Mycoplasma


Mycoplasma
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 Mycoplasma (Spiroplasma,bactérie motile caractérisé par une forme hélicoïdale)
Mycoplasma (Spiroplasma,
bactérie motile caractérisé
par une forme hélicoïdale)
Classification
Règne Bacteria
Division Firmicutes
Classe Mollicutes
Ordre Mycoplasmatales
Famille Mycoplasmataceae
Genre
Mycoplasma
 ?Nowak, 1929

Le mot mycoplasme désigne théoriquement uniquement un genre bactérien : Mycoplasma qui ne produit pas de paroi cellulaire[1] et qui sont donc insensibles aux familles antibiotiques ciblant les parois cellulaires (pénicilline ou Bêta-lactame).

Ce genre contient plus de 100 espèces des bactéries qui sont parasites ou saprotrophes (commensales chez certaines espèces) appartenant à la famille des Mycoplasmataceae, à l'ordre des Mycoplasmatales et à la classe des Mollicutes.
Le mot mycoplasme a cependant autrefois improprement désigné d'autre espèces de Mollicutes ; c'est une source possible de confusion dans la littérature. L'étude de ce genre est la mycoplasmologie (mycoplasmology pour les anglophones).

Les maladies sexuellement transmissibles bactériennes à Mycoplasma (dues à Mycoplasma genitalium ou Ureaplasma urealyticum n'ont été que relativement récemment identifiées, dans les années 1980. Elles semblent en plein développement, chez l'Homme et la femme. Mycoplasma a surpassé Neisseria gonorrhoeae comme cause de MST chez les jeunes adultes nord-américains et Ureaplasma est la première cause d'uréthrites non induites par gonocoques et chlamydia. Comme les mycoplasmes étaient autrefois difficiles à identifier ou non-identifiés, il reste difficile de savoir s'il s'agit d'une maladie émergente.

La petite taille de cette bactérie (moins de 1 µm) et de son génome intéressent les généticiens. C'est à partir de Mycoplasma genitalium qu'a été fabriquée, en 2007, Mycoplasma laboratorium, la premières bactérie construite par génie génétique autour d'un chromosome de synthèse (chromosome artificiel bactérien)[2].

Sommaire

Histoire de leur classification

Le classement des Mollicutes a toujours été difficile. Ces bactéries sont minuscules, parasites, et ne peuvent être cultivées que sur des substrats spéciaux. Longtemps, on n'a pas même su isoler la plupart de ces espèces. De plus le premier classement général proposé par les bactéries (gram + ou -) était basé sur la réaction de la paroi à un colorant, or ces bactéries ne produisent pas de vraie paroi et ne réagissent donc pas à ce colorant.

Ceci explique qu'initialement on ignorait s'il s'agissait de champignons, des bactéries voire de virus. Leur ressemblance avec des L-formes est source de confusion. Les progrès de la génétique ont permis d'éclaircir leur position phylogénétique, qui reste encore à préciser.
Au début, tous les membres de la classe des Mollicutes étaient généralement nommée «mycoplasmes» ou «péripneumonie-Like organisme» (PPLO) pour les anglophones, puis on a découvert de nouvelles bactéries appartenant aux Mollicutes, autres que celles de l'espèce Mycoplasma.

  • En 1898, une première espèce de Mycoplasma/Mollicutes est isolée et cultivée par Nocard et Roux[3].
  • En 1956 D.G. Edward et É.A. Freundt font une première proposition pour la classification, avec la désignation PPLO, mais ils sont encore indécis su l'appartenance aux procaryotes (en 1956, dites « schizomycètes ») ou aux eucaryotes. Comme nom d'espèce de la PPLOs/mycoplasmes Edward et Freundt ont proposé Mycoplasma mycoides, reconnu comme responsable de la péripneumonie bovine et réfèrent cette bactérie à des organismes causant des maladie péripneumonie-like. Jusque-alors, Mycoplasma mycoides mycoides était connu sous le nom Asterococcus qui sera ensuite invalidé.
  • En 1956, Edward et Freundt décrivent 15 espèces de Mycoplasma dans une publication[4].
  • Mi-1967, Le Sous-comité sur la taxinomie de Mycoplasmata propose la création d'une classe des Mollicutes, contenant l'ordre Mycoplasmatales[5].
  • À la fin des années 1980, la phylogénie de l'espèce se précise[6].

Désormais, le nom Mycoplasma doit être utilisé exclusivement pour les membres du genre Mycoplasma, et nom pour désigner n'importe quelle mollicute. Comme ce ne fut pas le cas dans la littérature pendant une longue période, des confusions peuvent persister.

Taxonomie actuelle

La classification et la nomenclature des espèces sont régies par des règles spéciales produites et révisées par le Comité international sur la systématique des procaryotes (International Committee on Systematics of Prokaryotes ; ICSP), et plus précisément par le Sous-comité sur la taxonomie des Mollicutes (Subcommittee on the Taxonomy of Mollicutes. Autrefois, il s'agissait du Sous-comité sur les taxonomie des Mycoplasmatales de l’International Committee on Systematic Bacteriology (ICSB) Subcommittee on taxonomy of Mycoplasmatales) [7].

La taxonomie actuelle des mollicutes est basée sur:

  1. l'analyse moléculaire, en particulier des 16S;
  2. la sérologie (réactions sur antisérum)
  3. la morphologie du phénotype
  4. et éventuellement les exigences en matière de croissance.

