Régiment de chasseurs à cheval de la Garde impériale


Régiment de chasseurs à cheval de la Garde impériale
Chasseur à cheval de la Garde impériale

Le régiment de chasseurs à cheval de la Garde impériale est un régiment constitué sous le Consulat sous le nom de régiment de chasseurs à cheval de la Garde des consuls.

Appartenant à la Vieille Garde, le régiment fournissait ordinairement l'escadron de service auprès de l'Empereur, assurant son escorte lors des déplacements et sur le champ de bataille. Les chasseurs de la Garde eurent l'occasion de sauver l'Empereur lors d'attaques (ainsi à la veille d'Austerlitz[1]). Ils étaient parmi les préférés de Napoléon [2], et à cheval l'Empereur portait souvent l'uniforme vert de colonel de ce régiment (souvent caché par sa célèbre redingote grise), le porta pendant sa captivité à Sainte-Hélène et fut mis en bière dans cet uniforme[3]. C'était l'un des régiments les plus prestigieux de la Garde[4]. Il leur arriva aussi de combattre, ainsi que le reste de la Garde, au cœur des batailles et ils se distinguèrent notamment lors des batailles d'Austerlitz et d'Eylau, conduits par le Maréchal Bessières.

Un Jeune Garde.

Les adieux de Fontainebleau : Napoléon porte l'uniforme de colonel des chasseurs à cheval de la Garde.

Sommaire

Histoire

Les origines

En 1800, il existait « compagnie des chasseurs à cheval de la Garde des consuls ». Cette unité est dérivée[évasif] des Guides de la campagne d'Égypte. Cette filiation ancienne explique l'attachement et le dévouement de ces vétérans à la personne de l'Empereur. La compagnie sert notamment à la bataille de Marengo, où la Garde consulaire couvre la retraite de l'armée française lorsque la bataille parait perdue, avant l'arrivée de Desaix.

Une unité de protection

En 1804, la Garde des Consuls est rebaptisée Garde impériale suite au changement de régime. Malgré son nom, la Garde est d'abord un corps d'élite de réserve regroupant les meilleurs éléments issus de la ligne. Les Chasseurs à cheval et les Grenadiers à pieds de la Garde impériale partagent l'honneur d'être les véritables gardes du corps de l'Empereur, en tant de paix comme en tant de guerre. Les Chasseurs à cheval assurent l'escorte de Napoléon lors de ses déplacements à cheval ou en voiture. À ce titre un escadron du régiment était généralement[5] de service auprès de l'Empereur. Un détachement assurait l'escorte rapproché de l'Empereur, l'accompagnent notamment lors de ses reconnaissances des champs de bataille : 1 lieutenant, 1 maréchal des logis, 2 brigadiers, 22 chasseurs et 1 trompette. Les chasseurs portent le mousqueton en main. Généralement, lorsque l'Empereur est à l'arrêt, 1 chasseur est posté en vedette à chaque point cardinal. Lorsque les chasseurs sont à pieds, ils équipent leur mousqueton d'une baïonnette et entourent l'Empereur. Les chasseurs à cheval de la Garde sont de par leur rôle très estimés et aimés par Napoléon qui les couvrait d'honneurs, et le commandement du peloton d'escorte était une place très recherchée et chargée d'honneurs, permettant de côtoyer le souverain toute la journée.

Au soir du 1er décembre 1805, à la veille de la bataille d'Austerlitz, Napoléon s'avance en reconnaissance vers les lignes ennemies et tombe sur un groupe de Cosaques. Les Chasseurs à cheval de l'escorte dégagèrent leur maître qui pu regagner les lignes française.

Une unité de combat

Les Chasseurs à cheval eurent à combattre aux côtés des autres unités de cavalerie à plusieurs reprises:

2 décembre 1805 : la Grande charge d'Austerlitz

Les trophées d'Austerlitz : à gauche un Chasseur à cheval de dos, en pelisse rouge et coiffé de son Colback à flamme. On peut également voir des Mamelouks, dont l'escadron était rattaché au régiment
Article détaillé : Bataille d'Austerlitz.

L'armée russe a porté son effort sur la droite française en sous-nombre commandée par Davout, et a ainsi dégarni le plateau de Pratzen. Le corps de Soult a alors attaqué et pris le plateau de Pratzen et canonne les colonnes russes qui reviennent prendre le plateau. C'est alors que la cavalerie de la Garde impériale russe tente de stopper l'attaque française après l'échec d'une attaque d'infanterie. La cavalerie russe met en déroute deux régiments d'infanterie français tandis que les autres régiments se forment en carré.

