Concile de Nîmes (396)


Concile de Nîmes (396)

Ce concile référencé CPL 1779, se tint à Nîmes le 1er octobre 396 ; il concernait l'hérésie des Ithaciens (ou Itaciens) qui portait atteinte à l'unité chrétienne.

Sommaire

Contexte

Le schisme félicien[1] ou itacien était né à Trèves lorsque Itace et ses partisans avaient installé Félix comme évêque de la capitale des Gaules. Ce Félix, affirme Sulpice-Sévère, était un homme très saint et très digne de l'épiscopat mais l'indignité de ses consécrateurs, souillés du sang des hérétiques priscillianistes, avait fait de son nom une pierre d'achoppement : il y avait désormais parmi les évêques gaulois les féliciens et les antiféliciens. Ce n'est qu'en 395, après que le gouvernement impérial a repris en mains les contrées transalpines, où Stilicon se rend en personne, que les tentatives de conciliation commencent avec ce concile.

Concile

Participants

L'historien Louis Duchesne donne la liste des 21 participants. Il indique Aprunculus, Ursus, Genialis (Cavaillon ?), Syagrius, Alitius (Cahors ?), Aper, Felix, Solinus, Adelfus, Remigius, Epetemius (Angers ?), Modestus, Eusebius, Octavius (Apt), Nicesius, Evantius, Ingenuus (Arles), Aratus, Urbanus, Melanus et Toeferius[2],[3].

Saint Martin, parfois accusé d'être antifélicien, refuse de participer à ce concile et parmi les nombreux absents figurent l’évêque de Marseille Proculus, celui de Vienne, Simplicius[4],[5] et l’évêque du Puy , Suacrius ou Syagrius, qui charge un de ses collègues de signer pour lui. En revanche on trouve dans la liste des signataires, celle d’Ingenuus d’Arles, ce qui constitue une des deux références historiques à cet évêque. Pour l'historien Jean-Rémy Palanque l'archevêque d'Arles fait partie des féliciens[6].

Décisions

Une minorité d’évêques se référant aux évêques de Milan et de Rome, sans distinction entre les deux sièges, veut la condamnation de Priscillien ; il semble toutefois qu’ils échouent. Toutefois le concile repousse le diaconat féminin soutenu par les priscillanistes.

D'après Jean-Rémy Palanque, ce concile qu'il date de 394, ne réussit pas à « effacer les scandales et guérir les discordes » comme il se le proposait[7].

Controverse sur la date 394 ou 396

Bien que la date de 396 soit généralement acceptée, certains auteurs ne tranchent pas et laissent subsister un doute entre 394 et 396. En effet ce concile se tient à Nîmes un 1er octobre d’une année indiquée par la note consulaire Arcadio et Honorio augg conss, c'est-à-dire en 394 ou 396. Notons aussi que Saint Martin est encore vivant au moment du concile, donc ce dernier se déroule avant 397. Les tenants pour l’année 396, s’appuient essentiellement sur l’argumentaire de Louis Duchesne. Ce dernier remarque que jusqu’au 6 septembre 394, la Gaule est au pouvoir de l’usurpateur Eugène et qu’il semble peu probable qu’en si peu de temps (entre le 6 septembre et le 1er octobre) on ait pu lancer les convocations et faire les diligences nécessaires pour cette grande réunion épiscopale.

Notes et références

  1. Les évêques réunis à Trêves avaient ordonné évêque de cette ville un saint homme nommé Félix. Le parti des évêques qui avaient causé la mort des hérétiques en prit le nom de félicien, ou, du nom du moins recommandable de ces prélats, celui d'ithacien. Saint Ambroise et le pape Sirice lui-même, d'après la tradition, auraient refusé de reconnaître pour valable une ordination faite par des consécrateurs indignes, et traité en schismatiques les féliciens ou ithaciens. D’autres historiens comme Ernest-Charles Babut, soutiennent le contraire. Il n'y a pas eu de schisme félicien, mais un schisme « antifélicien », et ceux qui se mettaient ainsi en dehors de la grande Église, ce sont précisément Martin, Sulpice Sévère et autres partisans de cet ascétisme outrancier que l'on reprochait à Priscillien. Et ils précisent que si Martin ne fut pas condamné à Trêves, il ne s'en fallut pas de beaucoup, et ce fut uniquement parce qu'il avait donné un gage en assistant à l'ordination de Félix. De plus il n'était plus un évêque comme les autres : il ne pouvait plus assister aux conciles (d’après le site Persee consulté le 2 octobre 2009 ici).
  2. Jean-Rémy Palanque (sous la direction de) - Le diocèse d’Aix en Provence - Paris, Éditions Beauchesne - Collection, Histoire des diocèses de France - 1975 - page 13, ici
    Jean-Remy Palanque évoque un Triferius, probablement le Toeferius relevé par Louis Duchesne. Ce Triferius / Toeferius est dit évêque d'Aix-en-Provence et comme Ingenuus d'Arles, félicien.
  3. Louis Duchesne - Fastes épiscopaux de l'ancienne Gaule. Tome 1: Provinces du Sud-Est – page 346 ici.
  4. Jean-Rémy Palanque (sous la direction de) - Le diocèse d’Aix en Provence - Paris, Éditions Beauchesne - Collection, Histoire des diocèses de France - 1975 - page 13, ici :
    Ceux de la majorité, qui , par opportunisme, faiblesse ou ignorance, avaient reconnu Félix de Trèves (les « féliciens ») se rassemblèrent plusieurs fois en conciles, dont celui de Nîmes en 394, qui ne réussit pas à « effacer les scandales et guérir les discordes » comme il se le proposait : parmi eux l’on trouve Ingenuus d’Arles et Triferius d’Aix, qui devaient donc être féficiens, alors que Proculus de Marseille et Simplicius de Vienne n’y ont pas siégé.
  5. André PelletierVienna – page 163 ici :
    A la fin du siècle, au concile de Nîmes (396) vingt-et-un évêques sont présents, mais il y a des absents (combien ?), comme l’évêque de Vienne.
  6. Jean-Rémy Palanque (sous la direction de) - Le diocèse d’Aix en Provence - Paris, Éditions Beauchesne - Collection, Histoire des diocèses de France - 1975 - page 13, ici :
    Ceux de la majorité, qui , par opportunisme, faiblesse ou ignorance, avaient reconnu Félix de Trèves (les « féliciens ») se rassemblèrent plusieurs fois en conciles, dont celui de Nîmes en 394, qui ne réussit pas à « effacer les scandales et guérir les discordes » comme il se le proposait : parmi eux l’on trouve Ingenuus d’Arles et Triferius d’Aix, qui devaient donc être féficiens,
  7. Jean-Rémy Palanque (sous la direction de) - Le diocèse d’Aix en Provence - Paris, Éditions Beauchesne - Collection, Histoire des diocèses de France - 1975 - page 13, ici :
    Ceux de la majorité, qui , par opportunisme, faiblesse ou ignorance, avaient reconnu Félix de Trèves (les « féliciens ») se rassemblèrent plusieurs fois en conciles, dont celui de Nîmes en 394, qui ne réussit pas à « effacer les scandales et guérir les discordes » comme il se le proposait.

