Migrations juives à Madagascar


Migrations juives à Madagascar
Madagascar

Cet article a pour objet de résumer la problématique et l'état des lieux des recherches actuelles sur les migrations (supposées) juives anciennes à Madagascar

Le cannellier (cinnamomum verum) donc l'écorce, la cannelle, fut au cœur du commerce des épices de l'antiquité. Son nom latin vient de l'austronésien kayu mani(s) (hazo manitra en malgache, litt. "arbre parfumé") qui a donné qinnamon en hébreu et en phénicien, puis kinnamomon en grec, puis cinnamomum en latin, puis cinnamone en français, puis, enfin, l'anglais cinnamon

Sommaire

Problématique

L’origine austronésienne commune du peuple malgache est aujourd’hui un fait scientifique avéré et corroboré par de nombreuses recherches multidisciplinaires (génétiques[1] [2], linguistiques[3] [4] [5], archéologiques[6] [7] [8], ethnologiques-anthropologiques[9], historiques[10] [11]) anciennes et récentes sur l’histoire de Madagascar.

Ces vahoaka ntaolo (litt. « peuple premier » en malgache, du proto-malayo-polynésien *va-*waka « ceux des canoés » et *tau-*ulu –« hommes premiers ») austronésiens dont l’arrivé supposée se situe autour du début de notre ère (350 ans avant selon les archéologues[8], 200 à 600 ans après selon les linguistes[3] [4] [5] sont à l’origine de la langue malgache commune à toute l’île ainsi que de tout le fond culturel commun.

Les fouilles archéologiques montrent que ces protomalgaches sont essentiellement restés sur les côtes jusqu’au VIIe siècle siècle, période à laquelle on peut observer le début de leur installation dans les collines et les forêts de l’intérieur[8], notamment sur les hauts plateaux centraux. Ces protomalgaches des forêts de l’intérieur sont connus des traditions orales [12][13] [10] sous le nom de Vazimba. Les recherches linguistiques récentes[3] ont confirmés l’origine austronésienne de ce nom et sa signification : comme tous les mots du vocabulaire malgache austronésien originel issus du proto-Sud-Est Barito (désormais proto-SEB), vazimba vient de vayimba et signifie « ceux de la forêt » (du préfixe *va- + *yimba – « forêt » en proto-SEB, aujourd’hui barimba en malais[3]). Ceux qui sont restés sur les côtes, en revanche, sont désignés par les linguistes par le mot Vezo (mot emprunté par les protomalgaches au proto-malayo-polynésien va/ve-jau –« ceux de côte », aujourd’hui veju en bugis, bajo en javanais et bajau en malais et tagalog[3])

Vers la fin du premier millénaire, cependant, et tout le long du second millénaire, Madagascar a connu d’autres vagues d’immigrations – orientales/néo-austronésiennes[4] [5], moyen orientales, est-africaines notamment –et les différents clans austronésiens d’alors (Vazimba de l’intérieur et Vezo des côtes), disséminés ça et là sur toute l’île, ont chacun développé une culture et une idéntité propre qui aboutit à la diversité culturelle que l’on connaît aujourdhui, mais dont le fonds -culturel et génétique- austronésien commun d’origine reste partout prégnant et observable (notamment la langue commune qui a seulement subi des variations dialectales).

Parmi les contacts et/ou immigrations qui ont contribué à forger les diverses identités des peuples malgache actuels, les apports orientaux et moyen-orientaux ont été particulièrement notables, il s’agissait surtout de commerçants et/ ou migrants de culture musulmane : Perses Shirazi[14] et Arabes Omanites ayant établis, dès le moyen âge, des comptoirs à l’Ouest (île de Mazalagem Nova[15], puis Mahajanga), au Nord (Comores et Mayottes) et au Nord Est (Vohémar), clans Indo-musulmans (les Zafiraminia)[16] [17] [18] [19] et malayo-musulmans (les Zafikazimambo)[20] [21] [22] [23] établis à partir du XVe siècle et XVIe siècle siècle au Sud-Est de l’île. Outre la tradition orale, les preuves historiques de ces apports islamiques d’origine perse, arabe omani , malaise ou nord indienne sont nombreuses : des fouilles archéologiques au Nord (Mahilaka, Vohémar) et de nombeux manuscrits en alphabet arabico-malgache appelé sorabe dans le Sud-Est et ont permi de confirmer les récits et les généalogies produites par les gardiens des traditions de ces régions sur leurs ancêtres éponymes (Zafiraminia, Zafikazimambo du Sud-Est notamment).

Outres ces éléments moyen-orientaux d'origine musulmane, certains groupes de Madagascar affirment avoir également bénéficié d’apports juifs (ou plus généralement hébraïques) dans leur passé préhistorique et/ou historique, fondant essentiellement leur argumentation sur leur tradition orale et/ou écrite. Les preuves irréfutables (archéologiques, génétiques, historiques) de ces allégations restent encore à fournir mais il est intéressant de présenter les faits objectifs sur lesquels ces groupes fondent leurs dires et leurs identités et qui constituent les points de départ des recherches actuelles sur le sujet.

Les groupes de Madagascar qui se réclament d’une ascendance - partiellement ou totalement - juive

Ketuba (contrat de mariage juif) du Yemen en 1795. Le nom des Katibu (scribes) des Antemoro Anakara viendrait de l'hébreu ketubah("document", "écrit")

Parmi les malgaches, les groupes qui se réclament d’une ascendance – partiellement ou totalement – juive sont les Antemoro Anakara[24] [25], les Merina [26] [27], les habitants de l’île de Sainte-Marie et les Antandroy.

Les Antemoro Anakara (Sud Est - région de Manakara et Vohipeno)

Parmi les clans Antemoro (le peuple habitant la région de Vohipeno et Manakara), ils forment un groupe particulier qui affirment descendre de Ralitavaratra qui, selon la tradition écrite archivée dans les sorabe de leurs scribes (Katibo), s’appelait à l’origine Ali Torah ou Ali Towarah ou Ali Towarath. Ce dernier serait un prêtre juif arabisé qui se serait, avec sa famille et ses hommes, enfui de La Mecque et, arrivé en boutre à Madagascar vers la fin du XVe siècle, aurait emmené avec lui des objets précieux appartenant à sa famille depuis des millénaires, notamment : un morceau des tables de la Loi que Moïse, en colère face aux péchés d'Israël, avait brisées au pied mont mont Sinaï (ouHoreb), un morceau du bâton de Moïse, le livre de Daniel écrit en arabe, le "Sat-el habar", ainsi qu’un couteau ayant appartenu au Roi David[24] [25].

