Journées de mai à Barcelone


Journées de mai à Barcelone
Journées de mai à Barcelone
Informations générales
Date 3 mai 1937 - 8 mai 1937
Lieu Barcelone et plusieurs localités de Catalogne

(Espagne)

Issue Victoire des représentants de l'Etat républicain décisive
Belligérants
Flag of Spain 1931 1939.svg République espagnole

Flag of Catalonia.svg Généralité de Catalogne

Bandera CNT-AIT.svg Milices confédérales
  • CNT/FAI
  • FIJL
  • Agrupación de los Amigos de Durruti

Partido Obrero de Unificación Marxista flag.svg POUM
Flag of the Soviet Union.svg Sección Leninista-Bolchevique

Commandants
Lluís Companys
Artemi Ayguadé
Eusebio Rodríguez Salas
Guerre d'Espagne
Batailles

Les Journées de mai (Jornadas de Mayo de 1937), souvent désignées sous les noms d'Evénements de mai (Sucesos de Mayo) ou des Actions de Barcelone (Hechos de Barcelona), sont une série d'affrontements survenus principalement entre mars et mai 1937 à divers endroits de la province de Catalogne, mais tout particulièrement dans la ville de Barcelone. Ils ont opposé face à face, d'une part des anarchistes et des groupes trotskistes partisans de la Révolution sociale, l'Etat républicain, la Généralité de Catalogne et des groupes politiques socialistes et communistes, d'autre part.

Ces journées sont considérées comme le plus grave des affrontements pour la légalité entre les représentants de la République espagnole de 1932 et les partisans d'une révolution sociale, en progrès constants depuis juillet 1936.

Sommaire

Contexte

Conditions politiques

Affiche du Syndicat unique - Branche des transports (1936), sous le contrôle de la CNT-AIT-FAI.

Depuis que la révolte militaire avait échoué à Barcelone en juillet 1936, la ville et toute la région catalane étaient restés sous le contrôle des milices ouvrières, spécialement celles des synadicats anarchistes de la CNT-FAI et socialistes de l'UGT. Après s'être emparé des derniers quartiers de la révolte, les leaders anarchistes s'étaient unis à Lluís Companys, président de la Généralité, afin de constituer un « Comité central des milices antifascistes de Catalogne » (Comitè Central de Milícies Antifeixistes de Catalunya): ce Comité devint le vrai gouvernement de la Catalogne. La majorité des partis et syndicats du Front d'Esquerres (nom donné au Front Populaire en Catalogne) y étaient par ailleurs représentés.

La Généralité et le gouvernement central madrilène avaient perdu toute capacité d'action face à ce Comité et assistaient passifs à la révolution sociale qui avait lieu en Catalogne et s'étendait à l'Aragon. La plupart des industries furent collectivisées, sauf les banques, qui restèrent sous contrôle de la Généralité. Or, à diverses reprises, les banques refusèrent des crédits que sollicitait le Comité, au motif que ses activités échappaient à la surveillance de la Généralité. Au mois d'octobre 1936, le comité fut finalement dissous, et ses membres nommés consellers du gouvernement de la Généralité. Mais les patrouilles de contrôle, bras armé du Comité et contrôlé par la CNT-FAI, poursuivirent leurs activités avec une totale liberté, vue l'impossibilité du gouvernement catalan à pouvoir les contrôler.

Pourtant, un climat de méfiance et d'affrontement était présent non seulement entre les institutions républicaines et les organisations ouvrières, mais également à l'intérieur de celles-ci, spécialement entre les anarchistes d'un côté et de l'autre les socialistes, les nationalistes catalans et les communistes. Même entre les communistes existaient de fortes divisions : d'un côté se trouvaient les communistes « staliniens » du PCE et du PSUC qui suivaient la doctrine officielle de l'URSS, étaient partisans de l'alliance objective avec la bourgeoisie républicaine et donc de séparer les buts de la guerre et de la révolution ; de l'autre, les communistes libertaires du POUM, radicalement opposés à Staline et ses partisans souhaitaient mener de front révolution et guerre civile.

La tension augmenta considérablement durant l'hiver 1936-1937 à cause d'un enchaînement d'événements qui échauffèrent considérablement le climat politique et préparèrent la voie à un affrontement de plus grande ampleur. Le POUM, malgré ses divergences politiques avec Trotski et sa ligne politique, lui avait en effet proposé de venir en Catalogne. La campagne de dénigrement du POUM par le PCE s'intensifia, notamment au mois de mars lors de la tenue d'une grande conférence à Valence (capitale de la République espagnole depuis le retrait de Madrid par le gouvernement). Les leaders du POUM furent accusés d'être des agents des nazis cachés sous une fausse propagande révolutionnaire, constitués comme de véritables agents ennemis insinués dans le pays.

