Société de littérature de Bruxelles


Société de littérature de Bruxelles
Société de littérature de Bruxelles
Fondation 1800
Ville Bruxelles
Pays Drapeau de Belgique Belgique

La Société de littérature de Bruxelles, avait été fondée le 10 janvier 1800 (20 nivôse an VIII) à Bruxelles par un groupe de quelques bruxellois de naissance ou de résidence.

Au début, elle était une sorte d'émanation[1] de l' École centrale de Bruxelles, continuatrice officielle de l'ancienne Université de Louvain supprimée en 1797. Située rue de Namur, elle regroupait, en effet, sous le professeur Rouillé plusieurs élèves et professeurs de cet établissement d'enseignement fondé par le Directoire, en remplacement de l'ancienne université de Louvain, tels que le polytechnicien Vandezande, Pierre De Hulstere ou Philippe Lesbroussart.

Bientôt ce cercle s'adjoignit des membres venant de toute la Belgique, souvent des fonctionnaires lettrés d'origine belge ou française.

Il regroupait des personnes aimant ou s'adonnant à la littérature.

Voltaire, comme dit Roland Mortier, est leur grand homme, leur « parrain », mais ils n'ont ni sa verve ni son mordant ni son aisance.

Composée de gens graves, ceux-ci purent y cultiver le genre léger de l'épigramme, du madrigal ou de la fable, le tout dans un style digne de Baour-Lormian ou plus philosophique comme celui de Pierre-Jean Martin de Bussy, le "nouveau Lucrèce".

Ces productions étaient rendues publiques dans les Almanachs poétiques publiés par cette société et qui paraissaient régulièrement de 1801 à 1819.

Comme nous le précise Louis Verniers[2], « outre le salon - spécialement destiné à la lecture - et où le silence était de rigueur - les sociétaires disposaient de locaux pour jouer aux cartes, au billard, etc., à l'exception toutefois des jeux de hasard, absolument proscrits. »

Sommaire

Quelques membres

  • Charles-Alexandre de Gamond, né le 17 juin 1780, médecin, il termina sa vie à Molenbeek-Saint-Jean dans le petit château[3] qu'il y possédait au coin de la rue Fin et de la rue Saint-Martin. Il figure parmi les fondateurs de la société[4].
  • le baron de Stassart, connu comme fabuliste, haut fonctionnaire de l'Empire.
  • Étienne de Jouy, le futur « Hermite de la Chaussée-d'Antin », alors chef de division à la préfecture de la Dyle.
  • André Rozin, professeur d'histoire naturelle à l'École centrale de Bruxelles.
  • Joseph-Nicolas Comhaire (1778-1837).
  • Frédéric Rouveroy (1771-1850).
  • Louis-Vincent Raoul (1770-1848) qui se distingua comme un adversaire acharné de Victor Hugo et qu'il accabla de ses diatribes dans un livre désormais fort oublié l'Anti-Hugo, publié en 1846.
  • Adolphe Quetelet, qui publia dans le Recueil annuel de poésie de la Société de littérature de Bruxelles pour l'année 1818, un poème intitulé : Les Adieux du poète à sa lampe.
  • Van Bemmel
  • Frédéric de Reiffenberg.
  • Louis Gruyer, philosophe.
  • Jacques Joseph Spaak[5], archer garde noble, peintre décorateur à la cour de Charles de Lorraine, artiste peintre et poète, né à Bruxelles le 26 juin 1742 et y décédé le 8 décembre 1825.
  • Vandezande, Ferdinand, Lambert, Joseph, né à Bruxelles le 13 mars 1780. Ami de Louis Gruyer depuis 1798. Polytechnicien. Entré dans les douanes françaises, il est monté jusqu’au grade de sous-directeur (administrateur). Premier commis de la direction de Rouen jusqu’en 1815 puis M. Ferrier, directeur général, l’appelle à l’administration centrale à Paris où il devient chef de division. En 1831, nommé sous directeur et membre du conseil. En 1841, nommé à sa demande receveur principal des douanes de Marseille. Il prit sa retraite six ans plus tard. Chevalier et officier de la Légion d'honneur[6].
  • Pierre De Hulstere.
  • Sauveur Legros (1754-1834), devint président annuel.
  • Lecocq, secrétaire perpétuel.
  • Jean-Baptiste Vautier (1792-1846), secrétaire annuel.
  • de Scheppere, trésorier.
  • Charles-Auguste de Chênedollé. Né à Hambourg le 26 novembre 1797, il mourut en décembre 1833, vieillard aimable, érudit et distrait, à Bruxelles rue Notre-Dame-aux-Neiges délaissant une bibliothèque de 22 000 volumes. Il était le fils de Charles-Julien Lioult de Chênedollé (1769-1833), qui avait épousé le 30 juin 1790 la liégeoise Victoire Bourguignon qu'il abandonna en 1797 avant la naissance de son fils Charles. Charles-Julien Lioult de Chênedollé est bien connu de l'histoire littéraire, puisqu'il fut un ami de Chateaubriand et fut fiancé à sa sœur Lucille qui rompit ses fiançailles après avoir appris l'existence de ce mariage. Cela n'empêcha pas Chênedollé d'épouser à Vire le 5 juin 1810, Aimée de Banville dont il eut cinq enfants.
  • Pierre Claude Vidal, secrétaire de la Société de littérature de Bruxelles.