Les Katibo Antemoro Anakara gardent jalousement leur tradition historique, tout autant que leur écriture arabico-malgache (sorabe) héritée notamment de Ralitavaratra et de ses compagnons (des exemples de leurs manuscrits sont aujourd’hui consultables dans les bibliothèques européennes[28] [29]). Ils confirment notamment l’origine juive du mot katibo (de l’hebreu ketubah- "document", "contrat").

Historiquement, le roi Merina Andrianampoinimerina avait mandé à sa cour trois Katibo Antemoro Anakara –dont Andriamahazonoro et Ratsilikaina[13]- qui avaient, entre autre, enseigné l’écriture sorabe au futur roi Radama Ier. Ces scribes sont d’ailleurs supposés avoir proposé le nom de ce prince (Ra+adama de adama « l’homme » en hébreu)[réf. nécessaire].

Aucune étude génétique n’a pour l’instant infirmé ou confirmé les origines juives des Anakara (en particulier l'origines cohannique des scribes Katibo)

Drapeau du JAM (Jeunes andriana de Madagascar) arborant les origines Israélites de la noblesse (andriana) Merina par l'étoile de David sur leur drapeau

Les Merina (hauts plateaux centraux - région d'Antananarivo)

Les Merina - qui pour leur très grande majorité descendent des premiers Vazimba austronésiens - n’affirment pas tous avoir une ascendance partielle juive. Cependant, la tradition orale de certains clans parmi eux disent garder le souvenir d’un tel apport dans leur passé lointain. Il en est ainsi, par exemple, de certains clans andriana de l’ancienne noblesse féodale[26] [27], mais également de certains groupes se réclamant descendre directement des anciens Vazimba, tels les Antehiroka par exemple qui seraient, selon eux, très anciennement lié aux Antandroy, c'est-à-dire à la première population humaine ayant débarqué dans le Sud-Ouest de Madagascar au début de notre ère[réf. nécessaire].

Ceux parmi les Merina qui affirment être partiellement d'origine juive justifient cette ascendance, d'une part, par certaines traditions et coutumes anciennes qu'ils auraient en commun avec les anciens Israélites et, d'autre part, par certaines expressions malgaches courantes comme par exemple faha-gola - "aux temps anciens" , qui, selon eux, correspond à l'exil des Israélites à Babylone car le mot gola viendrait de l' hébreu golah qui signifie "diaspora" ou "exil" (galut est aujourd'hui plus communément usité pour "exil")[30]. En outre, certains d'entre eux se disent descendre des Lévites et en particulier des Cohanim (Prêtres), en affirmant que l'on retrouve encore de nos jours, dans la topologie merina , des lieux qui rappellent cette origine lévitique lointaine : le village d' Ambato-levy "la pierre de Lévy", par exemple, ainsi que les différents autels de sacrifices anciens disséminés en Imerina[30][27]. Et aussi disent-ils, si les Hébreux sont venus à Antananarivo, c'est que tout comme Jerusalem, ce lieu est entouré de 12 collines considérées comme saintes par les Anciens monarques de l'Imerina, où l'on invoquait et priait Zanahary le Dieu unique en faisant des sacrifices d'animaux.

Ils affirment aussi que les anciens Rois de l'Imerina auraient eu des origines juives : le nom d'enfance du Roi Andrianampoinimerina, par exemple, Imboasalama [13], est interprété comme venant de l'hébreu Im be hou shalayim signifiant "avec et en lui est la paix"[30][27]. Ce souverian vécut à Besakana interprêté là aussi comme venant de l'hébreu be saken ("dans la demeure"). De plus , plusieurs objets présents les demeures des anciens souverains de l'Imerina ressembleraient selon eux à la Menorah Juive (chandelier à 7 branches) .

Aucune étude génétique n’a pour l’instant infirmé ou confirmé ces traditions orales merina.

Les Saint-Mariens (île Sainte-Marie)

La flotte de Cornelis de Houtman qui fit escale pendant six mois près de l’île de Sainte-Marie en 1595. Selon cet explorateur, les Zafibrahim de l’île pourraient avoir été des Hébreux ou des descendants d’Ismaël

Certains groupes originaires de l’île Sainte-Marie se réclament des Zafibrahim, les anciens habitants de l’île que l’Amiral explorateur hollandais Cornelis de Houtman et ses hommes avaient rencontré au cours de leur longue escale en 1595[31]. Selon les observations que de Houtman a fait de leurs coutumes (respect du Shabat et interdiction de consommer du porc et concepts manichéens notamment), les Zafibrahim pourraient, selon lui, avoir été des descendants d’anciens Hébreux ou des descendants d’Ismaël.

De même, Étienne de Flacourt[32] qui a pu les observer quelques décennies plus tard aurait aussi cru voir en eux des descendants d’anciens Hébreux en observant qu’ils chômaient le samedi - « et non le vendredi comme les maures » -, qu’ils récitaient des prières tirées du Lévitique et qu’ils lui auraient affirmé qu’ils étaient les descendants des anciens personnages de la Bible hébraïque.

Aucune étude génétique sur les Saint-Mariens actuels n’a pour l’instant infirmé ou confirmé ces observations et hypothèses de Cornelis de Houtman et d’Étienne de Flacourt.

Les Antandroy (Sud)

Le peuple Antandroy affirme faire partie des clans les plus anciens de Madagascar : cette tradition est confirmée par les fouilles arechéologiques puisque les traces de présence humaines les plus anciennes ont été trouvées à Taolambiby, dans le Sud-Ouest de la grande île, en 350 av J.C[8].). Ils disent également avoir en partie des origines juives/hébraïques depuis leur origine, à savoir leur arrivée à Madagascar. Ils se basent sur leur tradition orale ainsi que sur leur culture (une partie du vocabulaire de leur dialecte et leurs vêtements traditionnels notamment).

Aucune étude génétique n’a pour l’instant infirmé ou confirmé cette tradition orale antandroy.

