les années 1970[156].


  1. Reeves, p. 420
  2. Reeves, p. 423
  3. Howe, p. 5
  4. a, b et c Reeves, p. 5
  5. a, b, c, d et e Reeves, p. 4; Howe, p. 4
  6. Howe, p. 7; Reeves, p. 6
  7. a, b et c Reeves, pp. 7–8
  8. Karabell, pp. 53–54
  9. a, b et c Reeves, pp. 202–203
  10. a, b et c Reeves, p. 9
  11. a et b Reeves, p. 10
  12. a et b Reeves, p. 11
  13. Karabell, p. 12
  14. Reeves, p. 14
  15. a, b et c Reeves, pp. 14–15
  16. a, b, c et d Reeves, p. 16
  17. Reeves, pp. 19–20
  18. Karabell, p. 14
  19. a et b Reeves, pp.17–18
  20. Reeves, p. 21
  21. a et b Howe, pp. 18–19
  22. a et b Howe, pp. 20–21; Reeves, pp. 22–23
  23. Reeves, pp. 24–25
  24. Howe, p. 25
  25. a et b Howe, pp. 26–27; Reeves, pp. 28–29
  26. Reeves, p. 30
  27. Howe, pp. 30–31; Reeves, pp. 33–34
  28. Howe, pp. 29–30; Reeves, pp. 34–35
  29. Reeves, p. 35
  30. Reeves, p. 84
  31. a et b Reeves, p. 37
  32. Reeves, p. 38
  33. a et b Karabell, p. 17
  34. Reeves, p. 39; Howe, p. 37
  35. a et b Reeves, pp. 40–41
  36. Reeves, pp. 44–45
  37. Reeves, p. 42; Howe, p. 39
  38. a et b Reeves, pp. 71–73
  39. a et b Reeves, p. 48
  40. a, b, c et d Reeves, pp. 49–50; Howe, p. 42
  41. a et b Reeves, pp. 51–53; Howe, pp. 44–45
  42. a, b et c Reeves, pp. 61–67; Schwartz, p. 182
  43. a et b Reeves, pp. 57–58
  44. Reeves, p. 60; Howe, pp. 46–47
  45. a et b Reeves, p. 59, 63, 85–86
  46. Reeves, p. 68
  47. Reeves, pp. 69–70
  48. Reeves, pp. 76–77
  49. Reeves, pp. 78–79
  50. a et b Reeves, pp. 79–84; Howe, p. 49
  51. Reeves, pp. 87–89
  52. Reeves, pp. 95–96; Karabell, pp. 26–27
  53. a et b Reeves, pp. 100–105
  54. Reeves, pp. 106–107
  55. Hoogenboom, pp. 318–319
  56. Hoogenboom, pp. 322–325; Reeves, pp. 118–119; Howe, pp. 68–69
  57. Reeves, pp. 119–120
  58. a et b Reeves, pp. 121–122
  59. Hoogenboom, pp. 322–325; Reeves, p. 121
  60. Reeves, p. 121
  61. a et b Reeves, p. 123
  62. Hoogenboom, p. 352; Reeves, pp. 125–126
  63. Hoogenboom, pp. 353–355; Reeves, pp. 126–131
  64. Hoogenboom, pp. 370–371; Reeves, pp. 136–137
  65. Hoogenboom, p. 370
  66. Hoogenboom, pp. 382–384; Reeves, pp. 138–148
  67. Reeves, pp. 150–151
  68. a et b Reeves, pp. 153–155; Peskin, p. 704
  69. Reeves, pp. 153–155; Howe, pp. 96–99
  70. a et b Reeves, pp. 158–159; Karabell, pp. 38–39
  71. a et b Reeves, pp. 160–165
  72. Reeves, pp. 177–178; Howe, pp. 107–108; Karabell, pp. 39–40
  73. Karabell, p. 41; Reeves, p. 178
  74. Howe, pp. 107–108
  75. a et b Reeves, pp. 179–181
  76. Howe, p. 109
  77. Reeves, p. 179; Karabell, pp. 40–41
  78. Reeves, pp. 190–194
  79. Jordan, pp. 292–305
  80. a et b Reeves, pp. 194–196; Jordan, pp. 294–295
  81. a et b Reeves, pp. 196–197; Jordan, pp. 297–302
  82. Reeves, p. 196; Jordan, p. 301
  83. Reeves, pp. 198–202
  84. a, b et c Reeves, pp. 203–204
  85. a et b Reeves, pp. 205–207
  86. Reeves, pp. 213–216; Karabell, pp. 52–53
  87. Reeves, pp. 216–219; Karabell, pp. 54–56
  88. a, b et c Reeves, pp. 220–223
  89. Reeves, pp. 223–230
  90. Reeves, pp. 230–233
  91. a, b, c et d Reeves, pp. 233–237; Howe, pp. 147–149
  92. Karabell, p. 59; Reeves, p. 237
  93. Reeves, pp. 238–241; Doenecke, pp. 53–54
  94. a et b Reeves, pp. 241–243; Howe, pp. 152–154
