Condition des femmes sous le Troisième Reich


Condition des femmes sous le Troisième Reich

La condition féminine sous le Troisième Reich se caractérise par une politique visant à cantonner les femmes dans un rôle de mère et d'épouse et de les exclure de tout poste à responsabilité, notamment dans les sphères politiques ou universitaires. Si la politique nazie tranche nettement avec l'évolution émancipatrice de la République de Weimar, elle se distingue également de l'attitude patriarcale et conservatrice de l'Empire allemand. L'embrigadement des femmes au sein des organisations-satellites du parti nazi, comme la Bund Deutscher Mädel ou la NS-Frauenschaft, est généralisé afin d'assurer la cohésion de la « communauté du peuple » (Volksgemeinschaft).

La femme nationale-socialiste modèle ne travaille pas mais elle est responsable de l'éducation de ses enfants et la tenue de son foyer. Les femmes n'ont droit qu'à une formation limitée, axée sur les tâches ménagères et sont, au fil du temps, écartées de l'enseignement universitaire, des professions médicales ou du parlement. À l'exception de la Reichsführerin Gertrud Scholtz-Klink, aucune femme n'est amenée à occuper de fonctions officielles, mais certaines marquent cependant le régime, de par leur proximité avec Adolf Hitler, comme Magda Goebbels, ou en excellant dans des domaines particuliers, comme la cinéaste Leni Riefenstahl ou l'aviatrice Hanna Reitsch.

Si certaines femmes jouent un rôle d'influence au sein du système nazi ou occupent des fonctions au sein du système concentrationnaire, d'autres s'engagent dans la résistance allemande au nazisme et le paient de leur vie, comme Libertas Schulze-Boysen ou Sophie Scholl.

Photographie de propagande nazie : Une mère, ses deux filles et son fils en uniforme des Jeunesses hitlériennes posent pour le magazine SS-Leitheft de février 1943.

Sommaire

De l'émancipation à l'éviction

Femme allemande secrétaire, en 1938.

République de Weimar

Sous la République de Weimar, la condition des femmes est l'une des plus avancées d'Europe. La Constitution de Weimar du 19 janvier 1919 proclame leurs droits de vote et d'éligibilité (articles 17 et 22), l'égalité des sexes en matière civique (art. 109), la non-discrimination des fonctionnaires de sexe féminin (art. 128), la protection de la maternité (art.19) et l'égalité des époux dans le mariage (art. 119)[1]. Elles sont ainsi les premières citoyennes d’un grand État européen à obtenir le droit de suffrage (il faut attendre 1920 pour que les citoyennes du Royaume-Uni et celles des États-Unis en bénéficient) bien que « [ce suffrage] comme la démocratie furent issus de la confusion de la défaite [de 1918] et non d’une longue lutte » (elles avaient alors participé à l’effort de guerre allemand pendant la Première Guerre mondiale, occupant une grande variété d’emplois laissés vacants par les hommes partis se battre et participant psychologiquement à la cohésion nationale[2] mais sont vivement critiquées dès la fin du conflit dès que certaines revendiquent le droit de conserver ces emplois : « Comment pouviez-vous les gardez à leurs casseroles, après qu’elles eurent été à Berlin ? »[3]) ; certaines féministes, comme Linda Gustava Heymann, si elles saluent cette avancée, ne la considèrent comme un jalon mineur dans leur combat face à l’« oppression millénaire » de la part des hommes[4]. Clara Zetkin, figure de proue du mouvement féministe allemand, est députée au Reichstag de 1920 à 1933 et préside même l'assemblée en qualité de doyenne. Entre 1919 et 1932, on compte au total 112 députées (soit entre 7 et 10 % des élus) et dans les années 1920 on relève entre 400 et 500 femmes élues au niveau local et national (notamment dans les parlements régionaux)[5]. Mais « Weimar ne constitue pas un grand pas en avant dans la libération des femmes. Celles-ci demeurent sous-représentées dans les Parlements[...], la maternité est promue comme la fonction sociale des femmes la plus importante, l'avortement reste passible de poursuites (§ 218 du Code pénal), les ouvrières ne connaissent pas de réel progrès économique (pas d'égalité des salaires) »)[6]. Avec l'émergence de la société de consommation, les entreprises et les administrations ont besoin de plus en plus de main d'œuvre ; si le travail devient une voie d'émancipation pour les femmes, elles sont souvent cantonnées à un travail de secrétaire ou de vendeuse et, généralement payées de 10 à 20 % de moins que les hommes[7], sous divers prétextes, comme leur connaissance des tâches domestiques qui les dédouanerait de certains frais ménagers.

Depuis janvier 1921, la doctrine du NSDAP est claire et ne fait pas mystère de sa volonté d'exclure les femmes de la vie politique allemande[8] et de et dans certaines sphères du parti (notamment la direction ainsi que les commissions de direction[9]). Si le parti nazi décrète qu'« aucune femme ne peut être admise à la direction du Parti ni dans le comité administrateur »[10], cela ne l'empêche pas de compter de nombreuses femmes parmi ses membres, dont certaines participent à l’organisation de réunions publiques ou d’œuvres de charité au nom du parti[11]. La doctrine nationale-socialiste met en avant le rôle de l'homme allemand, insistant sur ses qualités au combat et la fraternité qu'il a à entretenir avec ses compatriotes masculins[12]. Alors que la plupart des autres partis de la République de Weimar présentent des candidates aux élections et en font élire, le NSDAP s'y refuse : on compte ainsi des députées communistes, socialistes, catholiques et parfois nationalistes, mais aucune nationale-socialiste[13]. En 1933, Joseph Goebbels justifie cette position en expliquant qu'« il faut laisser à l'homme ce qui appartient à l'homme »[7]. On passe ainsi d'une situation où 37 députés sur 577 députés sont des femmes à aucune, après les élections législatives de novembre 1933[7].

Début du régime national-socialiste

Le ministre de la Propagande Joseph Goebbels à l'ouverture de l'exposition « Die Frau, Frauenleben und -wirken in Familie, Haus und Beruf » (« La femme, la vie de la femme, son rôle en famille, à la maison et au travail »), sur le Kaiserdamm, le 18 mars 1933.

Une idéologie discriminatoire

L'arrivée au pouvoir du chancelier Adolf Hitler marque la fin de nombreux droits des femmes, même si le NSDAP doit une partie de ses succès électoraux au vote féminin[14] et que Hitler réussit en partie son ascension sociale grâce à la protection de femmes influentes[15] : la fréquentation de milieux mondains et de femmes du monde (comme la princesse Elsa Bruckmann, épouse de l'éditeur Hugo Bruckmann ou Helene Bechstein, femme de l'industriel Edwin Bechstein[16]) permet au départ au NSDAP d'obtenir certains financements, comme celui apporté par Gertrud von Seidlitz qui lui fait don en 1923 de 30 000 mark or[17] . En 1935, lors d'un discours au congrès des femmes nationales-socialistes, il déclare à propos des droits des femmes : « en réalité, l’octroi de soi-disant droits égaux aux femmes, exigés par le marxisme, ne confère pas de droits égaux du tout, mais constitue une privation de ces droits, puisqu’il attire la femme dans une zone où elle ne peut être qu’inférieure. Il place la femme dans des situations qui ne peuvent renforcer sa position – vis-à-vis des hommes et de la société – mais uniquement l’affaiblir »[18],[12]. Le fait qu'Hitler ne soit pas marié et qu'il représente un idéal masculin pour nombre d'Allemandes participe à un phénomène d'érotisation du chef. Dès avril 1923, un article du Munchener Post souligne que « les femmes sont éprises d’Hitler »[10] ; celui-ci adapte ses discours « au goût des femmes qui, depuis le début, comptent parmi ses plus fervents admirateurs »[19].