Les sources

Manuscrit en écriture jawi, une écriture arabico-malaise née en 1300 similaire au sorabe arabico-malgache utilisé par les Katibu Antemoro Anakara

Les fondements objectifs des arguments des groupes malgaches se réclamant d’ascendance juive sont de quatre ordres : historiques (manuscrits), archéologiques (inscriptions), linguistiques et anthropo-sociologiques (coutumes et traditions anciennes).

Traditions orales transcrites

Les manuscrits en écriture sorabe arabico-malgache sont gardés par les Katibo des Antemoro Anakara depuis le XVIe siècle siècle[29]. L’histoire de leur ancêtre, Ralitavaratra, résumée plus haut a été notamment relatée, d’après leurs manuscrits familiaux, par Rombaka [25] et Fernand Kasanga[24], tous deux Katibo et descendants de Katibo. Les Saint-Mariens, quant à eux, se fondent sur les archives de la flotte hollandaise, conduite par Cornélis de Houtman, qui constituent leur principale source. Les Merina, enfin, s'appuient sur des écrits récents (XXe siècle) collectant leur tradition orale[26].

Alphabet paleo-hébraïque, utilisé pour écrire l'hébreux entre le Xe siècle et le Ve siècle av. J.C.

Archéologie

-Des inscriptions en écriture paléo-hébraïque (ou phénicienne) auraient été découvertes au lieu dit "Volamena" sur le Mont d’Imaha (Ambohimaha) dans la région de Fianarantsoa. Des chercheurs y auraient notamment déchiffré la phrase suivante « Untel et Untel (noms) sont venu chercher de l’or ici » ainsi que le mot oni ("flotte" en hébreux)[30]

-On aurait retrouvé des inscriptions en Hébreu à Ambatosoratra,sur Nosy-Mangabe dans la province de Toamasina, qui après traduction, aurait affirmé la venue de Juifs sur l'île de Madagascar.[33]

Linguistique : des emprunts (supposés) à l’hébreu dans le malgache

Les preuves ici se fondent principalement sur la ressemblance entre certains mots de l’hébreu et ceux du malgache[27] [30], justifiant l’hypothèse que ces derniers peuvent avoir été empruntés de l’hébreu. Aucune étude critique n’a cependant pour l’instant été faite pour infirmer ou confirmer l’étymologie de ces mots proposés par les hébraïsants, ni aucune étude comparative montrant que ces emprunts supposés être hébraïques pourraient tout autant provenir de l’arabe, du persan ou du sanskrit.

Lexique comparatif de mots courants

La liste non exhaustive ci-dessous présente une comparaison de mots d'usage courant supposés être des emprunts à l’hébreu (hebraic loanword) par les hébraisants[30] [27]. Leur équivalent en arabe, persan, swahili, sanskrit, malayo-polynésien et proto-malayo-polynésien (MP) sont également présentés. La langue malgache a en effet bénéficié d'emprunts de tout le pourtour de l'Océan indien et, étant issue du proto-MP, faire figurer la racine MP de chaque mot -ainsi que ses équivalents MP modernes- permet éventuellement d'infirmer ou non l'origine hébraïque supposée. La majorité des cognats malgache-hébreu (supposés) choisis ci-dessous a été tiré de l'ouvrage du Lazariste Joseph Briant intitulé "L'hébreu à Madagascar"[34] (normes des codes d'abréviation des langues utilisée : ISO 639-3) il est nécéssaire de préciser qu'il est question ici d'Hébreu biblique , certains de ces mots ne sont plus utilisés dans l'Hébreu moderne. Ceux là sont ne sont que des exemples, car la liste donnée par les Hébraïsants est bien plus longue.

Exemples de cognats malgache-hébreu (supposés) et les équivalents en arabe, persan, swahili, sanskrit, malayo-polynésienma'anyan, malais, javanais, maori - et proto-MP

Français

(fr)

Malagasy

(officiel : mg, antandroy : atd)

Hébreu (heb), araméen (arm), assyrien (akk), chaldéen (chld) Arabe

(ara)

Persan

(per)

Swahili

(swa)

Sanskrit

(san)

langues malayo-polynésiennes

ma'anyan (mhy), malais (msa), javanais (jav), maori (mri)

