Ordre de Notre-Dame-de-la-Merci


Ordre de Notre-Dame-de-la-Merci
Ordre des Mercédaires
(Ordre de Notre-Dame-de-la-Merci)
Image illustrative de l'article Ordre de Notre-Dame-de-la-Merci
Type Ordre religieux et autrefois Ordre religieux et militaire
Création 1218
Reconnaissance canonique 1235
Fondateur(s) saint Pierre Nolasque
Spiritualité Règle de saint Augustin
Liste des ordres religieux

L'Ordre des Mercédaires, encore appelé Ordre de Notre-Dame-de-la-Merci (en latin : Ordo Beatæ Mariæ Virginis de Redemptione Captivorum), est un ordre religieux catholique fondé par le languedocien Pierre Nolasque pour racheter les chrétiens captifs des pirates maures et réduits en esclavage.

C'est l'un des deux ordres rédempteurs[1] dont la mission principale était de délivrer des mains des pirates barbaresques les chrétiens en captivité. Le premier, chronologiquement, est l'Ordre des Trinitaires ou Ordre de la Très-Sainte-Trinité pour la Rédemption des captifs. Quelques années plus tard, en 1218 à Barcelone, Pierre Nolasque, né en 1189 à Récaud, dans le diocèse de Carcassonne, et décédé en 1256, encouragé par son confesseur, le Dominicain Raymond de Penyafort, né à Vilafranca del Penedès, près de Barcelone, aux environs de 1175-1180, et mort en 1275, avec l'appui du roi Jacques Ier d'Aragon, né le 2 février 1208 à Montpellier, mort le 27 juillet 1276 à Valence fonda l'Ordre des Mercédaires ou Ordre de Notre-Dame-de-la-Merci[2]. Dans le monde hispanophone où il est le plus répandu, il porte le nom de Orden Real y Militar de Nuestra Señora de la Merced y la Redención de los Cautivos plus connu sous le nom de Orden de la Merced. Aujourd'hui, les deux ordres aident tous les captifs au sens large, visitant notamment les prisonniers et les malades.

Sommaire

Histoire

Un ancien chevalier Mercédaire.

Au cours du Moyen-Age, les Arabes occupaient le sud de l'Espagne. La Méditerranée était sous l'empire des Turcs et des Sarrasins. Les pirates capturaient les chrétiens pour les réduire en esclavage ou en obtenir rançon.

Pierre Nolasque, un riche drapier, tenta de remédier à cette situation. Il vendit tous ses biens pour racheter les captifs. Selon la tradition, dans la nuit du 1er août 1218, la Vierge Marie lui apparut pour l'encourager à fonder l'Ordre de Notre-Dame de la Merci. Soutenue par le roi Jacques Ier d'Aragon, la « merci » eut d'abord deux dimensions complémentaires. Simple rachat des captifs, elle était aussi destinée à effectuer des opérations militaires en vue de libérer les chrétiens.

Le pape Grégoire IX approuve l'ordre en 1235, cinq ans avant la mort du fondateur survenue en 1240. Les Mercédaires obéissent à la règle de saint Augustin. Il se compose alors de

  • religieux (prêtres ou laïcs coadjuteurs) qui ont reçu l'institution canonique de l'évêque de Barcelone
  • et de chevaliers qui s'illustrent dans la conquête des Baléares en 1229, et de Valence en 1238.

Il faudra attendre 1265 pour voir la naissance des religieuses Mercédaires, ordre inspiré par sainte Maria de Cervelló, ou Marie de Cervellon, élue première prieure sous le nom de Marie du Secours.


Expansion de l'Ordre

Un frère Mercédaire.

Les mercédaires prononçaient les trois vœux traditionnels des ordres réguliers : pauvreté, chasteté et obéissance. Ils y ajoutaient un quatrième vœu, emblématique de leur mission particulière : être prêts à se livrer en otage si c'était le seul moyen de libérer les captifs. Ils se livrèrent à ce « marché » — c'est le sens étymologique du latin mercedem — jusqu'à ce que disparaisse la piraterie. Au cours de ce « rachat » stricto sensu, des missionnaires furent torturés, parfois tués. Parmi les plus connus figurent saint Sérapion, saint Pierre Armengol et saint Raymond Nonnat.

