Port de pêche de Keroman


Port de pêche de Keroman
Port de pêche de Keroman

Vue du port de pêche de Keroman
Vue du port de pêche de Keroman

Présentation
Type Port de pêche
Construction Années 1920
Statut Société d'économie mixte
Tirant d'eau 8 mètres
Activités Pêche au large, pêche côtière, petite pêche, réparation navale
Superficie environ 10 hectares
Flotte de pêche 118 navires (2010)
Tonnage pêché 26 038 tonnes (2010)
Equipement Criées, unités de lavage, glacières, élévateur 650 tonnes.
Géographie
Latitude
Longitude
47° 43′ 48″ Nord
       3° 21′ 54″ Ouest
/ 47.730062, -3.365048
 
Pays Drapeau de France France
Commune Lorient
Localisation

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Port de pêche de Keroman
Port - Port par pays

Le port de pêche de Keroman est un port de pêche français situé à Lorient dans le quartier du même nom. Propriété de la région Bretagne, il est géré par une société d'économie mixte dont Cap l'Orient agglomération est l'actionnaire majoritaire. C'est le deuxième port de pêche français en termes de volume de pêche[n 1].

Il est construit à partir des années 1920 dans le cadre de la loi dite des 200 millions qui vise alors à développer la flotte de pêche française. Son développement connaît cependant un coup d'arrêt avec l'arrivée de la Seconde Guerre mondiale et la construction de la base sous-marine de Lorient à proximité. Il reprend son essor après la guerre, mais connaît plusieurs crises successives de la fin des années 1970 jusqu'à la fin des années 1990.

Ses activités se concentrent autour de la pêche et de la transformation des produits de la mer. La flotte du port exerce de la zone côtière lorientaise jusqu'aux mers du nord de l’Écosse. La construction et la réparation navales sont également présentes sur le site, ainsi que des activités de services. Enfin, le site est aussi utilisé ponctuellement pour des activités culturelles, comme la « Nuit du port de pêche » du festival interceltique de Lorient.

Sommaire

Histoire

La pêche à Lorient avant Keroman

Les activités portuaires de la ville de Lorient connaissent d'importants développements pendant la deuxième moitié du XIXe siècle, alimentés par les chantiers de construction navale de la ville, les plus modernes de l'époque en France[n 2],[1]. Celles-ci entraînent le développement des importations de charbon par bateau depuis le Pays de Galles pour permettre le fonctionnement des installations de la ville[2], et la construction de nouveaux quais pour accueillir une flotte grandissante s'effectue progressivement à cette époque. Dans le même temps, la ville est reliée au réseau de chemins de fer dès 1862[1].

Le secteur de la pêche se structure dans la ville à la même époque. Les pêcheurs de la rade de Lorient obtiennent en 1856 la création d'une « agence pour la vente du poisson » qui prend place dans les halles centrales de la ville, sur le modèle de ce qui se fait dans d'autres ports de pêche français comme Bordeaux ou La Rochelle[3]. En 1888, une criée est construite sur le contre quai du port de commerce[4] qui est reliée aux chemins de fer en 1906[5].

Marchandes de poisson à Lorient à la fin des années 1910.

Alors que la nature de cette activité poursuit son évolution, la généralisation de l'appertisation permet le développement de la pêche à la sardine le long des côtes bretonnes à partir de 1824. Un phénomène de surpêche alimentée par la multiplication des usines de conserves entraîne alors plusieurs crises dans cette activité, comme de 1880 à 1887, ou de 1902 à 1908. Les chasse-marées de l'île de Groix commencent à la même époque à vendre leurs pêches sur les marchés plus rémunérateurs du sud de la côte atlantique de la France, d'où ils ramènent des techniques de pêche au thon germon. Cette pêche exige de s'aventurer plus loin des côtes, et donc des bateaux plus puissants et plus solides[6]. Le premier chalutier à vapeur apparaît en 1900, et dès 1909, le trafic lorientais égale celui des trois ports de Douarnenez, Pont-l'Abbé et Concarneau réunis[7].

Le développement connaît un coup d'arrêt avec la Première Guerre mondiale lorsque les chalutiers sont réquisitionnés par l'armée[8], ce qui permet aux réserves halieutiques de se reconstituer. La flotte grandissante de chalutiers à vapeur nécessite la création d'emplois industriels et commerciaux, et le regroupement géographique de ces activités devient nécessaire[9].

