Brahms


Brahms

Johannes Brahms

Johannes Brahms
JohannesBrahms.jpg
Naissance 7 mai 1833
Hambourg, Allemagne
Décès 3 avril 1897 (à 63 ans)
Vienne, Autriche
Activité principale Compositeur

Johannes Brahms (né le 7 mai 1833 à Hambourg, mort le 3 avril 1897 à Vienne) est un compositeur, pianiste et chef d'orchestre allemand.

Il est considéré par beaucoup comme le « successeur » de Ludwig van Beethoven et sa première symphonie a été décrite par Hans von Bülow comme étant « la dixième symphonie de Beethoven ».

À la différence d'autres grands compositeurs de musique classique, Johannes Brahms n'a jamais composé d'opéras.

Sommaire

De 1833 à 1857

Les années de jeunesse

Johannes Brahms est le descendant d’une famille très ramifiée en Basse-Saxe, au nord de l’Allemagne. Son père, Johann Jakob, est artisan de profession et utilise la musique comme gagne-pain. Il joue du cor d'harmonie et plus tard, de la contrebasse. Il se produit dans des petits ensembles à Hambourg. Il donnera ses premières leçons de musique à Johannes, qui déjà tout jeune, est attiré par tous les instruments de musique. Brahms suit ses premiers cours de piano dès l’âge de sept ans avec O. Cossel, jusqu’à ses dix ans. Ce dernier le présente à Eduard Marxsen qui le forme, avec l’ambition d’en faire un virtuose du piano, lui enseignant aussi l’harmonie et la composition. L’art de Johann Sebastian Bach, de Wolfgang Amadeus Mozart et de Ludwig van Beethoven le marqueront à jamais. Ses talents de pianiste lui permettront d’honorer, dès l’âge de treize ans, des engagements dans les tavernes d’Hambourg. Ses dons pour la composition sont visibles dès ses jeunes années : ses pièces pour piano Fantaisie sur une valse populaire qu’il a composées en 1849 illustrent cette virtuosité. Plus tard, Brahms confiera :

« Je composais continuellement. Je composais quand j’étais tranquille, chez moi, de bonne heure le matin. Le jour, j’arrangeais des marches pour des musiques de cuivres. Le soir, je jouais du piano dans les cabarets. »

En 1847, épuisé par ce travail constant pour lui et pour les autres, il est envoyé à la campagne pour s’y reposer. C’est là qu’il découvrira la littérature. Toujours prêt à dépenser un sou chez le brocanteur pour acheter un livre : Sophocle, Dante, Cicéron, Le Tasse, Alexander Pope, Jean Paul, Klopstock, Lessing, Goethe, Friedrich von Schiller, Eichendorff, Adelbert von Chamisso… et également l’histoire de la belle Maguelone et du chevalier Pierre, que plus tard il mettra en musique.

Le 21 septembre 1848, il donne son premier concert, qui inclut une fugue de Bach. Un deuxième concert suivra le 14 avril 1849 : Brahms y joue la sonate opus 53 de Beethoven et des variations de sa composition. La critique commence à le remarquer en lui reconnaissant un talent peu ordinaire.

Brahms a développé un art qui lui est propre : il a publié ses premières œuvres en utilisant souvent un pseudonyme (G. W. Marcks, Karl Würth) et en donnant un nombre plus élevé à ses numéros d’opus. Au début, il compose exclusivement des œuvres pour piano -- il connaissait alors moins les possibilités et les limites de l’orchestre, et plus tard, il demandera de l’aide à des amis plus expérimentés pour composer ses premières œuvres pour orchestre. Il fait la connaissance de la pianiste Louise Japha, une élève de Robert Schumann.

En 1853, Brahms a vingt ans ; il rencontre un violoniste hongrois Eduard Reményi, à qui il doit son premier contact avec la musique tzigane. Avec lui, il effectuera une tournée en Allemagne du Nord, ce qui lui permet de faire la connaissance, à Hanovre, du violoniste Joseph Joachim, âgé de vingt-deux ans, qui a déjà conquis le public berlinois avec le concerto de Beethoven. Ce dernier fait la remarque suivante sur Brahms :

« Dans son jeu se trouve le feu intensif, je dirais même l’énergie fataliste et la précision du rythme, qui laissent paraître l’artiste, et ses compositions montrent déjà beaucoup de choses remarquables que je n’ai jusqu’à présent rencontrées chez aucun autre jeune artiste de son âge[1] »

