Groupe fortifié La Marne


Groupe fortifié La Marne
Groupe fortifié La Marne
Feste Freiherr von der Goltz
Defaut.svg
Description
Ceinture fortifiée seconde ceinture fortifiée de Metz
Type d'ouvrage fort de type von Biehler
Dates de construction 1907-1916
Dates de modernisation
Garnison 800 hommes
Armement 8 pièces d’artillerie
(6 x 100 mm, 2 × 77 mm)
Usage actuel désaffecté
Protection néant
Coordonnées 49° 05′ 15″ N 6° 15′ 22″ E / 49.087611, 6.256130649° 05′ 15″ Nord
       6° 15′ 22″ Est
/ 49.087611, 6.2561306
  

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Groupe fortifié La Marne

La Feste Mercy, rebaptisé Feste Freiherr von der Goltz en 1911, puis groupe fortifié La Marne en 1919, est un ouvrage militaire situé près de Metz, dans le bois entre Jury, Mercy et Ars-Laquenexy. Il fait partie de la seconde ceinture fortifié des forts de Metz.

Sommaire

Contexte historique

Le groupe fortifié La Marne a été construit par l’Allemagne pendant la première annexion. Construit au début du XXe siècle, le fort faisait partie d’un programme de fortifications plus vaste, appelé « Moselstellung », et englobant des forteresses disséminées entre Thionville et Metz, dans la vallée de la Moselle. L’objectif de l’Allemagne était de se protéger contre une attaque française visant à reprendre le Reichsland Elsaß-Lothringen, soit l’Alsace et la Moselle, à l’Empire allemand. Le système de fortification fut conçu pour s’adapter aux progrès grandissants de l’artillerie depuis la fin du XIXe siècle. Basé sur de nouveaux concepts défensifs, tels que la dispersion et la dissimulation, le groupe fortifié devait constituer, en cas d’attaque, un barrage infranchissable pour les forces françaises.

Conception d’ensemble

Le périmètre de protection du groupe fortifié La Marne est assuré par un ensemble de positions d’infanterie, de casernes fortifiées et de batteries d’artillerie, disséminés sur une vaste superficie et dissimulés par la topographie naturelle. À partir de 1899, le Plan Schlieffen de l’état-major allemand conçut les fortifications de la Moselstellung, entre Metz et Thionville, comme un verrou destiné à bloquer l’avance éventuelle des troupes françaises en cas de conflit[1]. Ce concept de ligne fortifiée sur la Moselle constituait une innovation significative par rapport au système Séré de Rivières développé par les Français. Il inspira plus tard les ingénieurs de la ligne Maginot[2]. Ce groupe fortifié complète la Seconde ceinture fortifiée de Metz composée des Festen Wagner (1904-1912), Kronprinz (1899 - 1905), Leipzig (1907-1912), Kaiserin (1899-1905), Lothringen (1899-1905), Freiherr von der Goltz (1907-1916), Haeseler (1899-1905), Prinz Regent Luitpold (1907-1914) et Infanterie-Werk Belle-Croix (1908-1914).

Construction et aménagements

D’une superficie de 205 ha, la Feste Freiherr von der Goltz est construite de 1907 à 1916. Le groupe fortifié dispose de trois casernes fortifiées, pouvant recevoir un total de 800 hommes[1]. Il est doté de 8 pièces d’artillerie, 6 de 100 mm et 2 de 77 mm. Il dispose de treize coupoles d’observation et de vingt postes de guet. Les différents postes sont reliés par 2 000 m de galeries souterraines. Dans ses citernes, il dispose de 860 m3 d’eau. L’énergie nécessaire à son fonctionnement est assurée par quatre moteurs diesel de 22 CV chacun[1].

Affectations successives

À partir de 1890, la relève dans les forts est assurée par les troupes du XVIe Corps d'Armée stationnées à Metz et à Thionville. En novembre 1918, le fort est de nouveau occupé par l’armée française. Après le départ des troupes françaises en juin 1940, l’armée allemande réinvestit les lieux.

Seconde Guerre mondiale

Fin août 1944, au début de la bataille de Metz, le commandement allemand l’intègre au dispositif défensif mis en place autour de Metz. Le 2 septembre 1944, Metz est déclarée forteresse du Reich par Hitler. La place forte doit donc être défendue jusqu’à la dernière extrémité par les troupes allemandes, dont les chefs ont tous prêté serment au Führer[3]. Le lendemain, 3 septembre 1944, le général Krause, alors commandant de la place forte de Metz, établit son Oberkommando, le poste de commandement principal, dans la caserne du fort Alvensleben. Le fort de Plappeville était en effet situé à l'ouest du dispositif défensif de Metz, tout en étant proche du centre de Metz. Le jour même, les troupes du général Krause prennent position sur une ligne allant de Pagny-sur-Moselle à Mondelange, en passant à l’Ouest de Metz par Chambley, Mars-la-Tour, Jarny et Briey. Après un premier repli opéré le 6 septembre 1944, les lignes allemandes s'appuient maintenant solidement sur les forts du secteur ouest de Metz, en particulier sur les forts Lorraine, Jeanne-d’Arc et Driant.

