7440-38-2

7440-38-2

Arsenic

Pix.gif Arsenic Nuvola apps edu science.svg
GermaniumArsenicSélénium
P
  Rhombohedral.svg
 
33
As
 
               
               
                                   
                                   
                                                               
                                                               
                                                               
                                   
As
Sb
Table complèteTable étendue
Informations générales
Nom, Symbole, Numéro Arsenic, As, 33
Série chimique Métalloïde
Groupe, Période, Bloc 15, 4, p
Masse volumique 5727 kg/m3
Couleur gris métallique
N° CAS 7440-38-2
N° EINECS 231-148-6
Propriétés atomiques
Masse atomique 74,921 60 u
Rayon atomique (calc) 115 (114) pm
Rayon de covalence 119 pm
Rayon de van der Waals 185 pm
Configuration électronique [Ar] 3d10 4s2 4p3
Électrons par niveau d'énergie 2, 8, 18, 5
État(s) d'oxydation ±3, 5
Oxyde Acide faible
Structure cristalline rhomboédrique
Propriétés physiques
État ordinaire Solide
Température de fusion À 27,5 bar: 816,9 °C ; 1 090 K
Température d'ébullition 613,9 °C ; 887 K
Énergie de fusion 369,9 kJ/mol
Énergie de vaporisation 34,76 kJ/mol
Température critique  K
Pression critique  Pa
Volume molaire 12,95×10-6 m3/mol
Pression de vapeur  ?
Vitesse du son  ? m/s à 20 °C
Divers
Électronégativité (Pauling) 2,18
Chaleur massique 330 J/(kg·K)
Conductivité électrique 3,45×106 S/m
Conductivité thermique 50 W/(m·K)
1e Énergie d'ionisation 947 kJ/mol
2e Énergie d'ionisation 1789 kJ/mol
3e Énergie d'ionisation 2735 kJ/mol
4e Énergie d'ionisation 4837 kJ/mol
5e Énergie d'ionisation 6043 kJ/mol
6e Énergie d'ionisation 12 310 kJ/mol
7e Énergie d'ionisation {{{potentiel_ionisation7}}} kJ/mol
8e Énergie d'ionisation {{{potentiel_ionisation8}}} kJ/mol
9e Énergie d'ionisation {{{potentiel_ionisation9}}} kJ/mol
10e Énergie d'ionisation {{{potentiel_ionisation10}}} kJ/mol
Isotopes les plus stables
iso AN Période MD Ed PD
MeV
75As 100 % stable avec 42 neutrons
Précautions
NFPA 704
Unités du SI & CNTP, sauf indication contraire.
Arsenic
Général
No CAS 7440-38-2
No EINECS 231-148-6
PubChem 5359596
SMILES
InChI
Précautions
Directive 67/548/EEC
Toxique
T
Dangereux pour l`environnement
N
Phrases R : 23/25, 50/53,
Phrases S : (1/2), 20/21, 28, 45, 60, 61,
Transport
60
   1558   

60
   1562   
[1]
SGH[3]
SGH06 : ToxiqueSGH09 : Danger pour le milieu aquatique
Danger
H301, H331, H410,
Classification du CIRC
Groupe 1 : Cancérogène pour l'homme[2]
Unités du SI & CNTP, sauf indication contraire.

L’arsenic est un élément chimique de la famille des pnictogènes, de symbole As et de numéro atomique 33, présentant des propriétés intermédiaires entre celles des métaux et des métalloïdes.

Son nom vient du latin arsenicum, tiré du grec arsenikon (« qui dompte le mâle ») en raison de sa forte toxicité. Le prénom Arsène est tiré de la même racine grecque arsen (« mâle »).

Sommaire

Propriétés

C’est un métalloïde qui a trois formes allotropiques : jaune, noir et gris.

Arsenic natif

Propriétés chimiques

L’arsenic est chimiquement très similaire au phosphore qui le précède dans le même groupe.

L’oxyde arsénieux ou arsenic blanc, improprement appelé arsenic, de formule As2O3, est un poison violent.

L’hydrogène arsénié ou arsine, de formule AsH3, est une substance se vaporisant en un gaz incolore, d’odeur alliacée nauséabonde, très toxique qui a été utilisé comme gaz de combat, notamment lors de la Première Guerre mondiale.

