Bruxisme


Bruxisme
Bruxisme
Classification et ressources externes
Deviated midline 2.JPG
Image de dents montrant clairement que le patient est atteint de bruxisme.
CIM-10 F45.8
CIM-9 306.8
DiseasesDB 29661
MedlinePlus 001413
MeSH D002012

Le bruxisme est une parafonction manducatrice (mouvement inconscient sans but précis concernant l'appareil manducateur) soit par serrement soit par mouvement latéraux, nommé alors grincement de dents. Cette parafonction peut se manifester pendant la journée mais plus souvent durant le sommeil, il est alors généralement inconscient.

Sommaire

Description

Deux types de bruxisme existent :

  • le bruxisme centré (clenching en anglais) est un serrement dentaire sans mouvement latéral. Ce type de parafonction, silencieux, entraîne presque toujours des douleurs musculaires de l'ensemble des muscles manducateurs, des céphalées bitemporales en étau, des douleurs de nuque ou en chape de plomb sur les épaules, des nausées, des douleurs de l'oreille moyenne, une sensation d'instabilité, parfois des acouphènes;
  • le bruxisme excentré (grinding en anglais) est, lui, moins pathogène car le desmodonte y est moins sensible: il s'agit de grincements de dents avec micromouvements latéraux de la mâchoire. Il est fréquent et physiologique durant l'enfance, où son rôle est l'usure des dents de lait.

Étiologie

Il peut être causé par :

  • La déglutition atypique[1] et respiration buccale, reliquat de la déglutition salivaire infantile,
  • l'infraclusion organique[2], ou dents verticalement trop petites par arrêt prématuré de l'éruption dentaire sous les pressions axiales des 1500 à 2000 interpositions linguales quotidiennes (permutation dentaire, pic pubertaire),
  • le stress. Il s’agirait d'une expression comportementale possible de l'anxiété;
  • un trouble de l'occlusion dentaire. En fait c’est souvent plus une conséquence du bruxisme, avec abrasion (usure) des dents, qu’une cause;
  • certains antidépresseurs comme la venlafaxine et les inhibiteurs sélectifs de la recapture de la sérotonine[3];
  • des stupéfiants, comme l'extasy ou la THC.
  • un traumatisme cervical (mouvement de fléau), (whiplash en anglais), souvent au cours d'un accident de la circulation, dont les conséquences cervicales sont bien connues mais l'effet sur le maxillaire inférieur, siège d'un véritable mouvement de balancier d'avant en arrière est le plus souvent négligé
  • des anesthésies générales répétées avec intubation, traumatisante sur l'articulation temporo-mandibulaire

L’importance du grincement augmente en fonction du stress ressenti durant la journée et une corrélation positive entre le bruxisme et l'anxiété, l'hostilité ou encore l'hyperactivité a été mise en évidence chez les étudiants, notamment à l'approche des examens. De plus les bruxomanes seraient plus introvertis, supportant moins la frustration. Il existe également une relation entre les troubles respiratoires nocturnes (respiration buccale et/ou pauses respiratoires), par interférence avec la langue.

Conséquences

Les conséquences à distance du bruxisme (surtout centré) sont de plusieurs ordres :

L'ATM est l'articulation entre la mandibule et le crâne. Le fait de bruxer sollicite ces articulations de manière trop importante. Il peut alors apparaître le dysfonctionnement de l'appareil manducateur (DAM) avec des symptômes suivants :

  • Claquements à l'ouverture de la bouche, généralement non douloureux;
  • blocage : on n'arrive plus à ouvrir la bouche complètement;
  • blocage bouche ouverte : on ne peut plus refermer la bouche;
  • usure des dents, parfois de manière importante, pouvant aller jusqu'à la nécrose;
  • usure et fracture des prothèses dento-portées (bridge) et implanto-portées (prothèses sur implant);
  • échec implantaire;
  • problèmes parodontaux : récessions parodontales (« déchaussement » des dents). Le stress constitue une orientation étiologique nouvelle de certaines atteintes parodontales[4].
  • Douleurs vertébrales et raideurs musculaires, surtout au réveil;
  • Perturbation du contrôle postural
  • Syndromes cognitifs par perturbation de la voie neurologique de la proprioception des muscles oculomoteurs;
  • Troubles de la convergence visuelle.
  • risque accru de relarguer le mercure des amalgames dentaires. Le mercure va alors intoxiquer le corps tout entier avec de graves conséquences.