Napoléon donne l'ordre au Maréchal Bessières de faire donner la cavalerie de la Garde pour colmater la brèche et soulager l'infanterie. Bessières dispose des 4 escadrons de Chasseurs à cheval (375 cavaliers sous le commandement du colonel Morland), de l'escadron de Mamelouks (48 cavaliers) et de 4 escadrons de Grenadiers à cheval (706 cavaliers menés par le colonel Ordener).

Bessières lance d'abord 2 escadrons de Chasseurs à gauche et 3 de Grenadiers à droite, dont la charge est repoussé par le Régiment Séménowski. Le colonel Morland est tué. L'artillerie à cheval de la Garde commence à tirer sur l'infanterie russe, tandis que l'infanterie française en déroute se rallie et vient renforcer l'attaque de la cavalerie et de l'artillerie. Les cuirassiers et les hussards de la Garde russe sont bousculés.

Les Chevaliers-gardes et les cosaques de la Garde russe chargent à leur tour et le combat devient confus et son issue incertaine. Napoléon envoie son aide de camp Rapp reprendre les choses en main. Le général charge à la tête des Mamelouks suivis des 3 escadrons restants de Grenadiers conduits par Ordener et de Chasseurs commandés par Dahlmann. La charge traverse les lignes russes et se reforme entre les carré français qui se sont rapprochés des Russes et font feu sur l'ennemi. Les cavaliers se reposent et les Chasseurs à cheval préviennent toute poursuite en usant de leurs mousquetons. La cavalerie de la Garde russe est brisée et de nombreux drapeaux et prisonniers sont pris, dont le prince Repnine, commandant des Chevaliers-gardes. La cavalerie de la Garde charge l'infanterie russe également mitraillée par l'artillerie. Les Russes se replient.

8 février 1807 : la Grande charge d'Eylau

Le général Dahlmann, colonel en second des chasseurs à cheval, tué à la tête du régiment à Eylau
Article détaillé : Bataille d'Eylau.

Le Corps d'Augereau lancé à l'attaque des Russes est décimé par toute l'artillerie ennemie qui le prend pour cible et désorienté par une bourrasque de neige reçue de face. Le 7e corps est hors de combat. Une énorme brèche coupe en deux les lignes françaises, isolant l'aile droite française menée par Davout du reste de l'armée. Le commandant en chef russe, Bennigsen, y lance une force d'infanterie et de cavalerie sur sa gauche pour repousser Davout, plusieurs divisions au centre et une colonne d'infanterie lance une attaque irrésistible vers la droite sur le cimetière d'Eylau défendu par les restes du 7e corps.

Napoléon envoie Murat attaquer les divisions au centre à la tête de la Réserve de cavalerie. Les dragons buttent sur la première ligne russe, les cuirassiers en deuxième vague rencontrent plus de succès mais butent sur la deuxième ligne. Les cavaliers étant menacés d'encerclement par l'infanterie russe, Napoléon lance la cavalerie de la Garde commandée par le maréchal Bessières.

Le Maréchal charge à la tête des Chasseurs à cheval, traverse les deux lignes russes avec furie, élargit la brêche ouverte par les cuirassiers, se replient et repartent à la charge. Le colonel Dahlmann est tué ainsi que nombre de ses hommes. Guyot prend le commandement du régiment. Les Grenadiers à cheval menés par Louis Lepic et le 5e régiment de cuirassiers prennent le relais et enfoncent les Russes jusqu'à leur réserve puis rallient les lignes françaises. La charge de la Garde a permis aux cavaliers de Murat de se replier. Ces charges meutrières (3 500 cavaliers tués)de la cavalerie française ont stoppé et repoussé l'attaque russe sur le centre.

Sur les grenadiers russes lancés à l'assaut du cimetière, Napoléon lance les Grenadiers à pieds de la Garde sur la tête de colonne ennemie et fait charger ses flancs par les escadrons de service de la Garde à cheval. Pris à revers par des hussards et chasseurs à cheval de la ligne détaché par Murat, les grenadiers russes sont annihilés par cette triple attaque.

Création et différentes dénominations

  • 13 janvier 1800 (13 nivôse an VIII) : Compagnie de Chasseurs à cheval de la Garde des consuls.
  • 8 septembre 1800 : Escadron de chasseurs à cheval de la Garde des Consuls, à 2 compagnies.
  • 6 août 1801 : Création d'un deuxième Escadron de Chasseurs à cheval de la Garde des Consuls, à 2 compagnies chacun.
  • 14 novembre 1801 : Les 2 Escadrons forment le Régiment de Chasseurs à cheval de la Garde des Consuls.
  • 1er octobre 1802 : Le régiment passe à 4 escadrons.
  • 21 janvier 1804 : Transformation de la Garde consulaire en Garde impériale. Rattachement de l'escadron des Mamelouks au régiment.
  • 18 mai 1804 : Le régiment est rebaptisé Régiment de Chasseurs à cheval de la Garde Impériale.
  • 1814 : A la Restauration, le régiment est rebaptisé Corps royal des Chasseurs à cheval de France.
  • 1815 : Durant les Cent-Jours, le régiment redevient Régiment de Chasseurs à cheval de la Garde impériale.
  • 1815 : À la seconde Restauration, le régiment est définitivement dissous en octobre et novembre à Périgueux.