Le retrait forcé des femmes de la vie publique, dans une société qui commençait à les considérer comme égales aux hommes, permet d'enrayer, pour les nationaux-socialistes, la « décadence » de la République de Weimar. En effet, à leurs yeux, ce régime paraissait aussi enjuivé qu'efféminé (l’émancipation féminine est vue comme la résultante d’une « influence juive »[20]), tolérant peu ou prou la métropole homosexuelle qu'étant devenue Berlin, véritable antithèse de la virilité aryenne. Heinrich Himmler déclare ainsi aux SS-Gruppenführer, le 18 février 1937 : « Dans l'ensemble, nous avons selon moi beaucoup trop masculinisé notre vie, au point que nous militarisons des choses impossibles. [...] Pour moi, c'est une catastrophe que des organisations de femmes, des communautés et des sociétés de femmes interviennent dans un domaine qui détruit tout le charme féminin, toute la majesté et la grâce féminines. Pour moi, c'est une catastrophe que nous autres pauvres fous d'hommes - je parle en général, car cela ne vous concerne pas directement, voulions faire des femmes un instrument de pensée logique, les éduquer en tout ce qui est possible, que nous voulions tant les masculiniser qu'avec le temps la différence entre les sexes, la polarité disparaîtra. La voie vers l'homosexualité n'est pas loin. [...] Nous devons être très clairs. Le mouvement, l'idéologie ne peuvent perdurer que s'ils sont portés par les femmes, car l'homme conçoit tout par l'esprit tandis que la femme saisit toute chose par le sentiment. [...] Les curés ont brûlé 5 000 à 6 000 femmes [pour sorcellerie], justement parce qu'elles préservaient émotionnellement l'ancien savoir et les anciens enseignements, et parce que, émotionnellement, elles ne s'en laissaient pas détacher, alors que l'homme, lui, s'y était rationnellement et logiquement disposé »[21].

Officiellement, le statut des femmes passe d'une « égalité de droit » (Gleichberechtigung) à une « équivalence » entre hommes et femmes (Gleichstellung)[22]. L'historien Pierre Ayçoberry souligne que « cette offensive offrait le double avantage de plaire à leurs collègues masculins inquiets de cette concurrence, et de renvoyer dans la vie privée plus de 100 000 personnes fières de leur réussite, donc en majorité émancipées et politiquement à gauche »[23]. Cette politique suscite l'inquiétude de militantes du NSDAP, qui craignent que ces mesures nuisent aux nombre de femmes diplômées, vivier nécessaire aux futures cadres du parti[23].

Il est difficile de comprendre des décennies plus tard pourquoi des femmes ont adhéré à un système qui restreignait leurs pouvoirs de citoyennes. Cela est à replacer dans le contexte de l'époque, beaucoup de femmes ne considérant pas le droit de vote ou l’élection comme une avancée sociale majeure pour elles. « La liberté toute neuve que certaines accueillirent avec joie effraya les autres. Les femmes qui se conformaient à leur rôle traditionnel de mère voulaient être reconnues comme telles. Elles se considéraient comme une espèce en voie de disparation que seul un patriarcat viril serait en mesure de sauvegarder. Elles demandaient le droit de se retirer d’un monde qu’elles percevaient comme chaotique et dangereux pour se réfugier dans la sécurité du foyer familial. Un gouvernement autoritaire, espéraient-elles, apporterait ordre et santé à la nation, et rapprocherait les pères de leurs familles »[24]. Certaines, depuis les années 1920 « rêvaient en fait d’organiser le monde en un vaste espace féminin, placé bien sûr sous la garde des hommes, mais hors d’atteinte des prélats et des politiciens », un monde de femmes aux foyers, un « espace social » voire un « espace vital » (l’expression précède alors son utilisation ultérieure par Hitler) dans lequel elles pourraient se retrouver entre elles sur des sujets et des préoccupations qui les concernent[25]. Pourtant, après plusieurs réformes et mesures politiques (programme nataliste de la SS, législation sur le divorce…), beaucoup de femmes nazies se sentirent « trahies »[26].

Une éviction très rapide

En 1933, les programmes scolaires pour les filles sont modifiés, notamment afin de les dissuader de poursuivre leurs études à l'universités : on remplace ainsi les cinq années de classes de latin et les trois de sciences par des cours de langue et d'enseignement ménager[23]. Cela ne porte pas ses fruits : d'une part, un nombre important de filles s'inscrit dans des lycées de garçons, de l'autre, le numerus clausus universitaire de 10 % n'est généralement pas respecté : ainsi, ces mesures ne font passer le nombre d'étudiantes en médecine que de 20 à 17 %[23]. Toujours en 1933, l’État accorde un prêt aux citoyens allemands dont l’épouse abandonne son travail[20].

Les associations de femmes, notamment si elles regroupent des communistes ou des socialistes, sont interdites; leurs membres sont arrêtées voire assassinées dans des cas plus rares[7]. Toute association est priée d'exclure ses membres juives, ce qu'actent l'Union des femmes protestantes, l'Association des ménagères et des campagnardes, l'Union des femmes de la société coloniale allemande et l'Union de la Reine Louise[7]. Mais rapidement, la majorité des associations sont dissoutes ou choisissent elles-mêmes de disparaître, comme la BDF (Bund Deutscher Frauenverein), fondée en 1894 et qui se dissout en 1933 pour éviter sa mise au pas[27]. Une seule association féminine perdurera sous le régime (l'association de Gertrud Bäumer, Die Frau, ou La Femme), jusqu'en 1944, mais placée sous la tutelle du ministère du Reich à l'Éducation du peuple et à la Propagande[7]. « Rudolf Hess fonde le Deutsches Frauenwerk qui, avec la branche féminine du parti nazi (NS-Frauenschaft), a vocation à devenir une organisation de masse du régime »[27].

En 1936, une loi est promulguée et interdit certaines hautes fonctions aux femmes dans la magistrature (juge et procureur notamment, Hitler intervenant personnellement[28]) et le corps médical (les femmes médecins ne peuvent plus exercer, jusqu'à ce que leur défection soit préjudiciable au besoins sanitaires et qu'on en rappelle certaines ; on dissout en outre l'Association des femmes médecins, en l'intégrant dans son pendant masculin[28]). Sous la République de Weimar, seulement 1 % des chaires universitaires étaient occupées par des femmes. Le 8 juin 1937, un décret stipule que seul les hommes peuvent être nommés à ces chaires, si ce n'est dans le domaine social. Néanmoins, le 21 février 1938, « à titre individuel et exceptionnel » suite au lobbying de Gertrud Scholtz-Klink[29], une scientifique, Margarete Gussow obtient une chaire d'astronomie . La mathématicienne Ruth Moufang peut passer son doctorat, mais n'obtient pas le droit d'enseigner et doit de ce fait travailler pour l'industrie nationale[30]. Emmy Noether, également mathématicienne, est renvoyée en vertu de la loi allemande sur la restauration de la fonction publique du 7 avril 1933, pour avoir milité dans les années 1920 à l'USPD et au SPD. La physicienne Lise Meitner, qui dirige le département de physique de la Société Kaiser-Wilhelm peut rester jusqu'en 1938, mais ceci seulement en vertu de sa nationalité autrichienne (qui prend fin avec l'Anschluss) ; elle part donc pour les Pays-Bas puis la Suède. En définitive, dans le domaine scientifique, il n'y aura presque pas de nomination féminine ; en 1942, on refusera à une femme de diriger un institut scientifique, bien qu'aucune candidature masculine ne convienne[31]. L'éviction des femmes de la vie politique est complète : elles ne peuvent également plus siéger au Reichstag, dans les Parlements régionaux et les conseils municipaux.

Il n'y a pas de réelle résistance à cette mise au pas, les associations féminines bourgeoises pensant comme une grande partie de la population que le gouvernement national-socialiste ne sera qu'éphémère et qu'elles pourront malgré tout faire valoir leur influence, l'historienne Claudia Koonz mettant en avant ce proverbe populaire à l'époque que « la soupe ne se mangera pas aussi chaude qu'on ne l'a cuisinée »[7], et qu'elles arriveront en définitive à obtenir des « aménagements acceptables »[7]. Les femmes traditionnellement opposées au national-socialisme, elles, ne peuvent pas envisager cela et sont donc conduites à émigrer ou à être, comme les opposants masculins, arrêtées.