Le trioxyde d’arsenic est un poison, néanmoins utilisé en injection à très faibles doses comme médicament anticancéreux[4] pour une forme de leucémie quand elle ne répond pas aux autres produits utilisés pour la chimiothérapie, avec des effets secondaires incluant l’arythmie cardiaque, voire l’arrêt cardiaque entraînant la mort.

Il est utilisé pour la fabrication de verre ou de cristal, quand il n’a pas été remplacé par le trioxyde d’antimoine, également toxique, mais non soumis à la directive Seveso.

Toxicologie

La toxicité de l’arsenic[5] dépend de sa nature chimique : l’arsenic inorganique est plus toxique que l’arsenic organique. Elle dépend de son degré d’oxydation : As(O) > As(III) > As(V). Elle augmente avec le degré de méthylation de l’arsenic.

L’arsenic a trois effets majeurs au niveau biochimique :

  • Il découple la chaîne respiratoire en se substituant au phosphore dans la réaction de formation de l’ATP.
  • Les protéines coagulent quand la concentration en arsenic inorganique est forte : réaction arsenic/liens sulfures ou réaction arsenic/site actif.
  • L’arsenic se complexe avec les groupes sulfhydryles des enzymes.

L'arsenic sous forme pure ou de composé minéral est dangereux même à faible dose, surtout en cas d’exposition répétée. Dans le cas d’une intoxication aiguë, les symptômes sont immédiats. On peut citer comme signes caractéristiques les vomissements, les douleurs œsophagiennes et abdominales et les diarrhées sanguinolentes.

L’exposition chronique à l’arsenic est un facteur de risque de cancer du poumon, inscrit à ce titre dans les tableaux de maladies professionnelles. L’exposition prolongée à l’arsenic est aussi à l’origine de cancer de la peau, de cancer de la vessie et de cancer du rein. Après une exposition prolongée à l’arsenic, les premières modifications concernent généralement la peau de par un changement de la pigmentation. Le cancer survient plus tardivement et peut mettre plus de 10 ans à apparaître. L’absorption d’arsenic par la peau ne présente pas de risque pour la santé[réf. nécessaire].

L’arsenic est souvent employé comme poison, d’où le titre Arsenic et vieilles dentelles. Certains chercheurs supposent que Napoléon Ier aurait été empoisonné à l’arsenic, en raison de la forte concentration en arsenic dans ses cheveux (l'arsenic tend à s'accumuler dans cette partie du corps), cependant, l'arsenic était aussi utilisé à cette époque comme conservant, d'où les doutes à propos de cet empoisonnement.[réf. nécessaire].

L’arsenic est dit organique quand il est chimiquement lié au carbone ou à l’hydrogène, inorganique quand il est lié à l’oxygène, au chlore ou au soufre. Exemple de l'adage de Paracelse sur les poisons, l’arsenic organique est aussi un ultra oligo-élément essentiel pour l’être humain, le poulet, la chèvre, le porc et quelques autres espèces. Les besoins pour l’homme ont été évalués entre 10 et 20 µg par jour, ils sont largement couverts par l’alimentation[6],[7].

Écotoxicologie

Dans l'environnement, l'arsenic est un polluant s'il est présent en quantités trop importantes, parfois de manière naturelle (au Bangladesh par exemple).

La plupart de temps sa présence à forte dose dans les sédiments ou le sol a une origine industrielle. Il s'agit parfois d'une séquelle de guerre. On a ainsi trouvé en Belgique en plein champs en lisière d'une zone forestière un site très pollué par le démantèlement après-guerre de munitions chimiques[8]. De même a-t-on trouvé jusqu'à plus de 100 g/kg d'arsenic dans le sol et jusqu'à plus de 1000 µg/l en pleine forêt de Verdun sur un ancien site de démantèlement de munitions de la première guerre mondiale. Une entreprise y avait brûlé durant la reconstruction le contenu chimique de plus de 200 000 obus chimiques allemands contenant notamment du chlorure de diphénylarsine et du cyanure de diphénylarsine)[9].

À Löcknitz, Allemagne, où persiste dans le sol une pollution qui est une séquelle de toxiques de combat arséniés manipulées durant la Seconde Guerre mondiale, des chercheurs ont montré que certaines plantes peuvent absorber des quantités significatives d'arsenic sans en mourir, pouvant ensuite contaminer le gibier ou le bétail. C'est le cas par exemple de la houlque laineuse (Holcus lanatus L.), une herbacée commune en Europe. Sur ce même site, des champignons prélevés sur des sols fortement contaminés ont montré des teneurs de 0,12 mg/kg [10].

