Cathédrale Saint-André d'Avranches

Cathédrale Saint-André d'Avranches
Page d'aide sur l'homonymie Cette ancienne cathédrale n’est pas la seule cathédrale Saint-André.
Cathédrale Saint-André d'Avranches
Image illustrative de l'article Cathédrale Saint-André d'Avranches
La cathédrale Saint-André d'après un dessin du XVIIIe siècle.
Présentation
Culte Catholique romain
Type Cathédrale
Début de la construction XIe siècle
Autres campagnes de travaux Détruite en 1794
Style(s) dominant(s) roman
Géographie
Pays France
Région Basse-Normandie
Département Manche
Ville Avranches
Coordonnées 48° 41′ 16″ N 1° 21′ 53″ W / 48.6878, -1.364748° 41′ 16″ Nord
       1° 21′ 53″ Ouest
/ 48.6878, -1.3647
  [1]

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Cathédrale Saint-André d'Avranches

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Cathédrale Saint-André d'Avranches

L’ancienne cathédrale Saint-André d’Avranches s’élevait sur le sommet d’un promontoire au nord-ouest de la vieille ville d’Avranches (à l’emplacement de la sous-préfecture et de la place Daniel-Huet aujourd’hui). En très mauvais état au XVIIIe siècle, elle s’effondra une nuit d’avril 1794.

Sommaire

Histoire

La première cathédrale d'Avranches

Le site de la première église avranchinaise est sujet à caution. L’absence de fouilles ne permet pas de dater la construction de cette première église. Son implantation pose également problème. Trois sites sont généralement évoqués : Saint-André, Saint-Saturnin, Saint-Gervais-Saint-Protais[2].

La cathédrale romane

Suite aux invasions des Normands pendant le IXe siècle, la cathédrale est abandonnée[3]. Le premier évêque à réoccuper son siège à Avranches est Norgod (vers 990 - vers 1017), qui se retire rapidement de ses devoirs au Mont-Saint-Michel, ébloui par les nombreuses destructions[3].

La cathédrale d'Avranches apparaît pour la première fois dans les textes en 1025, au moment de sa reconstruction sous l’épiscopat de Maugis (vers 1022 - vers 1026)[3]. À cette époque, la Normandie assiste à la reconstruction de chacune des cathédrales de ses six diocèses. Si le duc de Normandie Richard II soutient le projet financièrement et politiquement, il faut voir en Maugis le véritable promoteur de ce vaste projet architectural. Il meurt peu après le lancement des travaux et il est enterré dans la tour nord-ouest[3].

La construction de la cathédrale romane d’Avranches s’échelonna sur près d’un siècle. Peut-être même y eut-il deux campagnes de construction. Hugues (vers 1028 - vers 1060) poursuit la construction de la cathédrale, dont les parties les plus importantes sont achevées sous son épiscopat[3]. Après les premiers travaux initiés par Maugis, il faut attendre le 17 septembre 1121 pour voir la cathédrale enfin consacrée[3], sous l’épiscopat de Turgis (1094-1134), en présence du roi d'Angleterre Henri Ier. Les chapelles rayonnantes avaient la particularité d'alterner comme à la Trinité de Fécamp des chapelles rondes et carrées[4].

« Cette église a quinze piliers de chaque côté de sa longueur, avec des bas-côtés tout autour du chœur et de la nef. Elle est accompagnée de deux grosses tours carrées. La grosse horloge est dans une troisième tour »[5].

Du XIIe au XVIe siècles

En 1172, le puissant roi d’Angleterre Henri II Plantagenêt vint à Avranches pour faire amende honorable devant les légats du pape, pour le meurtre de l'archevêque de Cantorbéry, Thomas Becket, qui avait ému toute la chrétienté. Au bas de la place Daniel-Huet, une dalle funéraire du XVIIe siècle, entourée de chaînes, rappelle l'emplacement de la porte nord de la cathédrale, là où le roi d'Angleterre reçut la discipline. Voir le monument Henri II de la place Daniel Huet à Avranches.

Aux XIe et XIIe siècles, l'enseignement théologique donné à l'école du chapitre d'Avranches par des chanoines et des moines normands était très réputé. Deux moines du Bec, les italiens Lanfranc de Pavie et Anselme d’Aoste, s’illustrèrent à Avranches à la fin du XIe siècle avant de devenir archevêques de Cantorbéry.

