Bâton de Maréchal


Bâton de Maréchal

Maréchal de France

Le bâton du maréchal de France.
Insigne de maréchal de France, 7 étoiles

Le maréchalat de France est la plus haute distinction militaire française. Le titre de maréchal de France, ou d'amiral de France – son équivalent pour les marins – constitue une dignité dans l'État. Dans la période étudiée, la France peut en compter 329.

Sommaire

Époque monarchique

Maréchal de France est un terme formé à partir de celui de maréchal. Le titre de maréchal de France est créé par Philippe Auguste, vers 1190, pour Albéric Clément.

Au siècle suivant, cette fonction devient un des grands offices de la Couronne, désignant un commandant militaire, subordonné au connétable. Après l'abolition de l'office de connétable par Richelieu en 1624, les maréchaux deviennent les chefs suprêmes de l'armée. Parfois le roi crée une charge de maréchal général des camps et armées du roi, qu'il confie au plus prestigieux de ses maréchaux.

En plus de leurs fonctions militaires, les maréchaux ont aussi la responsabilité du maintien de l'ordre dans les campagnes, par l'intermédiaire des prévôts des maréchaux, d'où le surnom de « maréchaussée » que l'on donne parfois à la gendarmerie.

Jusqu'en 1793, date de l'abolition de cette charge, il y eut 257 maréchaux de France.

Révolution, Empire, XIXe siècle

Le maréchalat est aboli par la Convention le 21 février 1793.

Le sénatus-consulte du 18 mai 1804 établit des « maréchaux d’Empire ». Sous le Premier Empire, on parle, en toute rigueur de terme, de « maréchal de l'Empire français ».

Avec la Restauration, les maréchaux d’Empire deviennent maréchaux de France.

La loi du 4 août 1839 prévoit que le nombre des maréchaux de France est de six au plus en temps de paix et qu'il pourra être porté à douze en temps de guerre. Lorsqu'en temps de paix l'effectif est en excédent du chiffre réglementaire, il peut cependant être fait une promotion pour trois vacances.

Sous le Second Empire, Napoléon III n'en change pas le titre. Les maréchaux de France deviennent membres de droit du Sénat.

Lors de la Troisième République, la fonction étant perçue comme trop liée avec l'Empire, aucun maréchal de France n'est créé avant la Grande Guerre. Le dernier maréchal, Canrobert, meurt en 1895.

XXe siècle

C'est durant la guerre de 1914-1918 que la dignité est rétablie. Les deux derniers maréchaux de France sont Alphonse Juin (1888-1967) et Marie Pierre Kœnig (1898-1970), créé maréchal à titre posthume par le décret du 6 juin 1984.

Actuellement, comme cela est précisé à l'article 4 de la loi du 13 juillet 1972, le « titre de maréchal de France et le titre d'amiral de France constituent une dignité dans l'État ».

Le maréchalat est donc un titre et une dignité, non un grade. Il est symbolisé par 7 étoiles (contre 5 étoiles pour le grade le plus élevé, général d'armée). L'autre symbole du maréchalat est le bâton de velours bleu parsemé d’étoile sur le lequel est écrit : Terror belli, decus pacis (Terreur durant la guerre, ornement pour le temps de paix).

Il n'y a pas de condition particulière pour être élevé à la dignité de Maréchal de France. La coutume demande que l'on ait commandé en chef une armée et obtenu la victoire ; il n'est pas nécessaire que cette victoire ait été emportée sur le sol national.

Contrairement à une idée répandue, la dignité de maréchal de France a été décernée tout au long du XXe siècle par décret et non par voie législative. Toutefois, une loi a pu préalablement autoriser un décret. Ainsi, l'élévation à la dignité de maréchal de Jean de Lattre de Tassigny s'accomplit par le décret du 15 janvier 1952 faisant suite à la loi du même jour dont l'article 2 dispose que « Le gouvernement est autorisé à conférer, à titre posthume, la dignité de Maréchal de France au général d'armée Jean de Lattre de Tassigny ». De même, la loi du 11 juillet 1952 autorise le Président de la République à promulguer par décret le 23 août 1952 l'élévation du général Leclerc à la dignité de maréchal de France. Toutefois, ces deux lois émanaient du gouvernement (projet de loi et non proposition de loi).

Les textes officiels français ont du mal à s'accorder sur l'usage de la majuscule (« Maréchal de France » ou « maréchal de France »).

Enfin, il existait, jusqu'au XIXe siècle, une dignité supérieure à celle de Maréchal : celle de Maréchal général des camps et armées du roi.