Quelques chiffres

L’OMS, l’EPA (Environmental Protection Agency), Santé Canada, la France (en 2003) ou encore l’UE ont fixé la limite de concentration maximum de l’arsenic dans l’eau à 0,01 mg/L tandis que le règlement sur la qualité de l’eau potable du Québec datant de 2001 fixe la limite à 0,025 mg/L et le Bangladesh et l’Inde fixent la limite à 0,05 mg/L.

Cette limite ne s'applique pas en France aux eaux minérales [1] mais uniquement a l'eau du robinet et aux eaux de source, de fait l'information sur la quantité d'arsenic n'apparait pas non plus sur l'étiquette informative des bouteilles, afin de ne pas porter préjudice à certaines marques inscrites dans le patrimoine national ou local.

Malgré ces normes, certains pays sont encore aujourd’hui souvent au-dessus des limites d’exposition selon l’OMS. Parmi eux, l’Argentine, l’Australie, le Bangladesh, le Chili, la Chine, les États-Unis, la Hongrie, l’Inde, le Mexique, le Pérou et la Thaïlande. Des effets négatifs sur la santé ont été observés au Bangladesh, en Chine, aux États-Unis et en Inde.

Habituellement, l’arsenic est dispersé et se retrouve en faible quantité dans l’environnement. Les concentrations habituelles sont :

  • dans les sols : entre 2 et 15 mg/L,
  • dans l’eau : moins de 10 µg/L,
  • dans les aliments : moins de 0,1 mg/kg,
  • dans l’air : entre 0,005 et 0,1 mg/m3.

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Gisements

L’arsenic est un élément natif ; souvent assez pur, mais pouvant contenir des traces d’antimoine.

Les principaux minerais d’arsenic sont le réalgar AsS (« arsenic rouge ») et l’orpiment As2S3 (« arsenic jaune ») ; l’arsenic est également présent dans de nombreux autres minéraux, particulièrement les arséniures, les arséniates, quelques sulfosels (alloclasite, cobaltite, enargite, lautite, luzonite, pearcéite, proustite).

Flux naturels

Le cycle de l’arsenic est mal connu, mais on estime que les bactéries terrestres produisent environ 26 000 t/an d’arsenic méthylé volatil aboutissant à l’océan. S’y ajoutent 17 000 tonnes/an émises par les volcans et 2 000 tonnes/an environ issues de l’érosion éolienne des sols. Les sédiments marins en piègent une partie, qui durant un certain temps restera toutefois biodisponible. Ces flux sont à comparer à la production par les activités humaines, qui étaient estimées dans les années 1990 à environ 30 000 tonnes/an dans le monde.

Une faible quantité d’arsenic est présente dans tous les organismes marins. Pour des raisons encore mal comprises, les invertébrés et en particulier les mollusques bivalves (moules, huîtres, coquilles Saint-Jacques) de pleine mer sont souvent plus contaminés (10 à 30 µg/l en général) que ceux qui vivent dans les estuaires. Des pics de pollution marine peuvent être constatés, par exemple autour des sites de munitions immergées en mer Baltique.

Des taux élevés (par exemple 2 739 µg/l chez le polychète (Tharyx marioni)) sont constatés dans les zones très polluées. Chez les poissons, des concentrations de 5 à 100 µg/l sont courantes, plus faibles chez les espèces consommant du plancton (bar, maquereau, hareng) (5 à 20 µg/l) et plus élevées chez les poissons du sommet du réseau trophique (130 et 230 µg/l respectivement pour le congre et la roussette). Les teneurs des poissons plats (plie, sole, flet) variaient de 10 à 60 µg/l en France dans les années 1990[11].