La principale faiblesse de la cathédrale résidait dans sa situation : exposée en première ligne, elle fut la cible de toutes les attaques et, à diverses reprises, dut être consolidée.

En avril 1450, lors d’un ultime épisode avranchinais de la guerre de Cent Ans, François Ier, duc de Bretagne, allié du roi de France, dirigea les troupes royales rassemblées au Pont-Gilbert, avec pour objectif de chasser l'occupant anglais de la ville. Après trois semaines de siège, l'artillerie avait fait de tels ravages que le capitaine anglais John Lampet demanda la fin des combats. L’état pitoyable des fortifications, du palais épiscopal et de la cathédrale, nécessita des travaux colossaux.

Au XVIe siècle, pendant l’hiver 1590-1591, un nouveau siège meurtrit la cité : la population, guidée par le gouverneur Odoard Péricard et son frère l'évêque François Péricard, s'est ralliée à la « Sainte Ligue » catholique et refusait de reconnaître le roi Henri IV. La ville capitula au terme de soixante jours de harcèlement et de bombardement par l'artillerie royale sous les ordres du duc de Montpensier. Une fois encore la ville devait panser ses plaies.

Destruction

En 1798, à la Révolution, la cathédrale Saint-André fut réduite à une simple église paroissiale dont le curé constitutionnel se nommait Rioult de Montbray. Ce dernier effectua des travaux hasardeux et en particulier, le 20 germinal de l’an II (9-10 avril 1794), la suppression du jubé en pierre qui fermait le chœur. Ce jubé ayant probablement eu un effet de soutènement, sa disparition entraîna un écartement puis l'écroulement d'une partie des voûtes de la nef et du chœur. La cathédrale ruinée resta ainsi pendant tout le reste de la Révolution[6].

Suite au Concordat de 1801, le diocèse d'Avranches fut supprimé et réuni à celui de Coutances. La ville d'Avranches perdit le rang d'évêché et partant, aucune perspective de reconstruction de la cathédrale n'était plus envisageable. Par souci de sécurité, le conseil municipal ordonna d'abattre les derniers murs de la nef et de la tour-horloge en 1802.

Les deux tours romanes de la façade furent maintenues, malgré leur mauvais état, grâce à la volonté du maire Tesnière de Brémesnil qui espérait les restaurer avec l’aide du gouvernement. Leur intérêt géodésique fut mis en avant pour leur sauvegarde et le télégraphe aérien Chappe installé sur la tour nord lui offrit un répit de quelques années.

Cependant, une nouvelle décision municipale condamna ces tours séculaires à la destruction en 1812 et ce fut la disparition définitive de la « Belle Andrine »[7]. Seul un pilier de la cathédrale demeurait, détruit en 1835[8].

Architecture

Description historique

Dédiée à saint André, patron de la ville, la cathédrale était surnommé la « Belle Andrine » par les Avranchinais. D’architecture romane en grande partie, elle fut remaniée plusieurs fois, au XIIIe siècle, puis à la fin du XVe siècle et au début du XVIe siècle. Le matériau principal qui fut utilisé pour sa construction était le granit.

Les éléments romans primitifs, la nef et les tours jumelles encadrant un beau portail, dataient des premières années du XIe siècle. Son chœur, son déambulatoire, ses chapelles rayonnantes et sa tour de l’horloge, surmontée d’une flèche aiguë, avaient été achevés au commencement du XIIe siècle.

Le XIIIe siècle gothique avait ajouté le porche septentrional à double baie, les arches et les fenêtres de la nef. Les chapelles latérales, le transept du midi et la salle capitulaire étaient des adjonctions datant de la fin du XVe et du début du XVIe siècle.