Composition et effectifs théoriques

  • 13 janvier 1800 : 1 compagnie.
  • 8 septembre 1800 : 1 escadron des Chasseurs, 2 compagnies.
  • 6 août 1801 : 2 escadrons, 4 compagnies.
  • 1er octobre 1802 : 4 escadrons, 8 compagnies.
  • 21 janvier 1804 : 4 escadrons (8 compagnies) plus l'escadron de Mamelouks.
  • En 1804, le régiment se compose :
    • De 1 colonel, et 1 major.
    • De 1 État-major composé de 1 Chef d'escadron, 1 adjudant-major, , 4 porte-étendards, 1 trompette-major, 1 timballier, 1 brigadier tromette et 4 maîtres ouvriers, soit 13 hommes.
    • De 8 compagnies (en 4 escadrons), comosées de : 1 capitaine, 1 lieutenant en premier, 1 lieutenant en scond, 1 sous-lieutenant, 1 maréchal-des logis-chef, 4 maréchaux des logis, 8 brigadiers, 1 maréchal-ferrant, 2 trompettes et 96 chasseurs, soit 116 hommes par compagnie, pour un total de 928.

Soit un effectif théorqie de 943 hommes.

  • 17 septembre 1805 : 4 escadrons (8 compagnies), 1 escadron de Mamelouks et 1 escadron de vélites à 4 compagnies.
  • 15 avril 1806 : 4 escadrons (8 compagnies), 1 escadron de Mamelouks et 2 escadrons de vélites (8 compagnies).
  • décembre 1809 : 4 escadrons (8 compagnies), 1 escadron de Mamelouks et 1 escadron de vélites (2 compagnies).
  • 1812 : 5 escadrons (10 compagnies), 1 escadron de Mamelouks.
  • 1813 : 8 escadrons (16 compagnies): 5 de Vieille Garde et 3 de Jeune Garde, 1 escadron de Mamelouks.
  • 1814 (première Restauration) : 4 escadrons (8 compagnies).
  • 1815 (Cent-Jours) : 4 escadrons (8 compagnies), 1 escadron de Mamelouks.

Chefs de corps

Eugène de Beauharnais, colonel des Chasseurs à cheval de la Garde impériale

Le grade de « colonel-général » du régiment est surtout honorifique et la réalité du commandement en campagne revient au colonel en second (« colonel-major »). Les soldats de la Garde ont un rang supérieur à celui de la ligne, c'est pourquoi cette fonction est souvent remplie par un officier général.

(*) Officier qui devint par la suite général de brigade. (**) Officier qui devint par la suite général de division.

Etendard

L'étendard du modèle 1804 n'était pas carré comme de coutume, mais, comme pour les chasseurs à cheval de la ligne, consistait en un guidon se terminant en deux pointes à partir de la moitié de la longueur. Le losange central blanc portait en lettres d'or l'inscription : « L'Empereur des Français au Régiment de Chasseurs à cheval de la Garde impériale » à l'avers, et au revers « Valeur » et « Displine » encadrant les armes impériales, et en dessous "(N°) escadron". Les angles étaient ornés de cors de chasse entouré de couronnes de lauriers.

L'étendard du modèle 1812 reç en 1813 était carré et tricolore avec à l'avers "Garde impériale, l'Empereur Napoléon au Régiment de Chasseurs à cheval", et au revers les noms de batailles où le régiment s'était distingué et les capitales prises. Le bord du drapeau étaient ornés de chiffres, de cors de chasse entourés de couronne de laurier et de chêne mélés, d'Aigles, d'abeilles...

Les étendards du régiment furent détruits en septembre 1815 lors de la Seconde Restauration.

Décorations

Au retour de la campagne de 1807, les Chasseurs à cheval de la Garde impériale firent partie des régiments dont l'Aigle fut orné d'une couronne de laurier en or offerte par la Ville de Paris et remise par le Préfet de la Seine. La couronne était passée autour du cou de l'aigle.

Historique des garnisons, combats et batailles du Régiment de Chasseurs à cheval de la Garde impériale

Le régiment était basé à l'École militaire de Paris.

Guerres de la Révolution et de l'Empire

Colonels tués ou blessés en commandant le régiment pendant cette période :

Officiers blessés ou tués en servant entre 1804 et 1815 :

Officiers tués : 70
Officiers morts de leurs blessures : 8
Officiers blessés : 130

Faits d'arme faisant particulièrement honneur au régiment

Grande Charge d'Austerlitz contre la Garde impériale russe.