Utilisation

  • L’arsenic a été testé ou utilisé dans certains médicaments depuis l’Antiquité (voir par exemple solution de Fowler, à base d’arsénite).
  • Au XVII, l'arsenic va être utilisé sous le nom de poudre de succession par un réseau composé essentiellement de femmes de la noblesse dans le but d'accélérer certains héritages par des meurtres.
  • Il a été utilisé pour augmenter la toxicité de certaines armes chimiques, sous forme d’arsine notamment, dès la Première Guerre mondiale.
  • Sous forme d’arséniate de plomb notamment, il a été utilisé comme pesticide, qui a été une source fréquente d’empoisonnement des utilisateurs ou de consommateurs de produits traités. Il continue à polluer l’environnement longtemps après son utilisation, le plomb et l’arsenic n’étant pas biodégradables ni dégradables à échelle humaine de temps.
  • L’arsenic sert d’additif au mélange plomb-antimoine des électrodes des accumulateurs.
  • Il sert d’additif (durcisseur) au plomb des cartouches de chasse ou des munitions de guerre (il freine aussi la formation d’oxyde de plomb). Sous forme d’arsine il a été présent dans certaines munitions chimiques de la Première Guerre mondiale et des années qui ont suivi (fabriquées, non utilisées puis démantelées ou jetées en mer).
  • Mélangé avec du cuivre et du chrome (CCA) c’est un produit de traitement du bois (qui lui donne une couleur verdâtre). Bien que controversé en raison de sa toxicité, de sa rémanence et du fait qu’il soit partiellement soluble dans l’eau et les pluies, ce traitement reste autorisé dans la plupart des pays.
  • Il est depuis peu utilisé sur les « tambours » des imprimantes dites « lasers » et des photocopieuses, fax. Pur ou sous forme de séléniure, sa sensibilité à la lumière permet de décharger la tension électrostatique qui va retenir le « toner ».
  • Les alliages composés d’arsenic et de gallium (GaAs) ou d’indium (InAs) donnent des matériaux semi-conducteurs (dits III-V par référence aux colonnes de la table des éléments), utilisés pour la fabrication de cellules photovoltaïques, de diodes électroluminescentes (DEL) et de transistors à très haute fréquence.
Plus chers et de mise en œuvre plus complexe que le silicium, leur marché reste marginal, mais leur rôle est essentiel en opto-électronique, où les performances du silicium sont moins bonnes.
  • Les insecticides anti-fourmis contiennent généralement un produit à base d’arsenic : le dimethylarsinate de sodium.

Méthodes d’analyse

Plusieurs méthodes existent

  • quantification de l’arsenic total d’un échantillon ;
  • étude de la spéciation de l’échantillon c’est-à-dire des différentes formes chimiques ou organiques d’arsenic présentes et quantification ;
  • analyse de l’arsenic parmi d’autres métaux, via par exemple l’analyse par fluorescence X

Analyse des échantillons d’eau

Une bonne méthode d’analyse doit avant tout minimiser les interférences de manière à être suffisamment sensible pour obtenir de bonnes limites de détection et de quantification. Ces limites doivent être inférieures aux normes nationales en vigueur. De plus la méthode doit être validée en termes de domaine de linéarité, de réplicabilité, de répétabilité et de justesse. Il est également important de connaître le taux de récupération pour ajuster les résultats.

Prélèvement et conservation de l’échantillon

L’analyse de l’arsenic étant généralement une analyse de trace il est indispensable de prélever les échantillons dans des contenants préalablement lavés avec de l’acide nitrique ou de l’acide chlorhydrique et rincés à l’eau déminéralisée. Pour garantir la conservation de l’échantillon, celui-ci devra être acidifié et ne pas être en contact avec l’air.

Techniques courantes en laboratoire

Il existe une large gamme de méthodes pour analyser les échantillons liquides contenant l’arsenic. Le choix de la méthode se fait en fonction des limites de détections désirées et de la concentration attendue. Parmi elles :

  • La colorimétrie : peu précise,
  • La spectrométrie d'absorption atomique de flamme (FAAS) : très interférée et manque de sensibilité,
  • La spectrométrie d’absorption atomique avec atomisation électrothermique (GF- AAS). La mesure se base sur l’injection directe de l’échantillon dans un tube graphite, chauffé électriquement avec atomisation électrothermique.
  • La génération d’hydrure suivie d’une détection par spectroscopie d'absorption atomique (HG-AAS) ou par fluorescence atomique (HG-AFS). Dans un premier temps l’As(V) est réduit en As(III) avec de l’iodure de sodium. L’arsenic est ensuite transformé en un arsine volatile sous l’action du borohydride de sodium (NaBH4) en milieu acide. L’arsine formé est ensuite oxydé en arsenic élémentaire dans une cellule chauffée et dosée par spectrophotométrie d’absorption atomique.
  • La spectrométrie d'émission atomique dans un plasma d’argon (ICP-AES) (voir Torche à plasma),
  • La spectrométrie de masse dans un plasma d’argon (ICP-MS)(voir Torche à plasma). L’échantillon est introduit dans un plasma d’argon, cela permet son ionisation, le spectromètre de masse sépare ensuite les ions en fonction du rapport m/z (masse/charge). Cette méthode comporte de nombreux avantages : étant donné qu’il n’y a qu’un seul isotope stable pour m/z = 75, la détermination de l’arsenic est simple. De plus les limites de détection sont très faibles. Par contre, il y a un problème d’interférences isobariques (voir Torche à plasma) dans les échantillons à concentration élevée en chlorure (présence de ArCl). De plus le coût d’investissement est élevé et l’utilisateur doit être compétent.