Joachim conseille à Brahms de s’adresser à Franz Liszt qui, à cette époque, est chef d’orchestre à la cour de Weimar. Liszt promet à Brahms de le mentionner dans une lettre à l’éditeur Breitkopf & Härtel. La légende voudrait que Brahms se soit endormi pendant que Liszt exécutait sa célèbre Sonate en si mineur. Cette anecdote est plaisante, mais émane de sources peu sûres. Elle fut consignée, trente-cinq à quarante ans plus tard, par le virtuose américain William Mason (dont l’exactitude des propos n’a jamais été la plus grande vertu). Le biographe officiel de Brahms, Max Kalbeck, tout comme son homologue français Romain Goldron réfutent cette version des faits, ainsi que la supposée brouille entre Liszt et Brahms. Ce dernier confiera même, au poète Klaus Groth, à propos de son aîné : « Nous sommes quelques-uns à savoir jouer du piano, mais nous ne possédons que quelques doigts de ses deux mains ! » Cependant, le jeune compositeur ne se trouve que peu d’affinités avec les théories musicales progressistes de Liszt. Il prend congé de ce dernier. Il écrit alors une lettre à Joseph Joachim, datée du 29 juin 1853, dans laquelle il lui demande de le rejoindre à Göttingen. Là-bas, le violoniste l’introduira dans son cercle d’artistes et de musiciens. Cette période heureuse et insouciante, pleine de rencontres, inspirera à Brahms son Ouverture pour une fête académique. Joachim persuadera Brahms de rendre visite à Robert Schumann qui réside à Düsseldorf.

Nouveaux chemins

Nouveaux chemins (Neue Bahnen) – sous ce titre est paru le 25 octobre 1853 dans le journal Le nouveau journal de la musique (Neue Zeitschrift für Musik) fondé par Robert Schumann et distribué à Leipzig, le premier article sur Johannes Brahms. Schumann écrit :

« Il est venu cet élu, au berceau duquel les grâces et les héros semblent avoir veillé. Son nom est Johannes Brahms, il vient de Hambourg… Dès qu’il s’assoit au piano, il nous entraîne en de merveilleuses régions, nous faisant pénétrer avec lui dans le monde de l’Idéal. Son jeu, empreint de génie changeait le piano en un orchestre de voix douloureuses et triomphantes. C’étaient des sonates où perçait la symphonie, des lieder dont la poésie se révélait, des pièces pour piano, unissant un caractère démoniaque à la forme la plus séduisante, puis des sonates pour piano et violon, des quatuors pour instruments à cordes et chacune de ces créations, si différente l’une de l’autre qu’elles paraissaient s’échapper d’autant de sources différentes… Quand il inclinera sa baguette magique vers de grandes œuvres, quand l’orchestre et les chœurs lui prêteront leurs puissantes voix, plus d’un secret du monde de l’Idéal nous sera révélé…[2] »

Schumann demande à l’éditeur Breitkopf & Härtel de publier quelques œuvres de Brahms. Son engagement personnel pour Brahms a permis de le rendre très rapidement célèbre en Allemagne. L’article, au retentissement important, sera un lourd fardeau pour ce jeune homme de vingt ans. Beaucoup de mélomanes veulent l’entendre, voir ses notes, ou en savoir plus sur son talent. Cet empressement effraie Brahms : dans une lettre à Schumann, il exprime son appréhension de ne pas pouvoir répondre à toutes les attentes du public. Après une auto-critique trop sévère, il brûle même quelques-unes de ses œuvres.

Une très chère amie

Johannes Brahms vers 1853
Johannes Brahms
Variations sur un thème de Robert Schumann op.9
Variation X, mesures 30-32
Clara Schumann vers 1853

À Düsseldorf, Brahms fait la connaissance de Robert Schumann, et également celle de son épouse Clara. Mère de six enfants, elle est de quatorze ans plus âgée que Brahms qui a déjà acquis une réputation européenne, et elle le fascine. Suite à l’aide apportée par Robert Schumann à la publication de ses œuvres pour piano, Brahms écrit à son mentor : « Puis-je mettre le nom de votre épouse au début de ma deuxième œuvre ?[3] »

Après l’internement de Robert Schumann dans un hôpital psychiatrique à Endenich, près de Bonn, la relation entre Clara Schumann et Brahms s’intensifie. Ils vivent dans la même maison à Düsseldorf. Les échanges d’idées avec Clara et Robert Schumann transparaissent dans ses variations pour piano op. 9 sur un thème de Robert Schumann, qui a pu les écouter à Endenich et les a trouvées magnifiques. Dans les mesures 30–32 de la dixième variation, apparaît dans la voix du milieu, un thème de Clara, que Robert Schumann avait également repris dans son op. 5. Entre 1854 et 1858, Clara Schumann et Brahms échangent de nombreuses lettres, témoignages qu’ils se sont ensuite accordés à détruire presque entièrement. Il nous reste encore aujourd’hui quelques lettres de Brahms ; elles reflètent l’image d’une passion grandissante. Au début, il lui écrit « vous » (« Sie »), « chère madame » (« Verehrte Frau »), puis « très chère amie » (« Teuerste Freundin »), et finalement « mon amie bien-aimée » (« Innigst geliebte Freundin »), et à la fin « Ma bien-aimée Madame Clara » (« Geliebte Frau Clara »). Dans une lettre du 25 novembre 1854, il écrit soudainement :

