Médios de Larissa

Médios de Larissa

Médios ou Médeios de Larissa (en grec ancien Mηδιoς / Mèdios) est un Compagnon (hétaire) d’Alexandre le Grand et un amiral d'Antigone le Borgne durant les guerres des diadoques (IVe siècle av. J.‑C.). Il semble avoir bénéficié d'une place de faveur à la fin du règne d'Alexandre ; c’est lui qui organise le dernier banquet du roi à Babylone en mai -323.

Sommaire

Carrière sous Alexandre

Fils d'Oxythémis, il appartient à la famille princière de Larissa en Thessalie. Il est mentionné parmi les triérarques de la flotte descendant la vallée de l’Indus en -326[1], signe de sa fortune et de son rang. C’est l’unique mention de lui dans le cadre d'une opération militaire.

Au titre de Compagnon du roi (hétaire), il apparaît être à la cour l’un des Grecs (non macédoniens) de plus haut rang avec Eumène de Cardia, Néarque et Onésicrite. Plutarque le présente comme un sycophante et un adepte de beuveries[2] ; d'après le moraliste, Médios est « pour ainsi dire, le maître et le coryphée sophiste du chœur des flatteurs entourant Alexandre (…) »[3].

Le dernier banquet d'Alexandre

Cet épisode est connu grâce aux Éphémérides royales (tenues par Eumène de Cardia) dont Plutarque et Arrien se font l’écho[4]. À Babylone, les 30 et 31 mai -323, il reçoit dans sa demeure Alexandre et offre un banquet dionysiaque (ou Komos). Le roi tombe malade le lendemain et meurt le 10 juin.

Les auteurs de la Vulgate d'Alexandre se font l'écho d'une rumeur qui accuse à partir de -317 les fils d'Antipater d'avoir empoisonné Alexandre lors du banquet offert par Médios[5]. Cette rumeur aurait été reprise par Clitarque, historien contemporain des diadoques, dont l'œuvre inspire en droite ligne les auteurs de la Vulgate qui font eux part de cette théorie de l'empoisonnement mais sans véritablement la cautionner. Cette rumeur est en tout cas contestée par Arrien et Plutarque qui l'a considère comme une invention d'Olympias[6].

Agissant sur ordre d'Antipater qui entend conserver la régence de Macédoine, Cassandre aurait donc confié le poison à son jeune frère, Iolas, échanson du roi. Celui-ci aurait chargé son complice et amant, Médios, de faire boire le poison à Alexandre. Plutarque écrit, sans y croire, que la rumeur accuse Aristote, dont le neveu Callisthène a été exécuté, de s'être procuré le poison[7]. On peut déjà objecter que Médios apparaît être un ami proche du roi[8]. En outre, Plutarque affirme clairement que cette rumeur a été propagée par Olympias à partir de -317 au moment où la reine-mère, qui entend bafouer la mémoire des Antipatrides, fait profaner la tombe de Iolas, récemment mort[7].

Durant les guerres des diadoques

Après la mort d'Alexandre, il suit la fortune d'Antigone le Borgne. En -314 il vainc la flotte des Pydnéens qui ont pris le parti de Cassandre. Puis en -313, il occupe Milet au dépend d'Asandros, satrape de Carie dont la cité dépend, alors qu'Antigone a promis la liberté aux cités grecques. L'année suivante, il défait la flotte de Cassandre à Oraioi sur l'île d'Eubée. Il débarque ensuite avec une flotte de 150 navires en Béotie alors sous la domination de Ptolémée[9]. Après quoi il retourne en Asie auprès d’Antigone. Lors de la bataille de Salamine de Chypre (-306), il commande l'aile gauche de la flotte de Démétrios[10]. Il semble aussi avoir accompagné Antigone dans son expédition infructueuse contre l'Égypte ptolémaïque la même année ; après ces épisodes, nous n’avons plus trace de lui.

Il est cité par Strabon à propos d'une description de l'Arménie d'une manière qui amène à penser qu'il aurait pu mener quelques travaux historiques[11], pour autant nous ne trouvons aucune autre mention de lui en tant qu'historien.

Notes et références

  1. Arrien, Indica, 18. Il convient de ne pas confondre la triérarchie avec le commandement d'une trière.
  2. Plutarque, Œuvres morales [détail des éditions] [lire en ligne], 24.
  3. Plutarque, Du flatteur et de l’ami, 65 C-D.
  4. Plutarque, Vies parallèles [détail des éditions] [lire en ligne], Vie d'Alexandre, 76 ; Arrien, Anabase, VII, 25.
  5. Diodore de Sicile, Bibliothèque historique [détail des éditions] [lire en ligne], XVII, 118, 1-2 ; Justin, Abrégé des Histoires philippiques de Trogue Pompée [détail des éditions] [lire en ligne], XII, 13 ; Quinte-Curce Histoire d'Alexandre, X, 10, 14-18.
  6. Arrien, Anabase, VII, 27, 1-2 ; Plutarque, Vies parallèles [détail des éditions] [lire en ligne], Vie d'Alexandre, 77, 1-3.
  7. a et b Plutarque, Vies parallèles [détail des éditions] [lire en ligne], Vie d'Alexandre, 81.
  8. Arrien, Anabase, VII, 25, 4.
  9. Diodore de Sicile, Bibliothèque historique [détail des éditions] [lire en ligne], XIX, 75-77.
  10. Diodore de Sicile, Bibliothèque historique [détail des éditions] [lire en ligne], XX, 50, 3.
  11. Strabon, Géographie, XI, 14 ; trad. Amédée Tardieu, 1867 [lire en ligne].

Bibliographie

  • P. Bernard, « Médeios, l’homme d’action et l’historien » dans « Les origines thessaliennes de l’Arménie », Topoi, supp. 1, 1997, p. 133-136.
  • Paul Faure, Alexandre, Fayard, 1985.
  • (en) Prosopography of Antigonos's Friends and Subordinates" in R.A Billows, Antigonos the One-Eyed and the creation of Hellenistic State, University of California Press, 1990, n°68, p. 400

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Contenu soumis à la licence CC-BY-SA. Source : Article Médios de Larissa de Wikipédia en français (auteurs)


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