À partir de 1317, l'ordre de la Merci perd son caractère militaire et devient clérical, assimilé en 1690 à un ordre mendiant.

L'ordre est alors devenu missionnaire et caritatif. Dans ce cadre, les Mercédaires jouèrent un rôle assez important dans l'évangélisation du Nouveau-Monde. Antonio de Almansa, par exemple, sera l'aumônier de l'expédition de Diego de Almagro, en 1535, au Chili.

Bienheureuse Vierge de la Merci.

En se spiritualisant, la Merci s'est enrichie d'une connotation nouvelle. Le vocable gardait le sens de « rachat », exprimant aussi la « rédemption » des pécheurs par la « Miséricorde » divine obtenue par la mort du Christ sur la Croix. Et, tout à fait logiquement, les Mercédaires ont assuré l'aumônerie des galères sous l'Ancien Régime, celle des prisons et des hôpitaux qu'ils se partagent encore aujourd'hui avec les Trinitaires. Un religieux de l'ordre, Gabriel Téllez (1583-1648), s'est illustré comme dramaturge sous le nom de Tirso de Molina. Les Mercédaires propageront la dévotion à Notre-Dame de la Merci où elle est encore largement répandue en République dominicaine, au Pérou, en Argentine et dans de nombreux autres pays d'Amérique latine, après l'avoir été en Catalogne, dans toute l'Espagne et dans l'Italie du XIIIe siècle.

En 1960 l'ordre comptait 780 monastères et 149 religieuses. Il a pratiquement disparu en France.

Le Tiers-Ordre Mercédaire

Vers 1263, deux veuves de la ville de Barcelone demandèrent, pour elles et pour plusieurs autres, au Bienheureux Bernard de Corbarie leur confesseur, aussi confesseur de l'Ordre de la Merci et Prieur du Couvent de Barcelone, la permission de porter l'habit du Tiers-Ordre Mercédaire, à l'exemple des Tiertiaires de saint François et des Tertiaires de saint Dominique. Non sans difficultés, il finit par proposer le projet au Chapitre général. On lui donna mission d'établir le Tiers Ordre féminin et d'en écrire la Règle, fixée en 1265[3]. Les religieuses prenaient en charge les captifs rapatriés, afin de leur donner une vie digne.

Lorsque Marie de Cervélon, la première prieure, mourut le 19 septembre 1290 à Barcelone, un culte spontané se propagea dans toute la région.

Finalement le Pape Innocent XII l' inscrivit au Martyrologe romain en 1697.

L'Ordre mercédaire contemporain

Les Mercédaires dans le monde

En 2009, l'Ordre compte 157 maisons et 724 religieux[4]. Ces moines sont répartis dans 22 pays : Angola ; Argentine ; Bolivie ; Brésil ; Cameroun ; Colombie ; Chili ; Équateur ; Espagne ; Guatemala ; Honduras ; Inde ; Italie ; Mexique ; Mozambique ; Panama ; Pérou ; Porto Rico ; République Dominicaine ; Salvador ; USA ; Venezuela[5].

Il est structuré en neuf provinces : Aragon ; Castille ; Pérou ; Chili ; Argentine ; Province Romaine à Quito (Équateur) ; Mexique et Brésil. En outre, il compte quatre vicariats : Venezuela ; Amérique centrale ; Caraïbes et USA.

La Merci dans la France contemporaine

L’Ordre ayant disparu en France, il ne subsiste que sous la forme de très rares survivances.

Institution de Montpellier

La Seigneurie de Montpellier devenue possession de Jacques II, Roi de Majorque et Comte de Roussillon, en 1276, la ville est sous tutelle du royaume de Majorque jusqu'en 1349, date à laquelle Jacques III de Majorque, ruiné, la vend à Philippe VI de Valois. Il est donc logique que les Mercédaires y aient joué un rôle essentiel.

En fait, les Mercédaires étaient implantés sur le Peyrou actuel depuis 1240. On les retrouve, en 1741, près de l’église Saint-Eulalie, leur chapelle, rue de la Merci. Une congrégation enseignante, fondée en 1685 par les Dames de Saint-Maur, interdite par le directoire municipal en 1793, rétablie en 1806, finit par s’installer au Plan Cabanes, à proximité de l’ancien couvent, sous le nom de Notre-Dame de la Merci. Interdite d’enseignement de 1904 à 1919, elle est finalement rétablie et devient école secondaire en 1936.

