Bestialité


Bestialité

Zoophilie

Lithographie de Paul Avril (Sodomie d'une chèvre faite par un Ancien Grec).

La zoophilie, du grec ancien ζωον (zôon, « animal ») et φιλία (philia, « amitié » ou « amour »), est l'attirance sexuelle d'un être humain pour un ou plusieurs animaux[1].

Généralement considérée comme une déviance ou une perversion sexuelle, elle devient une paraphilie si elle remplit ces critères, bien qu'elle ne soit plus listée depuis 1980 dans le Manuel diagnostic et statistique des troubles mentaux (DSM), la référence américaine et mondiale psychiatrique en matière de pathologies mentales.

Apparu au XIXe siècle, le mot zoophilie provient de racines grecques. Il était autrefois connu sous le nom de « bestialité ». En 2009, ce terme est souvent utilisé pour désigner le passage à l'acte sexuel effectif qui peut découler d'une attirance zoophile. On parle aussi dans ce cas d'« actes zoophiles ».

Sommaire

Références historiques

Dans les arts

Des représentations artistiques de la zoophilie sont présentes dans les peintures rupestres et dans d'anciennes sculptures. Dans la littérature, Les Mille et Une Nuits font état de deux scènes manifestes de zoophilie, et le roman latin L'Âne d'or d'Apulée évoque également une scène où une femme s'accouple avec un âne.

Cas historiques célèbres

La plus célèbre zoophile semble être l'impératrice byzantine Théodora (vers 500 - 548) qui s'adonnait à des scènes bestiales dans certaines bacchanales. Cependant, la véracité de ces allégations semble très sujette à caution.

En France, en 1601, jugeant en appel, le Parlement de Paris condamnait à mort Claudine de Culam, née à Rozay-en-Brie, âgée de 16 ans, domestique chez Monsieur le Prieur de Reverecourt pendant quatre ans, « bien et dûment atteinte et convaincue d'avoir eu habitation charnelle avec un chien blanc tacheté de roux ». Dans ce cas, les magistrats — à la demande expresse de la mère qui était sûre de l'innocence de sa fille — acceptèrent une étude scientifique et pragmatique.

Claudine, qui avait été surprise selon des témoins en état « d'habitation charnelle » avec un chien a été emmenée devant une cour composée uniquement de femmes ayant le statut d'« expert », dans une chambre adjacente à la cour d'appel. Le chien la rejoignit dans cette pièce. Le comité fit déshabiller la jeune fille pour l'examiner en quête d'éventuelles griffures, mais immédiatement le chien, sans attendre d'avoir été invité, lui sauta dessus et la prit en levrette. « Une relation sexuelle s'est produite et nous avons dû intervenir » a écrit le collège d'experts dans leur son officiel. Sur les bases des témoignages et de ce rapport, le chien et la jeune fille ont été étranglés et leurs corps brûlés, leurs cendres jetées aux vents pour qu'il ne reste rien de cet accouplement.

Terminologie

Le terme général zoophilie a été introduit, pour la première fois, dans le sujet de la recherche sur la sexualité par Richard Freiherr von Krafft-Ebing, dans son livre Psychopathia Sexualis, en 1886. En sexologie, psychologie, et en langage courant, ce terme a une large signification, telles que : l'affinité, l'affection, ou bien l'attraction sexuelle pour un partenaire non-humain. Ce terme se réfère à l'attraction sexuelle envers les animaux, et, moins couramment, à la paraphilie du même nom.

Le terme zoosexualité désigne l'ensemble du spectre des émotions, des attractions sexuelles, ou des orientations sexuelles envers les animaux. Le terme zoosexuel est utilisé depuis les années 1980, mais n'est guère usité en français. Les individus ayant une forte affinité envers les animaux, mais sans attirance sexuelle, peuvent être qualifiés de zoophiles « non-sexuels » (ou « émotionnels »), mais peuvent rejeter le terme zoophile. Ces personnes sont plus couramment désignés comme « amoureux des animaux ».