Le revirement partiel de 1936

Constatant le besoin de femmes dans certaines professions et leur utilité dans l'économie du pays, la politique anti-émancipatrice sur le plan du travail s'émousse rapidement. Les femmes sont d'ailleurs invitées à adhérer au NSDAP et confortées dans l'idée qu'elles pouvaient être mère et salariée, Joseph Goebbels même s'en prenant aux campagnes de propagande anti-rouge à lèvre et le Völkischer Beobachter s'en prenant aux idéologues les plus zélés[32].

Ainsi, à partir de 1936, les femmes sont encouragées à conserver leur emploi. Même, leur part augmente. On compte 36 % de femmes salariées actives en 1933, et 53 % en 1944[20]. Dans l’industrie, alors que 1,2 million de femmes travaillent en 1933, on en relève 1,5 million en 1936[20]. En 1939, il y a 35 % d’agricultrices et 10 % de femmes domestiques[20]. Cette dynamique augmente pendant la Seconde Guerre mondiale, pendant laquelle 2,5 millions de femmes sont enrôlées dans l’industrie et l’agriculture allemandes[20]. Néanmoins, elles occupent toujours des postes de main d’œuvre, parmi les plus bas de l’échelle salariale : il ne s’agit dès lors pas d’une nouvelle émancipation, cette situation n’étant que provisoire, le régime pariant sur un horizon post-guerre où la paix et les progrès technologiques pourront écarter définitivement les femmes du domaine du travail[20].

L'idéal féminin national-socialiste

Statues de corps féminins idéals dans les rues de Berlin, montées à l'occasion des Jeux olympiques de 1936.

Une « nouvelle » femme ?

La femme national-socialiste doit se conformer à la société allemande voulue par Adolf Hitler (la Volksgemeinschaft), racialement pure et physiquement robuste. Elle ne travaille pas, vit dans le culte de la maternité et suit l'adage de l'ancien empereur Guillaume II « Kinder, Küche, Kirche », soit « Les enfants, la cuisine et l'église ». Dans un texte publié en mai 1934, Les neuf commandements de la lutte ouvrière, Hermann Göring résume sans ambages le rôle futur de la femme allemande : « Prends une poêle, un ramasse-poussière et un balai et épouse un homme »[33]. Il s'agit d'un anti-féminisme dans le sens où les nazis considèrent que les droits politiques octroyés aux femmes (accès à de hautes fonctions par exemple) ne sont pas compatibles avec sa nature de génitrice, seul rôle dans lequel elle peut s'épanouir et servir au mieux l'intérêt de sa nation. Ainsi, Magda Goebbels déclare en 1933 : « Les femmes allemandes ont été exclues de trois professions : l’armée, comme partout dans le monde ; le gouvernement ; et la magistrature. Si la fille allemande doit choisir entre mariage ou carrière, elle sera toujours encouragée à se marier, car c’est ce qu’il y a de mieux pour une femme »[34],[12]. Il n'est pas possible de faire un raccourci mental avec les sociétés conservatrices et patriarcales qui prévalaient par exemple sous le Deuxième Empire : en effet, le caractère totalitaire du régime éloigne la conception faite des femmes d'une mise à l’écart de la société. Au contraire, celles-ci doivent y participer au premier plan en tenant le rôle de mère et d'épouses : Nathalie de Voghelae note que « le nazisme considère la femme comme la mère du peuple »[35]. Le fait que l'embrigadement des femmes (Bund Deutscher Mädel puis Frauenschaft) soit si organisé, ne permet pas de reléguer les femmes à ce qu'elles pouvaient être au XIXe siècle. Sans doute, un électorat conservateur et une frange de la population très critique vis-à-vis de l'image de la femme émancipée des années 1920 trouvera dans le nouveau régime une certaine satisfaction. Mais les buts sont différents, et on demande à chaque femme de prendre part dans la construction du « Reich de 1000 ans ». La liberté féminine s'en trouve dès lors nécessairement réduite, et Heide Schlüpmann a dès lors raison de dire dans Frauen und Film, que les films de Leni Riefenstahl (la réalisatrice officielle du régime) « valorisent une telle négation de la sexualité féminine et ne proposent en fait aux femmes que l'image d'une autonomie trompeuse ».

Interdictions et obligations

Le port de maquillage est généralement prohibé, voire interdit et une certaine pudeur est demandée aux femmes, contrastant avec la période de la République de Weimar, plus libérée au niveau des mœurs. Dès 1933, les réunions au NSBO (National Sozialistischer Betriebs Obman, la section féminine du Front allemand du travail) proclament que les femmes « peinturlurées et poudrées seront interdites à toute réunion du NSBO. Les femmes qui fument en public – dans les hôtels, dans les cafés, dans la rue et ainsi de suite – seront exclues du NSBO »[36],[12]. Des activités plus ou moins classiques sont au contraire recommandées : musique, travaux manuels, gymnastique, etc. La sexualité est mise au ban, sinon dans un but reproductif ; les filles libérées sont considérées comme « dépravées » et « asociales ». Les mères sont encouragées à faire des enfants : une moyenne de quatre enfants par foyers est demandée (« deux pour le renouvellemnt de la génération, un pour la guerre et un en plus »)[35]. Est créée la Ehrenkreuz der deutschen Mutter (en français : « croix d'honneur de la mère allemande ») aux mères ayant mis au monde plus de quatre enfants. Une « Journée de la Mère allemande » est également créée ; à celle de 1939, trois millions de mères sont décorées[12]. Concernant l'avortement, l'accès à ces services est rapidement interdit, jusqu'à ce qu'en 1935, on oblige le corps médical à indiquer les fausses-couches au Bureau régional de la Santé d’État, qui ultérieurement enquêtera sur le naturel de la perte de l'enfant ; en 1943 est promulguée le loi « Protection du mariage, de la famille et de la maternité » par les ministres de l'Intérieur et de la Justice, qui va jusqu'à prévoir la peine de mort pour les mères infanticides[37].

Les membres de la SS, qui constituent les canons physiques voulus par le régime doivent à partir d'une ordonnance de 1932, dite du Lebensborn, doivent être parents d'au moins quatre enfants. Des femmes sont mêmes enlevées et parquées de force dans des instituts pour procréer. Mais cette politique ne porte pas véritablement ses fruits, et c'est plus la politique nataliste de l'État pour tout le peuple (soutien financier à chaque nouvel enfants, décorations, forte pénalisation de l'avortement). À l’inverse, une typologie établie interdit à certaines franges de la population, sur des bases raciales ou médicales, d’enfanter[35] :

  1. « celle qui est encouragée à avoir des enfants »[35]
  2. « celle dont on peut tolérer qu’elle ait »[35]
  3. « celle qui ferait mieux de ne pas avoir »[35]
  4. « celle qu’il faut empêcher d’enfanter »[35]

Les effets de la politique nataliste prônés par le régime sont contrastés : elle est globalement « peu fructueuse »[20]. Malgré tout, on compte deux baby-boom résultant de mesures juridiques : en 1939 après une loi qui interdit aux femmes enceintes de travailler, et en 1943 après une autre autorisant celles-ci à être dispensées du travail volontaire[20].

Canons physiques

Physiquement, le Troisième Reich promeut des canons de beauté dits « aryens » : des femmes blondes, belles, grandes, sveltes et robustes à la fois. Cette image est diffusée autant à travers la publicité que l'art officiel, puisant dans l'art antique, et plus spécifiquement dans les statues gréco-romaines. L'universitaire Monique Moser-Verrey note ainsi[38] qu'« on ravive, au cours des années trente, des thèmes mythologiques tels le jugement de Pâris, le rapt d'Europe et les amours de Léda »[7].

Monique Moser-Verrey note cependant : « Il est pourtant frappant de constater que l'image des femmes projetée par la littérature féminine des années trente est très clairement contraire aux visions traditionnelles de la douce épouse au foyer propagées par Rosenberg et Goebbels. Les héroïnes des romans féminins de cette époque représentent souvent le type de la femme forte et tenace, tandis que les fils et les maris sont rapidement livrés à la mort. Tout se passe comme si l'on apercevait à travers ces fictions un véritable antagonisme entre les sexes généré par la mobilisation constante de ces deux groupes indépendamment l'un de l'autre »[39].