Genèse et construction

Le port en construction.

Le député du Morbihan et ancien maire de Lorient Louis Nail envisage à la fin des années 1910 la création d'un port de pêche moderne dans la ville, sur la pointe de La Perrière, et entre alors en contact avec l'ingénieur Henri Verrière en 1918[10]. La flotte de plus en plus importante des chalutiers occupe de plus en plus de place, ce qui perturbe les activités du port de commerce et du port militaire[11]. Le projet de Verrière prévoit l’aménagement de l'anse de Keroman avec 1 530 mètres de quais, un plan d'eau de 7,90 hectares, ainsi que plusieurs bâtiments[12] et un môle à charbon[13].

Le gouvernement français par le biais de Fernand Bouisson, alors haut-commissaire de la marine marchande, étudie le développement de la flotte de pêche nationale. Un premier projet de loi est présenté en novembre 1918, ce qui permet d'obtenir début 1919 une première ligne de crédit de 40 millions de francs. La loi dite des 200 millions est finalement votée, puis promulguée le 19 juin 1920[14]. Sur cette somme, Henri Verrière obtient un financement de plus de 30 millions de francs de la part de l'État[12], et les travaux ont lieu de 1919 à 1927[15].

L'usine frigorifique en construction en 1920.

Dans le même temps un projet d'usine frigorifique est mené, afin de permettre aux chalutiers de conserver leurs pêches fraîches plus longtemps et d’étendre la zone de commercialisation de celles-ci, et en 1919 les travaux sont lancés pour un coût de 8,6 millions de francs, pour une inauguration en 1922[16].

L'inauguration officielle a lieu le 17 juillet 1927[17], et la concession est accordée à la société du port de pêche de Lorient pour une durée de 60 ans[18]. Les travaux continuent avec la mise en chantier en 1928 d'un slipway en étoile. Il entre en fonction en 1932[19].

Développement jusqu'à la guerre

Ces travaux permettent d'augmenter de 50 % le volume de poissons pêchés de 1926 à 1939[20], plus particulièrement de 1928 à 1931, période pendant laquelle le volume pêché passe de 15 800 tonnes à 23 000 tonnes. Cependant, les activités subissent à la même époque les effets de plusieurs crises. La surpêche fait baisser le rendement des bateaux, ce qui oblige ceux-ci à s'aventurer de plus en plus loin ; par exemple le rendement par voyage étant divisé par trois pour le merlu en 1900 et 1930. La consommation ne suit pas l'évolution de la production, et les prix baissent : le prix du kilo de colin passe ainsi de 3,03 francs en 1930 à 2,14 francs en 1935. Dans le même temps, les charges d'exploitation progressent, notamment en raison de la crise du charbon en Angleterre de 1926, ou aux dévaluations du francs[21]. Les conserveries sont aussi touchées par la crise et ont du mal à écouler leur production[20].

La crise est surmontée de plusieurs manières. La flotte s'équipe peu à peu avec des moteurs à essence, plus économiques que ceux à charbon : de 1930 à 1939, ils passent de 3 % à 29 % du tonnage de la flotte lorientaise. Des dispositions législatives et réglementaires permettent aussi d'aider les pêcheurs[22].

Seconde Guerre mondiale

La base sous-marine de Lorient construite pendant la Seconde Guerre mondiale condamne les projets de développement du port.

Le port de pêche de Keroman est touché à différents niveaux par la guerre. Des chalutiers sont réquisitionnés à partir d'août 1940, et plusieurs autres navires trouvent refuge dans des ports moins exposés comme Auray ou La Trinité-sur-Mer. À partir de 1943, les activités du port sont complètement arrêtées[23]. Au total, 47 % du tonnage des chalutiers de Lorient est perdu pendant la guerre[24].

Le port voit aussi apparaître dans son voisinage immédiat le chantier de construction de la base sous-marine de Lorient par l'occupant, ce qui transforme la zone en cible prioritaire pour les bombardements alliés. Les premières bombes touchent le port les 14 et 27 septembre 1940, et celui-ci est durement touché par une série de raids aériens les 18 et 22 novembre 1942. La ville est quant à elle presque totalement détruite entre les 15 janvier et 23 février 1943[23].

