Rue de Tournon


Rue de Tournon
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6e arrt
Rue de Tournon
Arrondissements 6e
Quartiers Odéon
Début 19, rue Saint-Sulpice
Fin 24, rue de Vaugirard
Voies desservies voie publique
Longueur 233 m
Largeur 13,70 m
Création Voir texte
Dénomination 1541
Anciens noms ruelle Saint-Sulpice - ruelle du Champs de Foire - rue du Marché aux chevaux - rue du Sénat
Géocodification Ville de Paris : 9378
DGI : 9387
Nomenclature officielle

La rue de Tournon, est une voie publique du 6e arrondissement de Paris, commençant à hauteur des numéros 19 & 21 de la rue Saint-Sulpice et finissant à hauteur des numéros 22bis & 24 de la rue de Vaugirard. Orientée pratiquement Nord-Sud, dans l'axe du Palais du Luxembourg.

Sommaire

Accès métropolitain

Les stations de métro desservant la rue de Tournon sont:

Historique

Elle doit son nom au cardinal François de Tournon, (1489-1562), abbé de Saint-Germain-des-Prés, un des principaux conseillers de François Ier.

Les terrains marécageux sur lesquels se trouve cette voie appartenaient à l'abbaye de Saint-Germain-des-Prés, ce qui ressort des titres de cette communauté religieuse. Elle en vendra, à charge pour les acquéreurs d'élever des constructions en bordure de cette voie, qui portait autrefois le nom de « ruelle de Saint-Sulpice » en 1517, puis ultérieurement de « ruelle du Champ de Foire », à cause de la Foire de Saint-Germain et également la « rue du Marché aux chevaux ».

Elle devient « rue de Tournon » en 1541. Le rôle des taxes de 1549 ne mentionne que très peu de maisons. Elle fut nommée par arrêté préfectoral du 26 février 1867 « rue du Sénat » parce que la petite place que forme la rue en arrivant à hauteur de la rue de Vaugirard, s'écarte en éventail, face au Sénat. On l'appelait aussi « le Pré-Crotté » à cause des ordures et autres immondices qu'on y jetait quotidiennement. Par la suite il y fut fait un marché, elle fut baillée par le cardinal de Tournon à son valet de chambre Jean Gautier « pour y bastir des mesons ». Cette très petite place existe toujours.

Au début de Messidor, An IV de la République, la section de Mucius Scœvola (quartier du Luxembourg), lança la mode des Repas Civiques (les 11, 12 et 13 mai 1793, dans les rues et devant les portes des maisons. Cette idée fit son chemin et se répandit bientôt aux quatre coins de la capitale. Les habitants de la rue de Tournon se distinguaient dans l'ordonnance des repas. La Commune fit arrêter cette conviviale manifestation, par suite des abus de libations qui entraînaient de grands désordres sur la voie publique.

Un arrêté des Consuls du XVIII Vendémiaire An XI ordonne le prolongement de cette voie publique jusqu'à la rue de Buci (Rue de Seine), dans l'axe de celle-ci.

Une décision ministérielle du III Nivôse An X, signée de Chaptal et un arrêté du Président de la République Louis-Napoléon Bonaparte, le 17 janvier 1849, fixe la moindre largeur à 13,50 mètres et la plus grande à 26,70 mètres. Les propriétés numéro 11 et 33 et toutes celles du côté pair ne sont pas soumises à retranchement.

