Chateau de Pierrefonds


Chateau de Pierrefonds

Château de Pierrefonds

Château de Pierrefonds

Vue générale du château en 2004.
Vue générale du château en 2004.

Présentation
Période ou style médiéval
Début construction 1396
Fin construction 1407 - 1885
Propriétaire initial Louis d'Orléans
Propriétaire actuel Centre des monuments nationaux
Destination actuelle Musée de la fortification
Classement Monument historique
Site internet Consulter
Géographie
Latitude
Longitude
49° 20′ 49″ Nord
       2° 58′ 49″ Est
/ 49.346944, 2.980278
 
Pays France
Région historique Picardie
Subdivision administrative Oise
Commune Pierrefonds
  Géolocalisation sur la carte : France
France location map-Regions and departements.svg
Château de Pierrefonds

Le château de Pierrefonds est un imposant château fort situé à Pierrefonds à la lisière sud-est de la forêt de Compiègne, au nord de Paris, entre Villers-Cotterêts et Compiègne, dans le département de l'Oise.

Le château de Pierrefonds présente la plupart des caractéristiques de l'ouvrage défensif du Moyen Âge. Il fut sauvé par Viollet-le-Duc, au XIXe siècle, qui y entreprit également d'importants travaux de décoration et de création de mobilier.

Ce château fait l'objet d'un classement au titre des monuments historiques depuis 1862[1].

Il est géré par le Centre des monuments nationaux[2].

Sommaire

Histoire

Origines

Au XIIe siècle, un château s'élevait déjà sur le site, construit par le puissant lignage des Nivelon, seigneurs de Pierrefonds, originaires de Quierzy. Il n'en reste que des caves situées sous le logis du XIVe. Ce château passe à la fin du XIIe siècle au roi Philippe Auguste, et demeure ensuite dans le domaine royal[3].

Entrée principale
Le château en juillet 2008

XIVe siècle

En 1392, à la mort de son père Charles V, Louis d'Orléans reçoit en apanage (sorte de dot réservé au fils cadet) le comté de Valois, plusieurs châtellenies, dont Pierrefonds, et le duché de Touraine ; en 1406, le roi érige le comté en duché, y incluant entre autres Pierrefonds. En 1396, Louis d'Orléans entreprend la reconstruction quasi totale du château ; l'architecte n'en est pas connu, bien qu'on puisse sans doute attribuer l'édifice à Raymond du Temple. Le chantier fut dirigé par le maître des œuvres de la châtellenie de Senlis Jean le Noir, et supervisé après la mort de Raymond du Temple par le maître général des œuvres du duché Jean Aubelet ; les travaux s'interrompirent après l'assassinat du duc en 1407, alors que les logis bordant la cour ne comportaient encore que leurs deux niveaux gigantesques de caves. Ils ne furent jamais achevés.

XVIIe siècle

En mars 1617, dans les débuts troublés du règne de Louis XIII, le château est la propriété de François-Annibal d'Estrées (frère de la belle Gabrielle d'Estrées), membre du « parti des mécontents » mené par Henri II de Bourbon-Condé, prince de Condé. Le château est assiégé et pris par les troupes envoyées par Richelieu, secrétaire d'État à la guerre. Son démantèlement est entrepris mais n'est pas mené à son terme en raison de l'ampleur de la tâche. Les ouvrages extérieurs sont rasés, les toitures détruites et des saignées sont pratiquées dans les tours et les courtines.

XIXe siècle

Vue des ruines du château avant sa restauration
Vue du château vers 1910
Vue générale du château en 2004
Cour intérieure
Salle des Preuses
Chapelle
Maquette en pierre

Le château restera en ruines pendant plus de deux siècles. Napoléon Ier le rachète en 1810 pour moins de 3 000 francs. Au cours du XIXe siècle, l'engouement pour le patrimoine architectural du Moyen Âge le fait devenir une « ruine romantique » : en août 1832, Louis-Philippe y offre un banquet à l'occasion du mariage de sa fille Louise avec Léopold de Saxe-Cobourg Gotha, premier roi des Belges. Comme d'autres artistes, Corot représente les ruines à plusieurs reprises entre 1834 et 1866.