« 

Très chère amie, comme le « tu » intime me regarde tendrement ! Mille mercis pour cette lettre, je ne peux pas m’arrêter de la regarder et de la relire, comme si je la lisais pour la première fois ; rarement les mots ne m’ont autant manqué que lorsque j’ai lu votre dernière lettre.[4]

 »

Lui, le plus jeune qui n’avait pas osé suggérer le tutoiement, y est à présent confronté. Il s’habituera progressivement à cette intimité. Dans une lettre du 31 mai 1856, il écrit très clairement :

« 

Ma bien-aimée Clara, je voudrais, je pourrais t’écrire tendrement combien je t’aime et combien je te souhaite de bonheur et de bonnes choses. Je t’adore tellement, que je ne peux pas l’exprimer. Je voudrais t’appeler par des « chérie » et d’autres termes affectueux sans en être rassasié, pour te courtiser. (…) Tes lettres sont pour moi comme des bisous.[5]

 »

Cette lettre sera la dernière avant l’évènement prévisible et pourtant soudain qui bouleversera la nature même de leur liaison : le décès de Robert Schumann le 29 juillet 1856. En octobre de la même année, Brahms qui nourrit encore l’espoir de pouvoir consoler « sa » Clara pendant cette période de deuil, devra pourtant se résigner. Elle s’éloigne peu à peu de lui. Les lettres échangées perdent de leur passion. Le 17 octobre 1857, Brahms finira par résumer ainsi dans une de ses missives :

« Les passions n’appartiennent pas aux hommes comme des choses naturelles. Elles sont toujours des exceptions ou des exagérations. Celui chez qui elles dépassent les bornes doit se considérer comme malade et songer à un remède pour sa vie et sa santé. (…) Les passions doivent vite s’estomper, ou alors, il faut les chasser.[6] »

Par la suite, Brahms restera en liaison avec Clara toute sa vie durant. Il lui écrit ainsi en 1896, peu avant sa mort :

« Si vous croyez devoir attendre le pire, accordez-moi quelques mots, avec lesquels je peux venir voir s’ouvrir encore les beaux yeux, avec lesquels beaucoup se refermera pour moi.[7] »

Pendant toute la période de la maladie de Schumann, Brahms réside à Düsseldorf. Il étudie beaucoup, imposant un programme strict à Joachim et à lui-même. C’est d’ailleurs à cette époque qu’il étudie le contrepoint. Il se procure des œuvres de Jean-Sébastien Bach, comme l’Art de la Fugue, des volumes d’œuvres de Roland de Lassus et de Palestrina et se met à composer pour quatre et six voix. Il est un des rares musiciens de son époque à attacher cette importance à cet art ancien au style sévère.

De 1857 à 1875

Entre Detmold et Hambourg

Buste de Brahms dans le parc du château de Detmold

En 1857, Brahms occupe les fonctions de professeur de musique à la Cour du Prince de Lippe et de directeur de la Société de Chant à Detmold. Il y reste pendant deux ans, composant deux sérénades pour orchestre ainsi que son premier concerto pour piano opus 15 en ré mineur, pour lequel Joseph Joachim lui donne des conseils d’orchestration. Il est souvent interprété comme le reflet de sa passion vaine pour Clara Schumann ; leur histoire venant tout juste de se terminer. Il sera joué pour la première fois, le 22 janvier 1859 à Hanovre puis, le 27 du même mois, à Leipzig, sans toutefois récolter le succès espéré. Brahms qui ne cache pas sa déception, entreprend de composer une seconde œuvre qui sonnerait tout à fait différemment, ce qu’il fera… vingt-deux ans plus tard, en composant son deuxième concerto pour piano op. 83 en si bémol majeur.

Pendant son séjour à Detmold, il compose également des sérénades pour orchestre, des lieders, dont Unter Blüten des Mai’s spielt’ich mit ihrer Hand. Ce lied évoque une autre rencontre, celle d’Agathe von Siebold. Un été, il s’adonnera à sa nouvelle passion avec tant de fougue, que Clara Schumann sera vexée qu’il ait rencontré une autre femme aussi vite. Son deuxième sextuor à cordes opus 36, fait dans la première phrase, allusion à Agathe von Siebold : il contient en effet la suite de notes : la-sol-la-si-mi (en allemand : A-G-A-H-E). Peu après leurs fiançailles, Brahms change d’avis : il se sent incapable d’avoir une liaison. Il n’en aura jamais plus, et restera toute sa vie célibataire.

En mai 1859, il s’établit à Hambourg, trouvant qu’il ne disposait pas assez de temps pour la composition. Il y commence la composition des Magelonen-Gesänge, mais ne les acheva qu’en 1869. Il compose de la musique de chambre et de nombreuses variations pour piano : sur un thème original, sur un thème hongrois, sur un thème de Haendel, sur un thème de Schumann (à quatre mains).

