Psaume 34 (33)


Psaume 34 (33)
La chair de l'église saint Gilles et saint Léonard à Peilstein,en Autriche. Figure comme une exhortation le verset 12 du psaume 34 en latin.

Le psaume 34 (33 selon la numérotation grecque) est attribué à David. Ce psaume de confiance est un acrostiche comme le psaume 25 avec qui il a une parenté forte  : les premières lettres de chaque verset constituent l’alphabet hébreu. L'indication du premier verset fait référence au moment où David simule la folie devant Akish (et non Abimélec) pour éviter la prison[1].

Par ailleurs, on retrouve des passages du psaume dans le Nouveau Testament, sous forme d'allusion dans l'évangile selon saint Jean[2], et cité par saint Pierre[3].

Sommaire

Texte français

Traduction de Louis Segond[4], publiée en 1910 :

[De David. Lorsqu’il contrefit l’insensé en présence d’Abimélec, et qu’il s’en alla chassé par lui.]
Je bénirai l’Éternel en tout temps ; sa louange sera toujours dans ma bouche.
Que mon âme se glorifie en l’Éternel ! Que les malheureux écoutent et se réjouissent !
Exaltez avec moi l’Éternel ! Célébrons tous son nom !
J’ai cherché l’Éternel, et il m’a répondu ; il m’a délivré de toutes mes frayeurs.
Quand on tourne vers lui les regards, on est rayonnant de joie, et le visage ne se couvre pas de honte.
Quand un malheureux crie, l’Éternel entend, et il le sauve de toutes ses détresses.
L’ange de l’Éternel campe autour de ceux qui le craignent, et il les arrache au danger.
Sentez et voyez combien l’Éternel est bon ! Heureux l’homme qui cherche en lui son refuge !
Craignez l’Éternel, vous ses saints ! Car rien ne manque à ceux qui le craignent.
Les lionceaux éprouvent la disette et la faim, mais ceux qui cherchent l’Éternel ne sont privés d’aucun bien.
Venez, mes fils, écoutez-moi ! Je vous enseignerai la crainte de l’Éternel.
Quel est l’homme qui aime la vie, qui désire la prolonger pour jouir du bonheur ?
Préserve ta langue du mal, et tes lèvres des paroles trompeuses ;
Éloigne-toi du mal, et fais le bien ; recherche et poursuis la paix.
Les yeux de l’Éternel sont sur les justes, et ses oreilles sont attentives à leurs cris.
L’Éternel tourne sa face contre les méchants, pour retrancher de la terre leur souvenir.
Quand les justes crient, l’Éternel entend, et il les délivre de toutes leurs détresses ;
L’Éternel est près de ceux qui ont le cœur brisé, et il sauve ceux qui ont l’esprit dans l’abattement.
Le malheur atteint souvent le juste, mais l’Éternel l’en délivre toujours.
Il garde tous ses os, aucun d’eux n’est brisé.
Le malheur tue le méchant, et les ennemis du juste sont châtiés.
L’Éternel délivre l’âme de ses serviteurs, et tous ceux qui l’ont pour refuge échappent au châtiment.

Structure et thème du psaume

Le psaume 34 est un diptyque : la première partie jusqu’au verset 11 est constituée d’une hymne et d’un développement de l’expérience du psalmiste, tandis que le seconde partie prend un ton sapientiel. Trois thèmes sont abordés : celui de la rétribution, du bonheur, et enfin de la pauvreté spirituelle.

La rétribution est décrite par des triplets de verbes, sur le schéma : appel vers Dieu, réponse de Dieu, action de Dieu. Elle n’est pas envisagée de façon binaire, mais le méchant ne laissera pas de traces sur la terre. La face de Dieu combat le méchant alors qu’elle est propice au juste. L’idéal du bonheur est une vie longue et heureuse, comme dans toute la littérature sapientielle. Pour être heureux, il convient de rechercher la paix, et de s’abstenir de dire et de faire le mal. Le pauvre du Seigneur reçoit plusieurs noms dans le psaume : celui qui craint le Seigneur, le juste, le malheureux,... Initialement, le pauvre du Seigneur désignait l’opprimé, et le sens a glissé vers une signification plus spirituelle de celui qui cherche et craint le Seigneur.

Usages liturgiques

Dans le judaïsme

Le psaume 34 est récité dans son intégralité pendant pesukei dezimra, le shabbat, à Yom Tov et à Hoshana Rabba. On récite aussi le verset 4 au moment où le rouleau de la Torah est sorti de l’arche sainte. Les versets 10 et 11 se trouvent dans le paragraphe final de birkat hamazon, et les versets 14 et 15 forment la base du paragraphe final de la amida[5].

Dans le christianisme

Chez les catholiques

Dans la liturgie des Heures, le psaume 34 est récité les samedis de la première et troisième semaines, ainsi que pour les fêtes de saints, à l'heure médiane. Il est souvent pris à la messe comme psaume responsorial.

Voir aussi

Liens externes

Bibliographie

Nombreux sont les auteurs qui ont commenté les psaumes. Voici quelques ouvrages parmi les plus connus, classés par ordre chronologique :

Notes et références

  1. Voir le premier livre de Samuel, chapitre 21, versets 11 à 16.
  2. Voir le récit de la Passion, chapitre 19, verset 36, où saint Jean applique à Jésus le verset 21 du psaume.
  3. Voir la première épître de Pierre, chapitre 2, verset 3, qui correspond au verset 9 du psaume, et le chapitre 3, versets 10 à 12, qui correspondent à la fin du psaume.
  4. Cette traduction est disponible sur Wikisource. Wikisource propose aussi les traductions de Crampon, Darby et Sacy.
  5. D’après le Complete Artscroll Siddur, compilation des prières juives.

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Contenu soumis à la licence CC-BY-SA. Source : Article Psaume 34 (33) de Wikipédia en français (auteurs)