Panceltisme


Panceltisme


Le panceltisme (parfois abrégé en celtisme) est un ensemble d'idées qui postulent des intérêts communs entre les populations qui parlent des langues celtiques ou partagent des éléments de culture pouvant être caractérisés comme relevant de coutumes ou de récits mythologiques celtiques. Les références aux anciennes civilisations celtiques ont parfois été appliquées à des territoires où ne subsistent pas de langue celtique, comme l'ancienne Gaule (hors la Bretagne) ou l'Espagne qui incluait la France actuelle, , la Belgique, une part de la Suisse et la partie Nord de l'Italie.

Contrairement aux autres tentatives d'additions de territoires partageant un héritage linguistique, comme le pangermanisme, le panslavisme, le panhellénisme ou le pantouranisme, le panceltisme n'a généralement pas eu pour but de réunir politiquement les territoires ayant des langues celtiques vivantes, probablement du fait que ceux-ci sont morcelés dans des îles, des presqu'îles et des péninsules à l'extrémité Nord-Ouest de l'Europe et qu'ils sont ou ont été rattachés à des ensembles politiques puissants (France et Royaume-Uni).
Les visées politiques se sont limitées à des espoirs d'obtenir des autonomies politiques locales de la part des États respectifs et surtout à des fraternisations et des échanges culturels. Un héros légendaire, Arthur, présent dans les récits folkloriques de tous les territoires de langue celtiques apparaît comme le personnage symbolique du panceltisme, puisqu'une légende, attestée au Moyen Âge, dit qu'il n'est qu'endormi dans l'île d'Avalon et qu'il reprendra la tête des Bretons insulaires pour abattre la domination anglo-saxonne.

Le panceltisme a eu ses heures de gloire de 1838 à 1939, mais après la 2e Guerre Mondiale qui avait mis un frein aux relations entre nations celtiques, le terme interceltisme s'impose. On parle alors de renouveau celtique et de relations interceltiques qui se concrétisent par le biais de jumelages de collectivités territoriales et par des manifestations culturelles comme le Festival interceltique de Lorient, les Celtic Connections à Glasgow, le Festival panceltique d'Irlande, le Festival des médias celtiques, le festival d'art Celtic Vision en Irlande et le championnat d'Europe des luttes celtiques.
Il existe des festivals à thèmes celtiques (chants, danses, reconstitutions historiques, conférences) sur tous les continents[1] et l'un d'entre ayant valeur de symbole, car il se déroule dans un pays vu comme très latin, le Festival Celtica à Aoste (Italie)[2].

Après la guerre de 1939-1945, deux organismes panceltiques (ou interceltiques) se partagent la scène : le Congrès celtique et la Ligue celtique. Parallèlement, des associations se consacrent à des échanges bilatéraux : Bretagne-Écosse, Bretagne-Irlande, Bretagne-Pays de Galles, Bretagne-Galice.
New World Celts (Celtes du Nouveau Monde)[3], fondé en 2001 en Floride, et qui veut promouvoir les cultures des 6 pays celtiques principaux en dehors de l'Europe, a des sections dans le Sud-Est des États-Unis, au Japon et en Australie, ainsi que des représentants à Hawaï et en Nouvelle-Zélande.

Les Six Nations définies comme le foyer des Celtes modernes par le Congrès celtique et la Ligue celtique

Sommaire

Langues celtiques actuelles et anciennes concernées

Les langues et régions concernées sont :

Langues gaéliques

Langues brittoniques

Ces langues sont les héritières du breton antique parlé sur la majeure partie de la Grande-Bretagne avant le Ve siècle

Langues celtiques disparues

  • Celtibère, langue attestée uniquement par des inscriptions sur le plateau de Castille et en Aragon[4],[5].
  • Gaulois (inscriptions et toponymes dans la majeure partie de la France continentale, en Belgique, en Suisse et en Allemagne du sud)
  • Cambrien, dialecte brittonique, proche du gallois, parlé jusqu'au XIe siècle dans le nord de l'Angleterre et le sud de l'Écosse
  • Lépontique, région des lacs Italie du nord, langue distincte du gaulois cisalpin, également en Italie du nord[6]

Diaspora des peuples celtes

Les pays de colonisation ont accueilli beaucoup de personnes originaires des îles de Grande-Bretagne et d'Irlande, particulièrement au Canada, aux États-Unis, en Australie et en Nouvelle-Zélande.
Pour les descendants des Irlandais, la fête de la Saint-Patrick, le 17 mars, est l'occasion de manifestations publiques et privées, dont la plus célèbre est le grand défilé des New-Yorkais, mais elle est aussi célébrée aussi dans les grandes villes des États-Unis et de l'Australie.
Une colonisation par des Gallois a eu lieu en Argentine dans la province du Chubut et il reste à l'heure actuelle une communauté galloisante de quelques centaines de personnes.
Les Bretons ont émigré de manière moins organisée et moins concentrée, mais constituent de petites communautés qui se rassemblent autour de groupes de musique et de danse, de clubs sportifs, et, depuis quelques années, la fête de la Saint-Yves (19 mai), consacrée en 2011 Fête de la Bretagne par la Région Bretagne, est devenue, plus modestement, un pendant de la Saint-Patrick, au-delà de la Bretagne, dans plusieurs pays du monde et aussi en France.
Au sein du mouvement revivaliste celtique du début du 21ème siècle, une attention est accordée à ces communautés locales et, significativement, le thème principal du Festival Interceltique de Lorient en 2011 était "les diasporas celtiques".