Le cinéma de la période véhicule peu de figures féminines de premier plan ; néanmoins on relève un certain nombre de documentaires instructifs réalisés pour les BDM[40]. Parmi les actrices les plus exposées, on peut citer Lil Dagover, Margot Hielscher, Brigitte Horney, Zarah Leander et Kristina Söderbaum. La presse féminine participe à véhiculer leur image, comme le magazine Die Frau [La Femme], qui paraît jusqu’en 1944[41] ou le magazine du Frauenschaft, auquel sont alors abonnées plus d'un million de femmes[42].

Embrigadement des femmes

Des jeunes filles de la BDM faisant de la gymnastique en 1941.

Jeunesse et éducation

Article détaillé : Bund Deutscher Mädel.

L'éducation des filles n'est pas négligée et les garçons et les filles sont mis sur le même pieds dès l'école. Elles sont encouragées à suivre des études secondaires mais peu à peu les cycles universitaires leur seront fermés. Elles doivent effectuer, à partir de 1935, un travail de six mois au bénéfice du service de travail féminin, le Frauenarbeitsdienst. Adolf Hitler lui même déclare, le 12 avril 1942, que les écoles du Reich doivent rassembler « des garçons et des filles issus de toutes les classes » pour réunir « toute la jeunesse du Reich »[31]. Le manuel d'éducation Das kommende Deutschland note que « a) La Jungmädel (jeune fille) doit connaître la date et le lieu de naissance du Führer, et pouvoir raconter sa vie. b) Elle est capable de raconter l’histoire du mouvement et la lutte des SA et des Jeunesses hitlériennes. c) Elle connaît les collaborateurs vivants du Führer »[31] ; il convient également qu'elles connaissent la géographie de l'Allemagne, ses hymnes ainsi que les clauses du traité de Versailles[31].

L'éducation des filles implique également une éducation politique : alors qu'existent déjà des écoles élitistes d'études politiques, les Napola (Nationalpolitische Anstalten), une dévolue aux filles est ouverte en 1939, à Vienne et une autre en 1942, à Luxembourg. Ces instituts n'ont pas vocation à faire re-entrer les femmes dans la vie politique mais à doter les meilleures d'un bagage culturel conséquent pour pouvoir occuper les postes de direction relatifs aux affaires féminines. Cela concerne donc une toute petite minorité. Cependant, le 5 juin 1942, le ministre des Finances Lutz Schwerin von Krosigk, un homme politique conservateur, menace de couper les crédits à cette seconde école, si elle ne devient pas un simple internat pour adolescentes, rejetant toute éducation politique des filles. Adolf Hitler en décide autrement le 24 juin 1943, en promettant la construction de trois nouvelles Napola.

Membres de la BDM en camp de vacance à Wuxi, en République de Chine, en 1934.

Alors que les Jeunesses hitlériennes sont dévolues à organiser la vie extra-scolaire des adolescents masculins, les Bund Deutscher Mädel (BDM), s'occupent des adolescentes de 14 à 18 ans. Fondé en 1934, le mouvement est obligatoire suite à la loi du 1er décembre 1936. Il est dirigé de 1934 à 1937 par Trude Mohr, puis de 1937 à 1945 par la psychologue Jutta Rüdiger. Les jeunes filles sont amenées à certains travaux (œuvres sociales, sanitaires) ou agricoles (l’Ernteeinsatz, l'aide aux moissons) et faire du sport ; mais étonnement, comme le montre le manuel d'éducation Das kommende Deutschland, les performances physiques demandées sont parfois les mêmes que celles des garçons (par exemple, courir 60 mètres en moins de 12 secondes)[31]. Chaque mercredi soir, pour les filles de 15 à 20 ans, ont lieu les « soirées du foyer », pour discuter d'art et de culture[43]. Des camps de vacances (une semaine en été[43]), en Allemagne ou à l'étranger sont organisés. Il existe également un service obligatoire de six mois, le Reichsarbeitsdienst der weiblichen Jugend (Service National du Travail de la Jeunesse Féminine), complété en 1941 de six mois supplémentaires avec le Kriegshilfsdienst (pour l’effort de guerre)[12]. Pour les jeunes filles de 18 à 25 ans souhaitant trouver un travail est instituée en 1938 la Pflichtjahr, une année obligatoire de service agricoles et domestiques[12].

L'embrigadement de cette jeunesse, qui se poursuit dans l'âge adulte n'est donc pas vraiment conservateur mais plutôt révolutionnaire : on ne cantonne pas les futures femmes à un rôle mal défini de femmes aux foyers comme autrefois mais on tient à ce qu'elles soient éduquées comme les garçons dans le culte de la patrie pour, une fois adulte, devenir des femmes allemandes idéales. Ainsi, on les « arrache » au giron familial.

Vie adulte

Le NS-Frauenschaft

Drapeau du Service du travail féminin (Frauenarbeitsdienst).
Article détaillé : NS-Frauenschaft.

Les femmes peuvent être membres du NSDAP, mais les débuts du parti n'admettent que des membres « utiles » (infirmières, cuisinières par exemple[28]). On compte ensuite 5 % de femmes en 1933 et 17 % en 1937[32]. Mais depuis octobre 1931 existe le NS-Frauenschaft (NSF), l'organisation politique des femmes nationales-socialistes, qui vise avant tout à promouvoir l'idéal de la femme modèle du Troisième Reich ; à l'origine, elle était charger de l'enseignement ménager[28]. Les jeunes filles le rejoignent dès 15 ans. Le 31 décembre 1932, la NSF compte 109 320 membres. En 1938, elle en compte 2 millions, correspondant à 40 % du nombre total des membres du parti. La NSF est dirigé par Gertrud Scholtz-Klink, qui porte le titre de Reichsführerin ; elle appelle les membres « mes filles » et acquiert sur elles une forte influence et un certain crédit. Ses vues rejoignent évidemment celle d'Adolf Hitler sur la femme, mais elle défend néanmoins l'accès pour certaines à des fonctions à responsabilité. Elle ne participe pas aux grandes réunions du parti mais est invitée aux congrès.

Des livres d'éducation sont édités dès 1934, souvent supervisés par la médecin Johanna Haarer, auteur notamment de La mère allemande et son premier bébé, largement diffusé et promouvant le rôle moteur de la mère allemande dans le régime en construction, ou Mère, parlez-lui d'Adolf Hitler (Mutter, erzhäl von Adolf Hitler), pour amener les femmes à inculquer à leurs enfants les valeurs du national-socialisme : « Vous devez encore tirer, vous, enfants, une leçon de la longue histoire que je vous ai racontée : vous, Fritz et Hermann, devez d’abord devenir des jeunes gens pleinement allemands, qui occupent leur place dans la Jeunesse hitlérienne, et plus tard des hommes allemands capables et courageux, afin que vous aussi soyez dignes d’avoir Adolf Hitler pour guide. Toi, Gertrud, tu dois être une vraie jeune fille allemande, une authentique jeune fille BDM, et plus tard une vraie femme et mère allemande, afin que toi aussi tu puisses à chaque instant regarder le Führer dans les yeux »[44].

L'éducation ménagère est promue à travers le Frauenwerk (Œuvre féminine allemande), qui ouvre aux femmes « ethniquement pures » des cours thématiques. On remarque néanmoins que si elles sont nombreuses aux cours d'« éducation domestique, de gymnastique et de musique », elles désertent ceux qui visent à un enseignement antireligieux[32].

La NS-Frauenschaft « ne joue aucun rôle politique et ne s'oppose pas à la perte des droits des femmes durement acquis. Elle défend le rôle de la mère de famille au foyer, consciente de ses devoirs au sein de la communauté du peuple. Pour autant, le cantonnement des femmes dans la sphère privé" ne doit pas oculter leurs responsabilités sous le IIIe Reich [..] : on sait aujourd'hui que le Frauenbewegung [(mouvement féminin)] a pensé la place sociale de la femme au sein d'une communauté qui exclut les Juifs et exerce une mission civilisatrice en Europe de l'Est occupés pour préserver la race »[45]. Claudia Koonz note elle que « l’État nazi avait permis aux femmes de créer la plus grande organisation de toute l’histoire du fémininsme, et cela avec la bénédiction d’un parti qui professait des idées d’un machisme flagrant »[46].