Le terme ambigu sodomie était utilisé autrefois pour désigner les actes sexuels non procréatifs. Le terme bestialité désigne les actes sexuels entre humains et animaux. Ce terme n'implique pas par lui-même la motivation ou l'attitude.

Pour les zoophiles, et certains chercheurs, le terme bestialiste a acquis une connotation négative, impliquant un désintérêt pour les besoins et les émotions de l'animal. Cette connotation trouve son origine dans le désir de certains zoophiles d'établir une distinction claire entre la zoophilie, une orientation sexuelle à part entière, et le simple acte sexuel avec un animal. D'autres se distinguent zoophile ou bestialiste suivant la définition du dictionnaire.

Le terme zoosadisme se réfère à la torture et la douleur infligées à un animal dans le but d'obtenir un plaisir sexuel. Ce terme inclut aussi les abus sexuels pratiqués sur les animaux.

Origine de la zoophilie

Ce comportement sexuel entre deux espèces distinctes semble le plus inapproprié à la reproduction, le plus “contre-nature”, et dépend chez l'être humain principalement de l'environnement culturel. Bien qu'actuellement cette activité soit globalement peu pratiquée, il existe néanmoins quelques sociétés où l'activité sexuelle avec des animaux est culturellement acceptée[2].

En synthèse des données éthnologiques, on remarque que lorsque les êtres humains vivent avec les animaux, lorsqu'il existe une proximité physique et émotionnelle, et lorsqu'il n'existe pas d'interdits ou de stigmatisations culturelles, alors la probabilité d'observer ce comportement est très grande[3],[2]. Par exemple, dans son étude sur la sexualité de la population américaine, Kinsey enregistre de nombreuses déclarations de relations sexuelles avec des animaux, principalement dans les régions agricoles :

« Dans maints cas, le jeune campagnard s'initie aux rapports animaux parce qu'il sait que ses compagnons se livrent à une activité semblable. Ceci est particulièrement vrai dans les régions de l'Ouest des États-Unis où les adultes aussi bien que les adolescents pratiquent assez souvent (fréquence d'environ 40% des hommes) de tels rapports sexuels qui peuvent être le sujet de conversations fréquentes. Il n'est pas rare, dans certaines régions rurales, de trouver des individus qui admettent ouvertement une satisfaction érotique, due à de tels rapports[3]. »
« Psychiquement parlant, les rapports avec les animaux peuvent revêtir une importance considérable pour le garçon qui en fait régulièrement l'expérience. Alors que les premiers rapports ne lui procurent souvent guère plus que la satisfaction due à la stimulation physique, la situation change complètement pour le garçon qui a des rapports fréquents avec des animaux particuliers. L'intensité de la réaction psychique du garçon est mise en évidence par la place prépondérante que peuvent prendre les rapports avec les animaux dans ses rêves nocturnes. De plus, bien des jeunes campagnards tout en se masturbant, se laissent aller à des rêveries érotiques où ils imaginent entretenir des rapports avec des animaux. Dans certains cas, le garçon peut montrer de l'affection pour l'animal particulier avec lequel il a des rapports et certains mâles ressentent une violente émotion quand les circonstances les obligent à cesser tous rapports avec un animal particulier. Si cela semble une étrange perversion de l'affection humaine, on devrait se rappeler qu'une relation affectueuse exactement semblable s'établit dans bien des maisons où il y a des animaux familiers ; et il n'est pas rare, dans notre société, que des personnes soient considérablement bouleversées par la perte d'un chien favori ou d'un chat, qui a vécu un certain temps au foyer. Les éléments en jeu dans les rapports sexuels entre les hommes et les animaux ne sont pas du tout différents de ceux qui entraînent les réactions érotiques entre des êtres humains[3]. »
Exemples de copulation inter-espèces (antilope - chien ; chien - oie ; girafe - âne ; éléphant - rhinocéros). Voir les causes de ces activités chez les mammifères inférieurs dans l'article Comportement de reproduction)

Par ailleurs, des activités sexuelles entre des animaux qui appartiennent à des espèces différentes ont également été observées dans la nature, et ces activités sont d'autant plus fréquentes que la morphologie des organismes est similaire (âne/cheval, tigre/lion, etc.)[2].

