Chateau des ducs de Bretagne


Chateau des ducs de Bretagne

Château des ducs de Bretagne

Château des ducs de Bretagne

Vue générale aérienne
Vue générale aérienne

Présentation
Période ou style Médiéval, Renaissance
Début construction XIIIe siècle
Fin construction XVIe siècle
Propriétaire initial François II de Bretagne
Destination initiale Défense et Habitation
Propriétaire actuel Mairie de Nantes
Classement Logo monument classe.svg Cl Monument historique (1840)
Site internet Consulter
Géographie
Latitude
Longitude
47° 12′ 56″ Nord
       1° 32′ 59″ Ouest
/ 47.215555556, -1.549722222
 
Pays France France
Région historique Gwenn ha du.svg Bretagne
Région Pays de la Loire
Département Loire-Atlantique
Commune Nantes

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Château des ducs de Bretagne

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Château des ducs de Bretagne

Le Château des ducs de Bretagne se situe à Nantes, sur la rive droite de la Loire, qui alimentait autrefois les douves. Il fut la résidence principale des ducs de Bretagne, du XIIIe au XVe siècle. Il est classé monument historique depuis 1840[1].

Depuis sa réouverture en 2007, le château est géré par Nantes culture&patrimoine, par délégation de service public de la ville de Nantes.

Sommaire

Historique

Le Vieux Donjon
Le Petit Gouvernement
Le Harnachement
Le puits

À partir de 1207, Guy de Thouars, veuf de Constance, duchesse de Bretagne, fait construire le premier château dit « de la Tour Neuve » au pied de l'enceinte gallo-romaine de la ville alors circonscrit à l'actuel quartier du Bouffay. Il cherche à affirmer le pouvoir des ducs face à celui des comtes de Nantes et de l'évêque de Nantes. Pierre Mauclerc et son fils Jean Ier de Bretagne étendent les fortifications de la cité et agrandissent le château. Élément essentiel du système défensif de la ville, il protège un bras de la Loire, lieu d'intenses activités commerciales. Durant la seconde moitié du XIVe siècle, le « chastel de la Tour Neuve » est agrandi par Jean IV de Bretagne, à qui l'on doit la tour polygonale dite du « Vieux Donjon », seul vestige de cette époque[2].

En 1466, François II de Bretagne décide de reconstruire le château. Le nouvel édifice sera à la fois la résidence principale de la cour ducale et une forteresse militaire capable de résister au pouvoir royal. Une double vocation marquée côté cour par un palais résidentiel de tuffeau blanc aux façades raffinées (le Grand Gouvernement, la tour de la Couronne d'Or, le Grand Logis) et, côté ville, par sept tours massives de schiste et de granit reliées par des courtines et 500 mètres de chemin de ronde.

À la mort de François II en 1488, sa fille, Anne de Bretagne, qui sera reine de France de 1491 à 1514, par ses deux mariages successifs avec Charles VIII et Louis XII, reprend les travaux. Elle renforce notamment la forteresse, côté Loire, en construisant la tour du Fer à Cheval, impressionnant bastion d'artillerie. En 1514, le château revient à sa fille Claude, mariée à François Ier. Pour loger la famille royale, il s'enrichit d'un nouveau bâtiment de style Renaissance : le Logis du Roy, que l'on appelle aujourd'hui le Petit Gouvernement. En 1532, l'édifice devient propriété royale à l'occasion du rattachement de la Bretagne au royaume de France.

Au cours des XVIe et XVIIe siècles, le château est choisi comme résidence bretonne des rois de France. Un lieu de prestige qui place Nantes au rang des grandes villes de province, mais qui ne renonce pas pour autant à sa vocation militaire. Ainsi, à partir de 1582, dans un contexte de guerres de religion, le duc de Mercœur, gouverneur de Bretagne, renforce les défenses du château. Soucieux de protéger la ville contre les attaques protestantes venant du Poitou, il fait édifier une terrasse d'artillerie et deux ouvrages de défense en forme d'éperon, appelés bastions. Ces derniers sont équipés de terrasses pour recevoir les canons.