La morphologie du port connaît par la même occasion une évolution décisive. Les terrains occupés par la base sous-marine doivent à l'origine servir d'extension au port, et l'édification de celle-ci met fin aux projets de Verrière. L'occupant reconfigure le slipway pour permettre à celui-ci d'accueillir des navires plus importants, et deux dom-bunkers sont construits dans son périmètre[23].

La reddition tardive de la poche de Lorient repousse d'autant la réouverture du port. Le 14 août 1945, l'ordonnance portant sur la réorganisation des pêches maritimes est promulguée[23]. Vers la fin de la même année, pendant que les premières pinasses commencent à débarquer du poisson à Keroman alors que les plus gros chalutiers restent à Concarneau, les 34 premiers dossiers de dommages de guerre sont déposés[25].

Après-guerre

La concession du port se retrouve amputée de vingt hectares suite à la construction de la base de sous-marins. Les travaux de reconstruction commencent le 16 juin 1946, et le gros des travaux de remise en état est achevé à la mi-1951[26]. La flotte se reconstitue via la mise en place d'un comptoir de reconstruction géré par les armateurs qui commandent en série de nouveaux chalutiers grâce aux dommages de guerre perçus, auxquels peut s'ajouter une soulte. De 1945 à 1953, 464 dossiers de financement sont déposés dans ce cadre dans le quartier maritime de Lorient[27]. La concession du port est par ailleurs rachetée par l'État en 1973 et confiée à la chambre de commerce et d'industrie du Morbihan[28].

Les infrastructures se développent pendant cette période. Le bassin long voit s'ajouter 130 mètres de criée en 1952, puis 50 mètres de plus en 1957, 75 mètres de plus en 1959, et 75 mètres de plus en 1962. Le slipway connait plusieurs ajouts : un quatrième garage est ouvert en 1958, et deux autres suivent en 1962. Les équipements sont modernisés : une première chaîne de débarquement avec tapis-roulant ouvre en 1956, une poutre de déchargement avec bacs en aluminium est installée en 1959, un convoyeur aérien de glace avec deux postes de déchargement est mis en place en 1960, et un portique de déchargement est installé en 1972[29].

D'autres évènements concourent au développement du port. La flotte de pêche d'Étel, ainsi que les artisans d'autres ports de la rade s'installent à Keroman. Le transport des produits de la marée par camion se développe au détriment du rail : de 1947 à 1972, la part du transport routier passe de 12 % à 78 %[30].

Le port doit aussi faire face à plusieurs crises successives. Les naufrages dans les zones de pêche lorientaises du Torrey Canyon en 1959[31], de l’Olympic Bravery et du Boehlen en 1976, de l’Amoco Cadiz en 1978 et enfin celui du Tanio en 1980 ont un impact négatif sur les pêches[32]. L'accroissement du prix du combustible consécutif du choc pétrolier de 1973 ainsi que la dépression qui s’ensuit touchent le port à un moment où celui-ci est engagé dans des dépenses de modernisation de sa flotte[33].

Développements récents

L'ancienne usine frigorifique, vouée à la destruction.

Le cadre des pêches évolue avec la mise en place progressive de plusieurs politiques européennes. La zone exclusive de pêche est étendue à 200 milles en 1977. La politique commune de la pêche est instaurée en 1983 avec la même année le premier règlement sur les quotas. En 1987, l'arrondissement de Lorient est classée par la CEE en zone sensible et bénéficie d'une aide pour les navires de plus de 33 mètres[34].

Des investissements de modernisation sont entrepris par la Chambre de commerce et d'industrie du Morbihan, et 184 millions de francs sont dépensés de 1973 à 1986[35], puis 125 millions de plus de 1988 à 1990[36]. Ces investissements s'avèrent insuffisants pour surmonter une crise provoquée par la surpêche, et en 1994 une société d'économie mixte reprend la gestion du port[37]. Plusieurs vagues d'investissements suivent : 20 millions d'euros sont investis pour la période 2006-2013[38].

Le quartier entourant le port de pêche voit apparaître un projet de réaménagement urbain au début des années 2010. Il prévoit à terme la destruction de la glacière construite au début de l'histoire du port[39].

Infrastructures

Gestion

Locaux de la société d'économie mixte de Lorient-Keroman.

Le port est la propriété de la région Bretagne depuis 2007, date à laquelle l'État a transféré la propriété à cette dernière[40]. Il représente un espace de 55 hectares[41].

