Évaluation économique des services écosystémiques

Évaluation économique des services écosystémiques

L' évaluation économique des services écosystémiques est un outil économique visant à quantifier les « bénéfices » apportés par un écosystème (en unité monétaire la plupart du temps). C'est un des outils importants de l'évaluation économique de la biodiversité
Il répond principalement au souhait et besoin d'utiliser le « langage économique » pour la préservation de la nature et de la biodiversité pour mieux intégrer l'environnement dans les dynamiques économiques.

Sommaire

Contexte

Les services écosystémiques (ou « SE ») sont les bénéfices que les humains obtiennent des écosystèmes (MEA, 2005)[1]. On les classe en 4 catégories : approvisionnement, régulation, culturel, soutien. L’évaluation économique de ces services apparait au début des années 1970. Mais ne se développe que plus tard, avant d’être « démocratisé » par le MEA [2] et le TEEB[3]. notamment. C’est pourquoi on s’aperçoit que les méthodes n’ont pas évolué depuis cette émergence en 1970 : le débat qui a eu lieu alors entre économiste de l’environnement et écologue a maintenant lieu à une échelle plus grande car le MEA a utilisé l’approche par service (assez simplifié) et y a ajouté l’évaluation économique. Il faut faire attention dans la littérature et les exemples d’utilisation car on parle d’évaluation économique de la nature, de la biodiversité ou des services écosystémiques : ce n’est pas la même chose, et surtout ça n’implique pas tout à fait les même débats.

Les enjeux

L'évaluation économique

les concepts économiques

Il est important de rappeler certains concepts micro-économiques de l’économie du bien-être car c’est sur eux que repose l’évaluation économique des services écosystémiques et les méthodes qui s’y rattachent.

la théorie du consommateur

C’est la théorie économique actuellement en vigueur qui modélise le comportement de l’agent économique. Elle se base sur le paradigme néoclassique que le consommateur cherche à maximiser son utilité dans sa consommation de biens et services.

Article détaillé : théorie du consommateur.

l’utilité

Article détaillé : utilité.

le surplus du consommateur

Le surplus du consommateur est le bénéfice net individuel lié à la consommation d’un bien. Il représente ce qu’on serait prêt à payer en plus de ce qu’on paye déjà pour consommer ce bien.

le Consentement à Payer

valeurs et prix

De quoi parle t-on

Ce qu'est l'évaluation économique des SE

  • ordre de grandeur
  • un argument de sensibilisation
  • un support de dialogue

Ce que n’est pas l'évaluation économique des SE

  • une évaluation comptable ou financière
  • un chiffre exploitable seul
  • un moyen d'aboutir à la monétarisation

la Valeur Economique Totale

Ce schéma illustre les différents types de valeurs comprises dans la "valeur économique totale"

La Valeur Economique Totale (VET) est le cadre d'analyse économique le plus utilisé dans l'évaluation économique des services écosystémiques (SE). Les méthodes d’évaluations monétaires n’évaluent qu’un service à la fois, on peut ensuite les additionner pour obtenir une VET.

Les valeurs d'usage sont les valeurs des bénéfices concrets apportés par l’utilisation effective, envisagée ou possible d’un bien.

Les valeurs d’usages directs sont les valeurs provenant de la consommation directe des ressources, ou de l’interaction directe avec l’écosystème.

Les valeurs d’usages indirects sont la valeur attribuée aux activités de support et de protection que remplissent les écosystèmes. Ces activités sont nécessaire à la production de ressources donc on en bénéficie indirectement.

Les valeurs de non usage représentent la satisfaction de savoir qu’un écosystème ou une espèce existe.

La valeur d'option est le fait de savoir que l'on peut utiliser une ressource si on le désire, tout en décidant de ne pas le faire. C'est par exemple de ne pas ecploiter une forêt en sachant que si on avait besoin de bois on peut l'utiliser.

Les valeurs d’existences sont basées sur des motivations éthiques ou religieuses poussant à conserver certains éléments d’un écosystème, comme une espèce remarquable.

Les valeurs de legs représentent le désir de transmettre notre patrimoine aux générations futures.

Les méthodes

méthodes directes

La monétarisation au prix de marché

Pour les services d’approvisionnement surtout, on se base sur le prix d’un bien sur le marché pour évaluer le service « production de ce bien ». Ex : Prix des céréales, du bois, des fibres etc. Limites évidentes : le prix de l’eau sur le marché est loin de représenter sa valeur (problème des biens communs)

Effet de productivité

Aussi appelée fonction de production Recoupe de très près la méthode précédente, il s’agit de mesurer la valeur d’un service qui entre en jeux dans la « production » d’un B ou S marchand. Une meilleure qualité de l’eau joue sur la productivité des cultures irriguées ou les coûts de purifications de l’eau.