Musiques celtes et hymnes celtiques

"L'Héritage des Celtes", une suite de chants et de musiques issues de Bretagne, Galice, Écosse, Pays de Galles et Irlande jouées en concert et sur disque par des artistes de ces pays[7], a obtenu un certian succès, lors de tournées en Europe et en Amérique du Nord. La première version a été jouée au Festival de Cornouaille, à Quimper, en 1993.
Plusieurs enregistrements de disques ont ensuite été réalisés.
Beaucoup d'artistes étiquetés comme chantant ou jouant la musique de leur pays ont connu des succès particulièrement importants dans les pays celtiques et les pays à forte immigration celtique : The Chieftains, The Pogues, Glenmor, Alan Stivell, Dafydd Iwan, Brenda Wootton... Le cantique, Amazing Grace", écrit est composé par un prêtre anglican au 18-e siècle et repris à la cornemuse écossaise est souvent considéré comme un hyme celtique transnational, mais le morceau instrumental de Dan ar Braz, partie de "l'Héritage des Celtes", est promu aussi par certains comme un autre hymne celte de référence.
Les Bretons et les Gallois ont une musique commune pour leurs hymnes nationaux respectifs, ce qui leur permet de les chanter en chœur, lors de certaines manifestations.

Avant le XXe siècle

Les prémices du panceltisme

Au début du XVe siècle, la Réforme est un élément majeur de séparation entre les Bretons et les autres locuteurs celtiques insulaires par-delà la Manche qui, depuis la Préhistoire, n'est pas un véritable obstacle aux échanges de tous ordres[8].Le schisme anglican a renforcé les antagonismes permanents entre les deux États que la mer sépare et l'alliance antiprotestante de la France avec les Stuarts exilés par la Révolution anglaise n'avait pas de motifs culturels, non plus que la Auld Alliance antérieure entre la France et l'Écosse.
L'Irlande et l'Écosse subissent la domination anglais, destructrice des langues celtes locales, et les Gallois doivent attendre le milieu du XIXe siècle pour voir une renaissance de leur langue après la disparition des princes locaux qui avaient leurs les bardess, poètes officiels. La création du Gorsedd des bardes de l'Île de Bretagne en 1792 et le renouveau des fêtes littéraires, appelées Eisteddfodau avait ponctué ce « revivalisme » culturel.
Au tournant du XVIIIe siècle, deux érudits mirent en évidence le fait que trois langues celtes, le breton, le cornique et le gallois avaient une origine commune s'expliquant par leur parenté avec celles des Bretons et des Gaulois antiques.
Un moine, natif d'Hennebont, Paul-Yves Pezron (1636-1706) fait paraître, à Paris, en 1703, L'Antiquité de la nation et de la langue des Celtes, autrement appelés Gaulois, tandis que le Gallois, Edward Lhuyd, conservateur du musée-bibliothèque d'Oxford, souhaitant comparer le breton et le gallois, commence une enquête linguistique en Bretagne, mais n'y reste que trois semaines, car il est pris pour un espion[9] et, avec les livres acquis, il en tirera profit pour son Archæologia Britannica (1707), ayant réellement fait le tour des pays celtiques, sauf l'Île de Man[10].
Dès 1706, un certain David Jones fait traduire et éditer à Londres le livre de Pezron qui apporte plus par ses comparaisons philologiques que par ses hypothèses historiques.
En Bretagne, Théophile Malo Corret de la Tour d'Auvergne, par ses recherches, parfois aussi aventurées, sur les parentés entre langues celtiques et François René de Chateaubriand, par l'exaltation du passé gaulois où les druides et les druidesses tiennent une place éminente, sont les premiers « à renouer avec la tradition vraiment celtique » selon François Jaffrennou en 1933.
Dès 1806, le Breton Jacques Cambry avait réuni à Paris une Académie celtique qui visait à étudier le passé celtique de la France et les linguistes bretons, Jacques Le Brigant et Jean-François Le Gonidec en était membres. Une correspondance avait été établie avec les membres londoniens de la société savante galloise, dénommée Cymreigiddion.
Au début du Modèle:-s-19-e, lors de sa renaissance culturelle, l'Écosse, à peine remise de la répression antijacobite qui a fait déplacer manu militari des milliers de paysans parlant gaélique, s'ouvre à la célébration de son passé celtique et de ses coutumes particulières comme les tissus utilisés pour distinguer les clans et les familles (les tartans). En 1820, à Édimbourg, célébrée alors comme l'Athènes du Nord, est créée la Société celtique royale, avec le soutien du roi George IV.
C'est une initiative de jeunes gens pétris de littérature qui marque le début des idées panceltiques avec comme principaux initiateurs Théodore Hersart de la Villemarqué et Alphonse de Lamartine. Tous sont influencés par les poèmes épiques attribuées à Ossian par James Macpherson qui prétendait avoir trouvé les originaux en gaélique écossais[11]. Les territoires brumeux qui sont associés au climat océanique des territoires celtiques paraissent le cadre idéal pour l'épanchement de sentiments romantiques comme le rêve de gloire, les sentiments mêlés ou la nostalgie.