proto-MP
Acclamer man(akora) qara jipeni *
Allongé lava (long) lava tuwal "long" deraz "long" muda mrefu "long" *
Application, ouvrage parfait (mi)kaly, kalina "application" qalah "ouvrage parfait" kamili "parfait" maombi "application" *
Autrefois, aux temps anciens faha-gola "aux temps anciens" golah "diaspora, exil" mara moja "autrefois" *
Atteint takatra takah mutanawal kufikiwa *
Avancer, courir mandROSO "avancer" routs "courir" *
Avant, devant aloha (al-loha) al amama "devant" anif "avant" djelo "devant" kabla ya *
avoir, part manana "avoir" manah "part, portion" *
Battre des mains (mi)tehaka thaqa kupongeza *
Beaucoup, gonflé betsaka "beaucoup" batsak "gonfléé *
Belle geha! (atd) "oh la belle!" geah "belle, splendide" (interpellation de femme à femme) jamila ziba, qashang faini *
Beugler, mugir (mi)gaha (atd) ga'ah *
Bien, opulence soa shouah "bien, opulence,salut" nucm "opulence" hasanan "bien" asar "bonheur" khoub (bon, bien) vizuri "bien" *
Brisé, divisé vaky, silaka, simba "cassé" vaka, baka "brisé" hasim "cassé" shekasteh (cassé) kuvunjwa silak (mentaway) bakka (mapun) *bakaq, *silaq "diviser", *bilaq (proto-Est Mindanao)
Broyé potsika pouts (broyer) aliwaangamiza *
Caractère, esprit, personne fanahy panah sax "personne" bal "esprit" faravahr (esprit) tabia "caractère" mtu "personne" akili "esprit" *
Cette/ce izato zot hii ini (msa); itu, iru (bajo); iki (jav)  ?
Chanson seri (atd) shir ugruda, garad, gina âvâz wimbo *
Chemin lalana, arabe (ara + be "grand") arakh "sentier large" darb, nahj, sirat râh njia "chemin" barabara "route" lalan (mhy), ara (mri) *zalan
Circoncision fora peah (feah)-ra "retrancher le mauvais" tathiyr, xitan furaha "bonheur" *
Ciseaux hety et (ciseaux de sculpteur) qeytchi *
Conduire les bêtes, faire paître, pasteur mi-roaka "conduire les bêtes" roeh "faire paître, pasteur" charidan "paître" kulisha "paître" *
Consumé kila "consumé" , tono "griller" kilah "consumer" muxraq "brûlé" soukhteh "brûlé" ukamilifu nutuŋ (mhy), tunu (bajo) *tutuŋ "brûler"
Coup toto, daroka "coup", daka "c. de pied", lako "c. de poing" daka (fouler au pied) tarka, daqqa, lakma "c. de poing" zad (coup) kiharusi *tutuh "battre"
Couvrir atafy ataf lahâf (couverture) kifuniko "couvercle" atap (msa) *qatép "toit"
Cuir horo (antandroy) "pochette de cuir" our "cuir" adim ngozi *
Danse joyeuse golika (atd) gol raqs raqs ngoma *
De bon cœur miDIBY (atd) nadib raqs raqs ngoma *
Défaut honteux kilema kelimah (honte) daxal "défaut" ma'youb "défectueux" ulemavu "handicap" *
Dégoûté leo laah ca'if, maqit bizâri "dégout" upinzani "dégoût" *
Depuis faha- pe ha , feh ha mundu kutoka *
Détester hala, makahala alah bagada "haïr" chuki *
Doux mamy, malemy na'ami lamis, ladid, calil molayem tamu manis *
dressé natsanga (atd) "dressé" natsag "dréssé, posé" *
Eclat, jaillissement pitsika pitsakh nahar "jaillir" mwangaza "éclat" *
Eloigner esory, asiro (atd) "enlève (impératif") sir "enlever" *
Embûches , opposition (mi)seba (atd) "embûches" shebah "opposition" *
Enfant anaka ianaq gulam, walad, tifla koudak mtoto anak (mhy) *
Enlève esory (impèratif) haser *
Ennemi fahavalo aval (homme injuste) garim, qitl, xasim harif (adversaire) adui *
Entendre, voir, percevoir, être face à face re "entendre, percevoir", fanatREHAna "face à face" Raah (Hb) "voir" *
Entourer afefy afafa jadr, xa'it "mur" atraf (côté, alentour) *
Epine tsilo silon asala *
Espace, ciel abaka "espace", lanitra "ciel" abak (vers le haut) fadac bâla (en haut) laŋit (mhy), langit (msa, jav, bajo) "ciel" *laŋit "ciel"
Est, sortie des nuages atsinanana Iatsa anan "sorties des nuages" khâvar *
Est-ce que moa mah *
Eternellement doria doura (asy) sarmadiyyan djâvidan "éternel" *
faire mal, amertume, peine marary marar "peine, amertume" *
examiner, palper miTSAPA,Tsapa "palper" Tsapah "examiner, luire" *
(de)faible (consistance) (ma) refo rafah *
Faim (avoir) noana naanah (Is. XLIII 16) safar, juc *
Femme kisy, isy (atd) ishah imraat zan *
Fin fara hefar (fin) raqin, rafic, raqiq âkhar *
Flétri (se) lazo louz *
Fou adala (fou) (ha)-dal (pauvre) axbal faqir "pauvre", sâdeh "naïf" *
Frapper, violence miJERA (atd) "frapper" zera "violence, bras" *
garder les troupeaux miARAKANDRO (côte) ARAKH+EDRO "suivre les troupeaux" *
Honneur, benediction baraka barakh baraka "bénédiction" heysiyat "honneur" *
il y'a Isy, mISY, fISIna yesh *
Impôt hetra eserah (dîme du temple) rasm, itawa mâliyât kshetra "(impôt d’une) rizière" *
Indication (indiquer) toro (manoro) tour (indiquer) waddaxa "montrer" nemoudan "montrer" *
Intéresser(s’) lina lin ma'su "captivé" *
Inviter manASA 'asah "inviter" *
Ivre, rassasié Bare (atd) "Ivre" barah "rassasié" *
Jetter (mi)toraka torakh (action de jeter) andâkhtan *
Jeune fille kala kala gada djâvan (jeune) dokhtar (fille) *
Jour andro ad-or (moment de la lumière) nahar, yawm rouz andrau *qalejaw
là bas, là any ana *
laver sasa, manASA 'asa "laver" *
Lècher (mi)lelaka ialaq *q
Lèpre, déformation anormale, vitiligo boka "lèpre,déformation anormale du corps" bohaq ("vitiligo") baras *
Lever (se) mikomy (se dresser contre) koum barkhâstan (se lever) *
Lézard coureur, courir roso (atd) routs "courir" *
Louange, Glorifier (mi)dera (louange) hadar (glorifier) wamida "louer" edjâr kardan "louer" *
1 Manger mikaly (argot), mamango, homana tokhal akl "nourriture" khordan kuman (mhy) *mamaq "mâcher", *amak "manger"
2 Manger , absorber (mi)kama (atd) Gamah (absorber) *
Conjonction "et" dia Di (chaldéen daniel 2:33) *
Marcher, partir (man)leha (mandeha) lekh (partir) masa raftan (marcher, partir) leka (kwai, fataleka) *lakáw
Maudire mihoiza (atd) hoi nefridan *
Mépris latsa latsa idlal *
Misérable kafiry khafer (couvert de honte) fakir "pauvre" *
Mort maty mat mayt mat ("échec est mat" vient du Persan Shah mat = "le Shah est mort") mati, mate  ?
Nid akany qen wakr âshiyâneh *
Nord avaratra, avaretse (atd) ba (va) arets "vers la terre patrie Israël" samal shômal barat (ml, jv) "ouest" (de Barat "Inde", car l'Inde y est à l'Ouest) *
Nourriture bageda (atd) kaza (atd) "manioc" baheth akl qaza *
Oncle, Père Dada "Père" Dod "oncle" *
Ôter ala(o) alah dar avordan *
Où (est-ce) Aiza ey zeh ayna kou, kodja *
Ouest andrefana, andrefa (atd) Refa "couché du soleil" qarb, bâkhtar *
Pain, cuit au four mofo "pain" meafeh "cuit au four" xubs nân "pain" *
Patate, plante bole (atd)"patate" boul "plantation" *
Petit (peu) keli(kely) kalkal qasir, sagir khord kecil (msa) *
Plantation voly boul khâstan (planter) *
Pluie, asperger ora (atd), orana "pluie" horah, iarah "asperger" *
Puce parasy parosh abbar *
Puiser de l’eau (man)saka shaka (donner de l’eau *
Reçois raiso resh talaqqa "recevoir" *
Refuser (man)la (mandà) la (ar), lo (hb) ("non") la aba nda (esat sumbanese), da (mailu) *diaq (non)
Renommé(e) (être) laza (malaza) "célèbre" ialaz "jubiler" sahir "célèbre" *
repentir, regretter bebaka "repentir" baka "regretter" *
Retour (t/mimp-) ody oud (retourner) awb *
Réunion d'amis, discours kabary khabar kabar kabar *
Ricin kinana qiqiyon *
Riz, grain de blé vary "riz" bar, var "grain de blé" ruzz polo "riz" *
Ronflement esona (ronflement) shenah (sommeil) *
Rouille, saleté harafesina "rouille" refesh "saleté" sada *
S'arrêter, marche lente (mi)ato "s'arrêter" At "marche lente" *
Sacrifice sorona shor (offrir un taureau) dibixa, udxiyya *
Salive rora rour riq âbdahân *
Salutation salama shlama (araméen), shalom (hébreu) salaam salamat (msa) *
Séparer (mi)hataka (se séparer) hatak qassa "couper" qat'kardan "couper" *
Soir hariva erev asil, cisa, masa asr *
Soleil masoandro meshemash (chaldéen) ad-or (hébreu) " donner la lumière" sams âftâb *
Sourire,rire tsiky "sourire", tsakakaka (atd) "rire" tsahak "rire" basma, ibtisam labkhand *
Sud atsimo (désignant le sud sec de l'île, l'androy) tsimah "sec", tsimaon "pays assoiffé", janub djonoub timur (est) *
Suivre (action de) (man)araka arakh "voyage en groupe" caqaba peyravi kardan ikut (msa) *
Terre tany tan (assyrien) tan (Afghanistan = "terre des Afghans") tan (Rajastan = "terre des Rajas) tane (mhy), tanah (msa, jav) *tanaq, *taneq
Terre (sauvage) tanety tan+eth ard, turba tanete "terrain" (bugis) *taneq
Tomber, s'asseoir daba (atd) "tomber d' étonnement" daab "s'assoir" oftâdan "tomber", neshastan "s'asseoir" taabwa "s'asseoir (nelemwa) *DukDuk "s'asseoir, *ka-nabúq "tomber
Travail asa asa (faire) camal, sugl kâr "travail" kar kardan "travailler asu (aa'a) *
Treillis, soins karakara karakh (chaldéen), khour *
Très sec , grillé maina, karakaina karakh (chaldéen) "grillé" jaff karing (banjarese msa) *ma-ʀaŋaw, *dĕʀáŋ
Valide, peu faire afaka afaq (valide) *
Vapeur brûlante etona etun (fournaise) buxar "vapeur" dameh "vapeur" *
Vieux antitra, mosarena athiq jill, bayyut mosen *
Zèle zoto "zèle" sout "stimuler" gheyrat "zèle" *
Dimanche Alahady chadan (cld), Yom Ehad (Hb) Al ahad *
Lundi Alatsinainy,Tinainy (atd), Yom shenayim Tineian (cld) Al ltnay *
Mardi Talata Telat (cld), Talat (arm), Yom shelishiy Al Talata *
Mercredi Alarobia, robia (atd) rebia (cld), Yom Reviy (Hb) Al Arbiat *
Jeudi Alakamisy, kamisy (atd) Khamisiy (cld) Yom Khamishiy (Hb) Al khamis *
Vendredi Zoma Tsoumah (jeûne cld), Yom hashishiy (Hb) Al Jumah *
Samedi Sabotsy Shabos (arm et pronociation ashkenaze), Shabbat (Hb) Al sabbat
Remarques
Batons de cannelle : symbole des échanges entre les austronésiens et les peuples du croissant fertile dans l'antiquité