La concession de l'ensemble est détenue par la société d'économie mixte de Lorient-Keroman dont Cap l'Orient agglomération est l’actionnaire majoritaire[40]. Celle-ci prend la suite de la Chambre de commerce et d'industrie du Morbihan qui lui cède cette activité en 1994[37]. La gestion du port est sous-traitée à la Compagnie d’exploitation du port qui est une filiale à 100 % de Veolia[42].

Installations

Quais et bassins

Le bassin long.

Deux bassins équipent l'ensemble portuaire, et représentent environ 10 hectares[43]. Ceux-ci ne sont pas soumis aux contraintes de marée et peuvent accueillir les navires quel que soit le moment ou l'ampleur de la marée[44]. Le grand bassin est orienté est-ouest, et dispose d'une profondeur de 4 mètres. Il est séparé de la rade de Lorient par un môle qui permet l'accostage sur 345 mètres de navires ayant jusqu'à 8 mètres de tirant d'eau. Le bassin long est orienté nord-sud et dispose à son extrémité d'un accès pour l'ascenseur à bateaux[45].

L'ensemble compte par ailleurs près de 1 850 mètres de quais[43]. Ceux-ci sont spécialisés dans l'accueil de plusieurs types de bateaux. Le « quai du Pourquoi Pas », dans le bassin long et situé sur la longueur nord de la presqu'île de Keroman, dispose ainsi de 165 mètres de pontons dédiés à l'accueil des bateaux de la pêche artisanale[46].

Vente du poisson

Trois criées sont présentes dans le port, et sont chacune spécialisées dans un type de produit particulier. La criée no 2 est dédiée aux produits hauturiers, et est en pleine exploitation de 20 heures à 2 heures du matin. La criée no 3 est dédiée à la vente côtière, et traite près de 5 000 tonnes par an. Elle est active à partir de 4 heures le matin. La salle Verrière est située entre les criées no 1 et 2, et est spécialisée dans la vente de produits hauturiers. Elle est dotée des équipements informatiques les plus modernes du port[47].

L'ensemble portuaire dispose par ailleurs de la plus grande gare de marée de l'Ouest de la France qui dispose de 36 portes pour les gros porteurs, et qui est utilisée pour ravitailler le port en produits bruts, ainsi que transporter les produits du port jusqu'aux villes de Paris, de Lyon, ou de Bordeaux[44].

Fourniture aux bateaux

La criée no 1 n'est plus utilisée pour la vente, mais abrite l'unité de lavage des contenants du port, comme les caisses de criée ou les palettes plastiques. Elle lave chaque année environ 1,5 million de caisses et 18 000 conteneurs[47].

Plusieurs glacières sont présentes dans l'ensemble portuaire. Une est dédiée aux navires, une autre aux mareyeurs, et trois plus petites aux poissonniers. La plus importante de ces glacières est celle qui alimente les navires de pêche. Située sur le môle sud-est, celle-ci produit quotidiennement 50 tonnes de glace en paillettes, et dispose d'une capacité de stockage de 150 tonnes.

Réparation navale

L’élévateur à bateaux.

Le port dispose d'une aire totale de 24 000 mètres carrés dédiée à la réparation navale. Sur celle-ci, 11 500 mètres carrés sont dédiés aux bateaux jusqu'à 650 tonnes, 5 000 mètres carrés sont dédiés aux bateaux jusqu'à 250 tonnes, et 7 500 mètres carrés sont dédiés aux bateaux jusqu'à 150 tonnes[47]. Au total, 20 bateaux peuvent être accueillis en même temps[48].

Depuis 2002, l'ensemble est équipé du plus puissant élévateur à bateaux d'Europe qui peut déplacer des bateaux jusqu'à 650 tonnes. Remplaçant le slipway dont était équipé le port, il hisse, par an, plus de 250 navires — longs de 10 à 60 mètres et de tout type — sur les terre-pleins[47].

Un bâtiment d'accueil construit en 2007 est à disposition des différentes entreprises qui travaillent avec ces outils, comme celles liées à la mécanique, à la chaudronnerie, à l'hydraulique, ou à d'autres activités de ce type[47].

Activités

Le port de pêche de Keroman représente 3 000 emplois directs, pour 270 entreprises[41]. Il génère, sur l'ensemble de l'agglomération lorientaise, un total de 13 000 emplois[49].