L’Eglise de Fresnes

Curé de Fresnes, aumônier de la prison de 1946 à 1956, Jean Popot[6] obtient le permis de construire de l’église Notre-Dame de la Merci[7] en juin 1958. Ce lieu de culte érigé par l’architecte Pierre Ragois à l’emplacement d’une ancienne glacière a été financé par les paroissiens réunis en association et par les Chantiers du Cardinal. Le 1er mai 1960, le cardinal Feltin (Delle, Territoire de Belfort, 15 mai 1883Thiais 27 septembre 1975) inaugure l’église Notre-Dame de la Merci. Le Père Jean Popot dit lui-même : « En souvenir de mes captifs, j’ai songé à dédier ce lieu de culte à Notre-Dame de la Merci ». Nommé à la Madeleine en 1961, retiré en 1971, il meurt le 13 juillet 1984. Monique Brix a peint un grand tableau de Notre-Dame de la Merci et réalisé les maquettes des vitraux modernes réalisés à Saint-Benoît sur Loire. Stéphane Daireaux réalise le Chemin de Croix mis en place en 2009. Les prisonniers incarcérés à Fresnes sont considérés comme paroissiens de Notre-Dame de la Merci.

Les nouvelles formes de captivité

Entre 1776 et le milieu du XIXe siècle se produisirent les derniers rachats des captifs au sens littéral du terme[8]. Il devint ensuite nécessaire de redéfinir les fonctions de l'Ordre. Ainsi, depuis la réforme de l'ordre en 1880 par le Grand Maître Pedro Armengol Valenzuela, on réfléchit profondément à ce que devait devenir la Merci dans le monde moderne.

L'Ordre fonda des écoles comme celle de Tirso de Molina[9] en 1910 à Ferrol (Espagne) et établit des missions comme à Piauí au Brésil[10].

Les Constitutions de l'Ordre actuellement en vigueur depuis 1986 précisent les formes de nouvelles captivités constituant le champ du quatrième vœu de la Merci. L'Ordre peut engager une action dans les cas suivants :

  • situation oppressante ou dégradante pour la personne humaine ;
  • principes et systèmes en contradiction avec l'Évangile ;
  • mise en péril de la foi chrétienne.

L'article 16 des Constitutions prévoient que l'Ordre doit pourvoir à l'aide, à la visite et au « rachat » des victimes[11].

Les Chants de la Merci de Marie Noël

En 1930, Marie Rouget, dite Marie Noël, poétesse et écrivain français ( 16 février 1883 à Auxerre23 décembre 1967) fait paraître les Chants de la Merci aux éditions Crès à Paris. Dès l’abord, l’exergue de la première de couverture ne laisse aucune ambiguïté sur la source mercédaire du recueil : « Ils entreprirent d’instituer un Ordre pour la Délivrance des Captifs. (Office de Notre-Dame de la Merci.) ». En outre le recueil porte la dédicace suivante : « À Raymond Escholier, mon ami, en l’honneur de son saint patron Père de la Merci, à mes amis, à mon prochain je donne ma poésie habillée en pauvre ».

Plus loin dans le recueil, en exergue d’un poème éponyme, elle cite à nouveau l’Office de Notre-Dame de la Merci : « Ils entreprirent d’instituer un Ordre pour la Rédemption des Captifs… se livrant soi-même pour la délivrance d’un grand nombre ». S’adressant à tous les captifs, y compris aux « âmes enchaînées », elle précise la mission spirituelle qu’elle entend donner à sa poésie : « Je donne mon aile pour alléger leur épaule et mon chant pour délivrer leur âme à travers champs ».