a) Ces exemples sont donnés à titre indicatif et nécessitent des investigations plus poussées au niveau de chaque langue pour un usage vraiment scientifique. Outre le sanskrit dont l’influence sur les langues d’Asie du Sud-Est est évidente, il manque encore à ce jour des études approfondies sur les influences mutuelles entre les langues du croissant fertile (sémitiques, persan, cananéen, phénicien, égyptien, etc.) et les langues austronésiennes (malayo-polynésiennes notamment). Lorsque l’on sait, par exemple, qu'à travers le commerce des épices, les austronésiens étaient, depuis la haute antiquité, au contact des Egyptiens, Phéniciens, Cananéens, Hébreux, Araméens et Arabes (par la mer Rouge), ainsi que des Assyriens, Chaldéens (Babyloniens), Mèdes, Perses (par le golfe Persique, à l'embouchure du Tigre et de l'Euphrate notamment) et on est en droit de supposer que les emprunts à l’égyptien, aux langues sémitiques (hébreu, assyrien, araméen, arabe, chaldéen), au cananéen (dont le phénicien) ou au persan pourraient être nombreux dans l’austronésien ancien - notamment dans le proto-SEB ancêtre du malgache- et vice-versa. L’exemple de la cannelle est éloquent à ce sujet : son nom austronésien kayu man(is) (litt. « bois parfumé », hazo manitra en malgache) a donné qinnamon en hébreu ancien et en phénicien, puis kinnamomon en grec , puis cinnamum en latin, puis cinnamone en français ancien, pour enfin aboutir à l'actuel cinnamon en anglais[35]. Inversement, des cognats hébraïques pourraient également avoir enrichi le proto-SEB de la même manière, ce qui expliquerait leur présence dans le malgache. Ceci n’exclut bien sûr pas l’hypothèse que des groupes humains sémitiques anciens aient, en même temps, pu accompagner les austronésiens dans leur déplacement commerciaux sur l’Océan indien et jusqu’à Madagascar : ceci dépasse le cadre de la linguistique et relève de la génétique.
b) Nous avons mis entre parenthèses toutes manifestations particulières, indiquant, soit un affixe, soit une forme anciennement attestée, soit un terme dont le sens est voisin mais non identique à l’entrée indiquée, soit enfin un emprunt qui n'a rien à voir avec le terme propre à la langue.
c) Le proto-malayo-polynésien (proto-MP) correspond à une reconstitution hypothétique (indiqué par le signe *) obtenue en comparant les différentes langues intégrées dans cette subdivision, à l’exclusion des langues plus archaïques du niveau “austronésien” comme celles du nord de Taïwan-Formose. L’écriture est ici plus phonétique (le ‘q’ correspondant par exemple au “coup de glotte”) mais sans être vraiment homogénéisée.
d) Sources : dictionnaires utilisés pour les traductions :