Pêche

Typologie

En 2010, 26 038 tonnes sont vendues sous criée[41], pour un chiffre d'affaires total de 71,82 millions d'euros[50]. Les dix premières espèces présentes sont par ordre croissant de volume, le lieu noir, le merlu, la lingue franche, la baudroie, le sabre, le grenadier, la lingue bleue, le congre, la langoustine vivante et le thon. En valeur, la langoustine prend la première place. La flotte du port se compose de 118 navires, dont 25 spécialisés dans la pêche au large, 51 dans la pêche côtière, et 42 dans la petite pêche[41]. Ils utilisent pour 50 % d'entre eux le chalut, l’autre moitié utilisant des filets, des casiers, ou des palangres[51].

Chalutier de l'armement Scapêche dans le port en juillet 2006.

La flotte de la pêche au large compte, en 2010, 25 navires[41] qui mesurent entre 30 et 45 mètres. Ils vont pêcher dans une zone qui s'étend de la mer Celtique jusqu'au nord de l'Écosse pour les navires de la Scapêche, et certains armements indépendants, deux grands fileyeurs et un hautier, vont pêcher la sole dans le golfe de Gascogne[52].

La flotte compte une quinzaine de fileyeurs, d'une douzaine de mètres, qui partent pour des campagne de pêche d'une journée, sortant entre trois heures du matin et le milieu de l'après-midi. Ils pêchent principalement des espèce comme la sole, la lotte, le merlu, le rouget ou encore l'araignée de mer. Leur zone de pêche s'étend de Doëlan (à l'ouest) à Quiberon (à l'est). Pendant les campagnes hivernales, le périmètre peut être étendu un peu plus au large en restant pour la nuit à Belle-Ile[52].

La flotte de langoustiers compte 35 unités qui mesurent entre 12 et 18 mètres. Les campagnes de pêche durent aussi le temps de la journée, et s'étendent dans une zone partant de trois milles au sud de Groix jusqu'à 60 milles au sud. Au delà de cette zone, des navires espagnols, qui viennent ensuite décharger à Lorient, prennent le relais. Cette flotte lorientaise pêche aussi d'autres espèces comme le merlu, la sole ou la lotte[52].

La soixantaine d’autres navires a une activité plus polyvalente, pêchant selon la saison à la ligne, au casier, au filet ou à la drague avec des lieux d'exercice plus diverse. À ceux-ci s'ajoutent 130 pêcheurs professionnels à pied[52].

Évolutions du volume de pêche

Évolution du volume de pêche en tonne

Années 1928[21] 1931[21] 1939[53] 1945[54] 1952[55] 1963[55] 1972[56] 1974[55]
Population 15 800 23 000 33 066 1 432 35 800 74 400 62 914 78 100
Années 1982[57] 1986[58] 2002[59] 2003[59] 2004[59] 2005[59] 2006[59] 2007[59]
Population 65 036 69 444 26 258 27 349 26 788 27 211 23 422 22 327
Années 2008[59] 2009[59] 2010[41] - - - - -
Population 18 913 22 106 26 038 - - - - -

Transformation

Le secteur de la transformation venant du port de Keroman ou d'autres ports de pêche de la région traite 100 000 tonnes de poissons par an[40]. Depuis 1993, la cellule commerciale du port fait venir du poisson par camion, en provenance principalement d'Écosse et d'Irlande[n 3] pour compléter les prises lorientaises[60].

La production concerne 25 entreprises actives sur le site[41]. La grande distribution permet d'écouler 60 % de leurs productions, suivie par les grossistes et les restaurants qui écoulent chacun 15 % de la production, puis des poissonneries et de la vente directe qui représentent chacun 5 % des débouchés de celle-ci[61]. Au-delà du site, d'autres entreprises de transformation sont aussi implantées, comme le Japonais Nippon Suisan Kaisha implanté dans la ville voisine de Kervignac[62].

Réparations et constructions

En 2009, l'aire de réparation navale connaît 273 mouvements de bateaux pour des opérations de réparation. Parmi ceux-ci, 40 % concernent des navires de pêche, 20 % des navires de plaisance, 19 % des bateaux de passagers ; les caboteurs, les navires militaires, et les pontons brise-clapot comptent, chacun, pour 5 % des opérations du site[63].

Des chantiers de construction utilisent fréquemment le site, pour la réalisation de bateaux de course[64] et de croisière[65], la fabrication de brise-clapots destinés aux ports de la rade de Lorient ou d'autres ports de la région, ou encore pour des commandes plus spécifiques telle celle d'une porte-écluse pour le port de Vannes[66].

