Francine Fromond


Francine Fromond

Francine Fromond est une résistante française, née le 2 octobre 1917 à Paris (XIXe arr.), fusillée par l'Armée allemande le 5 août 1944[1].

Sommaire

Biographie

Dirigeante de l’Union des jeunes filles de France, elle travaille à Moscou auprès de l’Internationale communiste. Son père, ajusteur-mécanicien, est tué en 1932 au cours d’une manifestation de chômeurs. Avec la mère couturière à domicile, la famille habite une petite maison aux Lilas (alors dans le département de la Seine).

Francine Fromond ne peut continuer ses études après avoir obtenu le certificat d’études et fait une année de cours supérieurs. Elle devient à treize ans vendeuse, puis sténodactylo. Sous l'influence par son frère Marcel secrétaire des Jeunesses communistes des Lilas, elle adhère en septembre 1933 à l’UJFF et devient rapidement trésorière du groupe des Lilas. Son militantisme actif la fait vite remarquer et elle part en formation à Moscou en juin 1935. Elle devient dactylo au département des traductions du comité exécutif de l’Internationale communiste, puis entre en novembre 1935 à l’École léniniste internationale sous le nom de Madeleine Dupuy. Elle reçoit par ailleurs une formation technique approfondie notamment dans le domaine des liaisons radio. De retour en France, elle continue son activité publique dans l’UJFF, dont elle devient secrétaire de la région Paris-Est en 1938[1].

Elle est impliquée dès 1936 dans le soutien clandestin aux Républicains espagnols. Son frère Marcel tombe sur le front espagnol en 1938. De 1936 à 1939, elle est secrétaire de Giulio Cerreti qui gère sous le pseudonyme de Monsieur Pierre la Compagnie France-Navigation[1], qui aide clandestinement les Républicains.

Elle se rend en Belgique en septembre 1939 pour collaborer quelques mois avec le délégué de l’Internationale Eugen Fried. Secrétaire de la revue Cercle d’art qu’il commence à publier, ce métier couvre leurs activités clandestines. Elle se rend au Danemark, où elle rencontre Giulio Cerreti le 31 décembre 1939. Elle y est arrêtée en mai 1940 par les Allemands, puis libérée le 6 juin grâce à l’intervention de l’ambassadeur soviétique[1].

Revenue en URSS, elle se perfectionne dans les liaisons par radio et travaille auprès de la direction de l’Internationale communiste. Georgi Dimitrov décide de l'envoyer en mission en France avec Raymond Guyot et Daniel Georges, frère du futur Colonel Fabien. Elle est la première femme parachutée en France, à la fin de janvier 1942, dans la région de Montpellier, munie d’un poste-radio. Avec Guyot, elle est dirige l’organisation communiste clandestine de zone sud, où elle est chargée de faire la liaison avec le Komintern. Guyot s’installe à Lyon. Francine Fromond l’accompagne pour assurer ses liaisons radio avec Moscou, via l’ambassade soviétique à Londres[1].

Sa mère s’installe avec elle à Saint-Vérand, où toutes deux sont dénoncées et arrêtées le 30 juillet 1943 par la Milice. Livrées aux Allemands, elles sont torturées par la Gestapo puis sont transférées en août à la Maison d'arrêt de Fresnes. Peu après leur arrivée, la mère meurt des suites des sévices infligés. Début 1944, Francine Fromond est traduite devant un tribunal de guerre et condamnée à mort pour espionnage. « Quand on m’a signifié le verdict, je me suis levée et j’ai adressé un petit discours au président du tribunal. Je lui ai dit que c’était un honneur pour une Française que d’être condamnée par un tribunal allemand et je l’ai remercié. (…) Il était furieux. » Elle est fusillée le 5 août 1944 à l'âge de 26 ans[1].

Une plaque est apposée en sa mémoire sur leur maison des Lilas, embrassant dans un même hommage Francine Fromond, sa mère et son frère. Une rue y porte aussi son nom. Plusieurs écoles maternelles portent le nom de Francine Fromond à Bagnolet, à Aubervilliers et à Drancy, ainsi qu’un collège à Fresnes[1].

Notes et références

  1. a, b, c, d, e, f et g Francine Fromond. Consulté le 8 mai 2011

Voir aussi

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