Traitements

Les traitements classiques sont peu efficaces : ils limitent l'usure dentaire par le port de plaque occlusale durant la nuit (qui absorbe les forces les plus importantes, ayant une densité plus faible que l'émail). La psychothérapie est utile pour diminuer le stress à l'origine de cette parafonction (de même, il semblerait aussi que l'hypnose pourrait être une solution[réf. souhaitée]). L'acupuncture et surtout l'auriculothérapie ont montré par contre une nette efficacité sur le bruxisme centré. Il existe aussi une technique efficace consistant en une anesthésie du muscle ptérygoïdien latéral par injection par voie intrabuccale.

Depuis quelques années, on parle beaucoup d'un traitement innovant, peu coûteux et peu encombrant : le NTI-tss. Ce traitement est basé sur un réflexe réduisant la capacité de serrer les dents pour le patient et permettant ainsi une réduction sensible de l'intensité de la musculature masticatoire. Le NTI-tss est une petite préforme qui s'appose sur les incisives du patient et qui empêche ainsi de serrer et de grincer des dents. Malheureusement, son effet est transitoire, il aboutit bien souvent à une aggravation à long terme.

Notons que le bruxisme est une contre-indication à l'usage des psychotropes, car ils augmentent le réflexe de serrement en le rendant encore plus inconscient.

En cas de trouble occlusal secondaire, le traitement peut être complété par une gouttière d'élastopositionnement.

[5] [6],[7],[8],[9],[10],[11],[12]

Enfin il n'est pas rare que la prise en charge d'une dépression masquée améliore le patient. Le plus souvent, le bruxisme peut être traité efficacement par des injections de toxine botulique dans les muscles masticateurs les plus puissants : le masséter et (ou) le temporal. Ce traitement, en réduisant la force musculaire, permet un déconditionnement du « tic » (praxie).

Notes et références

  1. Jeanmonod A, La responsabilité de la déglutition atypique dans l’apparition des dysfonctions de l’appareil manducateur, Bull. n° 34, Acad. Natle Chir. Dent., 1989: 35-40
  2. Jeanmonod A, Occlusodontologie, Applications cliniques, CDP, Paris (France): 1988
  3. Revue Prescrire, 284, juin 2007
  4. Kissa J.; Lakehal F., Dr. Khlil N.Le stress : Nouveau facteur étiologique des maladies parodontales ?
  5. Taming of the muscular forces that threaten everyday dentistry; JP BOYD, W SHANKLAND, C BROWN, J SCHAMES... in : Postgraduate Dentistry, novembre 2000
  6. Migraine and tension type headache reduction through pericranial muscular suppression; W SHANKLAND ... in: Cranio, The Journal of Craniomandibular Practice, Vol. 19, Number 4, octobre 2001.
  7. A method of preventing migraine and tension type headaches; W SHANKLAND ... in : Compendium, Vol. 23, N° 2, février 2002
  8. Electromyographic evaluation of the effect of two types of occlusal splints on the muscle activity in the decubitus position; by S. ISHIGAKI, S. OMATSU, K. KAJIWARA, E. MORISHIGE, and T. KUROZUMI, Osaka University Graduate School of Dentistry, Japan ... IADR/AADR/CADR 80th General Session (6-9 March, 2002), San Diego (USA)
  9. Clinical comparison between two different splint designs for temporomandibular disorder therapy; by A JOKSTAD, A MO, BS KROGSTAD, in Acta Odontologica Scandinavica, 2005; 63: 1–9
  10. Evaluation of effectiveness of two different Appliances in Treatment of Patients with Sleep Bruxism Disorder Diagnosed with Polysomnography; by Y. KAVAKLI, Doctoral Thesis, Ankara 2006
  11. Anterior Midline Point Stop Device (AMPS) in the treatment of myogenous TMDs: Comparison with the stabilization splint and control group; by FAM AL QURAN, MS KAMAL, Oral Surg Oral Med Oral Pathol Oral Radiol Endod 2006, 101:747-1
  12. Effect of a nociceptive trigeminal inhibitory splint on electromyographic activity in jaw closing muscles during sleep; by L. BAAD-HANSEN, F.JADIDI, E. CASTRILLON, PB THOMSEN, P. SVENSSON, ... in : J Oral habilitation, Vol. 34 (2), février 2007

Annexes

Liens externes


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