Méthodes d’analyse sur site

L’EPA a validé quelques méthodes d’analyses sur site[12].

Les trois premières sont basées sur la génération d’arsine. La mesure se fait par comparaison du changement de couleur de la solution avec les échelles de couleur fournies avec le kit

  • Peters Engineering As 75 PeCo test kit,
  • Envitop Ltd. As-Top Water arsenic test kit,
  • Industrial Test Systems, Inc., QuickT test kit arsenic analysis systems.

Le quatrième kit utilise une méthode voltamétrique.

  • NANO-BAND™ EXPLORER Portable Water Analyzer.
  • Des analyseurs portables (il existe aussi des appareils de fluorescence X portables, plus coûteux)

Analyse des échantillons de sol

Extraction de l’échantillon

Les échantillons sont généralement préalablement séchés et tamisés. On procède ensuite à leur solubilisation soit par attaque acide sur plaque ou à reflux, soit par attaque acide en micro-onde fermé pour ne rien perdre. Il n’existe cependant pas de méthode normalisée pour l’arsenic dans les sols et sédiments. L’échantillon est alors sous forme liquide et acidifiée.

On peut de même procéder à une analyse directe de l’échantillon sans minéralisation préalable.

Méthodes courantes en laboratoire

  • Mêmes méthodes que pour l’analyse de l’eau après la mise en solution des échantillons.
  • L’activation neutronique instrumentale (INAA) : Utilisée comme technique de référence mais nécessitant l’accès à un réacteur nucléaire.
  • La fluorescence X et ses contraintes : préparation des échantillons, étalonnage et prise en compte des effets de matrice.

Spéciation de l’arsenic

La connaissance de la spéciation de l’arsenic permet de mieux mesurer l’impact et le risque environnemental, car la nature de l’espèce affecte la biodisponibilité, la toxicologie et la mobilité et bioturbation de l’arsenic. Il y a de nombreuses espèces à identifier et quantifier, qui peuvent assez rapidement évoluer (⇒ la stabilité des échantillons est importante, du prélèvement à l’analyse). L’extraction de l’arsenic ne doit pas modifier ses formes chimiques. Les techniques d’analyse doivent être sensibles, sélectives et rapides pour éviter la conversion des espèces présentes.

Stabilité de l’échantillon

Elle peut être obtenue en ajoutant un agent chélatant comme l’EDTA (acide éthylène diamine tetra acétique), et en réfrigérant les échantillons (à température ambiante, seules les solutions très concentrées restent stables).

La nature de l’analyte joue aussi sur la stabilité : l’arsenic organique (méthylé) est plus stable que l’arsenic inorganique.

Extraction de l’arsenic

Pour extraire l’arsenic sans modifier ses formes chimiques, il faut un solvant n’interférant pas avec la détection.

Le lessivage des sols permet de se rendre compte de la mobilité de l’arsenic (qui dépend de la composition chimique du sol, du pH, des micro-organismes…). Mais pour extraire rapidement l’arsenic, des solvants forts sont utilisés et ils interfèrent ensuite avec la séparation HPLC.

Techniques de séparation

La Chromatographie en phase liquide à haute performance (CLHP) est la technique la plus souvent utilisée. Ainsi on utilisera la chromatographie de paire d’ion pour séparer les espèces neutres des espèces ioniques (cations ou anions), la chromatographie d’échange d’ions (échange d’anions pour séparer As(III), As(V), MMA, DMA, de cations pour séparer l’arsénobétaïne, l’oxyde triméthylarsine et Me4As+).

La chromatographie d’exclusion peut également être utilisée en tant que technique préparative.

L’électrophorèse capillaire est peu utilisée à cause des interférences dues à la matrice de l’échantillon. Cette technique est utilisée pour l’analyse de standard ou d’échantillons dont la matrice est simple.