Des études récentes, réalisées dans les années 2000, permettent de comprendre l'origine de la zoophilie. Les recherches en neurosciences ont montré que les êtres humains stimulent leurs zones érogènes car cela procure des récompenses / renforcements dans le cerveau[4]. Ces récompenses, en particulier l'orgasme, sont perçues au niveau de la conscience comme des sensations de plaisirs érotiques et de jouissances. En simplifiant, l'être humain recherche les activités sexuelles car elles procurent des plaisirs érotiques intenses.

Chez l'être humain, le Chimpanzé, le Bonobo, l'Orang outan et le Dauphin, le comportement sexuel n'est plus un comportement de reproduction, mais devient un comportement érotique[5]. Au cours de l'évolution, l'importance et l'influence des hormones[6],[7] et des phéromones[8],[9] sur le comportement sexuel a diminué. Au contraire, l'importance des récompenses est devenue majeure[4]. Chez l'être humain, le but du comportement sexuel n'est plus le coït vaginal mais la recherche des plaisirs érotiques, procurés par la stimulation du corps et des zones érogènes[10].

Article principal : Comportement érotique.

De plus, même chez les mammifères inférieurs, comme les rongeurs ou les capridés, plusieurs caractéristiques du comportement de reproduction ne sont pas innées. Par exemple, la reconnaissance du congénère est apprise durant les premières années de la vie : des chevreaux adoptés par des brebis et des agneaux adoptés par des chèvres copulent à l'âge adulte avec des partenaires de l'espèce adoptive et pas avec des membres de leur espèce[11]. Pour cette raison, il est “biologiquement normal” que des animaux élevés ensemble ou avec l'homme, par exemple dans une ferme ou un zoo, puissent avoir des interactions sexuelles (voir les photographies ci-contre).

Article détaillé : Comportement de reproduction.

Pour toutes ces raisons, la zoophilie est “biologiquement normale” et ne peut être considérée comme un acte “contre-nature”, une maladie ou un trouble psychologique. Car chez l'être humain, le but du comportement érotique est la recherche des plaisirs sexuels, nouveaux, variés et intenses[12]. Pour les personnes qui ont régulièrement des activités sexuelles avec des animaux, c'est une préférence sexuelle, qui se forme au cours de la vie de la même manière que les préférences olfactives, musicales ou alimentaires.

De plus, autrefois, les êtres humains vivaient en contact étroit avec les animaux (nomades, bergers, cabane avec une seule pièce commune pour les hommes et les animaux …). L'animal était quelque chose d'habituel, de normal et d'intimement connu. La vie commune induisait une familiarisation avec les odeurs, les bruits, les formes et les mouvements des bêtes. La vie commune, en particulier depuis l'enfance, favorisait la formation de liens affectifs avec les animaux, et le caractère attachant des jeunes animaux ainsi que leurs actions volontaires vers les humains stimulaient l'attachement réciproque.

De surcroît, dans certaines sociétés il existe des croyances spirituelles où l'âme se réincarne dans des formes humaines ou animales. Dans certaines croyances magiques, les corps peuvent se transformer d'Homme en animal et vice versa. Dans ces deux cas, l'entité spirituelle – qui est la plus importante, puisqu'elle est l'essence de l'être – reste toujours la même ; ce n'est que l'enveloppe corporelle qui change. Dans ce cadre, l'union sexuelle d'un être humain et d'un animal correspond en fait à l'union d'entité de la même espèce. La zoophilie n'est alors qu'apparence.


Au niveau culturel, la zoophilie est acceptée dans certaines sociétés (indiens Hopi, Eskimo Copper, Kusaians, Masai, Riffians, Fez) [2].

« La zoophilie est relativement commune chez les indiens Hopi. Les hommes ont des relations sexuelles avec des chiens, des chevaux, des ânes, des moutons et même des poules[2]. »

La zoophilie est relativement fréquente dans le monde occidental rural, médiéval[13] et moderne[3].

