René Paty


René Paty

René Paty, né le 17 mars 1891 à Montrieux-en-Sologne, est un instituteur, syndicaliste, et résistant ; il est mort le 10 avril 1945 au camp de concentration de Bergen-Belsen.

Biographie

René Paty est né de parents instituteurs, dans une famille de petits paysans et de maréchaux-ferrants. Pensionnaire à 12 ans à l’école primaire supérieure d’Onzain, puis à 15 ans à l’Ecole Normale d’Instituteurs de Blois, promotion 1906-1909. A 18 ans il avait son brevet supérieur et son diplôme d’instituteur.

Trop jeune pour être affecté à un poste il a été pendant deux années instituteur-adjoint à l’École Primaire Supérieure d’Onzain. En 1912 il a fait son service militaire, et en 1914 il était en place pour le début de la guerre. Il a choisi d’être musicien-brancardier.

En 1920, il épousé une veuve de guerre, institutrice aussi, Louise Vallier. Tous les deux instituteurs laïcs, elle à Clichy (92), lui à Paris 17e rue Pouchet. René Paty s'engage en politique, d’abord dans le Syndicat national des instituteurs et la rédaction de l’École libératrice avec son ami Georges Lapierre, la Ligue de l'enseignement avec Robert Dyard, puis dans la SFIO, et dans la franc-maçonnerie en 1925 à la Loge Etoile Polaire du Grand Orient de France. Plus tard il a fréquenté les milieux pacifistes contre la montée du nazisme et aidé des réfugiés politiques allemands.

En 1934 René et Louise sont tous les deux devenus directeurs d’écoles, elle rue Emile Zola à Saint-Ouen (93), lui rue Legendre à Paris 17e.

En 1936, lorsque le Front Populaire est venu au pouvoir, le ministre de l’Éducation Nationale Jean Zay a demandé au Syndicat des Instituteurs de lui proposer quelqu’un pour s’occuper près de lui de l’enseignement primaire. C’est René Paty qui fut nommé chef-adjoint du cabinet du ministre de l’Education Nationale où il a œuvré trois ans.

En 1939 à la déclaration de guerre, Jean Zay s’est engagé dans l’armée, René Paty est resté à son poste auprès d’Yvon Delbos puis d’Albert Sarraut. Mais en juin 1940, il a quitté le ministère et repris son emploi de directeur d’école, cette fois-ci rue Lacordaire à Paris 15è.

Dès juillet 1940, il a commencé à nouer des contacts avec des amis enseignants, socialistes, francs-maçons, pour lutter contre le nouveau gouvernement et l’occupation. En novembre 1940 il a participé à l’élaboration de la manifestation du 11 novembre à l’Arc de Triomphe de l’Étoile. Lui et ses amis ont créé des réseaux et établi des relations avec d’autres : Maintenir (en octobre 1940), Syndicat clandestin des Instituteurs, Libération-Nord, CND Castille du colonel Remy, OCM, la loge Patriam Recuperare, le journal La Nouvelle République. Leur action était de renseignement, de reconstitution d’associations dissoutes et de préparation de l’après-guerre.

En juillet 1941, les lois de Vichy contre les juifs et les francs-maçons ont été promulguées. Le 1er octobre, jour de la rentrée, l’inspecteur de l’Enseignement est venu à l’École rue Lacordaire intimer à René Paty l’ordre de quitter immédiatement son bureau de directeur d’école, car il était révoqué.

Sans travail, René Paty a recherché une occupation dans ses capacités qui puisse le faire vivre. Avec l’aide financière d’amis, il a acheté une petite librairie place Saint-Michel à Paris. La librairie est devenue un lieu de rendez-vous d’amis et d’opposants au régime de Vichy et à l’occupation. Il s’absentait de temps en temps pour aller en province rencontrer d’autres amis, recueillir des renseignements, remplacé par son épouse à la librairie, privée pour les mêmes raisons de sa direction d’école.

Le 2 mars 1943 vers 10h du matin, deux policiers allemands sont venus à la librairie l’arrêter. Au même moment tous les membres de son groupe des enseignants résistants ont été arrêtés, dont Augustin Malroux, Maurice Dirand, Georges Lapierre, Georges Vidalenc, Claude Bellanger. Après une perquisition à l’appartement, ils l’ont emmené au ministère de l’Intérieur rue des Saussaies, puis à la prison de Fresnes. Il s’est retrouvé dans la cellule 501/III avec d’autres résistants. Il est resté dans cette prison jusqu’en septembre 1943, puis il a été transféré à la Gare de l’Est et déporté vers l’Allemagne, avec ses compagnons. Après être passé par le camp de NeuBremm près de Sarrebrück, il est enfermé au camp de concentration d’Oranienburg-Sachsenhausen, près de Berlin, plus précisément au Kommando de Bad-Saarov, sous un régime semblable au Nacht und Nebel, c’est-à-dire sans possibilité d’écrire, de recevoir des lettres et des colis.

Devant l’avance de l’armée soviétique, les autorités allemandes ont décidé de déplacer les déportés vers l’ouest. En février 1945, René Paty et plusieurs compagnons ont été transférés au camp de concentration de Bergen-Belsen, en wagons à bestiaux pendant 3 jours, 120 par wagon. À cette époque l’état du camp de Bergen-Belsen était effroyable : là régnaient la faim et le typhus. Le 10 avril 1945 René Paty et Augustin Malroux sont morts l’un à côté de l’autre. Dirand est revenu en France et a raconté beaucoup. Lapierre est mort à Dachau. Vidalenc est revenu et a peu parlé.

Hommages

René Paty, qui était resté pendant 7 ans soldat de 2e classe, a été nommé sous-lieutenant à titre posthume. On lui a décerné la médaille de la Résistance. Deux plaques ont été posées à son nom : une le 25 novembre 1945 dans l’école de la rue Legendre, l’autre le 27 janvier 1946 dans l’école de la rue Lacordaire.

Sources

  • Ecole Normale d’Instituteurs de Blois (archives départementales loir et cher 3T149)
  • Registre d’Incorporation matricule 344 du 12 octobre 1912 (archives départementales loir et cher)
  • Anny Malroux, Avec mon père Augustin Malroux, préface de Lionel Jospin, dessins de Casimir Ferrer, Albi, Revue du Tarn, 1991, collection « Rives du Temps », p. 190, 193, 200, 218, 221, 239, 240, 242, 244, 245, 252, 254, 255, 257, 259, 265, 271, 279, 284
  • Remy, Le livre du courage et de la peur. CND Castille tome III, éditions Raoul Solar, p. 75
  • André Combes, La Franc-maçonnerie sous l’occupation, éditions du Rocher, p. 177, 187, 190, 193, 196
  • Médaille de la Résistance : Journal Officiel 8 décembre 1946
  • Fondation pour la mémoire de la Déportation : http://www.mortsdanslescamps.com/indexfr.html
  • Plaques commémoratives : http://www.plaques-commemoratives.org/ chercher René Paty
  • Mémorial de la Déportation : http://www.memorail-genweb.org/ (fiche René Paty)

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