Bâtiments et personnalités

  • no 1: C'est à cet emplacement que Chalgrin avait fait le projet de déposer un mètre étalon gravé dans le marbre, parmi les 15 autres. C'est finalement au 36 rue de Vaugirard, à quelques pas que celui-ci sera installé.
  • no 4: Hôtel de Palaiseau sous Louis XIV. Claude de Harville, marquis de Palaiseau et son épouse Catherine Jouvenel des Ursins, laissent à leur fils Antoine de Harville, qui lègue à son fils François de Harville, et ses sœurs : Anne de Harville épouse François de Béthune, comte, puis duc d'Orval et Isabelle de Harville (1629-1712) épouse de François de Montmorency-Fosseux, marquis de Bois-Ruffin, Thury, Fosseux, Courtalain et Baron de Neuilly. Ancien Hôtel de Montmorency-Fosseux, vers 1750, (n°2 et n°4), Classé aux Monuments Historiques: avec pour les parties communes: La porte monumentale sur rue avec ses vantaux, les façades sur cour et jardins, le vestibule (passage cocher), l'escalier d'honneur. Pour les parties privatives: les appartements du rez-de-chaussée sur le jardin, du premier étage sur le jardin, du deuxième étage sur rue et l'appartement du deuxième étage sur le jardin, ainsi que certaines pièces de l'appartement du premier étage sur cour et sur rue (les deux antichambres - l'entrée et la rotonde -, la pièce entresol et le salon donnant sur la rotonde, ainsi que la chambre principale faisant suite à ce salon. Le député Audouin, y loge en 1793; Lamartine et Ledru-Rollin, habitent dans cette maison en 1848. En 1830, loge à cette adresse le Comte de la Roche-Aimon. Y logèrent: L'ambassadeur Charles-Joseph Tissot (1828-1884), J. Bertrand, célèbre mathématicien, sociétaire de l'Académie des sciences, y décède en 1900.
  • no 5: C'est ici que demeura Melle Marie-Anne Adélaïde Lenormand qui vivait avec Hébert, dit Le Père Duchesne. Elle prédit l'avenir à de nombreuses personnalités de l'Empire, après avoir fait des prédictions à L'Impératrice Joséphine. Elle décéda en cette maison en 1843. Cagliostro y aurait également séjourné, ainsi que Madame Moreau, grande maîtresse de la maçonnerie des femmes et prophétesse sous le Second Empire. C'est en plein hiver 1910 que vient s'installer la famille de Jacques Prévert à cette adresse, il n'y demeure qu'une année. Leurs voisins de palier sont la famille Tiran dont la mère était Pétroleuse, dans sa jeunesse. Les frères Tiran, étaient, l'un Apache, un autre fut le premier à faire découvrir le Raton Laveur à Prévert. Au rez-de-chaussée dans la cour habite une famille de 9 enfants dont les parents sont décédés et dont la fille aînée s'occupe. Simone la cadette de 3 ans de Prévert l'épousera le 30 avril 1925.
  • no 6: Hôtel de Montpensier, construit en 1540, par Louis de Bourbon, prince de La Roche-sur-Yon, époux de Catherine de Lorraine, sœur du Duc de Guise et du Cardinal de Guise. Elle y reçut la nouvelle de la mort de ses frères (la propriété allait du n°2 au n°6). Elle y logea la mère de Jacques Clément et y décède en 1596. Ancien Hôtel de Brancas, dit aussi Hôtel de Terrat, construit sur les dessins et plans de Pierre Bullet, (1639-1716, pour Monsieur Jean-Baptiste Terrat, marquis de Chantosme, Chancelier du Duc d'Orléans, qui achète les lieux à Monsieur Nicolas Renouard de Chanteclair. L'Hôtel avant de revenir aux Brancas fut à ferme à l'Académie Royale, d'équitation de 1733 à 1742 de Monsieur François Robichon de La Guérinière,(1688-1751) écuyer de renom, enseignait ici, aux jeunes gens de la noblesse, l'art de l'équitation, avec son associé François Nicolas Desprez. Il avait fermé son manège du 13 rue de Vaugirard, suite à des problème financiers[1]. Il fit aussi partie de l' "Hôtel de Montmorency-Laval", selon le Dictionnaire des rues de