Enfin, pour encore montrer l'influence du contexte culturel, on observe que dans les sociétés occidentales du XXe siècle il est absolument normal et naturel pour un être humain d'avoir de nombreuses interactions affectives avec un animal domestique : il le soigne, parfois dort avec lui, le promène, parfois l'habille, lui parle, le nourrit de mets parfois coûteux, lui donne des droits juridiques, le défend contre la violence, milite pour le protéger et pour promouvoir son bien-être (même si l'animal finit surtout dans son assiette), parfois lui écrit des poèmes, s'attache à lui, joue avec lui, le caresse et parfois le serre contre lui, c'est-à-dire que l'homme occidental entretient “naturellement” avec l'animal tous les types possibles de relations affectives, sauf uniquement celles qui sont considérées dans sa culture comme “anormales” et “contre-nature” car “sexuelles”.

Toutes ces données éthnologiques, historiques et sociologiques montrent l'influence majeure des scénarios culturels, appris durant l'enfance et l'adolescence, qui indiquent dans chaque société les attitudes et les comportements que chaque personne doit avoir pour chaque type de situation[14].

Aujourd'hui

Les différentes études réalisées par différents spécialistes des mœurs sexuelles (notamment le rapport Kinsey USA 1950 pour les femmes) indique qu'une population d'environ 4% à 7% a eu au moins une fois un rapport sexuel avec un animal aux États-Unis.

En 1969, Linda Lovelace, célèbre actrice pornographique, avait participé au premier film commercial zoophile vendu sur les différents continents.

En 1973, Nancy Friday dans My Secret Garden affichait haut et fort certains fantasmes féminins zoophiles et soulignait que le passage à l'acte est plus courant qu'on pourrait le soupçonner.

En 2001, Marjorie Knoller, avocate à Los Angeles, a été mise en examen : son chien avait tué sa voisine âgée de 33 ans. Les perquisitions menées chez elle ont conduit à la découverte de photos montrant son chien et elle en plein acte : elle a été ouvertement accusée de bestialité.

En 2005, Mr Hands, habitant à Enumclaw, Washington, USA, décède d'une hémorragie interne suite à la perforation du colon du à une relation avec un étalon.

La zoophilie est fréquemment perçue comme un vice, une perversion ou une déviance. Elle fut longtemps considérée comme déviance au même titre que la sodomie. Pour certaines législations actuelles, elle n'est considérée comme illégale que quand elle s'accompagne d'actes de cruauté envers l'animal.

Internet a donné à la zoophilie un essor nouveau qui l'a fait sortir de la clandestinité pour être largement exploitée par une industrie pornographique. Le tabou et l'interdit ont donné à l'industrie pornographique un marché où certaines actrices ne jouent qu'avec des animaux.

Distinction entre zoophilie et bestialité

La bestialité est définie comme « perversion sexuelle, relations avec des animaux »[15]. À savoir qu'il s'agit de personnes dont le seul intérêt est sexuel.

La zoophilie est définie comme « Attachement excessif pour les animaux »[15]. Ici, l'individu porte une telle passion, admiration, pour les animaux qu'il en ressent une attirance sexuelle (mais sans forcément passer à l'acte).

Le zoophile est décrit comme suit : « personne qui manifeste ou relève de l’intérêt, de l'amour pour les animaux »[15].

Certains zoophiles font une distinction très claire entre les zoophiles et les bestialistes, les premiers étant ceux qui aiment les animaux, les seconds étant ceux qui ont des relations sexuelles avec des animaux sans ressentir la moindre attirance émotionnelle envers les animaux.

Certains zoophiles n'ont des relations sexuelles uniquement avec des animaux et ne montrent aucun intérêt pour les humains, ils sont parfois appelés « zoophile exclusif ».

La communauté zoophile

Le sigle ZETA

Il existe une communauté zoophile, et une organisation, le ZETA : Zoophiles for the Ethical Treatment of Animals (en français : Zoophiles pour le Traitement Éthique des Animaux). Elle est symbolisée par la lettre grec Zêta ζ dans un cercle.

La mission principale du ZETA est d'enseigner une distinction définitive entre zoophilie et bestialité, et défier les actes de bestialité par la promotion d'un respect moral dans le traitement des animaux.