La seconde partie du recueil, datée de 1926-1928, est inaugurée par un « chant de la Divine Merci » qui exhausse la Miséricorde au sacrifice de Jésus, donnant ainsi son plein sens à la Merci, à la Rédemption. La première citation propose une vision préchristique du monde : « Jusqu’à ce jour la Création tout entière gémit et souffre dans les douleurs de l’enfantement. Paul, Romains, 8. » La seconde, au contraire, figure une vision rédemptrice de l’humanité par le Christ : « Mon Père est à l’œuvre et moi aussi je suis à l’œuvre. Jean, V, 17. »

Ainsi s’opère chez Marie Noël, en même temps qu’une filiation évidente avec l’Ordre de la Merci, une fusion spirituelle avec sa véritable vocation : aider à la Rédemption, au « rachat » des âmes captives, par le don de soi et de sa poésie.

Figures marquantes

Portrait du Père Francisco Zumel.

Histoire des Mercédaires par E. d'Ault et J.-P. Migne[12]

Portrait du Père Machado.

« L'ordre eut pour fondateur saint Pierre Nolasque. Issu d'une des premières familles du Languedoc, Pierre Nolasque fut placé comme gouverneur, par le célèbre comte Simon de Montfort, auprès du jeune Jaume ou Jacques I, qui monta sur le trône d'Aragon en 1196.

Mais, au milieu des pompes de la cour, il se livrait à la mortification et à la prière.

Touché de compassion pour les pauvres chrétiens qui gémissaient dans l'esclavage des musulmans, il résolut de se vouer à leur délivrance, et de sacrifier ses biens à cette œuvre.

Une apparition de la sainte Vierge le confirma dans cette charitable résolution, et saint Raymond de Penyafort, qui était son confesseur, l'encouragea à l'exécuter.

Le roi d'Aragon favorisa aussi de tout son pouvoir l'accomplissement de ce généreux dessein.

Des gentilshommes catalans s'étaient réunis, dès l'an 1192, pour former une congrégation qui avait pour but le rachat des captifs chez les mahométans. La plupart de ces gentilshommes embrassèrent avec ardeur la pensée de fonder l'ordre de la Merci, que leur suggéra Pierre Nolasque.

Les Pères Rédempteurs dans Histoire de Barbarie et de ses Corsaires (1637)

Des prêtres qui s'étaient agrégés à cette congrégation furent aussi admis dans l'ordre, qui fut d'abord institué comme ordre militaire, parce que les laïques qui s'y engageaient faisaient profession de combattre les infidèles par les armes, pour la défense de la foi. Quoique le troisième concile de Latran eût défendu, en 1179, qu'on établît aucun ordre religieux sans le consentement du saint-siège, on s'autorisa d'un induit des papes Grégoire VII et Urbain II, qui permettait aux rois d'Aragon de ne pas observer cette interdiction, pour instituer à Barcelone l'ordre de la Merci. Ce fut l'évêque de cette ville qui revêtit de l'habit de l'ordre saint Pierre Nolasque avec six prêtres et sept chevaliers. Par un quatrième vœu, ajouté aux trois vœux ordinaires, ils promirent d'engager leurs propres personnes, s'il était nécessaire, et de demeurer en captivité, pour la délivrance des chrétiens que les infidèles y retenaient.

Le roi d'Aragon voulut que les nouveaux religieux portassent sur leur scapulaire, comme marque de sa protection, l'écusson de ses armes, et il leur donna un quartier de son palais pour monastère. La chapelle royale leur servit d'église, et les chapelains de l'ordre furent en même temps ceux du roi. Le supérieur du monastère avait le titre de vicaire de la cour.


Les religieux de la Merci qui allaient chez les musulmans racheter les captifs, au risque de demeurer eux-mêmes en esclavage, s'appelaient Rédempteurs. Saint Pierre Nolasque fraya personnellement le chemin de ces périlleux voyages avec un autre religieux de l'ordre. Ils retirèrent en deux fois des mains des infidèles du royaume de Valence et de celui de Grenade quatre cents chrétiens.

Le pape Honoré III avait approuvé l'ordre de vive voix; mais il fut régulièrement confirmé en 1230 par Grégoire IX. Il prit alors un rapide accroissement ; des recrues lui vinrent de France, d'Allemagne et d'Angleterre, et les libéralités du roi lui permirent de bâtira Barcelone un magnifique couvent, où il installa son siège.