Le 30 avril 1598, Henri IV séjourne au château lors de sa venue dans la cité pour la signature de l'Édit de Nantes. La signature du célèbre édit ne se fera cependant pas au château mais dans la Maison des Tourelles. Celle-ci se situait quai de la Fosse et fut détruite au cours de la seconde guerre mondiale, lors d'un bombardement sur Nantes.

Après avoir logé princes, cours et rois, l'édifice, peu à peu délaissé, change d'usage, devient caserne et prison. Il va subir différents dommages ainsi que des transformations importantes : incendie du Grand Gouvernement en 1670 et reconstruction dans le style classique de l'époque sur ordre de Louis XIV ; transformation du château en arsenal au XVIIIe siècle, avec construction du bâtiment du Harnachement pour abriter l'artillerie ; explosion de la tour des Espagnols le 25 mai 1800, entraînant la destruction de la chapelle et des archives.

Classé monument historique en 1862, le château est vendu par l'État à la ville de Nantes en 1915. En 1924 s'y installe un musée municipal consacré aux arts décoratifs, complété après-guerre de nouvelles salles abritant les collections du musée d'art populaire régional, puis celles du musée des Salorges.

Le château est réquisitionné officiellement le 8 mai 1943 par les troupes allemandes d'occupation, qui construisent un bunker dans son enceinte pour y abriter un central téléphonique.

L'état de dégradation du Grand Logis entraîne sa fermeture en 1970[3].

Rénovation

Le Grand Logis et la Tour de la Couronne d'Or, après rénovation

Depuis le début des années 1990, la ville de Nantes a mis en œuvre un programme de restauration et d'aménagement pour mettre en valeur ce site, emblématique de l'Histoire de Nantes et de la Bretagne. Après quinze années d'importants travaux de restauration et trois années de fermeture au public, le château a rouvert le vendredi 9 février 2007.

Circuit des remparts

La création d'un circuit complet des remparts, la mise en place d'un premier accès par les douves et d'un second par une passerelle, l'arrangement d'un jardin dans les douves, la mise en lumière nocturne participent à la renaissance du site. Les 500 mètres de chemin de ronde sur les remparts fortifiés offrent des points de vue sur les bâtiments, la cour, les douves, mais aussi sur la ville : la tour LU, l'emplacement du bras de la Loire qui baignait le château avant les comblements des années 1930, la cathédrale Saint-Pierre et Saint-Paul et le quartier du Bouffay.

Musée d'histoire de Nantes

L'édifice restauré accueille aujourd'hui le nouveau musée d'histoire de Nantes, installé dans 32 salles. Jalonné de dispositifs multimédias, le Musée présente plus de 850 objets de collection. En proposant des clefs de lecture de la ville qui mettent en perspective passé, présent et avenir, le Château et son musée s'inscrivent dans une vision actuelle du patrimoine. Un portrait de la ville en sept grandes séquences est présenté au public :

  • Le Château, Nantes et la Bretagne jusqu'au XVIIe siècle
  • Nantes, fille du fleuve et de l'océan
  • Le négoce et l'or noir au XVIIIe siècle
  • Nantes en Révolution
  • Un port colonial et industriel (1815-1940)
  • La nouvelle forme d'une ville (1940-1990)
  • Une métropole atlantique, aujourd'hui et demain

Le parcours s'achève par une vision de la ville, création multimédia d'un artiste contemporain. Pierrick Sorin est le premier artiste invité.

Le Château la nuit

Éclairages nocturnes
Château des ducs de Bretagne, entre 1890 et 1905. Entrée du pont dormant, encadrée par la tour du Pied-de-Biche et celle de la Boulangerie. La troisième tour est la tour des Jacobins.

L'éclairage nocturne valorise le site dans sa complexité architecturale au sein du tissu urbain. À l'entrée principale par le pont dormant, une lumière chaude, orangée, jaillit de l'intérieur au niveau des courtines. Dans le jardin des douves, l'éclairage de la contre-escarpe octroie une lumière plus sombre. Sur la façade sud, une lumière mouvante glisse sur l'imposante muraille…

Cette mise en lumière a valu à ses concepteurs, Sylvie Sieg et Pierre Nègre de l'Atelier Lumière, le Trophée européen Lumiville 2007, prix de la conception lumière.