Sources : dictionnaires et lexiques utilisés pour les traductions

Arabe

(ara)

Persan

(per)

Sanskrit

(san)

Swahili

(swa)

langues malayo-polynésiennes et proto-MP

(mhy , msa, jav, mri)

*Dictionaric (fra-ara) *Anamnese (fra-per) (1) *Dictionnaire Huet (san-fra) *Google traduction (fra-swa)

Toponymie : noms de lieux pouvant être d’origine hébraïque

Des noms de lieux qui, selon les hébraïsants malgaches[30] [27] , viendraient de l’hébreu (liste non exhaustive)

Exemples de noms de lieux malgaches pouvant être d’origine hébraïque et leur équivalent en arabe, persan, malayo-polynésien

Malagasy Hébreu (hb), araméen (arm), assyrien (asy) Arabe Persan Sanskrit langues malayo-polynésiennes

ma'anyan (mny), malais (ml), javanais (jv)

Européen
Atanimora tan ("tere") + mour ("acheté")
Sakaraha Sakharah ("lieu de commerce")
Ambatolevy Lévi (Lévite)
Isalo Salou ("où il y'a eu faute")
Maroantsetra Marots + shet ("port de Shet")
iarof har+of ("montagne des oiseaux")
matatane mathath anah("don obtenu")
Anony oni ("aux bateaux")
katefy kathef ("épaule,montagne en forme d'épaule")

noms de tribus pouvant être d’origine hébraïque

les noms de tribus à Madagascar commencent souvent par Am- comme dans Antandroy, Antesaka, Anteony, Ampanabaka, Anakara... Les hébraïsants en ont conclus que le Am serait un mot hébreu qui signifie « peuple ». Voici quelques exemples de noms de tribus à Madagascar qui, selon les hébraïsants malgaches[30] [27][34] , viendraient de l’hébreu (liste non exhaustive)

Exemples de noms de tribus malgaches pouvant être d’origine hébraïque et leur équivalent en arabe, persan, malayo-polynésien ou européen

Malagasy Hébreu (hb), araméen (arm), assyrien (asy) Arabe Persan Sanskrit langues malayo-polynésiennes

ma'anyan (mny), malais (ml), javanais (jv)

Européen
Antsely Am+tsel (peuple de l'ombre)
Karimbola Kara boul ("ceux qui bêchent les plantations")
Antéony oni ("bateau" - "ceux des bateaux")
Bara baar ("Peuple sauvage")
Tseba-lahy etseb ("serviteurs")
ampanabaka am + peah nabaq ("peuple de la partie évacuée")
anakara am + nakar ("peuple des nouveaux venus ")
antesaka (am+te+saka) shaka ("donner de l'eau ", antesaka = peuple qui donne de l'eau)
antandroy (am+tan+Roy)) Roeh "eleveurs de bétail, peuple d'éleveurs de bétail"

Noms propres et prénoms malgaches pouvant avoir des origines hébraïques

Les hébraïsants malgaches[30] [27] affirment que certains noms malgaches pouvaient venir de l'hébreu.En voici quelques exemples (liste non exhaustive):

Exemples de noms propres et prénoms malgaches pouvant être d’origine hébraïque et leur équivalent arabe, persan, malayo-polynésien ou européen

Malagasy Hébreu (hb), araméen (arm), assyrien (asy) Arabe Persan Sanskrit langues malayo-polynésiennes

ma'anyan (mny), malais (ml), javanais (jv)

Européen
Radama Adam
Dina Dina
Ranoa (Ra+Noa) Noé
Samy Sem
Mara Mara
Imboasalama Im be hou Shelam
Ralevy (Ra+levy) Lévy

Traditions/coutumes anciennes

Un certain nombre de coutumes anciennes pratiquées à Madagascar (surtout en Imerina, au Centre, chez les Antemoro, au Sud-Est et dans l'Androy, au Sud) depuis des siècles sont supposées être d'origine juives par les hébraïsants malgaches, ils croient même retrouver dans d'anciennes traditions malgaches, des éléments d'anciennes idolâtries mésopotamiennes et égyptiennes pratiquées par certains Israélites infidèles à YHWH , (ce ne sont ici que quelques exemples parmi la longue liste qu'ils proposent[30] [27] [34]:

Traditions/coutumes anciennes communes à tous les malgaches

1. Le monothéisme malgache ancien et le nom de Dieu malgache originel : selon les hébraïsants malgaches, ils viendraient d'un judaïsme ancien. Dans l'antiquité, en effet, au temps des anciens Vazimba et des Vezo, Dieu était invoqué, partout à Madagascar, sous le nom de Zanahary : ce nom aurait des origines hébraïques (de Yah-nahary-"Dieu le Créateur", de l'hébreu Yah-"Dieu" + nahary "qui a créé" en malgache" ; NB: cette transformation du "y" en "z" au fil du temps se retrouve également dans le mot "vazimba", de "vayimba" en proto-Sud Est Barito[3]). Plus tard, au temps des andriana, Dieu fut également appelé "Andriamanitra ", mot qui, selon les hébraisants, pourrait venir de Andriana + menatar (de andriana -"seigneur" en vieux javanais + menatar - de la racine "natar" signifiant "protecteur" en Hébreu).

2. Les anciens sacrifices : les anciens malgaches, nobles ou non, faisaient des sacrifices sur des "autels de pierre" (valamena en malgache). Lors de ces sacrifices, le prêtre (mpisorona) prenait le bœuf ou le mouton et l'égorgeait sur la pierre de sacrifice, il prenait ensuite le foie et la graisse de l'animal et les brûlaient de façon à ce que la fumée monte vers Zanahary (Dieu). Les hébraïsants rapprochent cet acte de la pratique décrite dans le Lévitique 3 et affirment, en outre, que le nom de l'autel valamena viendrait de l'hébreu baal amen signifiant "maître de la foi".