méthodes indirectes basées sur les préférences révélées

Les coûts évités

Les couts qu’il faudrait engager si la fonction n’était pas assurée, c’est le cout de la fourniture du service de façon artificiel. Elle nécessite une bonne description des services rendus par l’écosystème. C’est l’exemple de la pollinisation manuelle si elle n’est pas faites par des insectes

Coûts de restauration, de remplacement ou de relocalisation

C’est le même principe que la méthode précédente mais au lieu de remplacer seulement le service artificiellement on veut restaurer ou reproduire un écosystème fonctionnel. C’est sur ce principe que se base la compensation. Ex : compensation, recréer une zone humide

Prix hédonistes

Elle repose sur l’idée que le prix d’un bien immobilier dépend de ses caractéristiques, parmi lesquelles certaines sont liées à la qualité de l’environnement. Les différences de prix constatées, entre des biens présentant, par ailleurs, des caractéristiques identiques traduisent alors des différences en matière d’environnement. Elles fournissent une information sur le prix implicite du bien qui améliore (ou dégrade) la qualité de l’environnement. Cette méthode a surtout été appliquée pour estimer l’impact de la valeur récréative d’un site (par exemple un parc urbain) ou de la pollution atmosphérique, du bruit, sur le prix des logements.

Coûts de transports

La valeur accordée à un bien environnemental est révélée par les coûts de transport que les visiteurs supportent pour s’y rendre. Il s'agit d'une méthode de valorisation indirecte de l'estimation, car la valeur du site est basée sur l'estimation d'une fonction de demande Uniquement pour des services récréatifs

méthodes indirectes basées sur les préférences déclarées

Evaluation contingente

Contrairement aux précédentes, cette méthode ne s’appuie pas sur l’observation des comportements. Elle utilise la reconstitution d’un marché fictif (contingent) pour inciter les individus à révéler la valeur qu’ils accordent à un bien ou un milieu naturel, à son amélioration ou aux dommages qui lui ont été causés : c’est le consentement à payer (CAP). Sa mise en œuvre repose sur la réalisation d’enquêtes, auprès d’un échantillon représentatif de la population concernée, au cours desquelles on soumet, aux personnes interrogées, différents scénarios fictifs. Cette approche permet d’évaluer des valeurs de non-usage et la valeur d’un projet avant sa mise en œuvre. Services récréatifs, valeurs de non usage, valeurs de la biodiversité

Analyse conjointe

C’est une technique adaptée du marketing. Comme l’évaluation contingente elle mesure les préférences par des enquêtes. Reste assez marketing, rare en évaluation de bien non marchand, pourtant il semblerait qu’elle soit plus performante que l’évaluation contingente.

le transfert de valeurs

Cette méthode est aussi appelée transfert de bénéfices ou transfert d'avantage. C'est "le transfert d'estimations existantes de valeurs non marchandes en vue de les utiliser dans le cadre d'une nouvelle étude différente de celle pour laquelle elles ont été initialement établies" (Boyle et Bergstrom, 1992). Elle consiste à transférer les résultats d'études menées précédemment sur un autres sites présentant des services similaires. Il ne s'agit pas ici de transférer la VET mais bien des valeurs par service. Ce transfert nécessite généralement des ajustements statistiques et contextuels. Cette méthode est de plus en utilisée car elle est plus rapide et moins coûteuse, qu'une étude primaire.


Les utilisations

Le débat

Voir aussi

Bibliographie

  • Boyle K. J. Et Bergstrom J.C., 1992.Benefit transfer studies: Myths, pragmatism, and idealism, Water Resour. Res., 28(3), 657–663, doi:10.1029/91WR02591.
  • Brahic E. et Terreaux J.-P., 2009. Evaluation économique de la biodiversité. Méthodes et exemples pour les forêts tempérées. Editions Quae, Versailles, 199p.
  • Chevassus-au-Louis B., Salles J.M., Bielsa S., Richard D., Martin G., et Pujol J.L., 2009. « Approche économique de la biodiversité et des services liés aux écosystèmes Contribution à la décision publique ». Centre d’analyse stratégique. La documentation française, Paris. 376 pp. (ISBN 978-2-11-007791-2)
  • CREDOC, Biotope, Asconit Consultants, Pareto, 2009. Synthèse du rapport ‘Etude exploratoire pour une évaluation des services rendus par les écosystèmes en France, application du Millennium Ecosystem Assessment a la France’, étude conduite à la demande du Ministère de l’Ecologie, de l’Energie, du Développement durable et de la Mer en charge des technologies vertes et des négociations sur le climat (MEEDDM)
  • Pearce D.W et Moran D., 1994. The economic value of biodiversity. IUCN The world conservation union. Earthscan Publications Ltd, London, 104pp. (ISBN 1 85383 195 6) Lien Google Books

Guides, sites et documents d'aide et conseil

Articles connexes

Liens externes

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Références


Wikimedia Foundation. 2010.

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