L’offensive américaine, lancée le 7 septembre 1944, tourne court, les troupes s’arrêtant sur la Moselle, malgré la prise de deux têtes de ponts au sud de Metz. Buttant contre des forts mieux défendus qu’elles ne le pensaient, les troupes américaines sont maintenant à bout de souffle. Le général McLain, en accord avec le général Walker, décide de suspendre les attaques, en attendant de nouveaux plans de l’état-major de la 90e Infantry Division[4]. Alors que les troupes de la troisième armée américaine se reposent en écoutant Marlène Dietrich[5], les troupes allemandes profitent de cette accalmie dans les combats pour se réorganiser. Des troupes de réserves de la future 462e Volks-Grenadier-Division relèvent dans les forts du secteur les troupes d’élites de Siegroth[6]. Lorsque les hostilités reprennent, après un mois pluvieux, les soldats de la 462e Volks-Grenadier-Division tiennent toujours solidement les forts de Metz, même si les ravitaillements se font plus difficilement à cause des tirs d’artillerie et des bombardements fréquents[7].

Le 9 novembre 1944, l'Air Force envoya pas moins de 1 299 bombardiers lourds B-17 et B-24 déverser 3 753 tonnes de bombes, de 1 000 à 2 000 livres, sur les ouvrages fortifiés et les points stratégiques situés dans la zone de combat de la IIIe armée[8]. La plupart des bombardiers ayant largué leurs bombes sans visibilité, à plus de 20 000 pieds, les objectifs militaires ont souvent été manqués. A Metz, les 689 chargements de bombes destinés à frapper le fort Jeanne d’Arc et six autres forts désignés comme des cibles prioritaires, ne firent que des dégâts collatéraux, prouvant une fois de plus l'inadéquation des bombardements massifs sur des objectifs militaires[9]. Mi-novembre, une nouvelle tentative est entreprise par les XIIe et XXe corps d’armée américains pour prendre les fortifications de Metz en tenaille. La 95e division d’infanterie doit centrer son effort sur le front ouest de Metz, alors que la 5e division doit déborder les lignes allemandes, au nord et au sud. L’attaque enveloppante de l’armée américaine réussit finalement au bout de trois jours d’incertitude.

Le soir du 17 novembre 1944, la situation des défenseurs allemands devient critique. Les hommes valides de la 462e Volks-Grenadier-Division sont pour la plupart encerclés dans les forts de Metz. Le restant des troupes, fragmenté à l’extrême, tient des positions clés à l’intérieur de la ville.[10]. La ville tombe aux mains des Américains le 22 novembre 1944, mais certains forts résistent encore deux semaines plus tard. Le 6 décembre 1944, le fort Saint-Quentin se rend avec une garnison importante. Le Fort de Plappeville suit le lendemain. Le fort Jeanne d'Arc, ancienne Feste Kaiserin, sans doute parce qu'il était commandé par l’état-major de la 462e Volks-Grenadier-Division et défendu par un bataillon de fusiliers, fut le dernier des forts de Metz à se rendre, le 13 décembre 1944. La résistance ennemie, déterminée, les intempéries et les inondations inopportunes, ainsi qu'une tendance générale à mésestimer la puissance des fortifications de Metz, ont contribué à ralentir l'offensive américaine, et donnant l'occasion à l'armée allemande de se retirer en bon ordre vers la Sarre[11].

Notes et références

  1. a, b et c Donnell Clayton, The German Fortress of Metz: 1870-1944, Oxford, Osprey, 2008, p. 24.
  2. Donnell Clayton : The German Fortress of Metz: 1870-1944. Oxford, Osprey, 2008, pp. 10-13.
  3. René Caboz, La bataille de Metz, Éditions Pierron, Sarreguemines, 1984, p. 132.
  4. Hugh M. Cole : The Lorraine Campaign, Center of Military History, Washington, 1950 (p 176-183)
  5. Hugh M. Cole : The Lorraine Campaign, Center of Military History, Washington, 1950 (p 190)
  6. Pour son engagement au cours de la bataille de Metz, Siegroth obtient la Ritterkreuz des Eisernen Kreuzes le 18 octobre 1944. L'insigne de bras "Metz 1944" sera aussi spécialement créé pour son Kampfgruppe.
  7. Hugh M. Cole : The Lorraine Campaign, Center of Military History, Washington, 1950 (p 256)
  8. Général Jean Colin, Contribution à l’histoire de la libération de la ville de Metz ; Les combats du fort Driant (septembre-décembre 1944), Académie nationale de Metz, 1963, p. 13.
  9. Hugh M. Cole : The Lorraine Campaign, Center of Military History, Washington, 1950 (p. 424)
  10. Hugh M. Cole : The Lorraine Campaign, Center of Military History, Washington, 1950 (p. 446)
  11. Hugh M. Cole : The Lorraine Campaign, Center of Military History, Washington, 1950 (p. 448)

Voir aussi


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