Latynna en 1816. Monsieur Pierre-Simon Laplace, mathématicien, astronome, physicien et géomètre y habita en 1808. Façades et toitures sur rue, cour et jardins, portail d'entrée, escalier, salon et boudoir sont inscrits et classés aux Monuments Historiques. Ici se trouve l'Institut Français d'Architecture. Au rez-de-chaussée sur rue Librairie Renouard et Editions Henri Laurens. Les libraires Bossange et Masson étaient propriétaires de cet immeuble avant l'arrivée de Monsieur Renouard qui quitta la rue Saint-André-des-Arts pour celle-ci. Le Docteur Ricord, demeura aussi à cette adresse. Bugnet, intendant de Monsieur de Creil, conseiller d'État et de la Duchesse de Beauvilliers, avait acquis en 1752, ledit hôtel tenant à celui de Montmorency et à la Maison de Saint-Aignan.; l'un des vendeurs de Bugnet fut Lanfernat, comte de Villars; Chauvel, grand-bailli d'Orléans et d'autres[2]. C'est ensuite en 1775, le Duc de Brancas, lieutenant général pour le pays de Provence. Le marquis de Laplace en 1806. La famille Montmorency-Laval, en 1816. Les libraires Bossange et Masson. Le bibliophile Renouard. Le Docteur Ricord y mourut en 1889 Le libraire Henri Loones tient boutique ici en 1880. Mr Ribot ancien président du Conseil et membre de l'Académie Française y demeura. En 1900, se trouvait dans ces lieux le Concert Rouge. Et plus près de nous une partie des équipes de recherches de l'École des hautes études en sciences sociales fut logé à cette adresse de 1947 à 1950 avec une partie des archives et notamment le fond Clément Heller, jusqu'en 1980 et au n°17.
  • no 8: Immeuble classé aux Monuments Historiques. Le Résistant Raoul Marcel, groupe FFI[4], tué à la Libération de Paris habitait dans cet immeuble[5]. C'est à cet emplacement entre l'Académie équestre et l'hôtel des Ambassadeurs que Monseigneur Guy Chartraire de Saint-Aignan, Conseiller au Parlement de Bourgogne à Dijon, (Marquis de Ragny en 1735) avait fait construire son Hôtel de Saint-Aignan, en 1716, à la place de l Hôtel de Ventadour, que lui avait donné en 1713, sa sœur épouse de David, Lieutenant particulier au bailliage de Semur. Elle avait elle même acquis ce lot de Nicolas de Jassaud, Président à la Chambre des Comptes. Ce dernier le tenait du Prince de Rohan-Soubise et de son épouse, une Ventadour. C'est le Duc de Ventadour qui en fit l'acquisition en 1607 auprès de Pierre de Beringhen, premier valet de chambre du roi, qui lui l'avait acquis vers 1600. La propriété était louée à Langlois, fermier général, lorsque Mr de Saint-Aignan légua ses biens à Chartraire, marquis de Ragny, qui fut suivi par Garnier, bourgeois, puis Melle d'Orsan, fille majeure, puis Jean Marie du Lau d'Allemans, curé de Saint-Sulpice, archevêque d'Arles et député de la Constituante en 1789, né en 1738 et assassiné le 2 septembre 1792. Théroigne de Méricourt, locataire dans cette maison, avait formé une sorte de club, où elle recevait entre autres personnes: Danton, Camille Desmoulins et Fabre d'Églantine. Sous l'Empire, le sénateur Dyzès, comte d'Arène, y tient sa résidence[6]. Brillat-Savarin, célèbre gastronome, habitait sous Louis-Philippe, l'appartement de Théroigne. Jules Janin en 1830, s'en servait de garçonnière, y resta 40 ans avant d'aller s'installer au 20 rue de Vaugirard. Octave Feuillet, Le Comte Eugène de Vogüé, loge ici en 1880. Monsieur M. P. Bourget y habita. Gabriel Pierné, compositeur de musique. En 1909, la revue fondée en 1835: Le Magasin pittoresque, s'y installe.
  • no 9: C'est face à l'Hôtel du Nivernais, que s'élevait le Petit Hôtel de Valois, où en ces lieux s'est éteint le 30 août 1767, Jean-Baptiste Clairaut, mathématicien, académicien, il y habite depuis le 20 juillet 1765[7]. On pouvait souscrire ici au dans la Maison de Monsieur de France au Journal Anglais, ainsi qu'au Journal des Dames, de Monsieur Dorat (1778).