Techniques de détection

Les principales techniques utilisées sont :

  • La spectroscopie d’absorption atomique et l’ICP-AES. Ces techniques sont efficaces pour des échantillons très concentrés mais pas assez sensibles pour l’analyse de trace. Il faut alors les combiner avec la génération d’hydrure. La génération d’hydrure est une réaction rapide qui augmente de 10 à 100 fois la sensibilité. Cela permet aussi de supprimer l’effet de matrice de l’échantillon.
  • ICP-MS. Cette technique est ultrasensible et permet d’analyser différents éléments en même temps. De plus le couplage avec l’HPLC est facile et il est possible de mesurer les ratios isotopiques ce qui rend la détermination des espèces plus précise.
  • La spectrométrie de masse avec une source électrospray. Cela permet une analyse directe ou couplée avec HPLC et ajoute le paramètre identification des espèces arséniées en plus de les quantifier. Cela est particulièrement intéressant pour les molécules organiques complexes.

Recherche et développement

  • 2007, France. Un groupe de chercheurs a mis en évidence que la bactérie Herminiimonas arsenicoxydans était capable, non seulement de transformer l’arsenic en une forme moins toxique, mais aussi capable d’isoler cet arsenic dans une matrice de sucres. (Pour rappel, au Bangladesh et en Chine, la concentration en arsenic dans l’eau dépasse les taux recommandés par l’OMS fixés à 0,01 mg/L).
  • 2007, France et É.-U. Par analogie avec le traitement d'une forme de leucémie, où il élimine l'activation des lymphocytes T, le trioxyde d'arsenic a été utilisé avec succès sur un modèle animal de lupus érythémateux. Des chercheurs pensent pouvoir étendre son application à d'autres maladies auto-immunes[13].
  • 2008 : Thomas Kulp et ses collègues du U.S. Geological Survey, ont trouvé une nouvelle et unique forme de photosynthèse basée sur l’arsenic. Une « bactérie pourpre » et une cyanobactérie découvertes dans le Lac Mono (lac salé) en Californie peuvent vivre sans consommer d’eau libre, en oxydant l'arsénite (forme dissoute d’arsenic) pour en faire de l'arséniate, et ensuite fabriquer des molécules organiques. Une colonie de ces bactéries a pu être cultivée uniquement en présence d’arsénite. Il est possible que des bactéries de ce type ait fait partie des premières bactéries à peupler la Terre primitive [14]. Cette bactérie pourrait être bioindicatrice de sols très pollués par de l'arsenic.

Notes et références

  1. Entrée du numéro CAS « 7440-38-2 » dans la base de données de produits chimiques GESTIS de la BGIA (organisme allemand responsable de la sécurité et de la santé au travail) (allemand, anglais), accès le 22 janvier 2009 (JavaScript nécessaire)
  2. IARC Working Group on the Evaluation of Carcinogenic Risks to Humans, « Evaluations Globales de la Cancérogénicité pour l'Homme, Groupe 1 : Cancérogènes pour l'homme » sur http://monographs.iarc.fr, 16 janvier 2009, CIRC. Consulté le 22 août 2009
  3. Numéro index 033-001-00-X dans le tableau 3.1 de l'annexe VI du règlement CE N° 1272/2008 (16 décembre 2008)
  4. Science et Vie, no 1075, avril 2007, p. 90.
  5. Voir les fiches toxicologiques sur les sites de l’INRS et sur le site de REPTOX(Québec)
  6. Caducee, d’après Nutrition et alimentation de B. Jacotot et J.-C. Le Parco
  7. Autre estimation : 12 à 25 microgrammes. Doctissimo, d’après Apports nutritionnels conseillés pour la population Française, Agence Française de Sécurité Sanitaire des Aliments, 3e édition, Éd. Tec & Doc
  8. Bausinger Tobias ; Preuß Johannes, Environmental remnants of the First World War: Soil contamination of a burning ground for arsenical ammunition. In : Bulletin of Environmental Contamination & Toxicology 74, 2005, p. 1045-1052.
  9. T. Bausinger et al. « Exposure assessment of a burning ground for chemical ammunition on the Great War battlefields of Verdun ». In : Science of the Total Environment, 382, 2007, p. 259-271.
  10. Pitten, Frank-Albert, Müller Gerald, König Peter et al., Arsenakkumulation in Pflanzen. Abschlußbericht AP 120/2. Greifswand, 1997, unveröffentlicht, p. 60.
  11. Source : Rapport Ifremer ; l’arsenic en milieu marin [pdf] (étude de soutien à la définition de normes)
  12. Arsenic Test Kits
  13. revue Blood, vol.108, n°13, p.3967-3975
  14. brève scientifique de Pour la Science – n° 372 – octobre 2008 (p. 14, citant Science, vol. 321, p. 967-970, août 2008)

Voir aussi

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Voir « arsenic » sur le Wiktionnaire.