La Société se réorganisa le 17 janvier 1819 et renouvela sa direction.

Fin de la Société de littérature

Cette espèce d'académie disparut en 1823, mais certains de ses membres, plus tenaces que d'autres, continuèrent à se réunir dans le salon du poète Philippe Lesbroussart et formèrent ainsi la fameuse Société des Douze toujours active actuellement et dont les premiers membres furent, outre Philippe Lesbroussart, Baron, de Doncker, de Potter, Drapiez, Gruyer, Jobart, Odevaere, Quetelet, Smits, Tielemans et Sylvain Van de Weyer.

Bibliographie

  • 1875: Édouard Mailly, Essai sur la vie et les ouvrages de Lambert-Adolphe-Jacques Quetelet, Annuaire de l'Académie Royale de Belgique, 1875, p. 290, note 15.
  • 1888: Édouard Mailly, La Société de Littérature de Bruxelles: 1800-1823, Bruxelles, Mémoires couronnés et autres mémoires de l'Académie Royale des Sciences, des Lettres et des Beaux-Arts de Belgique, XLI, 1888.
  • 1938: André Maurois, René ou la vie de Chateaubriand, 1938. (Concerne la bigamie de Chênedollé).
  • 1948: G. Charlier, Le mouvement romantique en Belgique (1815-1830), tome I, La bataille romantique, Mémoires de l'Académie royale de langue et de littérature française de Belgique, tome XVII, Bruxelles, 1948, p. 18-24.
  • 1948: Roland Mortier, « Les sociétés littéraires », dans Histoire illustrée des lettres françaises de Belgique, Bruxelles, La Renaissance du livre, 1948, p. 235-236.
  • 1952: Carlo Bronne, « L'enfant de l'Exil », dans La tapisserie royale. Faits et portraits léopoldiens, Bruxelles-Paris, 1952, pp. 27 à 31. (Concerne la vie de Chênedollé).
  • 1965: Louis Verniers, Un millénaire d'histoire de Bruxelles, Bruxelles, 1965, p. 518.
  • 1974: Liliane Wellens-De Donder, « Lettre de A. Quetelet à Lecocq, secrétaire perpétuel de la Société de littérature de Bruxelles. Gand, le 27 février 1819 », dans Adolphe Quetelet 1796-1974, exposition documentaire présentée à la Bibliothèque Royale Albert Ier à l'occasion du centenaire de la mort d'Adolphe Quetelet, Bruxelles, Palais des Académies, 1974, p.95.

Articles connexes

Notes

  1. Auguste Imbert, Benjamin-Louis Bellet, Tablettes bruxelloises ou Usages, mœurs et coutumes de Bruxelles, Bruxelles, 1828, p. 174: « La Société de Littérature, a été formée, le 12 janvier 1820, par des élèves de l’école centrale du département de la Dyle ; chaque année cette société faisait imprimer un recueil de ses poésies ; mais, depuis 1824, ses annuaires ne sont plus parues. »
  2. Un millénaire d'histoire de Bruxelles, Bruxelles, 1965, p. 518.
  3. E. Timmermans, « Notes molenbeeckoises », dans Le Bluet, du 14 septembre 1950.
  4. Renseignements le concernant tiré de l'article de Paul De Zuttere, « Familles alliées à la famille Spaak. La famille (de) Gamond », dans l'Intermédiaire des généalogistes, Bruxelles, mars-avril 2010, n° 386, p.66.
  5. lire à son sujet : Paul De Zuttere, « Généalogie de la famille Spaak et de quelques familles alliées », dans l'Intermédiaire des généalogistes, n° 385, janvier-février 2010, p. 35.
  6. Archives nationales, site de Paris ; cote LH/2671/89

Wikimedia Foundation. 2010.

Contenu soumis à la licence CC-BY-SA. Source : Article Société de littérature de Bruxelles de Wikipédia en français (auteurs)