  • no 10: Provient du démembrement de L' Hôtel Garancière. Connu sous le nom d Hôtel du Nivernais puis d Hôtel des Ambassadeurs. Cet hôtel date de 1543, construit par Louis de l'Estoile, président des enquêtes au Parlement de Paris, et époux de Marguerite de Motholon (1543), Pierre de l'Estoile, le mémorialiste y naquit sûrement en 1546. L'hôtel fut construit sur cette parcelle achetée en 1538 au Cardinal de Tournon. Madame de Pecquigny en 1580. Charles du Plessis, seigneur de Liancourt, gouverneur de Paris, y habite en 1595, il le cède à Concino Concini. En 1612, on l'appelle Hôtel Concini. Hôtel particulier, ayant appartenu au Maréchal d'Ancre, puis confisqué, pillé en 1617, par les partisans du Prince de Condé, après l'assassinat du maréchal par le capitaine des gardes, Vitry. Concédé à Monsieur Charles d'Albert, duc de Luynes, ainsi qu'Anet et Lésigny et dans lequel Louis XIII à vécu quelque temps à son retour de Savoie, se rapprochant de sa mère qui habitait le Palais du Luxembourg. Saint-François de Sales y logea en 1618. Le Duc le revendit au roi en 1621. Ces bâtiments furent en 1630, affectés aux logements des Ambassadeurs, prenant le nom d'Hôtel des Ambassadeurs extraordinaires, confié au Duc de Bellegarde, que Henri IV et Louis XIII, comblèrent de faveurs, le premier pour se faire pardonner de lui avoir ravi la belle Gabrielle d'Estrées. Chaque réception d'Ambassadeur donnait lieu à des fêtes somptueuses. Parmi celles qui laissèrent un souvenir grandiose sous le règne de Louis XIV: l'entrée de Charles Talbot 1er Duc de Shrewsbury, ambassadeur extraordinaire et grand chambellan de la reine de Grande-Bretagne; celle de Monsieur Jean de la Vieuville, bailli, grand-croix, ambassadeur extraordinaire de l'Ordre de Malte, auprès du roi de France de 1712 à 1715; des ambassadeurs du tzar de Moscovie et de ceux du roi du Siam. Mehmet Effendi, ambassadeur de la Porte, y demeura sous le Régent. Le Duc du Nivernais, Louis-Jules Mancini-Mazarini, échange l'Hôtel de Pontchartrain, contre celui-ci que l'architecte Marie-Joseph Peyre restaura, en 1753. Le Duc de Dampville en eut quelque temps la jouissance et l'hôtel deviendra Garde-meubles en 1758. Par exception, Monsieur de Nivernais; Louis-Jules de Nivernais décéda dans son hôtel le 23 février 1798, âgé de 82 ans. En 1790, il devient Propriété Nationale. Le Conseiller d'État chargé du contentieux des Domaines nationaux, remplissait sous l'Empire, cette superbe demeure 1803 qui devint en 1814 l'habitation de la duchesse douairière d'Orléans, femme de Philippe Égalité, elle y décéda en 1816. Vendu le 10 août 1819, par le Domaine de l'État à la Ville de Paris pour 250 100 francs, Il est converti en caserne de la Garde municipale de Paris en 1830, cavaliers et fantassins s'y succèdent puis en prison en 1848 et de nouveau une caserne affectée à la Caserne de la Garde Républicaine de Paris. C'est Hubert Rohault de Fleury, qui fut sollicité pour les aménagements provisoires des écuries de la caserne. Classé Monuments Historiques. Inscription le 27 mars 1926. C'est devant la porte de cet hôtel qu'en 1803, un chien Barbet répondant au nom de Crotteur et son jeune maître qui faisait le dur métier de Décrotteur de souliers, exerçaient leurs talents. Histoire racontée par Pierre Samuel Du Pont de Nemours, (1739-1817)[8]. Michel Bakounine, y demeure en 1848.