Les femmes et les Églises

En 1933, la majeure partie des associations féminines sont soit dissoutes, soit regroupées dans de plus grandes. Néanmoins, les associations religieuses (catholique et protestante) subsistent, et les réunions au presbytères de leur paroisse ou les œuvres de charités demeurent alors des champs sociaux important pour ces croyantes[47].

Seconde Guerre mondiale

À compter de 1943, le ministère de l'Économie introduisit le Berufsausbildungsprogramm Ost, « programme de service du travail pour les territoires de l'Est » : il étendait, pour les membres de la Ligue des Jeunes Filles allemandes de la section Osteinsatz, les lois en vigueur dans le Reich allemand concernant la protection des mineurs et de l'emploi. Ces jeunes berlinoises, ici employées dans la Marche de Brandebourg pour des travaux agricoles[48], allaient donc pouvoir agir dans les zones de repeuplement à l'Est, comme leur revue Das Deutsche Mädel les y incitait[49].

Au cours de la Seconde Guerre mondiale, contrevenant temporairement à leurs affirmations passées (Adolf Hitler affirmait ainsi lors d'un discours devant des militantes du NS-Frauenschaft, le 13 septembre 1936 : « Tant que nous possédons une génération d'hommes en bonne santé - et nous, nationaux-socialistes, allons y veiller- l'Allemagne ne formera aucune section de lanceuses de grenades et aucun corps de tireuses d'élite »[9]), les nationaux-socialistes permettent à des femmes de rejoindre l'armée allemande. Elles ne combattent pas mais sont considérées comme des auxiliaires militaires, responsables des domaines logistiques ou administratifs, cela en raison du manque d'hommes, principalement envoyés au combat. D'autres également travailleront en usine ou dans l'enseignement militaire. Militaires, membres de la Reichsbahn (compagnie nationale des chemins de fers) ou de la Feuerwehr (pompiers), celles-ci portent des uniformes adaptés, notamment avec une jupe. Gertrud Scholtz-Klink déclare : « On entend souvent encore de la part des femmes les objections les plus diverses contre un travail dans les usines d'armement. La question de savoir si l'on peut demander ce travail à telle ou telle femme est aujourd'hui bien dépassée »[50]. Même, faisant référence au décret de janvier 1943, mobilisant les Allemandes de 17 à 45 ans, elle déclare en septembre de la même année, lors d'une conférence à Bad Schlachen : « Les femmes éduquées par le ligue féminine et mises à la disposition de la Wehrmacht ne doivent pas seulement dactylographier et travailler, mais aussi être des soldats du Führer »[51].

Dans son discours du Sportpalast prononcé le 18 février 1943 au palais des sports de Berlin, le ministre de la Propagande Joseph Goebbels exhorte les Allemandes au travail et à la sobriété :

  • « À quoi servent les salons de beauté qui encouragent le culte de la beauté et qui prends une quantité énorme de notre temps et de notre énergie? Ils sont superbes en temps de paix, mais une perte de temps en temps de guerre. Nos femmes et nos filles seront capables d’accueillir nos soldats victorieux sans leurs beaux atours de temps de paix ».
  • « C’est pourquoi nous embauchons les hommes qui ne travaillent pas dans l’économie de guerre et les femmes ne travaillant pas du tout. Ils ne peuvent pas et n’ignoreront pas notre demande. Le devoir des femmes est large. Ceci ne veut toutefois pas dire que seulement celles incluses dans la loi doivent travailler. Tous sont bienvenus. Plus de gens joignent l’effort de guerre, plus nous pouvons libérer des soldats pour le front ».
  • « Pendant des années, des millions de femmes allemandes ont travaillé avec brio en production de guerre et elles attendent impatiemment d’être rejointes et assistées d’autres femmes ».
  • « Particulièrement à vous les femmes, voulez-vous que le gouvernement fasse tout en son pouvoir pour encourager les femmes allemandes à mettre toutes leur forces au travail pour supporter l’effort de guerre, et pour laisser partir les hommes pour le front lorsque possible, aidant ainsi les hommes au front ? ».
  • « Les grandes crises et bouleversements de la vie nationale nous montrent qui sont les vrais hommes et femmes. Nous n’avons plus le droit de parler du sexe faible, puisque les deux sexes démontrent la même détermination et la même force spirituelle ».

La mobilisation des femmes dans l'économie de guerre reste toutefois limitée : le chiffre des femmes exerçant une activité professionnelle en 1944 est quasiment inchangé par rapport à 1939, soit 15 millions ; contrairement à la Grande-Bretagne, la mise à l'emploi des femmes ne progresse pas et seules 1 200 000 d'entre-elles travaillent dans l'industrie d'armement en 1943, avec des conditions de travail très dures et souvent mal accueillies par les patrons, qui déplorent leur manque de qualification[52].

Dans l'armée (Wehrmacht)

Auxiliaires féminines de la Wehrmacht à Paris durant l'occupation (1940).

On compte, en 1945, 500 000 auxiliaires féminines dans l'armée allemande (Wehrmachtshelferinnen)[33], que ce soit au sein de la Heer, de la Luftwaffe ou de la Kriegsmarine. Environ la moitié d'entre elles se sont portées volontaires, les autres ayant effectué un service obligatoire lié à l'état de guerre (Kriegshilfsdienst). Elles faisaient partie, au même titre que les prisonniers de guerre volontaires (Hiwis), du personnel auxiliaire de l'armée (Behelfspersonal) et elles ont été affectées non seulement au sein du Reich, mais, dans une moindre mesure, également dans les territoires occupés, comme par exemple dans l'administration du territoire polonais, en France, et plus tard en Yougoslavie, en Grèce et en Roumanie[53].

Elles ont essentiellement exercé :

  • comme opératrices de téléphonie, de télégraphie, de transmissions,
  • comme employées administratives, dactylographes et messagères,
  • dans la défense anti-aérienne, comme opératrices d'écoute, servantes des projecteurs de DCA, employées des services de météorologie, auxiliaires de la protection civile,
  • dans le service de santé militaire, comme infirmières bénévoles de la Croix-Rouge allemande ou d'autres organismes de bienfaisance.

Dans la SS

La SS-Gefolge est le pendant féminin des SS masculins (elles ne sont pas considérées comme des SS, mais des auxiliaire des SS), mais est à l'inverse seulement cantonné au volontariat mais dans l'avancée de la guerre au « Service d'urgence » (Notdienstverpflichtung). Les femmes SS appartiennent soit à la SS-Helferinnen, soit à la SS-Kriegshelferinnen. Les premières sont formées dans une école spéciale (voir ci-dessous), les autres bénéficient d'une formation plus courtes. Elles sont littéralement des auxiliaires chargées des transmissions (téléphone, opératrices radio, sténographes) au sein de la SS et parfois dans des camps (il s'agit d'Aufseherin, voir à la section suivante). Il existe une hiérarchie interne à la SS-féminine, qui n'a donc pas de valeur sur les troupes masculines, bien que les termes désignant les titulaires parfois se rejoignent.

Une Reichschule SS (Reichsschule fïir SS Helferinnen Oberenheim), centre de formation pour la SS, mais ici réservé aux femmes, ouvre ainsi à Obernai en mai 1942, sur l'ordre d'Heinrich Himmler[54]. La formation est plus dure que pour les femmes enrôlées dans l'armée allemande, la Wehrmacht. En effet, elles devaient répondre à certains critères physiques, étant destinées à servir d'épouses modèles conformes aux canons physiques décidés par le régime : il faut être âgée de 17 à 30 ans et mesurer plus d'1 mètre 65, bien que sur le long terme, les conditions d'inscription furent assouplies (limite d'âge portée à 40 ans et taille à 1 m 58), ayant même jusqu'à accueillir quinze élèves musulmanes[54]. Étaient à l'origine privilégiées les veuves de guerre avant que cela s'étendent à d'autres classes sociales. L'école ferme en novembre 1944, à cause de l'avancée des troupes alliées.

Dans les camps

Dessin représentant une Aufseherin en uniforme.
Article détaillé : Aufseherin.