Présentation des éléments

Conçu comme une forteresse dans le contexte de lutte pour l'indépendance du duché de Bretagne, le système défensif du château est composé de sept tours reliées par des courtines et un chemin de ronde. Sur cour, un ensemble de bâtiments résidentiels construits en pierre de tuffeau contrastent par leur blancheur et leur raffinement sculpté avec les murailles extérieures.

Le château et la Loire

Le bras de la Loire, situé au pied du château est, dès l'Antiquité, une voie navigable essentielle pour la circulation des hommes et des marchandises. Vers 1860, un quai est construit pour permettre de charger et décharger des bateaux et fait office d'entrepôt à ciel ouvert. La ligne de chemin de fer Nantes-Saint-Nazaire, aménagée en bord de Loire, n'a pas encore remplacé le fleuve pour le transport de marchandises. Dans la première moitié du XXe siècle, les comblements font disparaître l'eau du centre du Nantes. Un aménagement paysager est conçu autour du château et des douves purement décoratives sont creusées.

Aspects extérieurs

Entrée entre la tour du Pied-de-Biche et de la Boulangerie, surmontée du campanile
  • les accès : l'entrée principale, point vulnérable de la forteresse, possède une herse et deux portes protégées par des ponts-levis à bascule (une grande pour le passage des charrettes et des cavaliers, une plus petite pour le passage des hommes à pied), qui furent récemment restitués lors de la restauration du château. Les deux autres entrées fortifiées historiques, moins connues, sont la poterne de la Loire, sur la façade Sud du château, construite par Anne de Bretagne entre 1491 et 1494, et le pont de Secours, sur la façade Nord. Ces deux entrées furent également remises en service lors des travaux de restauration.
  • les tours du Pied-de-Biche et de la Boulangerie : ces tours jumelles datent de 1466, année de construction du château par François II. Elles encadrent et protègent l'entrée principale par le pont-levis. La tour de la Boulangerie porte les armes de la duchesse, un écu d'hermine, surmonté de la couronne ducale. Une devise y est également inscrite : « Amavi » (« j'ai aimé » en latin). Il s'agit d'une libre déclinaison (tardive) de la devise des ducs de Bretagne Monfort et de l'ordre de l'Hermine « À ma Vie ». La devise personnelle d'Anne de Bretagne en qualité de reine de France est la formule béarnaise « Non mudera », je ne varierai pas. Quant à la devise personnelle de son père François II, on pense qu'il s'était choisi l'écrit épicurien gravé à l'intérieur d'un bijou de son trésor « Il n'est trésor que de liesse ».
  • la tour des Jacobins : ainsi nommée car elle faisait face au couvent du même nom, elle est parfois appelée tour des Anglais, car elle a servi à emprisonner des soldats anglais au cours du XVIIIe siècle. Est conçue pour résister aux tirs de l'artillerie et adaptée à l'usage des armes à feu. Elle possède neuf chambres de tir aménagées dans l'épaisseur du mur et dotées de canonnières. Un bâtiment la surmontait au XVe siècle[4].
  • la tour du Vieux Donjon : unique vestige visible du château dit de « la Tour Neuve », cette tour polygonale a été construite au XIVe siècle par le duc de Bretagne Jean IV de Monfort.
  • les autres tours : on compte par la suite, dans le sens inverse des aiguilles d'une montre, la tour du Port, la tour de la Rivière et la tour du Fer à Cheval.
  • le campanile : situé côté douves, ce campanile hérissé, d'une flèche puis d'une lanterne surplombe l'entrée. À la suite d'un incendie en 1670, le couronnement détruit du campanile est reconstruit, composé d'un fronton avec, en son centre, une horloge. En 1800, l'explosion de la tour des Espagnols détruit une aile du Grand Gouvernement et le campanile disparaît. Le nouveau campanile a été rétabli entre les tours jumelles à l'occasion de la récente restauration. Réalisé à partir d'un dessin de 1715, il respecte à la lettre les volumes de son « ancêtre ». Avec ses six tonnes et ses huit mètres de haut, il est travaillé dans du chêne de France et taillé de manière traditionnelle, gage de qualité et de longévité.
  • la courtine de la Loire : construite entre 1491 et 1494 par Anne de Bretagne, cette partie de l'enceinte protégeait le château du côté fleuve. Elle est percée d'une entrée fermée à l'origine par une herse, qui était utilisée pour sortir discrètement du château et permettre à certains visiteurs d'arriver par voie d'eau. Au début du XVIe siècle, François Ier ordonne des travaux : ajout d'un bâtiment sur cour s'appuyant sur les remparts, le Petit Gouvernement, et transformation de la partie haute de la courtine. Crénelée, elle est ornée de gargouilles et de mâchicoulis ornés du F de François Ier.