Le plan

Suivant une plan extrait de l'ouvrage de l'abbé Pigeon sur le diocèse d'Avranches[9], la cathédrale était installée sur un promontoire, à l'intérieur des murs d'enceinte de la ville. La cathédrale possédait :

  • une nef longue de 6 travées,
  • cette nef était précédée par un narthex de 2 travées à l'ouest,
  • un chœur de 5 travées s'étendait vers l'est, et son abside munie de 5 pans, entièrement ceinturée par le déambulatoire,
  • un déambulatoire desservait les huit chapelles de la nef, quatre de chaque côté,
  • les chapelles absidiales étaient alternées dans leur plan, trois chapelles avec abside avec entre elles deux chapelles à plan carré,
  • côté sud, le déambulatoire donnait accès au cloître des chanoines,
  • l'entrée principale se faisait au nord par un porche à double baies qui ouvrait face au jubé,
  • Du côté opposé se trouvait dans les mêmes proportions la chapelle Saint-Jean.

Dans le narthex, contre la façade occidentale, prenait place l'orgue.

Autour de la cathédrale s'élevaient les divers édifices dévolus au clergé en charge de l'administration de l'évêché. Le cloître des chanoines qui servait de cimetière, qui servait de passage entre la cathédrale et la salle synodale, la chapelle des morts où se tenait traditionnellement l'élection du nouvel évêque, la grande salle des synodes et le palais épiscopal. L'évêque disposait d'un passage particulier qui lui permettait depuis l'évêché de rejoindre la cathédrale par la chapelle axiale.

Actuellement

Sur le site de l'ancienne cathédrale Saint-André a été aménagé le square Thomas Becket, à l'entrée duquel se trouve une dalle funéraire située à l'emplacement du portail nord de la cathédrale où Henri II Plantagenêt vint faire pénitence dans l'espoir d'expier le meurtre de Thomas Becket. Elle porte l'inscription:

« Sur cette pierre
ici à la porte de la cathédrale d'Avranches,
après le meurtre de Thomas Becket,
archevêque de Cantorbéry,
Henri II
roi d'Angleterre et duc de Normandie,
reçut à genoux,
des légats du Pape,
l'absolution apostolique,
le dimanche 22 mai MCLXXIIXII »

Aucun vestige de la cathédrale Saint-André ne subsiste in situ.

Des fouilles partielles de la nef et du parvis ont été effectuées de 1972 à 1977 qui ont permis la découverte de la première église des IVe-Ve siècles et de mieux connaître les édifices carolingien et roman qui se lui ont succédé[10].

Notes et références

  1. Géoportail
  2. Daniel Levalet, « La cathédrale Saint-André et les origines chrétiennes d'Avranches » dans Archéologie Médiévale, volume 12, 1982, p. 107-153.
  3. a, b, c, d, e et f Richard Allen, « ‘A proud and headstrong man’: John of Ivry, bishop of Avranches and archbishop of Rouen, 1060–79 », Historical Research, vol. 83, no 220 (mai 2010), p. 189-227.
  4. Jean Vallery-Radot, L'église de la Trinité de Fécamp, H. Laurens, Paris, 1929, cité dans la Bibliothèque de l'école des chartes, vol. 90, 1929, p. 198.
  5. Jean-Martial Besse et Charles Beaunier, Abbayes et prieurés de l'ancienne France, tome 7, Province ecclésiastique de Rouen, Paris et Ligugé, 1914, p. 93
  6. Chanoine Emile-Aubert Pigeon, Le diocèse d'Avranches, Coutances, 1888, t. II, p. 688.
  7. Chanoine Emile-Aubert Pigeon, Le diocèse d'Avranches, Coutances, 1888, t. II, p. 689-690.
  8. S. de Lalaing, Les côtes de la France, de Cherbourg à Saint-Nazaire, J. Lefort, Lille et Paris, 1886-1890, p. 60.
  9. E. A. Pigeon (éd.), Le diocèse d'Avranches, Avranches, 1887-1888.
  10. Daniel Levalet, « La cathédrale Saint-André et les origines chrétiennes d'Avranches », Archéologie médiévale, Caen, 1982, vol. 12 p. 107-153. abstract.

Sources

  • Émile-Aubert Pigeon, Le Diocèse d'Avranches, tome I, éditions Salettes, Coutances, 1888, page 184.

Bibliographie

  • Daniel Levalet, « La cathédrale Saint-André et les origines chrétiennes d'Avranches » dans Archéologie Médiévale, volume 12, 1982, p. 107-153

Voir aussi

Liens internes

Liste de grands monuments détruits (France, Wallonie)

Liens externes


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