L'époque romantique du celtisme

À l'automne 1838, Théodore Hersart de la Villemarqué, un élève de l'École des Chartes ayant obtenu une mission officielle de collecte de textes gallois, s'embarque pour la petite ville galloise d'Abergavenny où doit se tenir la fête culturelle nationale du Pays de Galles, l'Eisteddfod, au cours de laquelle le collège (gorsedd en gallois) des bardes de l'Île de Bretagne se réunit et donne des investitures à de nouveaux membres. Cette investiture est donnée à La Villemarqué et à une vingtaine de jeunes Français, parmi lesquels Louis de Jacquelot du Boisrouvray, Louis de Carné-Marcein et à Félix du Marhallac'h, futur prélat, Jules de Francheville et Antoine Mauduit.
Auguste Brizeux et Jean-François Le Gonidec ont décliné l'invitation et Alphonse de Lamartine, empêché de venir, envoie, pour qu'il soit lu, un poème où apparaît l'image de l'épée d'Arthur, qu a été brisée et dont chaque morceau serait maintenant de chaque côté de la mer[12].
L'idée fondamentale, dénommée néodruidisme, dans une version purement brittonique excluant l'Écosse et l'Irlande, est que, seuls, les Gallois ont gardé un lien ininterrompu avec leur antique civilisation, dans laquelle les druides étaient les conseillers religieux et culturels des autorités et les bardes les détenteurs de l'inspiration divine. Cela repose sur les travaux de l'érudit gallois Iolo Morganwg qui, au XVIIIe siècle, prétendait avoir retrouvé des documents "druidiques" ayant traversé les siècles, parmi lesquels les Triades galloises[13].
Le collège des bardes de la Grande-Bretagne est donc perçu comme la seule autorité qui puisse valablement admettre les jeunes Bretons en son sein avant de leur permettre de créer une filiale continentale. Muni, semble-t-il de cette autorisation, Hersart de la Villemarqué crée, en 1857, la Breuriez Breiz (Fraternité de Bretagne) qui n'admettra qu'une vingtaine d'hommes de lettres écrivant en breton. L'activité semble avoir été réduite à l'envoi par le "Grand Pilote" de diplômes de bardes attribuant des titres pompeux en breton.
Côté Pays de Galles, François Alexis Rio, un Breton ayant reçu la Légion d'honneur pour sa contribution à la Chouannerie et qui a été envoyé en mission diplomatique en 1833 et un couple de nobles gallois, Lord et Lady de Llanover (Benjamin et Augusta Hall)[14] sont les plus actifs dans l'établissement de relations avec la Bretagne et hébergent les voyageurs, d'autant que, par ailleurs, le couple Hall finance abondamment la promotion de la langue et de la littérature galloises.
La Villemarqué reçoit le titre de "Bardd Nizon" (Barde de Nizon, la commune de son enfance) et se déclare ému d'avoir été "reçu selon les anciens rites des 5ème et 6ème siècles, qui se sont transmis jusqu'à nous". Ses hôtes organisent ensuite un voyage à Glastonbury et à Stonehenge, perçus comme des lieu éminents des Celtes anciens. À Merthyr Tydfil, il collabore avec Lady Charlotte Guest, qui est connue comme traductrice de des textes classiques gallois. Il se fait aider par des bardes rencontrés au fil des visites et emporte d'Oxford, en février 1839, à fin de le publier en français, une transcription du Livre rouge de Hergest.
En 1853, le philologue allemand, Johann Kaspar Zeuss, publie la Grammatica Celtica, instrument d'études encore utilisé et qui, établissant une comparaison scientifique entre les langues celtiques, fournit un socle pour le lancement des études celtiques dans toute l'Europe.
En 1854, l'éminent professeur français, Ernest Renan, qui pratique le breton, publie un Essai sur la poésie des races celtiques (deuxième édition en 1859)[15]. En 1864, la Revue de Bretagne et de Vendée publie un "Appel aux représentants actuels de la race celtique" écrit par un écrivain parisien, spécialiste du breton et du gallois, Charles de Gaulle, un oncle du général et qui est le premier manifeste du panceltisme, dans un esprit très conservateur et très chrétien. L'article est repris et augmenté, sous la forme d'un livre, intitulé "Les Celtes au XIXème siècle ... et paraît en 1865 à Paris et à Nantes. On y trouve une idée qui résume le nationalisme à base linguistique  : «La langue du conquérant dans le bouche du conquis est toujours la langue de l'esclavage»[16].

1867-1898

En 1867, un congrès celtique, le premier du genre, est organisé à Saint-Brieuc dans un but avant tout d'échanges littéraires et culturels avec pour but avoué de créer un Eisteddfod à la bretonne[17]. L'un des initiateurs du congrès, avec La Villemarqué et Henri Martin, est Charles de Gaulle qui s'est chargé des contacts avec les Gallois.
C'est la Société d'émulation des Côtes-du-Nord qui invite officiellement et une poignée de Gallois y répond, entre autres, le harpiste aveugle du couple aristocrate de Llanover envoyé pour les représenter[18].
Cette réunion n'a pas de suites pratiques pour les relations interceltiques, car la querelle du Barzaz Breiz a créé des inimitiés et le rendez-vous projeté à Brest pour 1868 est annulé. François Luzel et René-François Le Menn mènent ensuite une campagne privée discrète contre la nouvelle idée qu'est le "bardisme" et vont jusqu'à organiser une parodie des cérémonies bardiques galloises à proximité même du château de La Villemarqué[19].

Cependant, l'établissement de la paix avec le Royaume-Uni favorise alors des visées croisées de missions dépêchées outre-Manche pour amener les « frères celtes » à la « vraie » foi. Des missionnaires bretons vont prêcher en gallois au pays de Galles et des pasteurs gallois établissent des missions en Basse-Bretagne et apprennent le breton. Il en résulte des dictionnaires ou des grammaires, français-gallois ou breton-anglais, et des traductions de la Bible en breton financées par des associations protestantes britanniques.
Les transports et le commerce transmanche s'accroissent à mesure que les bateaux se perfectionnent avec l'arrivée de la vapeur et du fer. Un intense commerce s'établit entre le Pays de Galles et les ports bretons (charbon gallois contre produits agricoles, dont le bois), tandis que la connaissance de l'anglais se répand dans les classes supérieures françaises, alors que de nombreux Gallois, Écossais et Irlandais s'intéressent au breton.

Après que Paris ait vu, en 1873, l'apparition de la Revue celtique, d'Henri Gaidoz, les idées panceltiques atteignent l'Écosse, grâce à la parution du Celtic Magazine (1875-1888), dont le relais est pris en 1893 par The Celtic Monthly, tous deux édités à Inverness.

Vers 1890, arrive en Bretagne l'air national gallois, repris et traduit sous forme d'un cantique par un pasteur gallois installé à Quimper. Avec des paroles plus nationalistes, il deviendra, dans l'adaptation de François Jaffrennou en 1898, le "Bro gozh va zadoù" ("Vieux pays de mes pères"), l'hymne revendiqué comme hymne national breton.

En 1895, il ne manque que 26 voix pour que le Parlement de Londres adopte une proposition de loi pour l'auto-détermination des pays celtiques de Grande-Bretagne. Elle a été présentée par Sir Henry Dalziel avec le soutien du Gallois Lloyd George.

De 1899 à 1945

Les premières organisations panceltiques

Premières tentatives

Une première Ligue celtique fut créée en 1886 en Grande-Bretagne, mais elle ne fonctionna pas très longtemps, pas plus qu'une Société panceltique fondée à Dublin en 1888.