Grande Charge d'Eylau contre la colonne d'infanterie russe menaçant de couper en deux l'armée française.

Les batailles suivantes étaient inscrites sur le drapeau modèle 1812 :

ainsi que les noms des capitales prises :

Traditions et uniformes

Uniformes sous le Consulat et le Premier Empire

Napoléon en habit de Colonel des Chasseurs à cheval de la Garde, à Wagram

L'uniforme des Chasseurs à cheval de la Garde est l'un des plus fameux de la Grande Armée, avec celui des Grenadiers à pieds de la Garde, des Hussards, des Lanciers rouges... La grande tenue ne tenait pas des Chasseurs à cheval de la ligne mais des hussards. Il s'agissait donc d'un uniforme "à la hongroise":

  • Colback noir en peau d'ours, avec un plumet vert au sommet rouge et une flamme écarlate. Colback blanc à plumet bleu au sommet rouge pour les trompettes.
  • Dolman vert. Bleu pour les trompettes.
  • Pelisse écarlate bordée de mouton noir (doublure rousse pour les sous-officiers et blanche pour les officiers)
  • Ceinture écharpe en laine
  • Culotte de daim
  • Bottes « à la Souvarov »

L'armement est constitué :

  • D'un sabre de cavalerie légère
  • D'un mousqueton de cavalerie
  • D'une baïonnette
  • D'un pistolet

Comme les Hussards, ils portent une sabretache, verte bordée d'or et ornée des armes impériales. Pour l'équipement du cheval, la schabraque est verte pour les soldats et sous-officiers, et en peau de panthère pour les officiers.

Emblématique de l'iconographie du régiment et parfois portée au combat, la grande tenue laissait la place en campagne à la tenue de campagne, assez variable selon l'époque et la saison : pelisse otée ou non, dolman pouvant être remplacé par un habit "à la chasseur", colback sans plumet ni flamme, pantalon de cheval vert à la place de la culotte de daim, housse de sabretache...

Personnages célèbres ayant servi au Régiment de Chasseurs à cheval de la Garde impériale

Anecdotes

Tué lors de la première charge des Chasseurs à Austerlitz, le colonel Morland fut momifié par le chirurgien Larey et sa dépouille fut rapatriée dans un tonneau de rhum. Lors de l'ouverture du tonneau, on se rendit compte que la moustache et la barbe du défunt avaient poussé jusqu'aux genoux.

Voir aussi

Articles connexes

Liens externes

www.napoleon-series.org (Attention : contient des erreurs. Les données relatives aux pertes, batailles, chef de corps, etc. sont à vérifier.) Histoire du Monde → Les Chasseurs à cheval de la garde [1]

Sources

André Jouineau et Jean-Marie Mongin, Officiers et soldats de la Garde impériale : 2. Les troupes à cheval, 1804-1815, Paris, Histoire & Collections, février 2007, 2e éd., 82 p. (ISBN 978-2-35250-032-2) 

François-Guy Hourtoulle et André Jouineau, Austerlitz, 1805 : Le soleil de l'Aigle, Paris, Histoire & Collections, août 2003, 1re éd., 128 p. (ISBN 2-913903-70-3) 

François-Guy Hourtoulle et André Jouineau, 1807, d'Eylau à Friedland : 1807, la campagne de Pologne, Paris, Histoire & Collections, août 2007, 1re éd., 144 p. (ISBN 978-2-35250-020-9) 

François-Guy Hourtoulle et André Jouineau, La Moskowa, Borodino : La Bataille des Redoutes, Paris, Histoire & Collections, février 2003, 1re éd., 120 p. (ISBN 2-908182-95-5) 

Bibliographie

Notes et références

  1. http://www.etains-prince.com/pieces-de-prestige_46__cosaques.html
  2. A. JOUINEAU, Jean-Marie MONGIN: "C'est pour toutes ces raisons, [...], que Napoléon les aime, les choie et les préfères à tous les autres"
  3. Albert Benhamou L'habit de Napoléon à Sainte-Hélène
  4. Unitée aimée de Napoléon, elle en assurait généralement la sécurité et le sauva à plusieurs reprises. Cela et les charges décisives assurées pendant plusieurs batailles font qu'ils sont souvent représentés sur les illustrations et tableaux de cette époque
  5. À la Bataille d'Iena, le Régiment était absent et c'est le 7e régiment de hussards qui fourit l'escadron de service auprès de l'Empereur durant la bataille

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Contenu soumis à la licence CC-BY-SA. Source : Article Régiment de chasseurs à cheval de la Garde impériale de Wikipédia en français (auteurs)

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