Des femmes sont également employées dans l'encadrement des camps de concentration nazis : ce sont les Aufseherin, appartenant généralement à la SS. Elles sont gardiennes, secrétaires ou infirmières. Il ne faut pas attendre le début de la guerre pour les voir arriver, certaines étant formées dès 1938 à Lichtenburg (conséquemment au besoin de personnel suite au nombre grandissant de prisonniers politiques après la Nuit de cristal des 8 et 9 novembre 1938) ; après 1939, elles s'entraînent au camp de Ravensbrück, près de Berlin. Venant le plus souvent de classes sociales basse ou moyenne, elles exerçaient auparavant des professions classiques (coiffeuse, institutrice par exemple) mais restent, à l'inverse des hommes où le service est obligatoire, mues par un désir sincère de rejoindre le corps féminin SS, le SS-Gefolge. Sur les 55 000 gardiens de tous les camps nazis, on compte 3 600 femmes (soit environ 10 % des effectifs) ; néanmoins, aucune femme n'est autorisée à donner d'ordres à un homme.

Elles intègrent des camps à partir de 1942 (Auschwitz et Majdanek). L'année suivante, les Nazis commencèrent la conscription de femmes en raison de la pénurie de gardiens. Plus tard, durant la guerre, des femmes s'entraînèrent aussi à une échelle moindre dans les camps de Neuengamme, Auschwitz (I, II et III), Plaszow, Flossenbürg, Gross-Rosen, Vught et Stutthof, mais ne servirent jamais dans les camps d'extermination de Belzec, Sobibór, Treblinka ou Chelmno. Sept Aufseherinnen servirent à Vught, vingt-quatre servirent à Buchenwald, trente-quatre à Bergen-Belsen, dix-neuf à Dachau, vingt à Mauthausen, trois à Dora-Mittelbau, sept à Natzweiler-Struthof, vingt à Majdanek, 200 à Auschwitz et ses camps annexes, 140 à Sachsenhausen, 158 à Neuengamme, quarante-sept à Stutthof, à comparer aux 958 qui servirent à Ravensbrück, 561 à Flossenbürg et 541 à Gross-Rosen. Beaucoup de surveillantes travaillaient dans les camps annexes en Allemagne, quelques-unes en France, Autriche, Tchécoslovaquie et Pologne.

Il existe une hiérarchie au sein des Aufseherin, les dernières étant évidemment les plus hautes :

  • Rapportaufseherin (chef Aufseherin)
  • Erstaufseherin (première gardienne)
  • Lagerführerin (chef de camp)
  • Oberaufseherin (inspectrice senior), poste seulement occupés par Anna Klein et Luise Brunner

Les femmes membres des minorités discriminées

Femmes juives emmenées par des soldats allemands hors du ghetto de Varsovie, vers la déportation.

Au même titre que les hommes Juifs ou Tsiganes, les femmes de ces communautés sont également discriminées, puis déportées et pour certaines exterminées. Il existe dans la plupart des camps des secteurs pour les détenues féminines (notamment à Auschwitz et Bergen-Belsen) mais le camp de Ravensbrück, ouvert en mai 1939, se distingue en étant un camp exclusivement féminin, comptabilisant jusqu'en 1945 environ 100 000 prisonnières. Un premier camp de concentration féminin avait été ouvert en 1933 à Moringen, avant d'être transféré en 1938 à Lichtenburg. S'il n’y a pas de discrimination sexuelle face à cela, la mortalité féminine demeure, selon des études, plus élevée : elles représentent environ les 2/3 des Juifs et 56 % des Tsiganes exterminés[55]. La politique eugéniste mise en place par le régime concerne 20 % de la population allemande, soit 12 millions d’habitants, bien qu’au final, seulement 1 % d’hommes et de femmes ont été stérilisés : ces stérilisations avaient pour cause : « [la] déficience mentale (reconnue ou suspectée) ; en prévision de viols (maisons closes des soldats) ; pour comportement hétérosexuel irrégulier ; pour celles qui ont la capacité et la volonté d’obtenir un emploi ; pour celles qui veulent obtenir un emploi »[55]. Au même titres que les hommes, des femmes handicapées sont victimes du Programme Aktion T4.

Dans les camps d'extermination, considérées comme plus vulnérables que les hommes, elles sont généralement envoyées plus rapidement vers les chambres à gaz, alors que la force des hommes est employée à des travaux jusqu'à épuisement. Certaines sont également soumises à des expériences médicales. Nathalie de Voghelae note que « les travaux forcés sont tellement durs que les fausses couches sont fréquentes. De plus, selon le témoignage d'un médecin interné à Buchenwald, 100 % des femmes ne sont plus réglées après seulement quelques mois de détention. Cependant, le processus reprend son cours après leur libération »[55].

Certaines prennent la voie de la Résistance, comme la polonaise Haïka Grosman, qui participe à l'organisation du soulèvement du ghetto de Białystok, dans la nuit du 15 au 16 août 1943. Le 7 octobre 1944, des membres du Sonderkommando, 250 prisonniers responsables des corps des personnes après gazage, se soulèvent ; ils s'étaient procuré des explosifs subtilisés par un Kommando de jeunes femmes juives (Ella Gartner, Regina Safir, Estera Wajsblum et Roza Robota) travaillant dans les usines d'armement de l'Union Werke. Ils réussirent à détruire partiellement le crématoire IV.

Des femmes contre le Troisième Reich

La résistante Libertas Schulze-Boysen.

Outre les résistantes acculées à cet engagement en raison du risque qu'elles courent à être déportées et exterminées en raison de leur appartenance raciale, certaines Allemandes s'engagent également contre le régime national-socialiste, représentant environ 15 % de la Résistance. Monique Moser-Verrey note cependant : « Si l'on peut dire que parmi les minorités persécutées les femmes sont plus souvent épargnées que les hommes, c'est que leur statut inférieur dans une société dominée par les hommes n'en fait pas pour le régime des ennemies de taille, mais ce sont elles qui comprennent qu'il faut fuir ou se cacher bien avant leurs conjoints malmenés dont l'insertion sociale est cependant plus complète »[9].

L'étudiante communiste Liselotte Herrmann proteste dès 1933 contre la nomination d'Adolf Hitler au poste de chancelier et réussi à faire passer aux gouvernements étrangers des informations sur le réarmement de l'Allemagne ; elle est arrêtée en 1935, condamnée à mort deux ans plus tard et exécutée en 1938 : elle est alors la première mère allemande à subir la peine capitale depuis le début du régime. Vingt femmes venant de Düsseldorf, qui étaient venus voir les pères, frères ou fils déportés au camp de Börgermoor, réussissent à exfiltrer le fameux Le Chant des déportés et à le faire connaître. Freya von Moltke, Mildred Harnack-Fish et Libertas Schulze-Boysen participent au groupe résistant du Cercle de Kreisau et l'Orchestre rouge ; les deux dernières seront arrêtées et exécutées. L'étudiante de 20 ans Sophie Scholl, membre de La Rose blanche est exécutée le 22 février 1943 avec son frère Hans Scholl et Christopher Probst, pour avoir diffusé des tracts. La résistante Maria Terwiel aide à faire connaître le célèbre sermon condamnant les malades mentaux, de Clemens von Galen, évêque de Munster ainsi qu'à faire passer des Juifs à l'étranger ; elle sera exécutée le 5 août 1943. On pourra en février 1943 en outre noter la manifestation , dite de la Rosenstraße,à l'issue de laquelle des femmes racialement aryennes mais mariées à des Juifs obtiennent la libération de leurs époux. Individuellement, on relève des cas de femmes récompensées par le régime, donnant leur croix d'honneur de la mère allemande à des mères juives pour tromper les autorités[56].

Des femmes luttent également de l'étranger, comme Dora Schaul, une communiste qui avait quitté l'Allemagne en 1934 et qui participe à partir de juillet 1942 aux réseaux clandestins Deutsch-Arbeit (Travail allemand) et Deutsche-Feldpost (Poste de campagne allemande), à partir de l'École de Santé militaire de Lyon. Hilde Meisel tente dès 1933 de galvaniser l'opinion anglaise contre le régime national-socialiste ; elle revient en Allemagne pendant la guerre mais est exécutée au détour d'une route.