Le prince président Louis-Napoléon Bonaparte le visite en 1850. Sur les conseils de Prosper Mérimée, celui-ci devenu l'empereur Napoléon III, demande en 1857 à l'architecte Eugène Viollet-le-Duc d'entreprendre sa restauration.
Une anecdote raconte que l'empereur hésitant entre la restauration du château de Pierrefonds et celle d'un autre château, l'impératrice Eugénie lui proposa un tirage au sort, dont sortit le nom de Pierrefonds. Et pour cause : pour satisfaire sa préférence, elle aurait écrit ce nom sur les deux papiers du tirage.
Il n'est alors question que d'une simple remise en état des parties habitables (donjon et deux tours), les ruines « pittoresques » devant subsister pour le décor. En 1862, le projet prend de l'ampleur : le souverain désire cette fois-ci en faire une résidence impériale afin de recevoir et de faire admirer sa splendide collection d'armes et d'armures; le château doit donc être entièrement reconstruit. Les travaux, qui auront coûté cinq millions de francs de l'époque (dont quatre millions ont été prélevés sur la liste civile de l'empereur), seront arrêtés en 1885, six ans après la mort de Viollet-le-Duc. Faute d'argent, la décoration des salles reste inachevée.

Viollet-le-Duc fera pour l'intérieur un travail d'invention et de re-création beaucoup plus que de restauration. Il imaginera comment aurait dû être le château, sans se baser sur l'histoire stricte de l'édifice. La cour intérieure, avec ses galeries Renaissance, tout autant que les peintures polychromes d'inspiration médiévale, témoignent de son éclectisme et de sa liberté d'interprétation.

On reconnait par contre dans l'architecture extérieure son excellente connaissance de l'art castral du XIVe siècle[4]. L'architecte s'offrira cependant dans le parc et les fortifications un éventail éclectique des constructions défensives des autres époques. Il a laissé libre cours à une inspiration très personnelle, travail qui n'est pas sans rappeler celui effectué par l'architecte au château de Roquetaillade. Mort avant la fin du chantier, c'est son gendre Maurice Ouradou qui terminera la reconstruction.

Si ses détracteurs lui ont reproché cette réinvention d'une architecture néo-médiévale, qui prenait de larges libertés avec la vérité archéologique, Viollet-le-Duc a fait montre dans cette reconstruction d'un exceptionnel sens de l'élévation et des volumes et d'une incontestable sensibilité au site[5]. Il ne fit pas oeuvre d'archéologue mais de créateur. Il a imaginé des sculptures, des boiseries, un décor peint, des meubles, tout un ensemble qui annonce parfois plus l'Art nouveau des années 1900 que le retour au Moyen Age. Il s'est attaché à concilier le respect des vestiges médiévaux et les impératifs de la vie de cour telle qu'on la concevait sous Napoléon III.

Un monument à redécouvrir

Au terme d'une période de désaffection qui a vu diminuer le nombre de ses visiteurs (100 000 en 2000), le domaine est dirigé depuis 2003 par l'administratrice Isabelle de Gourcuff.

La galerie des gisants a fait l'objet d'une nouvelle scénographie après l'affectation définitive des sculptures en plâtre provenant, pour la plupart, de la nécropole de la basilique Saint-Denis[6]. Représentant des personnages étroitement liés à la monarchie française, elles avaient été commandées par le roi Louis-Philippe pour le Musée national du château de Versailles.

D'autres parties du château sont ouvertes, dont l'exposition de la collection Monduit, en cuivre martelé. Le parc, de son côté, fait l'objet d'un programme de restauration, la construction d'engins de siège y est en cours.

Le domaine a pu être visité gratuitement comme quatorze autres monuments nationaux du 1er janvier au 30 juin 2008.

Médias

Le château sert fréquemment de lieu de tournages de films : Les Visiteurs (1993), Jeanne d'Arc (1999), "Sydney Fox, l'Aventurière" (1999), etc.

Plus récemment (en 2008), il a servi de décor à la série télévisée anglaise de fantasy de la BBC Merlin. Il a aussi inspiré le château du roi Miraz dans Le Monde de Narnia : Le Prince Caspian.

Galerie

Ambox notice.png Cliquez sur une vignette pour l’agrandir

Église Saint-Sulpice

L’église Saint-Sulpice fut fondée entre 1060 et 1070 par Nivelon, premier seigneur de Pierrefonds. Sulpice était archevêque de Bourges et conseiller du roi Clotaire II qui le fit évêque en 624. De l’époque romane il ne reste plus que la crypte. Nivelon Ier, mort en 1072, y est enterré. De nombreux pèlerins se rendaient à l’église Saint-Sulpice. En effet, une fontaine dont l’eau était réputée pour guérir des fièvres se trouvait dans la crypte.

Sur cette fondation romane fut construite l’église supérieure, remaniée à différentes époques. Son plan est assez particulier : le clocher ne se trouve pas en façade ou à la croisée du transept, mais au bout de la nef gauche, il a d’ailleurs certainement été édifié avant celle-ci. Un lanternon ajouré de 16 baies et daté de 1557 fut ajouté au clocher. Il est construit sur le mode italien de la Renaissance. Il comprend aujourd'hui une cloche nommée. Il y avait autrefois cinq cloches, fondues pendant la guerre de 1870 pour être transformées en canon.