  • no 12: Grand Hôtel d'Entragues. A sûrement fait partie de la vente des biens après le décès de Alexandre d'Illiers de Balsac d'Entragues en 1742 et la succession recueillie par son neveu Alexandre II. C'est cette partie que conservera l'expert entrepreneur Michel Neveu, lorsqu'il fait l'acquisition des terrains et des deux Hôtels d'Entragues à Madame Veuve Bergognion qui continuera à habiter dans les lieux pendant les travaux d'aménagements et le découpage des lots. Il achète cette partie centrale où il fait élever un immeuble, qu'il habitera que 14 ans sans pouvoir le léguer à ses enfants, pour la somme de 59 428 livres. Sa superficie est de 571 toises, 10 pieds, trois pouces. Ce lot fut découpé ce qui réduira la superficie de l'ancien Hôtel d'Entragues. Neveu fera un bail de 15 mois à la veuve Bergognion à dater du 1er juillet 1774, pour une somme de 3 000 livres par an. Il est le seul acquéreur du lot avec la possibilité d'en céder une partie à Monsieur Simon et au Duc de Nivernais. Sa façade n'était pas alignée sur la rue, mais un peu en retrait et donnait sur des jardins à l'ouest donnant par un passage aujourd'hui condamné au n° 13 de la rue Garancière inclus dans ce lot. Les jardins était longés au Nord, par ceux de l'Hôtel des Ambassadeurs. Il le revendra 2 ans avant la Révolution en 1787, aux Lesage, pour 340 000 livres[9]. C'est dans cette demeure que décède le 28 janvier 1813, Madame la Comtesse Claude Constant César d'Houdetot, née le 18 décembre 1730 Sophie Lalive de Bellegarde, qui en avait fait l'acquisition en 1765, amie platonique de Jean-Jacques Rousseau. L'immeuble est inscrit sur la liste des Monuments Historiques à l'exception des parties privatives, moins un[10]. Il dispose d'un jardin dont la jouissance est réservée à l'appartement surélevé du fond de la cour, accessible par un perron. Le porche central est à deux vantaux, portant la tête de deux lions et ouvre sur un hall de 4,30 m de large sur 12,5 m de long. Décoré de quatre colonnes. À sa droite : un escalier monumental avec rampes en fer forgé, interrompu par une porte palière à l'entresol. Les marches sont en pierre calcaire jusqu'au 2e étage et ensuite en tomette ancienne. Cet immeuble est en pierre de taille. Construit avec un rez-de-chaussée sur cave et une élévation de 4 étages plus un cinquième avec chiens assis achevé en 1777. Parmi les premiers locataires: Charlotte Madeleine Bernard d'Epaux, veuve de Jean Nicolas d'Epaux, bourgeois de Paris le 18 mars 1778. Le 9 mai 1778, Neveu signe un bail à Marie Desprez, veuve de François Gallet, bourgeois de Paris. Un autre bail est signé le 17 mai 1778, avec Marie-Adélaïde Delatourée, veuve de Pierre Carré de Saint-Pierre, avocat au Parlement, demeurant rue des Fossés Monsieur le Prince et le 24 août 1778, avec l'abbé Hyacinthe Bouniol de Montagut, substitut de la Cour de France, aumônier ordinaire de Madame Elisabeth, demeurant à Versailles, rue de l'Orangerie. Un cinquième bail est conclu le 20 octobre 1778, avec Guillaume Faipoult de Maisoncelles, écuyer, ancien officier au corps royal de Génie et son épouse Marie-Claude Bergerat demeurant rue Sainte-Hyacinthe, paroisse Saint-Cosme. Marie-Madeleine Clémence de la Chambre, signe le 14 octobre 1778, elle réside Quai Dauphin, paroisse Notre-Dame. Monsieur Louis de Carouge des Bornes, avocat au Parlement et Charlotte Jouannin, son épouse signe bail le 22 décembre 1778[11]. Ducis y habitait en 1795 et Amédée Thierry en 1869 et y décéda en 1873. Cauchy, Cherbuliez, y habitèrent également.
  • no 14: Petit Hôtel d'Entragues; le numéro actuel représente le premier lot que fit Michel Neveu lorsqu'il fit l'acquisition des terrains et des deux Hôtels d'Entragues. Il représente une surface de 164 toises et 15 pouces, acquis par l'architecte juré Auguste Simon pour la somme de 36 000 livres. Immeuble classé aux Monuments Historiques. Balzac d'Isliers, marquis d'Entragues, les transmis (n°12-14), à son fils et petit-fils qui épousa Anne de Rieux. Un certain Rousseau qui en avait fait l'acquisition en 1699 dut, acculé par les créanciers, s'en séparer au profit de Bergoignon, traiteur.