En 1860, Brahms fait alors une rencontre déterminante en la personne de l’éditeur Fritz Simrock. Ce dernier, en éditant ses œuvres, a été un acteur déterminant dans la diffusion de l’œuvre de Brahms auprès du public, car il n’était pas toujours facile pour Brahms dans les années 1860, de publier ses propres compositions. L’éditeur demeure prudent : le premier Concerto pour piano n’a aucun succès ; de plus, les pièces de Brahms sont réputées difficiles à jouer. Le perfectionnisme de Brahms est un autre obstacle : souvent, il fait patienter son éditeur avant l’envoi de ses manuscrits, car il lui semble qu’il peut encore apporter une amélioration à l’œuvre.

Brahms quitte Hambourg, s’étant disputé avec son mécène et ami Theodor Avé-Lallemant, qui ne lui a pas accordé, au cours de l’année 1862-1863, le poste de directeur du Philharmonischen Konzerte qu’il convoitait, lui offrant simplement le poste de chef de chœur de l’académie de chant. Bien que Brahms n’ait jamais présenté officiellement sa candidature au poste, il restera profondément blessé que le chanteur Julius Stockhausen lui soit préféré. Ceci détériorera les relations amicales entre Brahms et Avé-Lallemant et précipitera son départ pour Vienne.

À Vienne

En 1862, il rejoint Vienne. Brahms confie s’y sentir rapidement chez lui. Il se produit dans des programmes virtuoses : Bach, Beethoven, Schumann et joue aussi son Quatuor en sol mineur opus 25, lors d’une soirée privée avec Josef Hellmesberger senior, qui dira ensuite de lui qu’il est le successeur de Beethoven (Das ist der Erbe Beethovens.). Brahms n’affectionne que très peu cet encombrant compliment et craint d’être considéré comme l’égal de Beethoven.

Il rencontre Karl Goldmark tandis que sa renommée ne cesse de croître. En 1863, Brahms accepte de devenir le chef de chœur de la Singakademie (Académie de chant) de Vienne. Il marque tout de suite de son empreinte la vénérable structure, faisant jouer des maîtres anciens : Bach, Heinrich Isaac, Gabrieli, Schütz, ou modernes : l’Opferlied de Beethoven et le Requiem pour Mignon de Schumann. Mais, dès juillet 1864, il démissionne de son poste craignant que la lourdeur des charges administratives ne lui vole un temps précieux qu’il réserve à la composition et aux voyages.

Parmi les œuvres qu’il a écrites par la suite, on trouve notamment le Requiem allemand et les Danses hongroises. Le Requiem, qui ne suit pas les textes traditionnels en latin mais contient des extraits de la Bible en langue allemande, a été accueilli avec beaucoup d’enthousiasme lors de sa première représentation à Bremen. Il l’a composé à la suite du décès de sa mère. En revanche, la publication des Danses hongroises pour lesquelles Brahms s’est inspiré d’airs tsiganes très connus, a presque causé un scandale. En effet, Brahms ayant touché avec celles-ci, un public beaucoup plus large qu’avec ses précédentes œuvres, d’autres musiciens, dont son vieil ami Reményi, ont tenté de se faire passer pour les auteurs de ces danses.

En 1870, il rencontre le chef d’orchestre Hans von Bülow qui fera beaucoup pour sa musique.

À cette époque, Brahms est un pianiste couronné de succès et gagne bien sa vie. Toutefois, il prend la direction de la Wiener Singvereins, qu’il abandonnera en 1875. Avec les compositions qu’il a déjà publiées, Brahms et son éditeur Simrock gagnent tellement d’argent, que ce dernier le suppliera de publier de nouvelles œuvres.

De 1876 à 1887

Tombe de Johannes Brahms au cimetière central de Vienne
Buste de Johannes Brahms dans la cour intérieure du chateau de Leonstain à Pörtschach am Wörther See

L’époque des œuvres symphoniques

Brahms écrit ses quatre symphonies en l’espace de neuf ans, ce qui est un temps record. En comparaison, vingt-deux années séparent ses deux concertos pour piano, et les symphonies ne sont pas les seules œuvres qu’il ait composées pendant cette période. Sa première Symphonie en do mineur op. 68 fut jouée la première fois le 4 novembre 1876 à Karlsruhe, et la deuxième Symphonie en ré majeur op 73, le 30 décembre 1877.

Brahms reçoit le doctorat d’honneur de l’université de Breslau en 1879. En 1880, il travaille à deux ouvertures op. 80 et op. 87, desquelles il dira : « L’une pleure, l’autre rit ».