Privilèges liés au maréchalat

Les maréchaux ont droit à une dotation personnelle pour frais de représentation de 9 000 francs. Cette dotation est fixée par l'article 1 du décret du 2 août 1960, toujours en vigueur.

La loi du 27 mars 1929 disposait que les maréchaux ainsi que les généraux ayant commandé pendant la Première Guerre mondiale pouvaient être inhumés à l'hôtel national des Invalides.

Par voie législative, des suppléments de pensions ont été accordées aux veuves des maréchaux (loi du 14 avril 1929) avec des dispositions spéciales pour la veuve du maréchal Foch (loi du 29 mars 1929) et la veuve du maréchal de Lattre de Tassigny (loi du 11 juillet 1952). Une autre loi dite personnelle exonéra la veuve du maréchal Juin de droits de succession le 28 décembre 1967.

Familles

Le maréchalat de France conférait aux familles une illustration d'autant plus appréciée qu'elle était rare et correspondait à un réelle valeur militaire. Parmi les familles qui ont donné au moins deux maréchaux (ou amiraux), l'on trouve :

Les Capétiens

Six maréchaux sous Philippe II Auguste, de 1180 à 1223

Huit maréchaux sous Louis IX, saint Louis, de 1226 à 1270

Quatre maréchaux sous Philippe III le Hardi, de 1270 à 1285

Six maréchaux sous Philippe IV le Bel, de 1285 à 1314

Un maréchal sous Louis X le Hutin, de 1314 à 1316

Trois maréchaux sous Philippe V le Long, de 1316 à 1322

Un maréchal sous Charles IV le Bel, de 1322 à 1328

Les Valois

Cinq maréchaux sous Philippe VI de Valois, de 1328 à 1350

Quatre maréchaux sous Jean II le Bon, de 1350 à 1364

Deux maréchaux sous Charles V le Sage, de 1364 à 1380

Neuf maréchaux sous Charles VI, le Bien-Aimé, de 1380 à 1422

Six maréchaux sous Charles VII, de 1422 à 1461

Quatre maréchaux sous Louis XI, de 1461 à 1483

Deux maréchaux sous Charles VIII, de 1483 à 1498

Les Valois Orléans

Quatre maréchaux sous Louis XII, de 1498 à 1515

Les Valois Angoulême

Onze maréchaux créés par François Ier entre 1515 et 1544

Cinq maréchaux créés par Henri II, de 1547 à 1559

Un maréchal créé par François II en 1559

Sept maréchaux créés par Charles IX, de 1560 à 1574

Huit maréchaux créés par Henri III, de 1574 à 1589

Les Bourbons

Onze maréchaux créés par Henri IV entre 1592 et 1602

Trente-deux maréchaux créés par Louis XIII, entre 1613 à 1643

Cinquante-trois maréchaux créés par Louis XIV, entre 1643 et 1715

Quarante-neuf maréchaux créés par Louis XV de 1715 à 1774

Vingt maréchaux créés par Louis XVI, de 1774 à 1791

Premier Empire

Vingt-six maréchaux sous Napoléon Ier, de 1804 à 1814

Ils ont donné leurs noms aux boulevards des maréchaux, boulevard circulaire entourant Paris à l'intérieur des fortifications. Sur les 26 maréchaux de Napoléon, 7 sont morts dans le contexte de l'épopée (Bessière emporté par un boulet, Lannes par blessures mortelles, Poniatowski échappant à l'ennemi emporté par les eaux, Berthier défenestré, Brune assassiné, et Murat et Ney exécutés).

La Seconde Restauration (1815-1830)

Sept maréchaux créés par Louis XVIII, entre 1816 à 1823

Trois maréchaux créés par Charles X, entre 1827 et 1830

La Monarchie de Juillet

Dix maréchaux sous Louis-Philippe Ier, de 1830 à 1848

La IIe République

Sept maréchaux sous Louis-Napoléon Bonaparte (Napoléon III), président de la République de 1848 à 1852

Le Second Empire

Douze maréchaux sous Napoléon III empereur, de 1852 à 1870

La IIIe République

Trois maréchaux sous Raymond Poincaré, de 1913 à 1920

Cinq maréchaux sous Alexandre Millerand, de 1920 à 1924

La IVe République

Trois maréchaux sous Vincent Auriol, de 1947 à 1954

La Ve République

Un maréchal sous François Mitterrand, de 1981 à 1995

Bibliographie

Geneviève Maze-Sencier, Dictionnaire des maréchaux de France du Moyen Age à nos jours, Perrin, Paris, 2000

Notes et références

  1. Ce n'est pas le célèbre d'Artagnan, juste un parent éloigné

Voir aussi

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