La charpente du chœur, en châtaignier, a été rehaussée. Il ne reste qu’un seul vitrail d’origine. L’autel date du XVIIIe siècle, il est en marbre rouge d’Italie et comporte les motifs traditionnels : feuilles d’acanthes, moulures et coquilles.

L’orgue actuel est une reconstitution de l'orgue de la chapelle du château de Versailles (début du XVIIIe siècle). Acquis par la commune en 1978, il remplace celui qui fut offert par l’impératrice Eugénie à la paroisse.

L’église a subi au fil du temps de multiples dégâts notamment pendant la première guerre mondiale au cours de laquelle le chœur fut éventré.

Des visites guidées sont organisées d'avril à octobre les samedis et dimanches à 15h00, 15h45 et 16h30

Les environs

  • Église de Saint-Jean-au-bois. Cette église datant du XIIIe siècle, d'une grande simplicité de ligne, conserve de beaux vitraux en grisaille de la même époque et témoigne des premiers balbutiements du gothique. ouverte de 10h00 à 18h00 sauf le mardi
  • Église de Vieux-moulin. Ce village au pied du mont Saint-Mard possède une curieuse église que l'on doit à Jean-Louis Grisart, architecte de Napoléon III. ouverte de 10h00 à 18h00
  • Les 35 clochers de la vallée de l'Automne : en parcourant la vallée le visiteur découvrira une succession d'églises de style roman, gothique ou flamboyant. Toutes remarquables, elles témoignent de l'exceptionnelle richesse du pays du Valois, et d'une parfaite harmonie entre nature et architecture. Parmi les clochers de cette vallée :
    • Gilocourt : église Saint-Martin, un détour par Gilocourt donne aux amateurs de loisirs de découvrir le seul clocher en bois de la vallée (XVIIIe siècle, en charpente recouvert d'ardoise), visible de l'extérieur seulement.
    • Glaignes : église Notre-Dame, l'édifice bâti en plusieurs campagnes au XIIIe siècle repose sur le versant occidental de la vallée Sainte-Marie. L'église arbore un clocher de type roman muni d'une travée ainsi qu'une abside pentagonale.
    • Morienval : la tradition fait remonter la fondation de l'abbaye royale de Notre-Dame de Morienval au roi Dagobert. Mais c'est au XIe siècle que commença la construction de l'actuelle église romane, dépendance d'un couvent qui, à l'origine, était « double » (mixte). Un clocher porche, une nef à deux bas-côtés, un transept, enfin le chœur en hémicycle flanqué de deux clochers rendent cette abbatiale majestueuse dans son vallon. C'est une des rares églises à avoir le chœur en contre-bas par rapport au clocher porche. Devenue paroissiale en 1750, l'église traversa sans dommage le tumulte révolutionnaire grâce à un combatif émule de l'abbé Grégoire, Hugues Jacques Capeaumont, natif de Compiègne, maître des arts de l'université de Paris, qui, nommé curé de Morienval en 1764, prêta serment sur la constitution et fut maire de 1790 à 1792.

Pour visiter, demander les clefs au 12 rue des 13 courronnes tous les jours et jusqu'à 15h00 le dimanche .

    • Vez : le donjon et sa chapelle. L'histoire de Vez remonte à plus de 1 000 ans. Le donjon, la chapelle, les remparts et les jardins constituent un patrimoine historique très couru en Picardie. Le village fut édifié vers 1214 sur les ruines d'un camp militaire gallo-romain. Vez fut ensuite fortifié par Louis d'Orléans au XIVe siècle et demeure pendant cinq siècles la capitale du Valois.

Notes et références

  1. Base Mérimée
  2. Pierrefonds sur le site du Centre des Monuments nationaux
  3. Voir article de Jean Mesqui, publié en 2008 par le Bulletin Monumental : PDF Le château de Pierrefonds. Une nouvelle vision du monument, 2007
  4. Viollet-le-Duc était un auteur d'ouvrages reconnus sur les fortifications.
  5. Des qualités que l'on retrouve par ailleurs dans deux autres reconstructions majeures : la cité de Carcassonne et le site de Vézelay.
  6. Scénographie Hélène Richard et Jean-Michel Quesne, voir l'article de Michèle Leloup dans L'Express du 3/08/2006.

Annexes

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49°20′49″N 2°58′49″E / 49.34694, 2.98028

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