L'Association celtique de Lord Castletown

Un congrès celtique international se tient à Dublin en 1899 et l'Union régionaliste bretonne (URB), qui a été fondée l'année précédente, décide d'y déléguer le jeune président de la Fédération des étudiants bretons, François Jaffrennou, afin de porter au niveau international sa protestation contre la première circulaire du président du conseil et ministre des Cultes, Émile Combes, qui vise à limiter l'usage du breton par le clergé catholique.
Ce congrès avait été organisé par la première organisation panceltique, l'Association celtique (Celtic Association), établie à Dalkey, près de Dublin, par un jeune professeur d'université dublinois, Edmund Edward Fournier d'Albe (barde Negesydd) qui avait été le délégué irlandais au congrès constitutif de l'URB.
. Sa revue mensuelle en français, anglais et langues celtiques est appelée Celtia. .
L'Association celtique et son journal sont financés par Bernard Fizpatrick, Lord Castletown of Upper Ossory, dont le représentant dans l'association est le comte papal George Noble Plunkett, père de Joseph qui sera exécuté pour son rôle dans l'insurrection de Pâques 1916 à Dublin.
Avant le premier congrès tenu à Dublin en août 1901, est tenu à Cardiff un Eisteddfod, auquel participent, le 17 juillet, 24 personnalités bretonnes, dont Anatole Le Braz, président de l'Union régionaliste bretonne, Charles Le Goffic, vice-président, François Vallée, Jean Le Fustec, Régis de l'Estourbeillon, député du Morbihan, Olivier Le Gonidec de Traissan, député d'Ille-et-Vilaine, Louis-Albert Bourgault-Ducoudray, compositeur de musique, Léon Durocher, poète et parolier, Lionel Radiguet, journaliste, Yves Riou, député-maire de Guingamp, Oscar Havard, journaliste, et François Jaffrennou Tous sont investis comme bardes "sur le dolmen" par le Gorsedd des bardes de l'Île de Bretagne.
Grâce à l'activisme d'Edmund Fournier d'Albe, qui, à un haut niveau scientifique, joignait des capacités linguistiques multiples, des congrès panceltiques purent être tenu en 1904 (Caernarfon-Carnavon), 1906 (Saint-Brieuc) et 1907 (Édimbourg).
L'Eisteddfod tenue à Swansea-Abertawe en août 1907 est l'occasion pour le Gorsedd gallois d'accueillir 21 personnalités bretonnes, parmi lesquelles Régis de l'Estourbeillon, François Jaffrennou, François Vallée, Henry de la Guichardière, Loeiz Herrieu, Paul Diverrès et Francis Éven.
En 1908, déçu par le peu de résultats obtenus, Fournier d'Albe renonce à faire fonctionner l'Association celtique pour se consacrer à une brillante carrière de physicien et de chimiste.
La première Association celtique semble n'avoir pas résisté à la conjoncture irlandaise, car le mouvement panceltique entrait en concurrence avec celui de l'insurrection irlandaise en gestation et spécialement avec la Ligue gaélique, alors dirigée par Douglas Hyde, futur président de l'Eire. Les Irlandais, en lutte avec la monarchie britannique, ne souhaitaient pas favoriser une fraternité celtique avec l'autre rive du Canal Saint-Georges.

Les manifestations panceltiques en Bretagne

Le congrès de Saint-Brieuc en 1906 avait été organisé principalement par le Gorsedd de Bretagne, en fait par Octave-Louis Aubert et Émile Hamonic, mais la municipalité avait accepté de le financer entièrement. Cette formule, plusieurs fois répétée par la suite par Jaffrennou et ses amis, copiait celle de l'Eisteddfod du Pays de Galles.
En 1908, un Congrès celtique international en forme de "festival celtique" est organisé à Brest, ainsi que la réunion du Gorsedd de Bretagne avec le concours de la ville et de la Dépêche de Brest. La municipalité de Brest prit en charge la venue en paquebot de 142 Britanniques, dont l'Archidruide du Gorsedd de Galles, Cadfan, et le député de Carmarthen, Llewellyn Williams[20].
Dans les mêmes conditions, le Gorsedd de Bretagne tient son assemblée annuelle à Nantes en 1910 et les festivités parallèles, ainsi que l'hébergement de 60 délégués gallois sont pris en charge par la municipalité et le comité de la foire-exposition.
Ces deux derniers congrès, comme d'autres, plus tard, étaient des initiatives du Gorsedd de Bretagne, qui ne s'inscrivaient pas dans l'organisation des congrès celtiques "officiels" et avaient parfois lieu la même année, ce qui faisait accuser Berthou et Jaffrennou de manquer d'esprit de collaboration interceltique.

L'Union celtique de Bruxelles

Une deuxième association celtique, appelée Celtic Union, est fondée en 1910 à Bruxelles par des Irlandais, dont le meneur s'appelle John de Courcy Mac Donnell. Elle publie un organe, The Pan celtic Quaterly (Le Trimestriel panceltique), mais disparaît en 1914, après n'avoir organisé que deux congrès à Bruxelles-Malines en 1911 et à Liège en 1912.
Lors du congrès celtique international de 1911, le roi des Belges, Albert Ier, lit une adresse du Grand Druide de Bretagne, Yves Berthou, qui propose de tenir le congrès de 1912 à Alésia comme symbole de la récupération par l'Europe continentale de son passé gaulois, donc celtique[21]

