Boulevards Parisiens

Boulevards Parisiens

Boulevards parisiens

Boulevard Haussmann avec les magasins du Printemps

Les boulevards constituent une part importante de l'identité urbaine et sociale de Paris. Ils ont été construits à l'initiative du pouvoir central à l'emplacement des fortifications successives concentriques autour de Paris lorsque celles-ci devenaient obsolètes ou dépassées.

Le nom vient du néerlandais bolwerc, ouvrage de planches, désignant d'abord le rempart, puis le terre-plein du rempart.[1]

Les boulevards sont associés à un certain état d'esprit fait de flânerie et de légèreté. Ils constituent une part importante de l'identité urbaine et sociale de Paris.

Les boulevards parisiens, comme les avenues et contrairement aux rues, sont en principe bordés par une ou deux rangées d'arbres sur chaque parcours.

Sommaire

Les Grands Boulevards

Le boulevard des Capucines, peu après sa création : un terrain inégal et une double rangée d'arbres pour la circulation des voitures
Le carrefour de l’Opéra en 1890

Les Grands Boulevards sont les boulevards par excellence, construits autour de Paris sur la rive droite.

La seconde enceinte construite autour de Paris était celle de Charles V construite de 1370 à 1382. Elle allait de la la porte Saint-Antoine sur l’actuelle place de la Bastille à la porte Saint-Denis puis au Louvre. Dans la partie nord-ouest, elle avait été remplacée par l'enceinte de Louis XIII construite de 1633 à 1636 et allant de la porte Saint-Denis à la porte Saint-Honoré (place de la Madeleine actuelle)

Vers 1660, ces fortifications sont en mauvais état et devenues inutiles après les victoires de Louis XIV. Les murailles sont rasées et les fossés comblés. Sur la chaussée nouvellement créée, quatre voitures peuvent rouler de front et des contre-allées sont plantées d'une double rangée d'arbres. Certaines portes fortifiées sont remplacées par des arcs de triomphe (porte Saint-Denis, porte Saint-Martin).

C'est le « Nouveau Cours » construit de 1668 à 1705 sous Louis XIV par l’architecte Pierre Bullet.

Dans la partie ouest, la noblesse et la finance font construire de magnifiques hôtels dans les quartiers attenants. Par contre, dans la partie est, ce sont des attractions populaires (théâtres, bals, acrobates, restaurants...) qui s'implantent.

La chaussée est pavée en 1778. L'éclairage au gaz fait son apparition en 1817 dans le passage des Panoramas et s'étend au boulevard en 1826.

Le premier omnibus à cheval « Madeleine-Bastille » se met en place le 30 janvier 1828

Les Parisiens en font un lieu de promenade dont le succès persiste à travers les siècles et les transformations urbaines. Le Bel-Ami de Maupassant déambulait sur les boulevards en quête de plaisirs et, dans les années 1950, c'est encore sur les boulevards que Fred Astaire ressentait le mieux le plaisir d’être à Paris dans Funny Face.

Le percement d’autres axes de grande capacité (boulevard Richard-Lenoir, boulevard Haussmann, avenue de la République...) a pourtant réduit la lisibilité dans la topographie parisienne de l’ancienne enceinte de Louis XIII. La notion de « Grands Boulevards » est devenue un peu plus floue. De nombreux Parisiens y incluront sans doute spontanément le boulevard Haussmann, parce que les vitrines des grands magasins qui attirent les promeneurs conviennent bien à l’esprit boulevardier.

Au sens strict, les Grands Boulevards sont constitués aujourd’hui par l’axe des boulevards Beaumarchais, des Filles-du-Calvaire, du Temple, Saint-Martin, Saint-Denis, de Bonne-Nouvelle, Poissonnière, Montmartre, des Italiens, des Capucines et de la Madeleine.

Au XXe siècle, surtout dans la partie ouest, de nombreux cafés et restaurants sont remplacés par des immeubles de bureau ou des sièges de sociétés.

Boulevard du Crime et théâtre de boulevard

Articles détaillés : Boulevard du Crime et théâtre de boulevard.

La vocation des boulevards au plaisir se poursuit au XVIIIe siècle avec l'installation de nombreux théâtres autour de la porte Saint-Martin. Le boulevard du Temple reçoit ainsi le surnom de « boulevard du Crime » à l'époque de la Restauration, allusion aux innombrables forfaits commis non dans la rue mais sur les scènes de théâtre. D'après l'Almanach des Spectacles, « Tautin a été poignardé 16 302 fois, Marti a subi 11 000 empoisonnements, Fresnoy a été immolé de différentes façons... 27 000 fois, Mademoiselle Adèle Dupuis a été 75 000 fois innocente séduite, enlevée ou noyée »[2].

Le Boulevard du Crime est victime des travaux d'Haussmann, mais l'esprit « boulevardier » demeure dans le « théâtre de boulevard ».

C'est aussi sur les Grands Boulevards qu'aura d'ailleurs lieu la première représentation publique de cinématographe.

Le mur murant Paris

Nouvelle ligne de fortification, nouvelle ceinture de boulevards : à partir de 1784, Ledoux construit le mur des Fermiers généraux, bordé d'une ligne de boulevards sur le côté extérieur. Ce mur d'octroi, détesté des Parisiens, disparaîtra lors de l'édification de l'enceinte suivante, mais les boulevards, eux, sont restés. Les plans d'urbanisme des années 1950 tenteront, sans y parvenir, de les transformer en autoroute urbaine.

Les boulevards haussmanniens

Le boulevard Haussmann

Les grands travaux du Second Empire imposent le boulevard au cœur même de Paris, alors qu'il n'a été construit jusque-là que dans des zones peu ou pas habitées. Le boulevard, qui ne servait auparavant qu'à contourner la capitale, devient alors l'axe structurant de la circulation.

C'est sur le plan de l'architecture que la période haussmannienne, dans les anciens boulevards comme dans les nouveaux, contribue à l'image de Paris : les alignements d'immeubles contrôlés par les règlements, avec leurs balcons filant tout le long d'un îlot, font du boulevard parisien un axe immédiatement reconnaissable.

Les boulevards des Maréchaux

Article détaillé : Boulevards des Maréchaux.

Dans les années 1920, la destruction de l'enceinte de Thiers permit de créer une troisième ceinture de boulevards faisant le tour complet de Paris. On baptisa ces nouvelles voies des noms de maréchaux d'Empire. Ils constituèrent la "frontière" de Paris pour beaucoup de Parisiens, jusqu'au temps du "Périphérique".

Le boulevard périphérique, voie express qui fait le tour de Paris, sur le site des anciennes fortifications de Thiers, est une voie rapide urbaine sans aucune des caractéristiques d'un boulevard

Les Parisiens ne dénomment jamais Grands Boulevards les boulevards des Maréchaux. encore moins le "périf".

Annexes

Article connexe

Bibliographie

  • Danielle Chadych et Dominique Leborgne, Atlas de Paris, Parigramme, 2002 (ISBN 2-84096-249-7).

Référence

  1. Danielle Chadych et Dominique Leborgne, Paris pour les Nuls, First Editions, coll. « Les Nuls », 27, rue Cassette - Paris, 1 T 2006, 459 p. (ISBN 2-75400-168-9) .
  2. Cité par une présentation du théâtre Déjazet.
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