En 1883, lors d’un séjour d’été à Wiesbaden, il termine sa troisième symphonie en fa majeur op. 90 qui sera jouée à Vienne. Lors d’un autre séjour à Mürzzuschlag en Styrie, il commence dès l’été 1884 à travailler sur sa quatrième symphonie en mi mineur, qui sera jouée la première fois à Meiningen le 25 octobre 1885.

Les dernières années

Par la suite, Brahms a essentiellement composé de la musique de chambre (sonates pour violon et violoncelle). En 1886, il devient président d’honneur de l’association des musiciens de Vienne. Pendant les vingt dernières années de sa vie, Brahms qui est devenu une personnalité influente de la scène musicale internationale, est admiré et vénéré en tant que pianiste, chef d’orchestre, et compositeur. Il a reçu de nombreuses distinctions et propositions pour devenir membre d’honneur. Il les commentera en ces mots : « Je préfère penser à une belle mélodie que recevoir l’ordre de Léopold[8] ».

En 1889, il devient citoyen d’honneur de la ville de Hambourg.

Brahms décède à Vienne le 3 avril 1897, à l’âge de soixante-trois ans, d’un cancer du foie selon quelques biographies, mais il s’agirait en réalité d’un cancer du pancréas. Il est inhumé au Cimetière central de Vienne.

Le 14 septembre 2000, Johannes Brahms fut la cent-vingt-sixième personne et le treizième compositeur à être reçu dans le Walhalla. Son buste fut sculpté par Milan Knobloch[9], le sculpteur tchèque.

Critique de ses contemporains

« Successeur de Beethoven »

Brahms est encore de nos jours souvent nommé comme le successeur légitime de Ludwig van Beethoven. Cette distinction embarrassante, que Brahms n’acceptait pas de son vivant, provient surtout de la dispute au XIXe siècle entre les conservateurs adeptes de la musique pure et les nouveaux allemands progressistes.

La querelle musicale

En 1860, apparaissaient des différences entre les adeptes de la musique pure rattachés à la tradition et ceux qui à la suite de Franz Liszt ont établi les bases de la Neudeutschen Musik (aussi appelé Neudeutsche Schule). La querelle est issue d’une différence fondamentale de la compréhension de la musique. Liszt et Richard Wagner avaient commencé à réfléchir à la musique du futur (Zukunftsmusik). Ils voulaient développer la musique des poèmes symphoniques et le style Musikdrama. Franz Brendel fut chargé de diffuser les idées de la Neudeutschen Musik dans le Nouveau magazine pour la musique (Neue Zeitschrift für Musik).

Dans l’autre camp, chez les traditionalistes, se trouvaient Karl Goldmark, Joseph Joachim, Brahms et le critique musical Eduard Hanslick, dont la prise de position en faveur de la musique de Brahms a été à la base d’une grande amitié. Leur but était ce que Brahms avait coutume d’appeler la musique durable (dauerhafte Musik), qui était de développer une musique qui soit indépendante de l’histoire.

Avec un manifeste, notamment signé par Joachim et Brahms, les représentants du camp conservateur protestèrent contre les développements de la musique, contraires à leurs idées et n’obtinrent, du reste, que des railleries. En effet, les personnes attaquées ont eu connaissance du texte avant sa publication et son effet fut totalement manqué. Les partisans de la nouvelle musique ont répondu par un persiflage sur le manifeste, accusant leurs auteurs de créer « une confrérie pour l’art lassant et ennuyeux » (« Bruderbund für unaufregende und langweilige Kunst ») et ont signé entre autres avec les noms « J. Geiger » (« Geiger » signifie « violoniste » en allemand) en référence à Joseph Joachim, et « Hans Neubahn » en référence à l’article « Neue Bahnen » et « Krethi und Plethi » (utilisé en allemand pour faire référence à des idiots).

Par la suite, l’atmosphère entre les parties fâchées fut définitivement gâchée. Brahms et Wagner gardèrent une distance certaine toute leur vie. Alors que Brahms ne le mentionnait pas, Wagner ne pouvait s’empêcher d’exprimer son dédain pour la musique de Brahms. Néanmoins, Brahms ne tenait pas Wagner comme un concurrent sérieux, car il avait essentiellement composé des opéras, un genre qui n’a jamais tenté Brahms. Par conséquent, les secteurs d’activité des deux musiciens étaient clairement définis. Parmi les compositeurs plus ou moins liés avec Wagner, Brahms n’estimait que Felix Draeseke et Anton Bruckner comme des rivaux sérieux pour leurs compositions en musique de chambre, de chœur et d’orchestre.

La prise de position d’Eduard Hanslick en faveur de Brahms a dû fortement contribuer à le faire nommer comme successeur de Beethoven, car Hanslick était le critique de musique viennois le plus influent de son époque et de surcroît, en faveur des conservateurs. Une autre personne s’est révélée un grand admirateur des conservateurs : Hans von Bülow. C’était initialement un Wagnérien, mais il changea d’opinion après que sa femme Cosima l'eut quitté pour Wagner. Bülow est l’auteur de la fameuse phrase qui identifie la première symphonie de Brahms comme étant la dixième symphonie de Beethoven.