L'Union celtique et les congrès celtiques internationaux

La troisième organisation celtique réussit à maintenir une organisation régulière de congrès, les "congrès celtiques", tenus tour à tour dans chacun des pays celtiques du Nord de l'Europe. Cette Celtic Association ou Celtic Union était, au début, dirigée et financée par un parlementaire et industriel gallois, Edward Thomas John en s'appuyant sur l'Union des sociétés galloises, et avait pour secrétaire générale Agnes Ó Farelly, professeur d'université à Dublin.
Elle était secondée, pour le côté breton par le conseiller général du Finistère, Pierre Mocaër qui parlait et écrivait le breton, le gallois et l'anglais.
John n'aimait pas le terme pan-celtic et préférait l'adjectif simple[22]. Cependant, la mort de John, en 1929, porta un coup sévère à l'Union celtique. Celle-ci fut, alors, présidée par Agnes Ó Farelly, dont l'activité ne compensait pas le manque de charisme. Il manquait à l'organisation un organe de presse analogue à Celtia, comme le regrette Jaffrennou en 1932[23]. En 1939, il ajoute que les congrès panceltiques sont trop consacrés à des communications de type universitaire, ce qui ne peut intéresser la jeunesse.
De cette Union celtique subsiste le comité international du Congrès celtique qui existe toujours, sous la forme d'un organisme de droit anglais, et qui continue d'organiser, sauf empêchement, un congrès celtique annuel tournant dans les 6 pays celtiques du Nord. Bien que mis sur pied en 1920, il fait remonter symboliquement sa création à l'Association celtique et à l'admission en 1902 de la Cornouailles. Il se veut strictement apolitique, tout en demandant aux gouvernements respectifs des pays celtiques d'accroître la place accordée à l'enseignement des langues celtiques et aux cultures issues des pays celtiques.

En 1925, au Congrès de Dublin est posée la question d'une langue commune, car les délégués britanniques voudraient éviter de passer par l'anglais, dont les Bretons font aussi usage. Roparz Hemon propose alors d'utiliser l'esperanto, mais il est peu suivi.

En 1933, une demande d'adhésion parvint de la Galice, région d'Espagne, dont la langue régionale, le galicien, est proche du portugais, mais que la tradition dit avoir été peuplée par des Bretons venus de Grande-Bretagne au VIe siècle. Un grand écrivain galicien, Alfonso Castelao, voyage en Bretagne et la relation de son voyage contribue à lui donner une image « celtique » attrayante pour les Galiciens. La Galice n'est cependant pas admise dans l'organisation dénommée Congrès celtique ("The Celtic Congress").

Le Congrès celtique (Celtic Congress) a repris ses activités depuis la guerre de 1939-1945 en maintenant sa structure internationale : le comité international est composé de 4 administrateurs internationaux (1 président, 1 vice-président, 1 secrétaire et un trésorier) et de 2 administrateurs pour chacun des 6 pays celtiques qui ont leur propre comité national. Les congrès celtiques annuels tournants sont organisés et financés par le comité national qui les accueille[24].

Relations entre panceltisme et nationalisme

Les formations nationalistes bretonnes des années 1930 montreront un immense intérêt pour l'Irlande, dans laquelle ils verront un modèle en termes de méthode de libération par rapport à l'État central. Les attentats à l'explosif et la constitution d'armées secrètes attireront des jeunes en mal d'action concrète.
En 1929, Saunder Lewis, président du Parti national gallois écrit au Parti autonomiste breton que pour lui, "le mot celte n'a pas beaucoup de sens"[25]. Malgré leurs grands discours sur la race celte, les chefs nationalistes bretons ne cherchent pas à créer de véritables relations autres que des contacts politiques intermittents, avec les autres pays celtiques, sauf pour acheter une cargaison d'armes en Irlande comme cela se produisit.
Le panceltisme est probablement intrinsèquement régionaliste et, au contraire des autres « pan + nom de peuple », le nationalisme l'a fait refluer.

La deuxième Ligue celtique

En 1932, une Ligue celtique est créée à Baltimore, aux États-Unis, car son secrétaire général, Gerard Mac Caffrey, y réside. Le président est cependant Ruraidh Stuart Erskine of Marr, alors président du parti nationaliste écossais. Le secrétaire général adresse une proclamation au monde qui, selon Jaffrennou, énonce que la race celte, après avoir été conquise par les autres races, doit se connaître, se regrouper et, à l'exception de l'Irlande, déjà libre, obtenir sa liberté.

La troisième Ligue celtique

Depuis 1961 existe une organisation interceltique, la Ligue celtique (The Celtic League) qui souhaite intervenir directement dans le champ politique pour promouvoir les langues et les cultures des 6 pays celtiques et obtenir une autonomie régionale pour ceux qui dépendent du Royaume-Uni et de la France.
L'objectif est d'obtenir leur "libération politique, économique, culturelle et sociale" en favorisant la coopération des luttes nationales et en faisant connaître leur combat à l'extérieur. Le but implicite était d'établir des liens entres les organisations nationalistes respectives.
Elle a été longtemps présidée par Gwinfor Evans, qui présidait aussi le Plaid Cymru (parti national gallois) et qui l'a créée au Pays de Galles avec Yann Fouéré et Alan Heusaff. Son organe, rédigé dans toutes les langues celtiques actuelles, est le trimestriel Carn.
Elle connait un grand succès au départ en réunissant 150 délégués à Dublin en 1966, qui représentaient 5 000 adhérents[26].
Une première crise survint, en 1969, quand le président, Gwynfor Evans, toujours président du Plaid Cymru, fit un discours dans lequel, il semblait repousser l'idée d'une coopération politique avec les partis nationalistes de chaque pays celtiques, renvoyant le conflit irlandais à un conflit religieux et les faiblesses des organisations politiques bretonnes à leurs propres erreurs.
Le président dut démissionner et la Ligue dut amender ses statuts. La branche galloise cessa alors de fonctionner pendant plusieurs années[27].
Le principal résultat de la crise a été que les liens avec les partis nationaux ont été distendus et les buts ainsi reformulés : "Le but fondamental de la Ligue celtique est de soutenir, par des moyens non-violents, la lutte des nations celtiques, Bretagne, Cornouailles, Écosse, Îles de Man, Irlande, Pays de Galles, pour obtenir ou consolider la liberté culturelle, sociale et économique dont elles ont besoin pour leur survie et leur développement comme des communautés distinctes. Cela implique de : # travailler pour la restauration de chaque langue celtique, qui sont une caractéristique essentielle de chaque pays celtique pour être des moyens ordinaires de communication

  1. développer la conscience de la relation spéciale existant entre les peuples celtiques
  2. favoriser la coopération et la solidarité entre eux
  3. faire mieux connaître au niveau international les luttes nationales et leurs succès
  4. approfondir l'établissement de relations organisées entre les nations celtiques, avec comme but à long terme de créer des liens officiels associations entre elles
  5. (faire) reconnaître que les peuples celtiques ne seront libres que dans une société qui leur permettra de participer activement aux affaires nationales et à l'exploitation des ressources nationles pour le bénéfice de tous.