  • no 17: Fut habité par le graveur David. Au deuxième étage de cet immeuble reposa sur son lit mortuaire dans le costume du Cid, l'acteur Gérard Philippe, âgé de 37 ans, décédé le 25 novembre 1959. C'est ici que se trouve le CDE (Centre de Diffusion de l'Edition), diffusant les éditions de l'EHESS
  • no 18: Hôtel de la Poste, qui hébergea Roth et d'autres réfugiés, en dessous: le Café Le Tournon où il vécut de 1937, date de la destruction de l'Hôtel de Foyot au 33 de la même rue. Il y invitait à sa table: Stefan Zweig, Frederike Zweig, Arthur Koestler, Gustav Regler, etc. Une plaque est apposée sur la maison pour en garder le souvenir. Cette propriété était unique à Paris à cette époque car elle possédait sur son toit au 8e étage, une terrasse avec allées et jardins.
  • no 19: (ancien n°42) à l'époque de l'Amiral John Paul Jones, héros de la guerre d'Indépendance américaine a habité dans cette maison où il est décédé le 7 juillet 1792. L'Assemblée Constituante lui fit des obsèques solennelles
  • no 20: Immeuble reconstruit en 1900, par l'architecte Georges Debrie, sur l'emplacement d'un ancien Hôtel de Montespan, (Madame de Montespan dit Pessard dans son Dictionnaire Historique).
  • no 21: Une plaque rappelle qu'ici le dramaturge et philosophe Gabriel Marcel a vécu de 1933 à la fin de sa vie en 1973. Yves Saint-Laurent, ouvre ici sa première boutique de prêt-à-porter, dans une ancienne boulangerie transformée par Isabelle Hebey. Inauguration le 26 septembre 1966.
  • no 23: Emplacement de l'Hôtel Helvetia, que fréquentèrent Roth et ses compatriotes dans les années 1930.
  • no 27: Propriété qui au XVIe siècle, avait une issue dans la rue de Condé. C'est à cet emplacement que se trouvait jadis la fameuse statue du Cheval d'Airain, que François Ier avait commandée à Désiré Spine
  • no 29: Immeuble classé aux Monuments Historiques. L'éditeur Jules Gervais a boutique en ces lieux en 1793. Façade ornée de mascarons.
  • no 30: Cette maison fut attribuée par lettres patentes de François Ier, datées et signées de Tournan-en-Brie, en 1539 à Clément Marot. Elle possédait grange et jardin, située ruelle Saint-Sulpice (rue de Tournon) et rue du Clos Bruneau (rue de Condé). Le roi avait fait installer dans cette propriété un cheval de bronze, circonstance qui a fait donner à cette maison le nom de Maison du Cheval d'Airain. Le propriétaire y invita à dîner Diane de Poitiers.
  • no 31: Immeuble classé aux Monuments Historiques.
  • no 33: Ancien meublé de Tréville; Hôtel Foyot qui s'élevait ici jusqu'en 1937. Lorsque l'Empereur Joseph II d'Autriche, frère de Marie-Antoinette, vint à Paris incognito du 18 avril au 30 mai 1777, sous le nom de Comte de Falkenstein, pour tenter de remédier aux difficultés conjugales de sa sœur et de son beau-frère, il rend visite à Rousseau, à Buffon et visite Paris, il logea chez le Comte de Mercy-Argenteau, ambassadeur, au Petit-Luxembourg et sa suite était logé à l'hôtel de Tréville où il dînait parfois. En 1894, une bombe fut déposée par un anarchiste et blessa Monsieur Laurent Tailhade. Cet établissement a eu aussi comme client : Joseph Roth, de 1927, à sa destruction. Il ira ensuite à l'Hôtel Paris-Dinard, puis à lHôtel de La Poste au 18 de la même rue. Comme ses compatriotes il fera un séjour à lHôtel Helvetia au 23 de cette rue.
  • no 35: En 1838, logent à cette adresse: la Comtesse de Saint-Priest, Officier de la Légion d'honneur. Monsieur Baron, Chevalier de la Légion d'honneur, membre de la Chambre des Pairs