Description, caractéristiques

Le génome de Mycoplasma genitalium serait l'un des plus petits au monde (hors-virus), après la bactérie endosymbiote Carsonella ruddii récemment découverte


Génome : Selon les espèces, leur génome a une taille comprise entre 0,6 et 1,35 Mpb (méga-paires de bases), et un faible coefficient de Chargaff (contenu en G+C, de 18 à 40 mol%).
Apparence en microscopie : Ils n'ont pas de paroi cellulaire rigide.
Apparence en culture : En boîte de Petri, sur milieux gélosé, les colonies sont petites (visibles seulement au microscope à faible grossissement) et ont un aspect typique en œuf sur le plat.
Taille et masse : Les mycoplasmes sont les plus petits organismes non-endosymbiote (Carsonella ruddii possède un génome encore plus léger) connus capables de se multiplier en dehors d'une cellule vivante et donc doués d'une vie indépendante.

Habitat, besoins

Les mycoplasmes peuvent infecter de nombreuses espèces, mais ont des exigences en cholestérol ou sterol pour leur croissance[8].

Ce sont des commensaux de l'homme et des animaux et possèdent un intérêt en médecine humaine et vétérinaire.
L'habitat des Mycoplasma est la surface muqueuse du tractus respiratoire ou génital, les yeux, les glandes mammaires, les articulations des animaux ou de l'Homme.

Quelques espèces

  • Certaines espèces sont des commensaux fréquents de l'Homme : Mycoplasma salivarium et mycoplasma orale dans la cavité buccale.
  • Mycoplasma pneumoniae provoque des infections respiratoires aiguës plus fréquentes chez l’enfant à partir de 5 ans et l’adulte jeune. Dans la majorité des cas, ces infections se traduisent par de simples trachéobronchites.
  • Mycoplasma mycoides subsp. mycoides (type small colony) est l'agent de la péripneumonie ou pleuropneumonie des bovidés (péripneumonie contagieuse bovine, PPCB). C'est une maladie respiratoire grave affectant les bovins domestiques, les buffles, yacks et zébus. Cette maladie est devenue la première maladie bovine en Afrique par les conséquences économiques qu'elle entraîne.
  • Mycoplasma agalactiae est un des agents de l’agalactie contagieuse du mouton et de la chèvre.
  • Mycoplasma bovis est pathogène des bovins (responsable de mammites et avortements chez l'adulte, de pneumonie et d'arthrites chez les veaux et les jeunes bovins).
  • Mycoplasma gallisepticum provoque des maladies respiratoires chez les oiseaux (poule, dindon).

Voir aussi

Articles connexes

Bibliographie

Liens externes

http://www.microbes-edu.org/etudiant/mycoplasma/Mycoplasma.html http://www.esculape.com/infectio/mycoplasmgynec.html

Notes et références

  1. Ryan KJ, Ray CG (editors) (2004). Sherris Medical Microbiology (4th ed.). McGraw Hill. pp. 409–12. ISBN 0-8385-8529-9
  2. Daniel G. Gibson, John I. Glass, Carole Lartigue, Vladimir N. Noskov, Ray-Yuan Chuang, Mikkel A. Algire, Gwynedd A. Benders, Michael G. Montague, Li Ma, Monzia M. Moodie, Chuck Merryman, Sanjay Vashee, Radha Krishnakumar, Nacyra Assad-Garcia, Cynthia Andrews-Pfannkoch, Evgeniya A. Denisova, Lei Young, Zhi-Qing Qi, Thomas H. Segall-Shapiro, Christopher H. Calvey, Prashanth P. Parmar, Clyde A. Hutchison, III, Hamilton O. Smith, J. Craig Venter (2010). "Creation of a Bacterial Cell Controlled by a Chemically Synthesized Genome". Science (sciencemag.org) 329 (5987): 52–6. doi:10.1126/science.1190719. PMID 20488990. (Résumé
  3. Hayflick L. & Chanock, R.M. Mycoplasma Species of Man, journal : Bacteriol. Reviews, vol. 29,issue=2,p. 185–221, année 1965
  4. Edward DG, Freundt EA ; The classification and nomenclature of organisms of the pleuropneumonia group ; journal=J. Gen. Microbiol.; vol.14,issue=1|p. 197–207 ; février 1956 ; pmid:13306904
  5. Edward D.G. , F.A. Freundt ; juillet 1967 ; Proposal for Mollicutes as name of the class established for the order Mycoplasmatales ; Journal : Int J Syst Bacteriol ; vol.17, issue 3, p. 267–268 ; doi:10.1099/00207713-17-3-267
  6. Weisburg, W. G., J. G. Tully, D. L. Rose, J. P. Petzel, H. Oyaizu, D. Yang, L. Mandelco, J. Sechrist, T. G. Lawrence, J. Van Etten, J. Maniloff, and C. R. Woese. 1989. A phylogenetic analysis of the mycoplasmas: basis for their classification. J. Bacteriol. 171:64554467.
  7. Revised minimal standards for description of new species of the class Mollicutes (division Tenericutes) (Normes minimales révisées pour la description de nouvelles espèces de la classe Mollicutes (Tenericutes division) ; International Union of Microbiological Societies ; Revised Minimum Standards for Description of New Species of the Class Mollicutes (Division Tenericutes), International Journal of Systematic bacteriology, 1995, p. 605-612,; 1995; Vol. 45, No. 3 ) ; Daniel R. Brown, Robert F. Whitcomb et Janet M. Bradbury, Int J Syst Evol Microbiol 57 (2007), 2703-2719; DOI:10.1099/ijs.0.64722-0
  8. Whitcomb, R. F. 1983. Culture media for spiroplasmas. Methods Mycoplasmol. 1:147-158.

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