L’œuvre de Brahms

En laissant de côté la question de savoir si Brahms est le successeur de Beethoven, une chose est certaine : son œuvre s’inscrit dans la tradition musicale de toute l’Europe. Il n’a pas seulement été influencé par Beethoven, mais aussi par Johann Sebastian Bach, Haendel et Palestrina. Il a également utilisé des modes musicaux de l’époque médiévale, ainsi que la technique du canon développée aux Pays-Bas. Il se sentait obligé envers la tradition musicale. Les déviations qu’il s’autorisera se feront par touches successives. Pourtant, en usant de formes traditionnelles, il a créé des œuvres nouvelles et originales.

D’influences diverses, marquée par une grande science du contrepoint et de la polyphonie, l’esthétique de Brahms reste, dans ses formes classiques, profondément marquée par la nostalgie de l’époque romantique, mais d’une troublante originalité, avec des couleurs musicales magnifiques, des mélodies inventives et des rythmes surprenants par leur superposition. Ce balancement lourd et incertain, né de la superposition de valeurs binaires et ternaires que l’on retrouve dans sa musique, est la caractéristique de cette mélancolie brahmsienne née d’une sorte de complexe d’infériorité issu des années de jeunesse que Brahms a passées à jouer dans les tavernes de Hambourg. Cela explique du reste, pourquoi il n’osera s’attaquer à la symphonie qu’à la quarantaine venue.

Les travaux des musicologues parlent de trois périodes dans la création des œuvres chez Brahms. La première va jusqu’au Requiem allemand, la deuxième jusqu’au deuxième concerto pour piano, et la troisième commence avec la troisième symphonie. La première période se caractérise par la prédominance du sentiment romantique, la deuxième est marquée par son inspiration forte du classique, et la troisième période est un mélange des deux influences précédentes.

Avec ses symphonies, il créait des œuvres d’un accès difficile, pas seulement pour le public, mais également pour ses amis. Déjà, à propos de sa première symphonie, il notait « Maintenant, je voudrais faire passer le message vraisemblablement surprenant que ma symphonie est longue et pas vraiment aimable.[10] » Dans les symphonies suivantes, Brahms employa également des harmonies que le public ne pouvait pas comprendre.

Principales compositions

Piano Musique de chambre Orchestre Concertos Œuvres vocales Lieder

Piano

Brahms n’a que peu écrit pour le piano, sur un catalogue comprenant pourtant près de 122 numéros, mais ces œuvres sont magistrales et sont très souvent jouées.

Le musicien a également composé ou transcrit un certain nombre d’œuvres pour quatre mains :

  • 16 Valses, op. 39 (21 minutes environ)
  • Liebeslieder-Walzer, op. 52
  • Neue Liebeslieder-Walzer, op. 65
  • 21 Danses hongroises
  • Souvenirs de la Russie, op. 151 (édité sous le nom de G.B. Marx, attribué à Brahms)

Ou pour deux pianos :

  • Sonate pour deux pianos en fa mineur, op. 34b (antérieure à la Quintette pour piano et cordes, op. 34)
  • Variations sur une thème de Haydn, op. 56b

Orgue

Outre 3 préludes et fugues et une fugue, on notera les 11 préludes de choral op. 122.

Musique de chambre

  • Trio pour piano, violon et violoncelle n°1, op. 8
  • 1, op. 18
  • Quatuors avec piano no 1 en sol mineur, op. 25 et no 2 en la majeur, op. 26
  • Quintette pour piano et cordes, op.34
  • 2, op. 36
  • 1, op. 38
  • Trio pour cor, violon et piano, op. 40
  • Quatuors à cordes no 1 et no 2, op. 51
  • Quatuor avec piano no 3, op. 60
  • Quatuor à cordes no 3, op. 67
  • 1, op. 78
  • Trio pour piano, violon et violoncelle n° 2, op. 87
  • 1, op. 88
  • 2, op. 99
  • 2, op. 100
  • Trio pour piano, violon et violoncelle n°3, op. 101
  • 3, op. 108
  • 2, op. 111
  • Trio pour clarinette, violoncelle et piano, op. 114
  • Quintette pour clarinette et cordes, op. 115
  • Deux sonates pour clarinette ou alto et piano, op. 120

Orchestre

Concertos

Œuvres vocales

L’œuvre vocale est la plus développée du catalogue brahmsien.