Articles connexes

Liens externes

Bibliographie

  • Laperche V., Bodénan F., Dictor M.C. et Baranger Ph. (2003) - Guide méthodologique de l’arsenic, appliqué à la gestion des sites et sols pollués. BRGM/RP-52066-FR, 90&nbps;p. , 5 fig., 10 tabl., 3 ann.
  • Groupe scientifique sur l’eau (2002), Arsenic, Dans Fiches synthèse sur l’eau potable et la santé humaine, Institut national de santé publique du Québec, 8 p. 
  • INERIS - Fiche de données toxicologiques et environnementales des substances chimiques, ARSENIC ET SES DÉRIVÉS INORGANIQUES, Version no 3 juillet 2006.
  • Rapport de la commission sur la gestion de l’eau au Québec no 142, L’eau, ressource à protéger, à partager et à mettre en valeur, Tome II, Bureau d’audiences publiques sur l’environnement.
  • OMS, Aide-mémoire no 210, Révisé mai 2001, L’arsenic dans l’eau de boisson
  • Règlement sur la qualité de l’eau potable, Québec
  • CENTRE D’EXPERTISE EN ANALYSE ENVIRONNEMENTALE DU QUÉBEC, Détermination de l’arsenic dans l’eau ; Méthode automatisée par spectrophotométrie d’absorption atomique et formation d’hydrures. MA. 203 – As 1.0, Ministère de l’Environnement du Québec, 2003, 17 p. 
  • CENTRE D’EXPERTISE EN ANALYSE ENVIRONNEMENTALE DU QUÉBEC, Détermination de l’arsenic dans les sédiments : méthode automatisée par spectrophotométrie d’absorption atomique après minéralisation et génération d’hydrure. MA. 205 – As 1.0, Ministère de l’Environnement du Québec, 2003, 17 p. 
  • (en) Arsenic speciation analysis, Z. Gong et al. / Talanta 58 (2002) 77–96
  • (en) EPA, METHOD 200.8, DETERMINATION OF TRACE ELEMENTS IN WATERS AND WASTES, BY INDUCTIVELY COUPLED PLASMA - MASS SPECTROMETRY, Revision 5.4, EMMC Version
  • Santé canada, Méthodes d’analyses - Arsenic - Recommandations pour la qualité de l’eau potable au Canada : document technique


  s1 s2 g f1 f2 f3 f4 f5 f6 f7 f8 f9 f10 f11 f12 f13 f14 d1 d2 d3 d4 d5 d6 d7 d8 d9 d10 p1 p2 p3 p4 p5 p6
1 H He
2 Li Be B C N O F Ne
3 Na Mg Al Si P S Cl Ar
4 K Ca Sc Ti V Cr Mn Fe Co Ni Cu Zn Ga Ge As Se Br Kr
5 Rb Sr Y Zr Nb Mo Tc Ru Rh Pd Ag Cd In Sn Sb Te I Xe
6 Cs Ba   La Ce Pr Nd Pm Sm Eu Gd Tb Dy Ho Er Tm Yb Lu Hf Ta W Re Os Ir Pt Au Hg Tl Pb Bi Po At Rn
7 Fr Ra   Ac Th Pa U Np Pu Am Cm Bk Cf Es Fm Md No Lr Rf Db Sg Bh Hs Mt Ds Rg Cp Uut Uuq Uup Uuh Uus Uuo
8 Uue Ubn * Ute Uqn Uqu Uqb Uqt Uqq Uqp Uqh Uqs Uqo Uqe Upn Upu Upb Upt Upq Upp Uph Ups Upo Upe Uhn Uhu Uhb Uht Uhq Uhp Uhh Uhs Uho
   
  g1 g2 g3 g4 g5 g6 g7 g8 g9 g10 g11 g12 g13 g14 g15 g16 g17 g18  
  * Ubu Ubb Ubt Ubq Ubp Ubh Ubs Ubo Ube Utn Utu Utb Utt Utq Utp Uth Uts Uto  


Métalloïdes Non-métaux Halogènes Gaz rares
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