Le poste de président a été supprimé en 1972 et il n'y a plus qu'un Secrétaire général, actuellement Rhisiart Tal-e-Bot (Cornouailles).
Comme le Congrès celtique, elle a des sections dans chaque pays celtique sous forme d'associations locales, ainsi que des sections à Londres et aux États-Unis.

La coopération interceltique après 1945

Gallois et Irlandais sont informés du fait qu'un certain nombre de militants du Parti national breton, interdit pour collaboration avec l'ennemi, ont été arrêtés, souvent jugés et parfois lourdement condamnés, dont cinq à la peine capitale pour des actions armées. Des exécutions sommaires, des interdictions professionnelles et des brimades (pillages, par exemple) ont concerné quelques dizaines de personnes.
Une sorte de commission d'enquête internationale est envoyée depuis le Pays de Galles en 1946 et elle produit un rapport qui pointe, sans exagération, des anomalies. De toute façon, les peines prononcées sont de plus en plus légères et des acquittements et des grâces interviennent au fil du temps.
L'Irlande, qui n'a pas d'accord d'extradition avec la France, se distingue par l'hospitalité assez large qu'elle offre à plusieurs Bretons qui ont voulu s'éloigner ou qui ont été interdits de séjour et de métier. Roparz Hemon finit par obtenir un poste universitaire à Dublin, Alan Heussaff fait carrière dans la météorologie publique et Yann Goulet devient une sorte de sculpteur officiel.
Les échanges entre la Bretagne et, respectivement, l'Irlande et le Pays de Galles, reprennent et s'intensifient sur une base principalement culturelle. La première est appréciée pour la richesse de sa musique et les qualités de ses chanteurs, tandis que l'ancienne Cambrie offre sa langue cousine et son esprit social. La Cornouailles britannique est aussi incluse dans le jeu, car la plus proche, les noms de lieux et les paysages étant aussi des éléments communs avec la Bretagne. L'Écosse, plus lointaine, est moins présente dans les jumelages, mais la popularisation de sa cornemuse est un facteur d'attraction pour la musique bretonne en plein essor.
La Ligue celtique, une fois réformée dans un sens moins militant et moins nationaliste, a pu participer de manière efficace aux festivals interceltiques (festival panceltique d'Irlande, d'abord à Killarney, puis tournant, et festival interceltique de Lorient) créés respectivement en 1971 et 1972 et toujours existants.
Nombre de collectivités territoriales officialisent des jumelages des deux côtés de la Manche et de la Mer d'Iroise, ce qui nécessite des voyages transfrontaliers qui sont de plus en plus faciles, soit par ferrys transbordeurs, soit par avion. Après 1975, la création des lignes Britanny Ferries (Plymouth-Roscoff, puis Rosslare-Roscoff) permet des voyages en groupes beaucoup plus aisés avec un transbordement de véhicules.
En 1971, une organisation, de type ONG à but humanitaire, a été créée en Bretagne, principalement en relation avec la guerre civile dans le Nord de l'Irlande, le Secours populaire interceltique (SPI[28]). Elle a surtout servi à procurer des possibilités de vacances en Bretagne pour des enfants nord-irlandais.
La Galice, dont une partie des intellectuels valorise le passé celtique, est incluse dans le mouvement, en partie grâce à son grand écrivain, Àlvaro Cunqueiro, qui transpose les légendes arthuriennes dans son pays (Merlin e familia, 1955) et place un de ses romans en Bretagne (Crónicas do sochantre, 1956). Le fait que la gaïta galega, une cornemuse locale, soit comparable au biniou et à la cornemuse écossaise, a favorisé les échanges culturels et le succès international de Carlos Nuñez.
La création par la Britanny Ferries d'une ligne Roscoff-Plymouth-Santander sert, là-aussi, d'aiguillon pour des échanges avec les autres pays celtiques. Elle a entraîné une implication dans l'Interceltisme de la région voisine, les Asturies, qui revendiquent également un passé celtique. Significativement, le directeur du Festival Interceltique de Lorient est un Asturien, Lisardo Lombardia.
Cependant, les propositions d'admission de la Galice au Congrès celtique (1933) et à la Ligue celtique (1986) ont été rejetées, au nom du principe que le celtisme doit être basé sur le critère d'un langue encore parlée. Au Modèle:-s-21-e, le mouvement de décentralisation en France et son équivalent, au Royaume-Uni, qui est appelé dévolution donne un nouveau socle aux relations interceltiques quand elles s'établissent entre collectivités publiques, bien qu'il ne s'agisse par d'autonomie, ni de fédéralisme.
En 2011, le Cynulliad Cenedlaethol Cymru (Assemblée nationale galloise) et la Région Bretagne ont établi des liens officiels et dans les réceptions, l'hymne de chaque partie, dont la musique est commune, a été chanté en chœur. De la même manière, le Conseil général du Finistère a échangé des missions avec le Comté de Cornouailles.
Dans cette dernière, un mouvement politique se développe pour obtenir un parlement local, comme au Pays de Galles (1998) et en Écosse (1999).
En mai 2010, le Parti National Écossais a emporté la majorité du Parlement écossais et, lors de son congrès d'Inverness en novembre 2011, a présenté un plan sur quatre ans pour conduire le pays vers l'indépendance.