Vie mondaine et cercles de pouvoirs

Si sous le Troisième Reich les femmes n'ont plus de pouvoir politique, un cercle d'influence existe autour d'Adolf Hitler. Celui-ci, qui était ami avec la britannique Unity Mitford fait de Magda Goebbels, l'épouse du ministre de la Propagande Joseph Goebbels, la « Première dame du Troisième Reich » : elle représente le régime lors des visites d'État et des sorties officielles. Déjà, le 19 décembre 1931, son mariage avec Goebbels avait été considéré comme un évènement mondain, auquel est notamment conviée Leni Riefenstahl[57]. Il lui incombe de se poser en modèle de la mère allemande lors de la fête des Mères. Eleonore Baur, amie avec Hitler depuis 1920 (elle a participé au putsch de la Brasserie) est la seule femme à recevoir l'Ordre du sang ; elle participe également à plusieurs réceptions officielles et est proche d'Heinrich Himmler, qui la nomme même colonel SS et lui permet d'accéder librement aux camps de concentration, ce qu'elle fait régulièrement, notamment à celui de Dachau[31]. Hitler n'oublie pas qu'il doit une partie de son ascension politiques à des femmes qui l'ont intégré dans les milieux mondains (nobles et industriels), comme Elsa Bruckmann.

Dans certains domaines, des femmes arrivent également à se distinguer, mais elles font figure d'exceptions qui confirment la règle. Ainsi, Leni Riefenstahl est la réalisatrice officielle du régime et se voit dotée de moyens énormes pour réaliser ses productions cinématographique (pour Le Triomphe de la volonté ou Les Dieux du stade). Winifred Wagner, elle, dirige le très médiatique festival d'opéra de Bayreuth, et la soprano Elisabeth Schwarzkopf s'impose comme la « diva nazie », comme le note un journal américain, alors que la chanteuse et actrice Zarah Leander devient une égérie du cinéma allemand. Hanna Reitsch, une pilote émérite, se distingue dans son maniement des avions d'essais et des projets militaires du régime, notamment le V1.

Galerie d'épouses et de filles de dignitaires

Galerie de personnalités féminines

Les femmes après la chute du Troisième Reich

Après la chute du Troisième Reich, de très nombreuses Allemandes, surnommées femmes des ruines, participent à la reconstruction de l'Allemagne en déblayant les ruines issues des destructions dues à la guerre. En zone d'occupation soviétique, plus de deux millions de femmes sont victimes de viol[58]. L'une d'elles laissera un témoignage rédigé de cette expérience: une femme à Berlin (Eine Frau in Berlin) .

Inge Viermetz au procès du RuSHA, le 28 janvier 1948.

Si elles n'ont pas été jugées avec la même sévérité que les caciques du régime, certaines femmes ont été inquiétées après la guerre. Ainsi, Herta Oberheuser, une médecin ayant participé aux expérimentations médicales nazies au camp de Ravensbrück de 1940 à 1943 est la seule femme présente dans le box des accusés du procès des médecins du procès de Nuremberg. Elle est jugée responsable d'avoir inoculé des virus à 86 femmes ainsi que de la mort d'enfants. Elle est condamnée à 20 ans de prison. De son côté, Inge Viermetz, jugée au procès du RuSHA, est acquittée.

Le tribunal de dénazification interdit à Winifred Wagner de s'occuper du festival de Bayreuth. La cinéaste Leni Riefenstahl est elle portée à comparaître devant les tribunaux en 1948, accusée de ne pas avoir rétribué les Roms et les Sintis pour son film Tiefland et de leur avoir faussement promis de les sauver des camps ; elle est finalement acquittée.

Certaines femmes allemandes interrogées longtemps après la fin du Troisième Reich, influentes ou non, confesseront n'avoir pas renié le régime national-socialiste, ni la personne d'Adolf Hitler, refusant ou non de reconnaître les crimes commis pendant ces années. D'autres, comme Henriette von Schirach dans son livre Der Preis der Herrlichkeit. Erfahrene Zeitgeschichte, se montreront plus ambigües, cette-dernière récusant un régime qui passait par « le triomphe de la vanité »[39].


Les femmes allemandes, responsables ?

Immatriculation de l'Aufseherin du camp de Buchenwald, Ilse Koch, après son arrestation.

La question de la culpabilité du peuple allemand dans son soutien au nazisme a longtemps occulté les femmes, en vertu du peu de pouvoirs politiques qu'elles possédaient sous le régime. Ainsi, comme l'explique l'historienne allemande Gisela Block (qui participe avec les premiers historiens à mettre en avant ce sujet, en interrogeant des femmes de l'époque du Troisième Reich[59]) en 1984 dans When Biology became Destiny, Women in Weimar and Nazi Germany, les femmes sont asservies économiquement et moralement, ne pouvant pas exercer leur liberté en étant cantonnées au foyer et placées sous la férule de leur époux[37]. Ainsi, on associe jusqu'aux années 1980, dans les études sur le sujet, essentiellement les femmes à des victimes d'un « machisme » et d'une « misogynie » fascistes.

Néanmoins, la simplicité de cette analyse tend à disparaître avec les études récentes. En 1987, l'historienne Claudia Koonz dans Mothers in Fatherland, Women, the Family and Nazi Politics remet en question cette affirmation et leur reconnaît une certaine culpabilité. Nombre de femmes admirèrent en effet Adolf Hitler et lui permettent ses succès électoraux au début des années 1930. Elle déclare ainsi : « Loin d’être impuissantes ou innocentes, les femmes rendirent possible l’État meurtrier au nom des intérêts qu’elles définissaient comme maternels »[37]. Pour elle, le cantonnement des femmes au foyer leur permettait justement de s'affirmer et de quérir une identité, notamment par le biais des associations nazies féminines menées par Gertrud Scholtz-Klink. Elles aideraient donc à la stabilisation du régime. Les femmes se complurent ainsi dans la politique eugéniste de l'État, qui promettaient des aides financières si la natalité était forte ; elles aideraient donc à la stabilisation du régime « en préservant l’illusion de l’amour dans un environnement de haine »[37]. En outre, Si Gisela Block dénonça les travaux de sa collègue comme « antiféministes », d'autres comme Adelheid von Saldern refusent de s'arrêter à un choix strict entre complicité et oppression et s'intéressent plus à la façon dont le Troisième Reich ont inséré les femmes dans leur projet pour l'Allemagne[37].

Claudia Koonz note : « En 1933, les planificateurs nazis, qui avaient interdit le contrôle des naissances et punissaient sévèrement les avortements, décrétaient les lois privant les Juifs de leurs droits de citoyens et obligeaient les « Aryens non conformes racialement » à se soumettre à la stérilisation. Ce fut aux femmes qu'il revint d’appliquer ces édits. Les enseignantes, les infirmières et les assistantes sociales de Scholtz-Klink livrèrent aux agences de stérilisation les retardés mentaux, les schizophrènes, les alcooliques et les marginaux qui passaient entre leurs mains. Les jeunes mariées quittèrent le marché du travail pour donner naissance à de nombreux enfants et bénéficier des aides sociales. Les mères de famille boycottèrent les commerces tenus par les Juifs et cessèrent de voir des amis Juifs de longue date ; d’autres fondèrent des écoles eugénistes pour les jeunes femmes en les préparant à la profession de mère ai foyer ; d’autres encore se muèrent en missionnaires pour convertir les hérétiques. Ce fut aux femmes aussi que revint le douteux privilège de dénoncer tout étranger « suspect » dans le voisinage et de fermer leur porte à toute personne « dangeureuse »  »[60]. Dans ses recherches, elle s’étonne néanmoins de la diversité des profils féminins rencontrés parmi la population féminine allemande : « Le modèle monolithique de la brute ou de la femme passive s’effritait. Les insipides Eva Braun ou les cruelles Irma Grese n’étaient pas légion. On trouvait en revanche énormément de Leni Riefenstahl, opportunistes de tout poil »[24].

Néo-nazisme

On compte plusieurs femmes militantes néo-nazies ou défenseures d'anciens nazis, comme les allemandes Helene Elisabeth von Isenburg ou Gudrun Himmler (fille d'Heinrich Himmler), lesquelles actent à travers l'association Stille Hilfe. Les Françaises Françoise Dior et Savitri Devi ont, à des titres divers, bénéficié d'une certaine notoriété.