Les principes énoncés par le ZETA sont:

  • Accorder aux animaux le même respect que l'on souhaite se voir accorder à soi-même.
  • Considérer qu'un compagnon animal est aussi important que n'importe quel autre.
  • Accepter les désirs et volontés de l'animal pour une satisfaction mutuelle.
  • Renseigner ceux qui cherchent à connaître la zoophilie sans la promouvoir.
  • Décourager la pratique de la zoophilie en présence de chercheurs de fétiche.
  • Censurer l'exploitation sexuelle d'animaux dans un but de gain financier.
  • Censurer ceux qui pratiquent et promeuvent l'abus sexuel sur des animaux.

Législations

En Prusse

Frédéric II, qui n'aimait ni les bêtes ni les femmes, aurait aboli ce crime selon Voltaire :

« Quelques juges de province voulurent faire brûler je ne sais quel pauvre paysan accusé par un prêtre d’une intrigue galante avec son ânesse : on n’exécutait personne sans que le roi eût confirmé la sentence, loi très humaine qui se pratique en Angleterre et dans d’autres pays ; Frédéric écrivit au bas de la sentence qu’il donnait dans ses États liberté de conscience et de v…» Voltaire, Mémoires pour servir à la vie de M de Voltaire, écrits par lui-même (composés en 1759, publiés seulement en 1784.)

En France

Le Code pénal de 1791, promulgué par la Constituante, a aboli les crimes de sodomie et de bestialité, grâce, notamment, aux positions des pénalistes classiques (Beccaria, Bentham…) et de manière totalement conforme à la Déclaration de 1789 que la même Assemblée avait proclamé : la liberté consiste à pouvoir faire tout ce qui ne nuit pas à autrui (art. 4). La laïcisation du droit et la pensée libérale des révolutionnaires a conduit à dépénaliser les comportements homosexuels et zoophiles. Napoléon, dans son Code pénal de 1810, a confirmé cette dépénalisation. Au cours des XIXe et XXe siècle, les juridictions pénales ont pu condamner des actes zoophiles violents, sur le fondement des actes cruels ou des mauvais traitements envers les animaux de compagnie ou apprivoisés.

Jusqu'en mars 2004, aucune loi ne punissait la bestialité sauf dans le cas où l'animal subissait des sévices graves. La loi no 2004-204 du 9 mars 2004 portant adaptation de la justice aux évolutions de la criminalité, ajoute la précision « ou de nature sexuelle » à l'article 521-1 du code pénal :

« Le fait, publiquement ou non, d'exercer des sévices graves ou de nature sexuelle ou de commettre un acte de cruauté envers un animal domestique, ou apprivoisé, ou tenu en captivité, est puni de deux ans d'emprisonnement et de 30 000 euros d'amende. À titre de peine complémentaire, le tribunal peut interdire la détention d'un animal, à titre définitif ou non.

Les dispositions du présent article ne sont pas applicables aux courses de taureaux lorsqu'une tradition locale ininterrompue peut être invoquée. Elles ne sont pas non plus applicables aux combats de coqs dans les localités où une tradition ininterrompue peut être établie.

Est punie des peines prévues au premier alinéa toute création d'un nouveau gallodrome. Est également puni des mêmes peines l'abandon d'un animal domestique, apprivoisé ou tenu en captivité, à l'exception des animaux destinés au repeuplement[16]. »

L'amendement est adopté à l'unanimité tant à l'Assemblée qu'au Sénat[17].

La Cour de cassation a confirmé, le 4 septembre 2007, un arrêt de la chambre correctionnelle de la cour d'appel de Dijon du 27 janvier 2006, condamnant un individu à un an d'emprisonnement avec sursis ainsi que d'une interdiction définitive de détenir un animal[18].

Jurisprudence

La première application de cette loi remonte au 4 septembre 2007 : un homme a été condamné à un an de prison avec sursis, interdiction définitive de posséder un animal et 2000 euros d'amende pour avoir sodomisé son poney.