  95. a, b et c Reeves, pp. 244–248; Karabell, pp. 61–63
  96. Doenecke, pp. 53–54; Reeves, p. 248
  97. a et b Reeves, pp. 252–253, 268–269
  98. a et b Reeves, pp. 275–276
  99. a et b Howe, p. 160; Reeves, p. 254
  100. a et b Howe, p. 161; Reeves, pp. 254–255
  101. a et b Howe, pp. 160–161; Reeves, pp. 255–257
  102. a, b, c et d Howe, pp. 162–163; Reeves, pp. 257–258
  103. a et b Doenecke, pp. 93–95; Reeves, pp. 297–298
  104. a et b Reeves, pp. 299–300; Howe, p. 182
  105. a et b Reeves, pp. 301–302; Howe, pp. 185–189
  106. a, b et c Reeves, pp. 303–305; Howe, pp. 189–193
  107. a, b, c et d Reeves, pp. 320–324; Doenecke, pp. 96–97; Theriault, pp. 52–53, 56
  108. Doenecke, pp. 99–100; Theriault, pp. 57–63
  109. a, b et c Reeves, p. 324; Doenecke, pp. 101–102
  110. a, b et c Reeves, pp. 325–327; Doenecke, pp. 102–104
  111. a et b Howe, pp. 209–210
  112. Chester A. Arthur, « Fourth State of the Union Address », Wikisource, The Free Library, 1884. Consulté le juillet 15, 2011
  113. a et b Reeves, pp. 328–329; Doenecke, p. 168
  114. a, b et c Reeves, pp. 330–333; Doenecke, pp. 169–171
  115. Reeves, pp. 334–335
  116. a, b, c et d Reeves, pp. 280–282; Doenecke, p. 81
  117. Reeves, p. 281
  118. Howe, pp. 196–197; Reeves, pp. 281–282; Karabell, p. 90
  119. a, b et c Doenecke, pp. 55–57; Reeves, pp. 284–289
  120. a et b Doenecke, pp. 129–132; Reeves, pp. 289–293; Bastert, pp. 653–671
  121. a et b Doenecke, pp. 173–175; Reeves, pp. 398–399, 409
  122. Doenecke, pp. 175–178; Reeves, pp. 398–399, 407–410
  123. a, b et c Howe, pp. 168–169; Doenecke, p. 81
  124. Hutchinson, p. 162; Howe, p. 169
  125. a et b Reeves, pp. 277–278; Hoogenboom, pp. 387–389
  126. a, b et c Reeves, pp. 278–279; Doenecke, pp. 81–84
  127. Reeves, p. 337; Doenecke, p. 145
  128. Reeves, pp. 338–341; Doenecke, pp. 145–147
  129. Doenecke, pp. 147–149
  130. a et b Reeves, pp. 342–343; Abbot, pp. 346–347
  131. a, b et c Reeves, pp. 343–345; Doenecke, pp. 149–151
  132. Reeves, pp. 349–350; Doenecke, pp. 152–153
  133. a et b Reeves, pp. 306–308; Doenecke, pp. 105–108
  134. a, b, c et d Reeves, pp. 307–309; Ayers, pp. 46–47
  135. Reeves, pp. 310–313
  136. Ayers, pp. 47–48
  137. Doenecke, pp. 112–114
  138. Marszalek, passim.
  139. a, b et c Doenecke, pp. 84–85
  140. Doenecke, pp. 85–89
  141. a et b Doenecke, pp. 89–92; Reeves, pp. 362–363
  142. Doenecke, p. 91; Stuart, pp. 452–454
  143. a, b et c Reeves, pp. 317–318; Howe, pp. 243–244
  144. a et b Reeves, pp. 355–359; Howe, pp. 244–246
  145. a et b Reeves, pp. 364–367; Howe, pp. 247–248
  146. Karabell, pp. 124–125; Reeves, pp. 366–367
  147. a, b et c Reeves, pp. 368–371; Howe, pp. 254–257
  148. a et b Reeves, pp. 373–375; Doenecke, pp. 181–182
  149. a et b Reeves, pp. 380–381; Howe, pp. 264–265
  150. Reeves, pp. 387–389; Howe, pp. 265–266
  151. a, b, c, d, e et f Reeves, pp. 260–261; Howe, p. 195
  152. Doenecke, p. 76
  153. Blatchford, Samuel M., Biographical Directory of Federal Judges, Federal Judicial Center. Consulté le juillet 27, 2011
  154. Reeves, pp. 412–414
  155. a, b, c, d et e Reeves, pp. 416–418
  156. Reeves 1972, passim.
  157. Reeves, pp. 418–419