3. L'ancienne fête des rantsan-kazo ("rameaux", "branches d'arbres"): au mois de septembre/octobre : au cours de ce mois, les anciens malgaches vivaient pendant un temps dans des maison faites de branches d'arbres. Les hébraïsants malgaches affirment que son origine est le Souccot (sukkot en anglais), célébré le même mois : une fête pendant laquelle les Juifs vivent dans une cabane pendant 8 jours, en souvenir des 40 ans d’errance dans le désert.

4. Serments imprécatoires: autrefois à Madagascar, lorsqu'on voulait s'assurer de la véracité d'une affirmation, on faisait boire à la personne suspecte, témoin ou accusé, de l'eau dans laquelle on avait mis une pièce d'or ou de l'or en poudre. Sur la côte est où l'on connaissait l'écriture, on écrivait sur un papier des formules cabalistiques que l'on diluait dans de l'eau. Les hébraisants y voient une ancienne pratique Juive décrite dans Nombres 5:20 où le Prêtre faisait exactement la même chose.

5. Le vokatra ("offrandes" volontaires)  : à Madagascar, les vokatras sont des contributions volontaires en nature que les collectivités s'imposent soit pour construire des bâtiments, soit pour subvenir à des besoins généraux, soit pour la charité. La coutume de verser de l'argent a été admise peu à peu, comme une entorse au principe, car "vokatra" veut dire "produit de la terre". Les hébraïsants disent trouver une origine Biblique à cette coutume, car selon eux, la même chose a été pratiqué dans l'ancien Israël , et dont on trouve la trace dans Deutéronome XIV:28. Où l'on voit notamment qu'au moins tous les trois ans, les Juifs devaient mettre à leurs portes la dîme en nature de toute leurs récoltes de l'année écoulée, pour qu'ainsi, les pauvres et les étrangers démunis puissent se réjouir et se procurer un bon repas et même faire des provisions.

6. Le santatra (droit divin aux "prémices") : auparavant,à Madagascar, en particulier au Sud-est de l'île , personne, quelque fût son désir de goûter à la récolte de riz, n'eut osé le faire, sans que le chef du village n'eût d'abord offert à Dieu les premiers épis. Les hébraïsants affirment qu'il s'agit ici du bikkourim (Exode XXIII 16 et au Lévitique XXIII 10-15).

Chez les Merina

Besakana : la maison du roi Andrianampoinimerina dans l'enceinte (Rova) du palais d'Antananarivo Madagascar. Selon les hébraisants malgaches, ce nom viendrait de l'hébreu be saken - "(dans la) demeure"

1. Interdits alimentaires anciens : les anciens andriana merina de la région d'Avaradrano (le Nord de l'Imerina) pratiquaient l'interdit du porc et de l'anguilles. Selon les hébraïsants merina, ces interdits viennent de la kashrut ("interdits alimentaires") juive de la Torah (Lévitique 11). De la même manière, certains parmi ces andriana pratiquaient l'interdit de la chèvre : là encore, les hébraïsants retrouvent une histoire ancienne d'Israël selon laquelle Aaron et ses fils avaient refusé de manger la chèvre du sacrifice (Lévitique 10:16-20). En souvenir, disent-ils les andriana de l' Imerina descendants d'Aron n'en ont plus mangés .

2. Mariage : la coutume du mamelo-maso ("poursuite de la lignée") : une coutume merina ancienne qui consiste à ce que le frère d'un défunt prenne la veuve pour femme. Selon les hébraisants, cette coutume vient du lévirat et donc de l'ancien peuple d'Israël au sein duquel elle était pratiquée.

3. L'interdiction de toucher les morts : certains monarques de l'Imerina comme Andriantompokoindrindra (fils du roi Ralambo) ne touchaient pas les morts et n'allaient pas même aux funérailles de leurs proches. Cela est interprété par les hébraisants comme venant de l'interdiction du Lévitique 21 :1-4 , selon laquelle les Prêtres ne doivent pas se souiller au contact des morts.

4. La fête de l’Alahamady  : le « nouvel an merina » depuis le Roi Ralambo, célébré en mars/avril. Pendant cette fête, la noblesse Merina sacrifie un mouton et asperge du sang du sacrifice les quatre coins de la maison. Les hébraïsants disent que cette coutume viendrait de l’ancien Israël, et qu’elle n’est rien d’autre que la pâque juive, la Pessah, qui est le nouvel an religieux juif célébré en mars/avril où les anciens Israélites sacrifiaient un agneau et en aspergeaient le linteau de leurs portes. Ils affirmant en outre que le mot "Alahamady" viendrait également de l’hébreu Al amad - "se lever". De plus, le nom du mois pendant lequel cette fête se célèbre est dite en malgache ancien "volan’ny Posa" traduit par "mois de Posa", que les hébraïsants interprètent comme venant de l'hébreu Pessah.

5. Les mèches : les anciens Merinas de l'Avaradrano portaient deux petites franges de cheveux sur chacun des deux côtés de leurs têtes. Les hébraïsants affirment que cette pratique tire son origine des peot ("mèches Juives") portées par exemple de nos jours par les Juifs hassidim et les Juifs yéménites.

6. Le "châle blanc, noir et rouge" : les anciens merina (surtout les descendants des andriana) et juqu'à aujourd'hui portent un châle (lamba landin'Andriana) fait de bandes verticales blanches rouges et noires, que les hébraïsants apparentent au drapeau de la tribu de Lévy décrit dans le Midrash Rabba lequel arbore la couleur de la pierre representant la tribu de Lévy sur le Pectoral du Grand Prêtre, composée elle aussi de bandes rouges, noires et blanches.

7.Les téfilines: Les anciens Merinas de l'avaradrano mettaient un petit objet sur leurs fronts, qui attaché sur leurs têtes par une corde. Les Hébraïsants croient retrouver dans les téfilines Juives l'origine de cette pratique.

Chez les peuples du Sud-Est (Antemoro, Antambahoaka, etc.)

1. Le sambatra : tous les sept ans, dans le sud-est de Madagascar, on célèbre une fête appelée Sambatra. Pendant cette fête, les gens se réunissent et se réjouissent, on y égorge des zébus et on fait une grande fête. Les hébraïsants apparentent cela à la fête d'inauguration de l'année sabbatique célébré dans l'Ancien Israël. En outre, ils affirment que le mot "Sambatra" vient de l'Hébreu "Shabbat".