L'arrêté précise que :

« […] qu'en l'espèce, en violation du principe d'interprétation stricte de la loi pénale, la cour d'appel a déduit l'existence de sévices de nature sexuelle du seul acte de sodomie, sans avoir aucunement constaté la violence, la brutalité ou les mauvais traitements avec lesquels le prévenu aurait commis l'infraction ;

Attendu qu'en déclarant, par les motifs reproduits au moyen, Gérard X… coupable de sévices de nature sexuelle envers un animal, délit prévu par l'article 521-1 du code pénal, dans sa rédaction issue de la loi du 9 mars 2004, la cour d'appel a justifié sa décision ;

Qu'en effet, des actes de pénétration sexuelle commis par une personne sur un animal constituent des sévices de nature sexuelle au sens dudit texte ; […] »

En Suisse

Les articles 135 et 197 du code pénal interdisent la diffusion et la possession (depuis 2001) de pornographie ou de scènes de violence impliquant des animaux.

Au Royaume-Uni

La loi sur les crimes sexuels de 2003 interdit la pénétration du vagin ou de l'anus d'un animal vivant par le pénis d'une personne, cette loi prohibe également l'introduction du pénis d'un animal vivant dans le vagin ou l'anus d'une personne. Les contrevenants peuvent être condamnés à des peines de prison n'excédant pas 2 ans. Texte de cette loi sur le site de l'Office of Public Sector Information: http://www.opsi.gov.uk/acts/acts2003/ukpga_20030042_en_5#pt1-pb18-l1g69

Au Canada

L'article 160(1) du Code Criminel, partie V, interdit la zoophilie en ces termes : « Est coupable soit d'un acte criminel et passible d'un emprisonnement maximal de dix ans, soit d'une infraction punissable sur déclaration de culpabilité par procédure sommaire, quiconque commet un acte de bestialité. »

L'article 160(2) prévoit la même peine pour toute personne qui en force une autre à commettre un acte de bestialité.

L'article 160(3) prévoit la même peine pour une personne qui commet cet acte devant un enfant agé de moins de quatorze ans.

Texte original en français ici

En Espagne

En espagne, aucune loi ne réprimande de manière explicite les actes sexuels zoophiles et il n'existe pas de cas de condamnations. Par contre, il existe des lois contre la maltraitance des animaux.

Mythe et religion

Le cas le plus célèbre de zoophilie dans la mythologie grecque est celui de l'accouplement de Pasiphaé, la femme de Minos, avec un taureau blanc, donnant naissance au Minotaure.

Dans certaines religions, comme la plupart des monothéismes, les relations sexuelles avec les animaux sont prohibées, voire punies de mort. C'est ainsi que l'on trouve dans la Bible, (Lévitique) :

  • §18, L23 : « Tu ne coucheras point avec une bête, pour te souiller avec elle. La femme ne s'approchera point d'une bête, pour se prostituer à elle. C'est une confusion. »
  • §20, L15 : « Si un homme couche avec une bête, il sera puni de mort et vous tuerez la bête. »
  • §21, L16 : « Si une femme s'approche d'une bête, pour se prostituer à elle, tu tueras la femme et la bête ; elles seront mises à mort : leur sang retombera sur elles. »

Dans les médias

  • Le film La ballade de Narayama (1983) contient une scène de zoophilie assez explicite entre un homme et une chienne.
  • Tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur le sexe… sans jamais oser le demander, Woody Allen, (film, 1972). Gene Wilder y joue le rôle d'un psychanalyste amoureux d'une brebis.
  • Juste une fois ! (film, 2006) dans lequel l'héroïne a un secret inavouable : dans sa jeunesse elle a eu un rapport buccogénital avec un chien.
  • Dans le film Black Sheep (film, 2006), une scène d'accouplement entre un homme et une brebis est suggérée.
  • (documentaire, 2007) de Robinson Devor, est un documentaire qui relate l'histoire tragique d'un zoophile américain, connu sous le pseudonyme « Mr Hands », décédé en juillet 2005, suite à une perforation du colon par un étalon arabe. Ce documentaire a été diffusé au Festival de Cannes 2007 au mois de mai.
  • Dans un épisode de la saison 4 de la série Nip/Tuck, une patiente (Shari Noble) s'étant fait arracher les tétons a des relations sexuelles avec son chien, un boxer que son mari abat à la fin de l'épisode pour mettre fin à cette « relation ».
  • Plusieurs épisodes de South Park font allusion à la zoophilie.
  • L'émission Groland a plusieurs fois mis en scène des actes zoophiles simulés.