Bibliographie

Ouvrages

  • (en) Willis J. Abbot, The Naval History of the United States, vol. 2, Peter Fenelon Collier, 1896 (OCLC 3453791) [lire en ligne] 
  • (en) Edward L. Ayers, The Promise of the New South: Life After Reconstruction, New York, Oxford University Press, USA, 2007 (ISBN 0195326881) 
  • (en) Justus D. Doenecke, The Presidencies of James A. Garfield and Chester A. Arthur, Lawrence, Kansas, University Press of Kansas, 1981 (ISBN 0700602089) 
  • (en) Hoogenboom, Ari, Rutherford Hayes: Warrior and President, Lawrence, Kansas, University Press of Kansas, 1995 (ISBN 9780700606412) 
  • (en) George F. Howe, Chester A. Arthur, A Quarter-Century of Machine Politics, New York, F. Ungar Pub. Co, 1966 
  • (en) David M. Jordan, Winfield Scott Hancock: A Soldier's Life, Bloomfield, Indiana, Indiana University Press, 1988 (ISBN 0253365805) 
  • (en) Zachary Karabell, Chester Alan Arthur, New York, Henry Holt & Co, 2004 (ISBN 0805069518) 
  • (en) Thomas C. Reeves, Gentleman Boss: The Life of Chester A. Arthur, New York, Alfred A. Knopf, 1975 (ISBN 0394460952) 

Articles

  • Russell H. Bastert, « Diplomatic Reversal: Frelinghuysen's Opposition to Blaine's Pan-American Policy in 1882 », dans The Mississippi Valley Historical Review, vol. 42, no 4, mars 1956, p. 653–671 [lien DOI] 
  • C.P. Hutchinson, « The Present Status of Our Immigration Laws and Policies », dans The Milbank Memorial Fund Quarterly, vol. 25, no 2, avril 1947, p. 161–173 [lien DOI] 
  • John F. Marszalek, Jr., « A Black Cadet At West Point », dans American Heritage, vol. 22, no 5, août 1971 [texte intégral] 
  • Allan Peskin, « Who Were the Stalwarts? Who Were Their Rivals? Republican Factions in the Gilded Age », dans Political Science Quarterly, vol. 99, no 4, Winter 1984, p. 703–716 [lien DOI] 
  • Thomas C. Reeves, « The Search for the Chester Alan Arthur Papers », dans The Wisconsin Magazine of History, vol. 55, no 4, Summer 1972, p. 310–319 
  • Sybil Schwartz, « In Defense of Chester Arthur », dans The Wilson Quarterly, vol. 2, no 4, Autumn 1978, p. 180–184 
  • Paul Stuart, « United States Indian Policy: From the Dawes Act to the American Indian Policy Review Commission », dans Social Service Review, vol. 51, no 3, septembre 1977, p. 451–463 [lien DOI] 
  • Sean M. Theriault, « Patronage, the Pendleton Act, and the Power of the People », dans The Journal of Politics, vol. 65, no 1, février 2003, p. 50–68 

Liens externes

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