Bibliographie

L'historiographie concernant le rôle des femmes dans le IIIe Reich est récente au vu de tous les ouvrages écrits sur le sujet (fin des années 1970-début des années 1980). Les premières historiennes à se pencher sur la question sont Rita Thalmann, Dörte Winkler et Jill Stephenson[61].

Bibliographie française

  • Pierre Ayçoberry, La société allemande sous le IIIe Reich, 1933-1945, éditions du Seuil, 2008, 434 pages.
  • Fabrice d'Almeida, La vie mondaine sous le nazisme, Perrin, Paris, 2006, 418 pages, (ISBN 2-262-02162-7).
  • Renée Chartier, « Claudia Koonz, Les Mères-Patrie du IIIe Reich, les femmes et le nazisme, Paris, Lieu commun, 1989, 553 pages.
  • Liliane Crips, Le rôle des femmes dans la société nationale-socialiste vu par les historiens de la R.D.A., in Rita Thalmann, Femmes et fascismes, Paris, Éditions Tierce, 1986.
  • François Delpla, Les Tentatrices du diable - Hitler, la part des femmes, L'Archipel, 2005.
  • Marylin French, La fascination du pouvoir (traduction Hélène Ouvrard), Paris, Éditions Acropole, 1986.
  • Nicole Gabriel, « Un corps à corps avec l'Histoire : les féministes allemandes face au passé nazi », in Rita Thalmann, Femmes et fascismes, Paris, Éditions Tierce,1986.
  • Liliane Kandel, Féminismes et nazisme, Éditions Odile Jacob, 2004, 304 pages.
  • Guido Knopp, Les Femmes d'Hitler, Payot, 2004, 366 pages.
  • Glenn B. Infield, Leni Riefenstahl et le IIIe Reich. Cinéma et idéologie 1930-1946, Paris, 1976.
  • Maria A. Macciocchi, Les femmes et leurs maîtres, Paris, Christian Bourgois, 1978.
  • Josef Schmidt, « Événement fasciste et spectacle mondial : Les Jeux Olympiques de Berlin en 1936 », in Régine Robin (éd.), Masses et culture de masse dans les années trente, Paris, Éditions ouvrière, 1991.
  • Anna Maria Sigmund, Les femmes du IIIe Reich, Éditions JC Latès, 2004.
  • Rita Thalmann
    • Protestantisme et nationalisme en Allemagne de 1900 à 1945, Paris, Klinchsieck, 1976.
    • Être femme sous le IIIe Reich, Robert Laffont, 1982, (ISBN ISBN 3548330819).

Bibliographie allemande

  • Else Behrens-Rosenfeld, Ich stand nicht allein. Leben einer Jüdin in Deutschland 1933-1944, Munich, 1945 puis 1988.
  • Gisela Bock, Zwangssterilisation im Nationalsozialismus. Studien zur Rassenpolitik und Frauenpolitik, Westdeutscher Verlag, 1986.
  • Brigitte Bruns, Frauen im Nationalsozialismus, in Andrea van Dülmen (Hrsg.), Frauen. Ein historisches Lesebuch, Munich, 1989.
  • Andrea Böltken, Führerinnen im Führerstaat: Gertrud Scholtz-Klink, Trude Mohr, Jutta Rüdiger und Inge Viermetz, 1995.
  • Elias Canetti, Masse und Mach, Francfort-sur-le-Main, Fischer Taschenbuch Verlag, 1981.
  • Angelika Ebbinghaus, Opfer und Täterinnen. Frauenbiographien des Nationalsozialismus. Schriften der Hamburger Stiftung für Sozialgeschichte des 20. Jahrhunderts, Band 2, Nördlingen, Delphi Politik, 1987.
  • Ute Frever, Frauen-Geschichte zwischen bürgerlicher Verbesserung und neuer Weiblichkeit, Francfort-sur-le-Main, Suhrkamp Verlag, 1986.
  • Ingeborg Henge, Als unsichtbare Mauern wuchsen. Eine deutsche Familie unter den Nürnberger Rassengesetzen, Munich, Deutscher Taschenbuch Verlag, 1988.
  • Dorothee Klinksiek, Die Frau im NS-Staat, Dt. Verlagsanstalt, Stuttgart, 1982, (ISBN ISBN 3421061009).
  • Cordula Koepcke, Geschichte des deutschen Frauenbewegung, von den Anfängen bis 1945, Freiburg, Herder-Taschenbuch, 1981.
  • Kathrin Kompisch, Täterinnen. Frauen im Nationalsozialismus, Böhlau Verlag, Cologne, 2008, (ISBN ISBN 978-3-412-20188-3).* Massimiliano Livi, Gertrud Scholtz-Klink. Die Reichsfrauenführerin, Lit-Verlag, Münster, 2005, (ISBN ISBN 3-8258-8376-0).
  • Claudia Konz
    • The Competition for a Women's Lebensraum, 1928-1932, in Renate Bridenthal, Anita Grossmann et Marion Kaplan, When Biology Became Destiny. Women in Weimar and Nazi Germany, New York, Monthly Review Press, 1984.
    • Mothers in the Fatherland. Women, the Family and Nazi Politics, New York, St. Martin's Press, 1989.
  • Marianne Lehker, Frauen im Nationalsozialismus. Wie aus Opfern Handlanger der Täter wurden - eine nötige Trauerarbei, Francfort-sur-le-Main, Materialis Verlag, 1984.
  • Melita Maschmann, Fazit. Mein Weg in der Hitler Jugend, Munich, 1980.
  • Alfred Rosenberg, Der Mythus des 20 Jahrhunderts. Eine Wertung der seelisch-geistigen. Gestalten und Kämpfe unserer Zeit, Munich, Hoheneichen, 1930.
  • Alice Rühle-Gerstel, Das Frauenproblem der Gegenwart, Leipzig, Hirze, 1932.
  • Heide Schlüpmann, « Faschistische Trugbilder weiblicher Autonomie », Frauen und Film, 1988.
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  • Susan Sontag, « Fascinating Fascism », in New York Review of Books, 1975.
  • Sybille Steinbacher, Volksgenossinnen : Frauen in der NS-Volksgemeinschaft, Wallstein Verlag, Göttingen, 2007, (ISBN ISBN 978-3-835-30188-7).
  • Gerda Stuchlik, « Bibliographie Frauen und Nationalsozialismus », in Leonore Siegele-Wenschkewitz, Gerda Stuchlik (Hg.), Frauen und Faschismus in Europa. Pfaffenweiler, Centaurus, pages 320-328, 1990.
  • Godele von der Decken, « Die neue Macht des Weibes, Frauen-Literatur im Umkreis des Nationalsozialismus », in Gisela Brinker-Gabler (Hrsg.), Deutsche Literatur von Frauen. Zweiter Band, 19 und 20 Jahrhundert, Munich, Beck, 1988.
  • Henriette von Schirach
    • Der Preis der Herrlichkeit. Erfahrene Zeitgeschichte, Munich, Herbig, 6e édition (1re : 1956), 1987.
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Bibliographie anglaise

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Notes et références

Notes

Références

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  14. Claudia Koonz, Les mères-patrie du IIIe Reich, Lieu Commun/Histoire, 1989, page 35.
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  48. Lynn H. Nicholas, Cruel World: The Children of Europe in the Nazi Web p 219 (ISBN 0-679-77663-X)
  49. La légende de Das Deutsche Mädel, dans son édition de mai 1942, indique : "apportant tout leur enthousiasme et la force vive de leur jeunesse, nos jeunes filles du « Service de travail » sont mises à contribution dans les territoires allemands regagnés à l'Est.
  50. Anna Maria Sigmund, Les femmes du IIIe Reich, 2004, page 187.
  51. Anna Maria Sigmund, Les femmes du IIIeReich, 2004, page 188.
  52. Marie-Bénédicte Vncent, Histoire de la société allemande au XXe siècle. Tome I. Le premier XXe siècle. 1900-1949, Paris, 2011, p. 96
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  57. Fabrice d'Almeyda, La vie mondaine sous le nazisme, 2008, page 59.
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