Notes et références

  1. Zoophilie - Dictionnaire de Psychologie
  2. a , b , c , d  et e FORD Clellan S. , BEACH Frank A. : Patterns of sexual behavior, Methuen & Co, London, 1965.
  3. a , b , c  et d KINSEY Alfred C., POMEROY Wardell B., MARTIN Clyde E. Le comportement sexuel de l'homme, Rayonnement de la pensée, 1948
  4. a  et b (en) AGMO Anders Functional and dysfunctional sexual behavior Elsevier 2007.
  5. Les distinctions entre “comportement sexuel”, “comportement de reproduction” et “comportement érotique” sont expliquées dans les articles Comportement érotique et Comportement de reproduction. Ces expressions ont été proposées par les auteurs Martin Johnson et Barry Everitt dans leur ouvrage Reproduction (De Boeck Université 2001), afin de tenir compte des différences comportementales et neurobiologiques du comportement sexuel entre les espèces. L'ouvrage qui présente le plus de vérifications expérimentales de cette distinction est Functional and dysfunctional sexual behavior du neurobiologiste Anders Agmo.
  6. SIGNORET Jean-Pierre, Sexuel (Comportement), Encyclopædia Universalis. Version électronique 11.0, 2006.
  7. BUVAT J. : Hormones et comportement sexuel de l'Homme : données physiologiques et physiopathologiques, Contracept. Fertil. Sex., 24/10:767-778, 1996
  8. ZHANG J. , WEBB D. M. Evolutionary deterioration of the vomeronasal pheromone transduction pathway in catarrhine primates, Proceedings of the National Academy of Sciences of the United States of America, 100(14):8337-8341, 2003
  9. FOIDART A. , LEGROS J.J. , BALTHAZART J. : Les phéromones humaines : vestige animal ou réalité non reconnue, Revue médicale de Liège, 49/12:662-680, 1994
  10. (fr) WUNSCH Serge, Thèse de doctorat sur le comportement sexuel [pdf] EPHE-Sorbonne, Paris, 2007.
  11. KENDRICK K. M. , HINTON M. R. , ATKINS K. , HAUPT M. A. , SKINNER J. D. Mothers determine sexual preferences, Nature, 395(6699):229-230, 1998
  12. Philippe Brenot, Serge Wunsch. Neurobiology of pleasure, Sexologies, 13(50):17-27, 2004
  13. LEVER Maurice, Les bûchers de Sodome, Fayard 10/18, 1996
  14. GAGNON John. Les scripts de la sexualité. Essais sur les origines culturelles du désir. Payot, 2008
  15. a , b  et c Dictionnaire Larousse, ed. 2005
  16. Loi nº 94-653 du 29 juillet 1994 art. 9 Journal Officiel du 30 juillet 1994 Loi nº 99-5 du 6 janvier 1999 art. 22 Journal Officiel du 7 janvier 1999) Ordonnance nº 2000-916 du 19 septembre 2000 art. 3 Journal Officiel du 22 septembre 2000 en vigueur le 1er janvier 2002 Loi n° 2004-204 du 9 mars 2004 Journal Officiel du 10 mars 2004
  17. ompte-rendu de séance, sur le site de l'Assemblée nationale : http://www.assemblee-nationale.fr/12/cri/2003-2004/20040081.asp#PG7
  18. Cour de cassation, chambre criminelle, audience publique du 4 septembre 2007, N° de pourvoi : 06-82785

Bibliographie

  • Rolland Villeneuve, Le Musée De La Bestialité, France, 1973
  • Marian Engel, Bear, Canada, 1976
  • Alain Dubois, Code criminel annoté, Canada, 2005

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