Jusqu'en 1235, l'ordre de la Merci avait suivi les statuts qui lui avaient été prescrits par saint Raymond de Pegnafort ; mais saint Pierre Nolasque obtint du pape, par une bulle datée de cette année, l'autorisation d'embrasser une des règles approuvées par l'Eglise, celle de saint Augustin.

Les premiers commandeurs généraux de l'ordre furent, comme saint Pierre Nolasque, des religieux laïques. Quand le roi d'Aragon fit la conquête de Valence, il donna à l'ordre de la Merci une mosquée, avec les bâtiments qui en dépendaient, pour en faire un monastère.

Saint Pierre Nolasque voulut aller en Afrique remplir la mission de rédempteur, dans l'espoir de rencontrer plus de difficultés et d'humiliations qu'il n'en avait éprouvé dans les différents voyages qu'il avait faits chez les musulmans en Espagne. Il trouva, en effet, ceux d'Afrique bien moins traitables : il fut accusé d'avoir facilité l'évasion de quelques esclaves chrétiens, chargé de chaînes et forcé de comparaître devant la justice mahométane, qui ne put s'empêcher de reconnaître son innocence. Le saint, craignant alors qu'on n'aggravât le sort des captifs à cause de la fuite de ceux qui s'étaient évadés, s'offrit en esclavage à leur place. Mais Dieu permit que son courageux serviteur arrivât à Valence, après avoir échappé au naufrage auquel l'avait exposé la perfidie du maître des fugitifs, qui avait ordonné qu'on l'abandonnât en pleine mer sur une tartane sans gouvernail ni voiles.

Au retour de cette campagne, Pierre Nolasque se démit de l'office de rédempteur et même de celui de commandeur général de l'ordre, pour vivre dans l'obéissance comme le plus humble des religieux, remplissant les fonctions les plus basses de la communauté.

Il fut heureux d'être chargé de distribuer les aumônes à la porte du monastère, parce que cet emploi lui donnait l'occasion de s'entretenir avec les pauvres et de les instruire de leurs devoirs envers Dieu.

Rachat de captifs chrétiens à Alger par des Mercédaires Rédempteurs. (vers 1670). « Les Religieux de la Mercy de France, qui font, un 4. Vœu de Rachepter les Captifs, et en cas de besoin de demeurer en leur place, ayant l'an 1662, rachepté en Alger environ 400(?) Esclaves et la(?) 1666 fait une rédemption à Tunis et en l'année 1667 une autre en Alger(?) »

La renommée de la pieuse humilité du fondateur de l'ordre de la Merci inspira à saint Louis le désir de connaître ce héros de la charité, qui se sentit lui-même épris d'une vive sympathie pour le vertueux roi de France. L'entrevue eut lieu en Languedoc, et il s'ensuivit, entre le saint qui siégeait sur le trône et celui qui balayait le monastère des religieux de la Merci, un commerce épistolaire, qui dura jusqu'à la mort de ce dernier, survenue en 1256. Il n'avait fallu rien moins que les infirmités de la vieillesse pour empêcher Pierre Nolasque, que séduisait l'espoir d'une abondante rédemption de captifs, de suivre saint Louis en Orient. Le père des religieux de la Merci fut canonisé par Urbain VIII, en 1628.

Guillaume de Bos , Français de nation , qui avait succédé à saint Pierre Nolasque dans l'office de commandeur général de l'ordre de la Merci, lorsque le fondateur s'en était démis, racheta ou fit racheter, pendant son généralat, quatorze cents esclaves chrétiens. Il mourut octogénaire, à la fin de l'année 1269.

Après la mort d'Arnaud Rossignol, qui fut le dernier général laïque, le saint-siège décida, dans la première moitié du XIVe siècle , qu'on élirait désormais un prêtre pour remplir cette charge.

La plupart des religieux chevaliers témoignèrent leur mécontentement en quittant l'ordre de la Merci pour entrer dans celui de Montesa, que le roi d'Aragon venait d'instituer dans ses États et de mettre en possession des biens des Templiers, récemment abolis par le concile de Vienne. Ce passage des chevaliers d'un ordre dans l'autre fut ensuite approuvé par le souverain pontife. Il parait que les chevaliers qui restèrent dans l'ordre se séparèrent entièrement des prêtres, et qu'ils quittèrent la règle de saint Augustin, pour prendre celle de saint Benoît. A la demande de Philippe II, roi d'Espagne, le pape ordonna qu'une visite des couvents de l'ordre, qui avait besoin d'être réformé, serait faite par des religieux de l'ordre de Saint-Dominique.