En même temps, la tension dans les rues de Barcelone commençait à être palpable avec l'arrivée du printemps : les Patrouilles de contrôle, sous la direction de José Asenso, continuaient d'arrêter et exécuter arbitrairement les suspects. D'autres patrouilles anarchistes, sous couvert d'expropriations populaires, se livrèrent au pillage. Josep Tarradellas, bras droit de Companys, était décidé à réunir les diverses forces de sécurité en Catalogne sous un seul commandement et en finir, de cette façon, avec les patrouilles de contrôle. Le 26 mars, il interdit par décret que les membres de la police eussent une filiation politique et ordonna la remise de toutes les armes que possédaient les partis politiques. Les anarchistes se retirèrent immédiatement du gouvernement de la Généralité. Cette première crise obligea Companys à céder aux exigences des anarchistes et à leur rendre les armes, permettant aux patrouilles de contrôle de poursuivre leurs activités.

Le 25 avril, une force de carabiniers (chargés du contrôle des frontières sous la IIe République), sur ordre de Juan Negrín, ministre de l'Economie, obligea les patrouilles de la CNT à leur céder la charge du contrôle des douanes de Puigcerdá. La région de Puigcerdá, au nord de la Catalogne, servait de centre d'espionnage, falsification de passeports, passages clandestins de la frontière. Après un violent affrontement, où le maire de Puigcerdá, Antonio Martín, et ses hommes trouvèrent la mort, les carabiniers reprirent possession des bureaux de douane. Juan Negrín décida d'étendre le contrôle de la République aux autres postes de douane avec la France.

Au même moment, la garde civile et la garde d'assaut étaient envoyées à Figueras et dans d'autres villes du nord de la Catalogne pour se substituer aux patrouilles de la CNT. À Barcelone on commença à craindre qu'éclate une guerre ouverte entre les anarchistes et le POUM d'une part, le gouvernement et les communistes d'autre part. Chaque camp constitua des dépôts d'armes et des munitions et fortifia ses édifices en secret, de peur d'une attaque. Le calme fut conservé pourtant durant la première semaine du mois de mai. Le premier mai, qui aurait dû être une journée de fête, se déroula en silence : l'UGT et la CNT s'étaient mis d'accord pour suspendre les défilés qui auraient occasionnés des désordres.

Forces en présence

Trois forces politiques ont participé à la préparation et au développement des événements qui ont plongé Barcelone dans le chaos. La CNT, les jeunesses libertaires, le POUM et d'autres groupes de moindre importance comme les anarchistes de l'Agrupación de los Amigos de Durruti ou les trotskistes de la Section bolchevique-léniniste d'Espagne.

Face à eux, plusieurs groupes moins importants souhaitaient le retour à la légalité républicaine, qu'il s'agisse du gouvernement central de Valence ou de la Généralité. Ils étaient principalement représentés par l'ERC ou le PSUC. Le PSUC avait pour objectif prioritaire de gagner la guerre, considérant que sans la victoire il était inopportun de soutenir un mouvement révolutionnaire. Il entendait se présenter comme un parti efficace face au chaos révolutionnaire et défendait le raffermissement du gouvernement central qui se substituerait les comités locaux. Pour l'obtenir il fallait mettre sur pied une armée organisée et disciplinée, instruite et dirigée par un commandement unique.

Un troisième secteur était composé par l'aile « possibiliste » de la CNT. Ces hommes souhaitaient la cessation immédiate des hostilités entre les deux camps précédents.

Combats

2 mai

3 mai

4 mai

5 mai

6 mai

7 mai

8 mai

Conséquences

Dans la culture populaire

Les Événements de Mai ont eu un impact très fort dans les esprits contemporains, au point d'inspirer à de multiples reprises des romans et des films.

  • Hommage à la Catalogne, roman de George Orwell, est le premier et le plus fameux des récits qui relate ces « journées de mai ». L'ouvrage est d'ailleurs publié en avril 1938, moins d'un an après la fin des événements. L'écrivain anglais reste une source intéressante dans la mesure où il fut témoin direct des combats, en tant que milicien du POUM.
  • La place du Diamant, roman de Mercé Rodoreda publié en 1962, considéré comme l'une des œuvres majeures de la littérature catalane d'après-guerre, raconte l'histoire d'une fille, Natalia, qui voit ses rêves brisés par la guerre. Elle assiste en particulier aux événements tragiques de mai.
  • La place du Diamant, film de 1982 réalisé par Francesc Beatriu, basé sur le roman du même nom.
  • Les Mémoires du Général Escobar, film de 1984 réalisé par José Luis Madrid, raconte l'histoire du général Antonio Escobar et le rôle qu'il joua dans la guerre civile et les Événements de Barcelone.
  • Land and Freedom, film de 1995 réalisé par l'Anglais Ken Loach, inspiré des pages de George Orwell. La partie finale du film traite des événements de Mai, auxquels le héros assiste.

Bibliographie

Sources

Voir aussi


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