Énigmes

  • A la fin du règne de Louis XIV, il y avait dans cette rue une propriété à la disposition de Moneins, comte de Trois-villes, sans que l'on puisse dire ce qu'il en reste et où elle était située.
  • Sous la Régence du Duc d'Orléans, trois assassins: Antoine Joseph de Horn, comte, capitaine réformé[12], Laurent de Mille, lui aussi capitaine réformé et un certain de l'Estang, fils d'un banquier belge, décidèrent de saisir le portefeuille d'un riche agioteur de la rue Quincampoix. Sous prétexte de négociation, ils l'attirèrent, rue de Venise et le poignardèrent. De l'Estang s'enfuit à son hôtel de la rue de Tournon, prit ses effets les plus précieux et disparut. Les deux autres furent saisis et roués vifs en Place de Grève. (Hôtel de l'Estang, emplacement?)[13]
  • Procope, en arrivant à Paris, en 1670, commença à travailler comme garçon chez un cafetier arménien du nom de Pascal, rue de Tournon à la Foire Saint-Germain[14].
  • Du côté impair, un hôtel garni avait pour enseigne à L'Empereur Joseph II, était il descendu par là. Ce nom fut donné quelque temps après le mariage parisien de sa sœur.
  • Un autre hôtel garni s'appelait Le Valois, le Cabinet d'Estampes de Mr d'Héricourt y attirait les curieux.
  • Emplacement de l'Hôtel de la Trémoïlle, appartenant au duc Henri III de La Trémoïlle.
  • Le Président Bonjean, massacré pendant la commune (inscription ancienne gravée 2 rue de Tournon), d'après Félix de Rochegude.
  • À l'ancien n° 12, habita Leverrier en 1853.
  • En 1648, on exécuta dans cette rue, un soldat du régiment des Gardes, qui avait commis un vol au détriment de l'église Saint-Sulpice.

Bibliographie

  • Félix & Louis Lazare: "Dictionnaire des rues et monuments de Paris en 1855" Paris 1855 Réédition; Maisonneuve & Larose Paris 2003.
  • Condorcet, D'Alembert, Charles Bossut, Joseph Jérôme Lefrançois de Lalande: "Encyclopédie Méthodique" (Mathématiques, vol 194- T.II, à Padoue 1789. (Calcul de la longueur de la rue de Tournon)
  • Jean-Marie Pérouse de Montclos: "Le Guide du Patrimoine de Paris" Hachette Paris 1994. 534pp. (ISBN 2010168127)
  • Michel Poisson: "Façades parisiennes", Parigramme Paris, 2006 - 359pp. (ISBN 2840964635)
  • Christian Benoit: "250 réponses aux questions d'un flâneur parisien", Le Gerfaut 2007-20pp., (p. 165)
  • Latynna: "Dictionnaire des rues", Paris 1816.
  • Collectif: "Almanach Royal", Paris 1830.
  • Collectif: "Almanach Royal et National", Paris 1838.
  • Félix de Rochegude: "Promenades dans toutes les rues de Paris", Paris 183 Ed de 1910.
  • Gustave Pessard: "Nouveau Dictionnaire Historique de Paris", préface de Charles Normand. Paris 1904.
  • Charles Lefeuve: "Les anciennes maisons de Paris, sous Napoléon III", Ed: Paris -1873

Notes et références

Articles connexes

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