Musique vocale avec orchestre

  • Ave Maria, op. 12 (1858)
  • Un requiem allemand (Ein deutsches Requiem), op. 45 (1857/68)
  • Rinaldo, op. 50, sur un texte de Goethe (1863/68)
  • Rhapsodie pour alto, chœur d’hommes et orchestre, op. 53, sur un poème de Goethe (1869)
  • Schicksalslied, op. 54 (Le Chant du Destin), sur un poème de Hölderlin (1871)
  • Triumphlied, op. 54 (1870/71)
  • Nänie, op. 82 (1880/81)
  • Gesang der Parzen, op. 89 (1882)

Musique vocale avec divers accompagnements

  • Begräbnisgesang pour chœur et instruments à vent, op. 13 (1858)
  • Trois chants pour chœur de femmes avec deux cors et harpe, op. 17 (1860)
  • Deux lieder pour contralto avec alto et piano, op. 91 (1856/58)
  • Spuch, canon pour voix et alto, sans opus (1856/58)

Chœur avec piano ou orgue

  • Ave Maria, arrangement de l’op. 12
  • Psaume XIII, op. 27 (1859)
  • Geistliches lied, op. 30 (1856)
  • Tafellied, op. 96b (1855)

Chœur mixtes a cappella

  • Marienlieder, op. 22 (1859)
  • Deux motets, op. 29 (1860)
  • Trois chœur a cappella, op. 42 (1859/61)
  • Sept lieder, op. 62 (1874)
  • Six lieder et romances, op. 93a (1883/84)
  • Cinq lieder, op. 104 (1888)
  • Fest und Gedenksprüche, op. 109 (1886/88)
  • Trois motets, op. 110 (1889)
  • Rätselkanons (Canons énignmatiques) sans opus

Chœur féminin a cappella

  • Trois chœur sacrés, op. 37 (1859/63)
  • Douze lieder et romances, op. 44 (1859/63)
  • Treize canons, op. 113 (1863/90)
  • Quatorze Voklskinderlieder sans opus (éd. 1858)

Chœur d’hommes a cappella

  • Cinq quatuors vocaux, op. 41 (1861/62)

Quatuor vocaux avec piano

  • Trois quatuors vocaux, op. 31 (1859/63)
  • Liebeslieder-Walzer, op. 52 (piano à quatre mains) (1868/69)
  • Neue Liebeslieder-Walzer, op. 65 (piano à quatre mains) (1874)
  • Trois quatuors, op. 64 (1862/74)
  • Quatre quatuors, op. 92 (1877/84)
  • Zigeunerlieder, op. 103 (Chants tziganes) (1887)
  • Six quatuors, op. 112 (1888/89)

Duos avec piano

  • Trois duos pour soprano et alto, op. 20 (1858/60)
  • Quatre duos pour alto et baryton, op. 28 (1860/62)
  • Soprano et alto, op. 61 (1874)
  • Soprano et alto, op. 61 (1875)
  • Ballades et romances, op. 75 (1877/78)
  • Romances et lieder, op. 84 (1878/81)

Lieder

  • Six lieder, op. 3 (1852/53) pour ténor ou soprano
    1. Liebestreu [Fidélité amoureuse] (Reinick)
    2. Liebe und Frühling [Amour et printemps] (Fallersleben)
    3. Liebe und Frühling II [Amour et printemps] (Fallersleben)
    4. Lied aus dem Gedicht Ivan [Chanson du poème Ivan] (Bodenstedt)
    5. In der Fremde [Loin du pays] (Eichendorff)
    6. Lied (Eichendorff)
  • Six lieder, op. 6 (1852/53) pour soprano ou ténor
  • Six lieder, op. 7 (1851/53)
  • Huit lieder et romances, op. 14 (1858)
  • Cinq Poèmes, op. 19 (1858/59)
  • Neuf lieder und Gesänge, op. 32 (1864)
    1. Wie rafft’ich micht auf in der Nacht [M’étant levé dans la nuit] (von Platen)
    2. Nicht mehr zu dir zu gehen [Ne plus aller vers toi]
    3. Ich schleich’umher [J’erre triste et muet]
    4. Der Strom, der neben mir verrauschte [Le torrent qui mugissait près de moi]
    5. Wehe, so willst du micht wieder [Malheur ! tu veux à nouveau m’enchaîner]
    6. Du sprichst daß ich micht täuschte [Tu dis que je me trompe]
    7. Bitteres zu sagen denkst du [Tu penses me faire du mal par tes paroles] (Daumer d’après Hâfiz)
    8. So stehn wir, ich und meine Weide [Voilà hélas où nous en sommes]
    9. Wie bist du, meine Königin [Quelles délices tu répands, ô ma reine]
  • Magelone Romanzen, op. 33 (Quinze Romances de Magdelone, textes de L. Tiecks) (Hambourg & Vienne 1861/68)
    1. Nul n’a eu à se repentir d’être parti chevaucher le monde pendant sa belle jeunesse
    2. -
    3. -
    4. -
    5. -
    6. -
    7. -
    8. -
    9. -
    10. Verzweiflung [désespoir]
    11. -
    12. -
    13. Sulima
    14. -
    15. -
  • Quatre lieder, op. 43 (1857/68)
  • Quatre lieder, op. 46 (1864)
  • Cinq lieder, op. 47 (1858/68)
  • Sept lieder, op. 48 (1855/68)
  • Cinq lieder, op. 49 (1864/68)
  • Huit lieder, op. 57 (1871)
  • Huit lieder, op. 58 (1871)
  • Huit lieder, op. 59 (1871/73)
  • Neuf lieder, op. 63 (1873/74)
  • Neuf lieder, op. 69 (1877)
  • Quatre lieder, op. 70 (1875/77)
  • Cinq lieder, op. 71 (1877)
  • Cinq lieder, op. 72 (1876/77)
  • Cinq lieder, op. 84 (1878/81)
  • Six lieder, op. 85 (1877/79)
  • Six lieder, op. 86 (1877/78)
    1. Therese (Keller)
    2. Feldeinsamkeit [Solitude champètre] (Allmers)
    3. Nachtwandler [Sommnanbule] (Max Kalbeck)
    4. Über die Heide [Sur la lande] (Theodor Storm)
    5. Versunken [Englouti] (Felix Schumann)
    6. Todessehnen [Aspiration à la mort] (Schenkendorf)
  • Cinq lieder, op. 94 (1884)
  • Sept lieder, op. 95 (1884)
  • Quatre lieder, op. 96 (1884)
  • Six lieder, op. 97 (1884)
  • Cinq lieder, op. 105 (1886)
  • Cinq lieder, op. 106 (1886)
  • Cinq lieder, op. 107 (1886)
  • Vier ernste Gesänge, op. 121 (Quatre chants sérieux) (1896)
  • Mondnacht sans opus (éd. 1854)
  • Quatorze Voklskinderlieder (éd. 1858) sans opus
  • Quarante-neuf Deutsche Volksleider (1854/58) sans opus
  • Vingt-huit Deutsche Volksleider (1858) sans opus