Chez les Antandroy

LAloalo des Antandroy, considéré par les hébraïsants malgaches comme une trace à la fois symbolique et linguistique des anciennes elil ("idoles") tels que les veaux d'or que certains Israélites infidèles du royaume du Nord vénéraient, à l'instar des Egyptiens et de leur culte du taureau Apis

1. La restitution pour vol : Chez les Antandroy au sud de l'île, lorsqu'on attrape un voleur, celui-ci doit rendre trois, quatre ou cinq fois ce qu'il a volé, suivant la nature de l'objet volé. Les hébraïsants affirment que cette coutume est codifiée à peu de choses près dans Exode XXII:1-2.

2. L'aloalo : L' aloalo est une sorte de colonne que l'on retrouve chez les Antandroy, à son sommet se trouve une tête de zébu en bois sculpté. Les hébraïsants , se basant sur les notes de l'orientaliste Myriam Harry, apparentent cela au culte du Dieu Apis, le dieu taureau des égyptiens et au culte du veau d'or que les Israélites infidèles à Moïse avaient pratiqués. Et ils affirment en outre que le mot aloalo vient de l'hébreu elil signifiant "idole".


3. Ornementations antandroy : les ornementations antandroys sont apparentés par les hébraïsants aux ornementations des anciens égyptiennes , car disent-ils, les Israélites, auraient conservé certaines traditions égyptiennes. Sur ce sujet le lazariste Joseph Briant a écrit : " on ne saurait passer sous silence le fait que les ornementations sur bois des Antandroys ressemblent étrangement aux hiéroglyphes du temps des Pharaons . Une de leurs amulettes, le fanery, semble la copie d' un bijou des tombeaux du Nil, les "abeilles."[34]

4. L'incantation du nom divin (chants) : lorsque les Antandroy chantent, on retrouve souvent dans leurs chants des mots comme Ieh Iah ponctuant les phrases, les hébraïsent en ont déduit que cela pourrait être une expression hébraïque ancienne, car disent-ils, Yeh et Yah sont abréviations du saint nom de YHWH et que ces expressions venaient sans doute à l'origine de chants de louange .

Thèses et chronologie supposée des migrations juives à Madagascar

Dans le but de vérifier les dires des différents groupes sus-cités, deux thèses sont actuellement à l’étude : (1) Migration ancienne (premier millénaire av. J.C. – moyen âge), (2) Migrations récentes (second millénaire)

Thèse d’une migration ancienne (premier millénaire av. J.C. – premier millénaire après J.C.)

Ce sont ici les thèses avancées par certains groupes Antandroy et Merina (descendants des anciens Vazimba Antehiroka et des anciens andriana notamment) qui sont étudiées. Les seules « preuves » corroboratives de leurs allégations sont, pour l’instant les éléments de leur culture (cognats hébreu-malgache, mode de vie, traditions anciennes) et leurs traditions orales (non communément partagées).

Babylone, un des lieux de déportation des juifs après la destruction de Jérusalem en 587 av J.C. par Nebucadnetsar II : les datations archéologiques du début du peuplement de Madagascar (350 av J.C.) montrent que les migrations juives, si elles ont eu lieu, ne peuvent pas être antérieures à ce premier exil (golah ou galut en hébreu)

Les données de la recherche archéologique malgache n'autorisent pas de migrations hébraïques ou juives avant le premier millénaire. En effet, les inscriptions du mont d’Imaha (Ambohimaha), s'il est confirmé qu'elles sont en paléo-hébraïque, ne peuvent pas avoir été écrite avant -1000, période supposée de la naissance du paléo-hébraïque. De même que les traces de peuplement découvertes à Taolambiby ne remontant pour l'instant pas plus loin que 350 av J.C[8].

L'hypothèse la plus probante des migrations juives est celle de l’exil suite à la chute des royaumes du Nord et de Juda dans la première moitié du premier millénaire avant J.C. Leur arrivée serait donc « post-diaspora » (post-golah). Deux options sont dès lors possibles :

  • Hypothèse des "10 tribus perdues d'Israël" : migrations après la chute du royaume du Nord (-722)

Les migrations israélites, si elles ont existé, pourraient avoir eu lieu suite à la chute du royaume d'Israël en 722 av. J.C.

  • Hypothèse des "juifs post-royaume de Juda" : migrations après la chute du royaume de Juda (-587)

Des migrations juives ont également pu avoir eu lieu suite à la destruction de Jérusalem et du Temple par Nebucadnetsar II en 587 av J.C. et à l'exil des juifs qui s'en suivi à Babylone et dans la vallée de l'Euphrate.

Seuls la génétique et des preuves archéologiques supplémentaires permettront de trancher en faveur ou en défaveur de ces hypothèses.

Thèse d’une migration récente (second millénaire)

Ce sont ici les arguments avancés dans les traditions écrites des Antemoro (Anakara) et des Merina (descendants des Andriana en particulier) qui sont étudiées :

- Ralitavaratra (Ali Torah) - ancêtre des Antemoro Anakara- et ses compagnons étaient-ils réellement d’origine juive comme le rapportent notamment les scribes-katibo Fernand Kasanga[24] et Rombaka [25]?

- Andriantomara ((Ra)hadyan Tomara) –l’un des ancêtre des anciens nobles Merina- et/ou ses compagnons étaient –ils (en partie) d'origine juive comme le rapporte notamment le Pasteur Emmanuel Ramilison d'après certaines traditions orales Zafimamy qu'il a collectées[26] ? (certains manuscrits arabico-malgaches du Sud-Est relatent également qu’Andriantomara et son groupe se seraient séparé du groupe de Ramni - ancêtre éponyme des Zafiraminia d'Anosy-région de Fort-Dauphin actuelle - pour s’établir plus au Nord de la côte Est[réf. nécessaire])

Ici encore le recours à la génétique et/ou à l’archéologie et/ou (éventuellement) à des manuscrits inédits seront d'une grande aide.

Le Troisième Reich, les Juifs et Madagascar

Article détaillé : Plan Madagascar.

Références

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  27. a, b, c, d, e, f, g, h, i et j Rabarioelina, N (2011)
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  31. Rouffaer G.P. & J.W. Ijzerman (1915)
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  33. Maître Morazandry « Ny fanjakan'ny Natiora  »
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Articles connexes

Liens externes

Origines génétiques des Juifs

Origines génétiques des Malgaches

Origine des malgaches (général)

Groupes d'origine juive en dehors d'Israël

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