Activités culturelles

Plusieurs activités culturelles sont organisées par le port. Un week-end de fête nommé « Keroman Port en fête » est organisé chaque fin juin qui consiste en des ateliers de découverte des activités du lieu[67], ou encore des concerts[68].

Plusieurs événements du Festival interceltique de Lorient sont organisés sur ce site. Une cotriade est organisée au début de celui-ci et marque traditionnellement son début[69]. Le second week-end de ce festival, une série de concerts appelée « Nuit du port de pêche » est aussi organisé sur l'espace du slipway, ainsi qu’une fête sur l'avenue de la Perrière[70]. D'autres concerts peuvent aussi être ponctuellement organisés pendant le festival sur ce site, comme celui de Texas en 2011[71].

Enfin, le port de pêche de Keroman sert d'inspiration pour des chansons ou des répertoires d'artistes, comme ceux de Michel Tonnerre[72], ou de Soldat Louis[73],[74].

Concert sur le slipway du port lors de l'édition de 2009 du festival interceltique de Lorient.

Notes et références

Notes

  1. Le premier étant celui de Boulogne-sur-Mer.
  2. La Pomone est la première frégate à hélice française, et sort des chantiers lorientais en 1848, suivie de la Couronne, première frégate cuirassée française qui sort des chantiers lorientais en 1861.
  3. Le poisson est débarqué dans des ports du nord de la Bretagne puis acheminé par camion jusqu'à Lorient.

Références

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  2. Claude Nières 1988, p. 210
  3. François Frey 1987, p. 9
  4. Claude Nières 1988, p. 92
  5. Claude Nières 1988, p. 212
  6. François Frey 1987, p. 10
  7. Louis Chaumeil 1939, p. 81
  8. Claude Nières 1988, p. 213
  9. François Frey 1987, p. 16
  10. François Frey 1987, p. 17
  11. François Frey 1987, p. 25
  12. a et b Claude Nières 1988, p. 216
  13. François Frey 1987, p. 41
  14. François Frey 1987, p. 24
  15. Claude Nières 1988, p. 217
  16. François Frey 1987, p. 22
  17. François Frey 1987, p. 39
  18. François Frey 1987, p. 36
  19. François Frey 1987, p. 45
  20. a et b Claude Nières 1988, p. 219
  21. a, b et c François Frey 1987, p. 46
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  23. a, b, c et d François Frey 1987, p. 56
  24. François Frey 1987, p. 60
  25. François Frey 1987, p. 57
  26. François Frey 1987, p. 67
  27. François Frey 1987, p. 69
  28. François Frey 1987, p. 77
  29. François Frey 1987, p. 68
  30. François Frey 1987, p. 64
  31. François Frey 1987, p. 66
  32. François Frey 1987, p. 84
  33. François Frey 1987, p. 87
  34. François Frey 1987, p. 97
  35. François Frey 1987, p. 101
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Bibliographie

Ouvrage utilisé pour la rédaction de l'article : Ouvrage utilisé comme source pour la rédaction de cet article

Livres
  • Claude Nières, Histoire de Lorient, Toulouse, Privat, 1988, 319 p. (ISBN 2-7089-8268-0) Ouvrage utilisé pour la rédaction de l'article
  • François Frey, 60ème anniversaire du port de pêche de Lorient-Kéroman: 1927-1987, Lorient, Chambre de commerce et d'industrie du Morbihan, 1987, 107 p. (ISBN 2900770041) Ouvrage utilisé pour la rédaction de l'article
Articles
  • Frederico J. Martinez-Roda, « L'ensemble portuaire de Lorient », dans Norois, no 119, juillet-septembre 1983, p. 407-420 [texte intégral] Ouvrage utilisé pour la rédaction de l'article
  • Fournet Philipponneau, « Lorient, port de pêche industrielle », dans Norois, no 102, avril-juin 1979, p. 193-207 [texte intégral] 
  • Jeannine Le Coz, « Un exemple d'attraction de main-d'œuvre maritime et rurale par la ville : l'agglomération lorientaise », dans Norois, no 38, avril-juin 1963, p. 178-184 [texte intégral] 
  • C. Robert-Muller, « Le nouveau port de pêche de Lorient. Chalutage et charbon. », dans Annales de Géographie, vol. 36, no 201, 1927, p. 193-212 [texte intégral] 

Annexes

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