Grands interprètes

Bibliographie

  • Stéphane Barsacq, Johannes Brahms, Actes Sud, coll.Classica, 2008, 192 p.
  • José Bruyr, Brahms, Seuil, coll.Solfège, 1965, 190 p.
  • Claude Rostand, Johannes Brahms, Le Bon plaisir / Plon, 2 vol.1954-1955, réed.Fayard, 1978, 740 p.

Liens externes

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Notes et références

  • (de) Cet article est partiellement ou en totalité issu d’une traduction de l’article de Wikipédia en allemand intitulé « Johannes Brahms ».
  1. « In seinem Spiele ist ganz das intensive Feuer, jene, ich möchte sagen, fatalistische Energie und Präzision des Rhythmus, welche den Künstler prophezeien, und seine Kompositionen zeigen schon jetzt so viel Bedeutendes, wie ich es bis jetzt noch bei keinem Kunstjünger seines Alters getroffen. »
  2. Paroles traduites par le critique musical Hugues Imbert dans Portraits et études légèrement revu. (lien wikisource)
  3. « Dürfte ich meinem zweiten Werk den Namen Ihrer Frau Gemahlin voransetzen? »
  4. « Teuerste Freundin, wie liebevoll blickt mich das trauliche „Du“ an! Tausend Dank dafür, ich kann’s nicht genug ansehen und lesen, hörte ich es doch erst; selten habe ich das Wort so entbehrt, als beim Lesen Ihres letzten Briefes. »
  5. « Meine geliebte Clara, ich möchte, ich könnte dir so zärtlich schreiben, wie ich dich liebe, und so viel Liebes und Gutes tun, wie ich dir’s wünsche. Du bist mir so unendlich lieb, dass ich es gar nicht sagen kann. In einem fort möchte ich dich Liebling und alles mögliche nennen, ohne satt zu werden, dir zu schmeicheln. (…) Deine Briefe sind mir wie Küsse. »
  6. « Leidenschaften gehören nicht zum Menschen als etwas Natürliches. Sie sind immer Ausnahme oder Auswüchse. Bei wem sie das Maß überschreiten, der muss sich als Kranken betrachten und durch Arznei für sein Leben und seine Gesundheit sorgen. (…) Leidenschaften müssen bald vergehen, oder man muss sie vertreiben. »
  7. « Wenn Sie glauben, das Schlimmste erwarten zu dürfen, gönnen Sie mir ein paar Worte, damit ich kommen kann, die lieben Augen noch offen zu sehen, mit denen für mich sich – wie viel - schließt. »
  8. « Wenn mir eine hübsche Melodie einfällt, ist mir das lieber als ein Leopoldsorden. »
  9. Mitteilung des Bayerischen Staatsministeriums für Wissenschaft, Forschung und Kunst
  10. « Nun möchte ich noch die vermutlich sehr überraschende Mitteilung machen, dass meine Sinfonie lang und nicht gerade liebenswert ist. »
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