Aspects intérieurs

Les loggias de la tour de la Couronne d'or
Le Grand Gouvernement, armoiries de Louis XIV
La conciergerie
  • le Grand Logis : réalisé par François II, ce bâtiment est un lieu de résidence pour le duc de Bretagne et sa cour. Édifiées sous le règne d'Anne, duchesse de Bretagne puis reine de France, les lucarnes témoignent par leur décor sculpté de l'union de la Bretagne à la France : le porc-épic de Louis XII fait face au lévrier d'Anne[5]. Les lucarnes sont de style gothique flamboyant.
  • la tour de la Couronne d'Or : la tour de la Couronne d'Or, construite par François II et achevée par sa fille Anne de Bretagne, tient son nom de la proximité du puits, surmonté de fers forgés symbolisant la couronne ducale. Deux loggias, qui sont des pièces ouvertes sur l'extérieur, agrémentent les étages élevés de la tour. Elles sont principalement réservées à la détente, la parade et permettent d'assister aux fêtes dans la cour. Elles constituent un élément décoratif nouveau, issu des premières influences italiennes.
  • le Grand Gouvernement : ce corps de bâtiment, autrefois appelé le Palais Ducal, a été reconstruit sur ordre de Louis XIV suite à un incendie. Il s'appelle aujourd'hui le Grand Gouvernement, en souvenir du gouverneur de Bretagne Charles de La Porte, duc de la Meilleraye, qui décide de s'y installer au XVIIe siècle. Mutilées pendant la Révolution, les armoiries de Louis XIV ont été restaurées en 1999.
  • la partie détruite : le 25 mai 1800, une violente explosion, déclenchée par l'effondrement d'un plancher vermoulu sur lequel étaient stockées trois tonnes de poudre, anéantit la tour des Espagnols, le bâtiment du Lieutenant du Roi ainsi que la chapelle et la salle des archives, qui se trouvaient dans le prolongement du Grand Gouvernement. On déplore également 60 morts, 108 blessés et une centaine de maisons du voisinage endommagées. Les militaires reconstruisent un mur en schiste pour combler la brèche. Son aspect le plus sombre le distingue du mur médiéval, qui présente en alternance des blocs de granit et de fines assises de schiste. Les fondations de la tour sont toujours visibles de nos jours dans les douves.
  • la conciergerie : ce bâtiment a été édifié au début du XVIIIe siècle afin de loger le lieutenant du Roi puis les bureaux de l'arsenal. Il est devenu la conciergerie du château en 1924 lors de la transformation du site en musée.
  • le Harnachement : ce bâtiment abrite des expositions temporaires.
  • le Petit Gouvernement : de style Renaissance, il garde ses cheminées de brique et d'ardoise d'origine. Construit sur ordre de François Ier, il sert de « logis du roi » lors de ses séjours à Nantes. Il communique par les combles avec le chemin de ronde. François Ier obtient en 1532, grâce à son épouse Claude de France, l'« union perpétuelle » entre la France et la Bretagne. Le Petit Gouvernement se prolonge par le Pavillon de la Rivière.

Invités et occupants

Sources

  1. Classement du château des ducs de Bretagne, sur la base Mérimée, ministère de la Culture. Consulté le 23 septembre 2009
  2. Nantes Passion, hors-série, février 2007.
  3. Dépliant Ouest France - Château des ducs de Bretagne.
  4. Panneau de renseignement du château des ducs de Bretagne.
  5. Dépliant du Musée d'Histoire de Nantes.
  6. Guide du routard - Pays de la Loire, 2001 - 2002
  7. Nantes, Guy Ganachaud, Hervé Boulé, Éditions Ouest France.

Galerie

L'entrée du château
Vue panoramique de la cour du château

Voir aussi

Articles connexes

Liens externes


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