Le père François de Torres fut ensuite élu vingt-neuvième général des religieux de la Merci. Mais le saint-siège ordonna que les généraux, dont l'office avait été jusque-là à vie, n'en exerceraient plus les fonctions, à l'avenir, que pendant six ans.

L'ordre de la Merci s'est encore plus étendu en Amérique, où il avait huit provinces , qu'en Europe , où il en avait trois en Espagne et une en France, connue sous le nom de province de Guyenne.

Il a produit trois cardinaux, dont l'un , Raymond Nonat, était resté huit mois en otage entre les mains des musulmans. Les Rédempteurs se résignaient volontiers à ce sort, soit pour racheter un plus grand nombre de captifs, soit pour avoir occasion de travailler à la conversion des infidèles. Ni les menaces, ni les tourments ne purent empêcher Raymond Nonat de prêcher la parole de Dieu au milieu des ennemis de la foi chrétienne ; et, pour le réduire au silence, il fallut lui percer les lèvres avec un fer chaud, et lui mettre un cadenas à la bouche. Un grand nombre d'archevêques et d'évêques sont sortis de l'ordre de la Merci, qui a aussi fourni plusieurs saints à l'Église.

Une réforme, qui fut faite dans l'ordre de la Merci au XVIe siècle, fut l'œuvre du père Jean-Baptiste Gonzalez, né en 1553, d'une ancienne famille de Castillo. Sachant que les religieux de son ordre convertissaient, au péril de leur vie, un grand nombre d'infidèles au Pérou, il demanda et fut autorisé à aller participer aux travaux de ses frères. C'est à son retour de ce voyage qu'avec l'aide de la comtesse de Castellar, qui lui fit bâtir deux couvents , et qui lui obtint du pape Clément VIII les brefs nécessaires, il réalisa une réforme dans son ordre. L'observance fut approuvée dans un chapitre tenu à Guadalaxara en 1603, et le père Jean-Baptiste substitua le nom du Saint-Sacrement à son nom de famille.

Les religieux réformés de l'ordre de la Merci portaient des sandales semblables à celles des capucins.

Il y eut aussi des religieuses de l'ordre de la Merci ».

Liens externes

Saints appartenant à l'Ordre Mercédaire

Références

  1. Adeline Rucquoi, directeur de recherche au CNRS, L’Homme Nouveau, février 2008.
  2. Volumes 20-23 de Encyclopédie théologique, Volume 2 de Dictionnaire des ordres religieux, ou, Histoire des ordres monastiques, religieux et militaires et des congrégations séculières de l'un et de l'autre sexe, qui ont été établies jusqu'à présent, Pierre Hélyot, 1863, p. 928
  3. Dictionnaire universel François et Latin: contenant la signification et la définition, de Trevoux ; Éditeur : Gandouin, 1732, vol. 5, p. 212
  4. Documents du Chapitre Général de l'Ordre de la Merci, Rome, 1er - 22 mai 2010 in Bulletin de l'Ordre de la Merci, numéro spécial annuel 82 (2010), p. 331.
  5. Bulletin année 81 / 1 (2009), Rome, p. 181.
  6. Jean Popot (Abbé), J'étais aumônier à Fresnes, Paris, Librairie Académique Perrin, 1962
  7. Jean Popot (Abbé), La Paroisse, Dieu a tissé la toile, Paris, Librairie Académique Perrin, 1965
  8. AA,L'Ordre de Saint-Marie de la Miséricorde (1218 - 1992). Aperçu historique, Rome, 1997, p. 235 à 239
  9. http://www.tirsoferrol.org/content/view/17/23/
  10. http://www.mercedarios.org.br/index
  11. Constitutions de l'Ordre de la Bienheureuse Notre-Dame de la Merci, Rome, 1986
  12. Dictionnaire historique, géographique et biographique des croisades, Edouard d'Ault-Dumesnil, Jacques-Paul Migne, 1852, p. 106 et 107 de l'introduction

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