Voir aussi

Bibliographie

Liens internes


Wikimedia Foundation. 2010.

Contenu soumis à la licence CC-BY-SA. Source : Article Concile de Nîmes (396) de Wikipédia en français (auteurs)

Regardez d'autres dictionnaires:

  • Concile oecuménique — Concile Un concile (du latin concilium, assemblée), ou synode (du grec sun odos = chemin commun), est une assemblée d évêques de l Église catholique (romaine ou non) ou orthodoxe. Il manifeste une dimension essentielle de toute Église… …   Wikipédia en Français

  • Concile — Un concile (du latin concilium, assemblée), ou synode (du grec sun odos = chemin commun), est une assemblée d évêques de l Église catholique (romaine ou non) ou orthodoxe. Il manifeste une dimension essentielle de toute Église chrétienne :… …   Wikipédia en Français

  • Concile d’Agde — Concile d Agde Le concile d’Agde s’est tenu à l église Saint André de la ville d’Agde en 506, du temps du règne d Alaric II qui, de religion arienne, autorisa la réunion de cette assemblée catholique. La ville fut choisie pour sa situation… …   Wikipédia en Français

  • Concile d'Agde — Le concile d Agde en 506 et l anti arianisme au sud de la Gaule. Le concile d’Agde s’est tenu à l église Saint André de la ville d’Agde en 506, du temps du règne d Alaric II qui, de religion arienne, autorisa la réunion de cette assemblée… …   Wikipédia en Français

  • Histoire des conciles — Concile Un concile (du latin concilium, assemblée), ou synode (du grec sun odos = chemin commun), est une assemblée d évêques de l Église catholique (romaine ou non) ou orthodoxe. Il manifeste une dimension essentielle de toute Église… …   Wikipédia en Français

  • Liste des conciles — Concile Un concile (du latin concilium, assemblée), ou synode (du grec sun odos = chemin commun), est une assemblée d évêques de l Église catholique (romaine ou non) ou orthodoxe. Il manifeste une dimension essentielle de toute Église… …   Wikipédia en Français

  • Archidiocèse d'Arles — Cet article concerne l ancien archevêché. Pour le diocèse actuel, voir Archidiocèse d Aix en Provence. L’archevêché d Arles est une des Églises les plus anciennes et le plus vénérables des Gaules. Seul l’archevêché de Lyon pourrait lui disputer… …   Wikipédia en Français

  • Ingenuus d'Arles — Ingenuus d’Arles (c.365 – ap.401), appelé aussi Ingenu Evêque d’Arles (av.394 ap.401). Sommaire 1 Biographie 2 Voir aussi 2.1 Sources 2.2 …   Wikipédia en Français

  • Liste des archevêques de Vienne (Isère) — Cet article concerne les archevêques de Vienne en Isère. Pour les archevêques de Vienne en Autriche, voir Liste des archevêques de Vienne (Autriche). Liste des archevêques de Vienne. L archevêché de Vienne en Dauphiné aurait été le premier évêché …   Wikipédia en Français

  • Liste Des Évêques Du Puy-En-Velay — Sommaire 1 Liste des évêques du Puy en Velay 1.1 Antiquité 1.2 Moyen Âge 1.3 Époque moderne …   Wikipédia en Français


Share the article and excerpts

Direct link
Do a right-click on the link above
and select “Copy Link”

We are using cookies for the best presentation of our site. Continuing to use this site, you agree with this.