Liste des congrès panceltiques [29]

  • 1899 : Vannes - Réception officielle de cinq Gallois éminents
  • 1899 : Cardiff - Réception officielle par la Gorsedd de Galles de 18 personnalités bretonnes et de délégués écossais et gallois
  • 1901 : Dublin - 1er congrès "panceltique" organisé par une association spécifique, l'Association celtique
  • 1904 : Caernarfon (Pays de Galles). La Cornouailles y est admise, car, en 1902, Robert Morton Nance a présenté les preuves de la renaissance du cornique. Théodore Botrel et Émile Hamonic y sont présents.
  • 1906 : Saint-Brieuc
  • 1907 : Édimbourg (Écosse) - Congrès de l'Association celtique
  • 1907 : Swansea (Pays de Galles) - 17 Bretons reçus par le Gorsedd de Galles
  • 1908 : Brest -Festival financé par la municipalité avec 142 invités britanniques officiels
  • 1910 : Nantes
  • 1910 : Namur (Belgique). Congrès panceltique
  • 1911 : Bruxelles et Malines (Belgique)
  • 1912 : Liège (Belgique)
  • 1917 : Birkenhead (semaine de l'Eisteddvod). Premier congrès celtique organisé par l'Union celtique sous l'impulsion d'un parlementaire gallois, E. T. John. En plus des délégués de chaque pays celtique, la Société celtique de Paris est représentée.
  • 1918 : Neath (Pays de Galles)
  • 1919 : Corwen (Pays de Galles)
  • 1920 : Edimbourg. Premiers statuts du Congrès celtique international. Le président John demande qu'il soit tenu des "Celtes de la Dispersion" et dit que l'esprit de domination est la négation de "l'évangile du celtisme".
  • 1921 : Île de Man
  • 1924 : Quimper. Forte présence des nationalistes bretons.
  • 1925 : Dublin. Présence de Douglas Hyde et de François Jaffrennou.
  • 1927 : Bangor (Pays de Galles) - Congrès celtique officiel
  • 1927 : Riec-sur-Belon (Finistère) - 150 invités britanniques - Financement par le Consortium breton - Non reconnu par le Comité du Congrès celtique.
  • 1929 : Glasgow - Congrès officiel
  • 1930 : Londres. Congrès officiel organisé par la Section du Pays de Galles dans les locaux de l'Université de Londres
  • 1931 : Douglas (Île de Man)
  • 1932 : Truro (Cornouailles)
  • 1933 : Dinard - Congrès officiel - 3 journées d'échanges entre 6 délégués bretons et 1 à 2 délégués pour les 5 pays celtiques d'Outre-Manche
  • 1934 : Dublin
  • 1935 : Cardiff
  • 1937 : Edimbourg
  • 1938 : Douglas (Île de Man)
  • 1939 : Nantes - Congrès non officiel - Le Congrès officiel qui devait se tenir en septembre en Cornouailles est annulé à cause de la guerre
  • 1947 : Dublin
  • 1948 : Pays de Galles
  • 1949 : Bangor (Pays de Galles). Rénovation des statuts du Congrès celtique.
  • 1950 : Truro (Cornouailles)
  • 1951 : Quimper - Congrès panceltique en parallèle avec les Fêtes de Cornouaille. Nombreux invités des 5 pays celtiques ultramarins sont accueillis. Non approuvé par le comité du Congrès celtique.
  • 1952 : Ramsey (Île de Man)
  • 1953 : Glasgow
  • 1954 : Dublin
  • 1955 : Brest
  • 1956 : Truro (Cornouailles)
  • 1957 : Llangefni (Pays de Galles)
  • 1958 : Douglas (Île de Man)
  • 1959 : Edimbourg
  • 1960 : Aberystwyth (Pays de Galles)
  • 1961 : Galway (Irlande)
  • 1962 : Tréguier (Bretagne)
  • 1963 : Carbis Bay (Cornouailles)
  • 1964 : Douglas (Île de Man)
  • 1965 : Glasgow
  • 1966 : Dublin
  • 1967 : Cardiff
  • 1969 : Gulval-Penzance (Cornouailles). Congrès officiel
  • 1969 : Quimper - Les Fêtes de Cornouailles sont officiellement sous-titrées « Festival interceltique » avec comme slogan est « 7 pays, une âme, 7 jours, 7 peuples », car les Galiciens y sont invités. Congrès non officiel.
  • 1970 : Douglas (Île de Man)
  • 1971 : Stirling (Écosse)
  • 1972 : Bangor (Pays de Galles)
  • 1973 : Blessington (Irlande)
  • 1974 : Nantes
  • 1975 : Saint-Austell (Cornouailles)
  • 1976 : Peel (Île de Man)
  • 1977 : Stirling (Écosse)
  • 1978 : Carmarthen ( (Pays de Galles)
  • 1979 : Douglas (Île de Man)
  • 1980 : Drumcondra (Irlande)
  • 1981 : Lannion (Bretagne)
  • 1982 : Penzance (Cornouailles)
  • 1983 : Aberystwyth (Pays de Galles)
  • 1984 : Le congrès qui devait se tenir à Rennes est annulé pour "politisation"
  • 1985 : Cork (Irlande)
  • 1986 : Île de Man
  • 1987 : Inverness (Écosse)
  • 1988 : Newquay (Cornouailles)
  • 1989 : Lesneven (Bretagne)
  • 1990 : Swansea (Pays de Galles)
  • 1991 : Dublin
  • 1992 : Douglas (Île de Man)
  • 1993 : Inverness (Écosse)
  • 1994 : Falmouth (Cornouailles)
  • 1995 : Lorient - Thème : les Droits de l'Homme dans les pays celtiques
  • 1996 : Bangor (Pays de Galles)
  • 1997 : Dublin
  • 1998 : Port Erin (Île de Man)
  • 1999 : Glasgow
  • 2000 : Bude (Cournouailles) - Thème : La résurgence des Celtes dans le millénaire qui vient
  • 2001 : Rennes - Thème : Les peuples sans mémoire n'ont pas d'avenir
  • 2002 : Carmarthen ( (Pays de Galles)
  • 2003 : Dublin
  • 2004 : Port Erin (Île de Man)
  • 2005 : Oban (Écosse)
  • 2006 : Carhaix-Plouguer (Bretagne)
  • 2007 : Tremough-Penryn (Cornouailles)
  • 2008 : Aberystwith (Pays de Galles)
  • 2009 : Sligo (Irlande)
  • 2010 : Douglas (Île de Man)
  • 2011 : Fort William (Écosse)

Bibliographie

  • Peter Beresford Ellis, The Celtic Dawn, Aberysthwyth, Y Lolfa, 1983.
  • Peter Beresford Ellis, The Celtic Revolution, Aberysthwyth, Y Lolfa, 1984.
  • Erwan Chartier-Le Floc'h; L'interceltisme contemporain. In : Ar Men, no 178, septembre 2010. Il s'agit d'un survol complet du XVIIIe siècle à nos jours.
  • Fañch Postic, Premiers échanges interceltiques : le voyage de la Villemarqué au Pays de Galles. In : Ar Men, n° 125, novembre 2001.
  • Tous les numéros de la revue Le Consortium breton (1927-1928) et les 70 numéros (1928-1939) de celle, An Oaled-Le Foyer breton qui a pris sa succession sous la même direction de François Jaffrennou, contiennent des nouvelles et des études sur les organismes interceltiques et sur l'histoire du panceltisme depuis les origines. Jaffrennou y a publié de nombreux extraits de lettres qu'il a reçues au moment du lancement du mouvement de 1898 à 1901.

Articles connexes

Notes et références

  1. Le Festival celtique de Montréal (Canada) et le Festival celtique national d'Australie, par exemple.
  2. Le Festival Celtica est organisé, depuis 1997, par la Région autonome du Val d'Aoste pour mettre en valeur le passé celtique de l'Italie du Nord. Des artistes et des conférenciers de divers pays d'Europe, de langue celtique ou non, y sont invités autour du thème de la culture celtique antique et moderne. Site officiel : http://www.celtica.vda.it/
  3. Site officiel
  4. En revanche, aucune inscription n'a été retrouvée en Galice et aux Asturies, dont l'héritage linguistique celtique se résume à quelques toponymes. Par contre, les clercs du Haut Moyen Âge mentionnent la présence d'immigrés bretons venus de l'île de Grande-Bretagne et en particulier un évêché qui aurait été fondé par des Bretons venus de Grande-Bretagne. cf. Monastère de Santa Maria de Bretoña.
  5. Pierre-Yves Lambert, La langue gauloise, Éditions Errance, 1994, p. 14 - 15 -19 - 20.
  6. Pierre-Yves Lambert, Op. cité.
  7. Parmi eux, Dan ar Braz (Bretagne), Karen Matheson (Écosse), Elaine Morgan (Pays de Galles), Carlos Nuñez (Galice), Yann-Fañch Kemener (Bretagne), Gilles Servat (Bretagne), Didier Squiban (Bretagne), Jean-Michel Veillon (Bretagne), Donal Lunny (Irlande), Noel Bridgeman (Irlande), Patrick Molard (Bretagne), Nollaig Casey, Ray Fean (Irlande)(
  8. Léon Fleuriot, dans son Origines de la Bretagne, Payot, 1987, a pointé le fait qu'une mer sépare moins qu'elle ne favorise les échanges.
  9. Daniel Le Bris, Les études linguistiques d'Edward Lhuyd en Bretagne en 1701,
  10. Le titre complet est Archæologia Britannica : an Account of the Languages, Histories and Customs of Great Britain, from Travels through Wales, Cornwall, Bas-Bretagne, Ireland and Scotland
  11. Aucun original de ces poèmes n'ayant été produit, de nombreux critiques estiment qu'il s'agit de compositions originales du prétendu "découvreur".
  12. Fañch Postic, Premiers échanges interceltiques : le voyage de la Villemarqué au Pays de Galles. In : Ar Men, n° 125, novembre 2001.
  13. Traduites en français par Yves Berthou, futur Grand Druide de Bretagne, en 1906
  14. Benjamin Hall a supervisé la construction de la Tour du Parlement à Londres et lui a donné son nom, "Big Ben".
  15. Renan ne croît pas en la possibilité de survie des langues celtiques et de leurs littératures, mais, il décrit, avec une précision remarquable, leur apport et, par là, leur donne un lustre pouvant susciter l'envie de les sauver.
  16. Citation : S'il m'est permis d'exprimer un vœu plus ambitieux encore, et sans doute, d'une réalisation plus difficile, ce serait de voir un ordre religieux nouveau, ou du moins, une division spéciale d'un ordre religieux ancien, se consacrer, sous l'invocation des vieux saints savants des deux Bretagne à la prédication et à l'instruction de la jeunesse de toutes les classes dans les pays celtiques et cela principalement par le moyen des langues indigènes.
  17. C'est à cette occasion que François-Marie Luzel, pourtant admis comme barde par son aîné, met en doute l'authenticité des chants recueillis par La Villemarqué, donnant le départ à la Querelle du Barzaz Breiz.
  18. Société d'Emulation des Côtes-du-Nord, Congrès celtique international : Saint-Brieuc, Saint-Brieuc, Imprimerie Francisque Guyon, 1868
  19. Fañch Postic. Article cité.
  20. Le Consortium breton-Ar C'hevre breizek, n° 3, avril 1927. p. 279.
  21. Thierry Châtel, Vie et œuvre d'Yves Berthou ..., Brest, Éditions du Liogan, 1997, [ISBN2908463288], p. 133-134 .
  22. Mari Ellis, A short history of the Celtic Congress.
  23. An Oaled-Le Foyer breton, n° 48, 2e trimestre 1932, p. 486.
  24. Statuts du congrès celtique (en anglais)
  25. Cité par Erwan Chartier, dans L'interceltisme contemporain, Ar Men, n° 178, p. 47.
  26. http://thecapitalscot.com/pastfeatures/pancelt.html Article Pan-Celticism sur le site de The Capital Scot
  27. http://thecapitalscot.com/pastfeatures/pancelt.html Article Pan-Celticism sur le site The capital Scot
  28. Spi signifie espoir en breton.
  29. Cf. Liste sur le site du Comité international du Congrès celtique (en anglais)

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